le Flow, le Flux…..état de grâce ou pleine conscience dans l’instant !

Dans le milieu sportif, mais maintenant bien au delà, il est fait référence à cet état de bien être dans l’effort ou dans l’action. Les sportifs d’endurance en parle plus souvent que les autres sportifs. Dans le milieu du spectacle (musique, théâtre, chanson….) il est fait écho de cet état si souvent recherché, mais rarement atteint.

Mais qu’est ce que le flow ? Peut on se préparer à l’atteinte de cet état et si oui, comment ? Peut il être vécu dans d’autres contextes que le sport, le spectacle, et pourquoi pas dans la vie quotidienne ?

On doit à Mihaly Csikszentmihali dans l’ouvrage fondateur de la psychologie positive « Flow : the psychology of optimal experience » en 1990 l’explication de ce qu’est le Flow (appelé jusqu’alors dans le milieu sportif francophone : état de grâce). Le flux est une expérience dans laquelle le sujet est en état de concentration intense sur le moment présent, vécue en perdant la notion du temps qui passe, dans l’oubli de soi, sans être perturbé par des pensées qui n’ont rien à voir avec l’activité en cours, tendu vers un but précis et bien ciblé, sans se focaliser sur l’accomplissement de cet objectif, mais tout en se consacrant exclusivement à sa réalisation, animé par le sentiment d’être dans la situation avec aisance et compétence, ce qui donne l’impression d’agir sans effort. L’oubli de soi est la disparition de toute préoccupation à l’égard de soi-même au profit d’un engagement total dans l’action.

Le sujet est complètement dans ce qu’il fait et il n’y a rien d’autre qui compte. L’esprit n’est pas pollué par des pensées qui viennent perturber la présence à l’action. Par exemple, pour un sportif se serait de se mettre à envisager un classement alors que l’épreuve n’est pas terminé ou d’imaginer l’après épreuve (article de presse, podium etc..) ou de rester en pensée sur une action du passé proche. Dans le milieu de l’entreprise, pour un responsable en train de négocier un contrat, se serait de se mettre à penser qu’il aurait du s’habiller autrement (ce type de pensée est plus courant qu’on ne le pense et nous y sommes tous sujet!), ou qu’il envisage la finalisation du contrat alors que la négociation bat son plein, ou tout autre pensée qui vient perturber le temps des échanges.

Cet état peut il s’apprendre ? Cette question est récurrente dans les milieux sportifs de haut niveau ! Elle commence à gagner d’autres milieux et touche même le champ des activités professionnelles.  A cette question je répondrai que le flow ou flux en tant que tel ne s’apprend pas étant donné qu’il est une expérience spécifique à chaque sujet et situation et qu’il ne se programme pas. Il est ! 

Cependant ce qui peut s’apprendre, ce sont les conditions qui vont permettre de vivre cette expérience. En voici quelques unes,  Premièrement : Avoir défini en amont l’objectif fixé ou l’intention claire. Dans l’action il s’agit d’apprendre à être dans l’instant présent, le passé n’existe plus et le futur même proche n’existe pas encore. Accepter ce qui arrive,  ce qui nécessite de lâcher le contrôle. C’est parce que je ne suis plus dans l’intention de tout contrôler que paradoxalement je suis plus à même de faire face aux problèmes qui se posent et donc de les résoudre. Deuxièmement : être dans une action ou une situation qui pose un défi ou un niveau de difficultés qui réclament la mobilisation de toutes les ressources du sujet. Le flow ne se vit pas quand le sujet réalise des tâches simples ayant peu d’intérêt. Thierry Janssen présente dans son dernier ouvrage (le défi positif) une situation de flux lorsqu’il effectuait de longues opérations chirurgicales nécessitant une concentration soutenue pendant plusieurs heures. Il insiste sur le défi posait par la situation. Troisièmement : s’habituer à être dans des situations qui mobilisent toutes  les ressources du sujet. C’est parce que le sujet est dans une situation où il rencontre des difficultés, que le défi est accepté sans angoisse et surstress, voire recherchée, qu’il va pouvoir mobiliser toutes ses ressources physiques et psychiques. Quatrièmement : S’habituer à travailler en mode mono-tâche, par opposition au multi-tâche. Qu’est-ce-que le mono-tâche ? Cela consiste à faire une seule chose à la fois et à se concentrer totalement dessus, ou n’être conscient que d’une seule pensée, ou encore à être attentif à ce que l’on dit ou à ce que l’on entend ou à ce que l’on ressent. Cette pratique va à l’encontre de ce que nous sommes plutôt habitués à faire dans notre quotidien frénétique du monde d’aujourd’hui, où chacun est amené à faire plusieurs choses en même simultanément. Cinquièmement : ne pas vouloir absolument être en état de flux ! Si le sujet pense au flux, ce dernier a peu de chance d’advenir. Le flux s’impose parce que le sujet a en quelque sorte « lâcher prise ».

Personnellement j’ai à plusieurs reprises touché cet état à la fois lors d’épreuves sportives d’endurance (cyclisme ultradistance, effort de plus de 20 heures en non stop), lors de randonnées en montagne (plusieurs jours de marche avec des dénivellés conséquents) ; mais aussi en dehors du domaine sportif : aussi bien dans la vie personnelle que professionnelle. Je vous souhaite de rencontrer cet état. C’est une expérience qui participe à se transformer, à se révéler, à gagner en confiance en soi et en sentiment de compétence.

 

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