L’intelligence intuitive…la grande oubliée de nos systèmes d’éducation et de formation !

L’intuition, le 6ème sens..cela ne fait pas sérieux dans nos modèles rationnels et matérialistes..et pourtant il est de plus en plus question de l’intelligence intuitive dans des écrits scientifiques. Elle devient même un objet de recherche ! De plus en plus de publications sortent en ce domaine. Une définition en est donnée par Francis Cholle dans le livre « the intuitive compass (en français : l’intelligence intuitive) » : capacité à établir une synergie entre raison et instinct, qui fonctionnent sur des plans de conscience différents et ce qui les relie, c’est l’intuition, une tête chercheuse qui ramène de l’information. Dans notre pays pourtant peu enclins à cette approche, des voix s’élèvent pour en faire part. Des cours à HEC sont donnés pour développer l’intelligence intuitive des étudiants. Des personnalités n’hésitent à en parler et à dire que c’est cette partie non rationnelle qui les a guidés dans des choix à des moments clefs de leur vie. Je pense, notamment, à ce qu’a pu en dire Steve Jobs lors d’un discours inspiré mais néanmoins provocateur aux étudiants de Standford en 2005 : Be intuitive, be yourself !

Voici ce qu’en dit aussi Thierry Boiron (président des laboratoires Boiron). Mais est-il sérieux de laisser mon intuition influencer mes décisions dans l’entreprise ? Est-ce bien raisonnable ?…Pour moi, tout processus de réflexion gagne à être le plus global possible, le plus authentique possible et ainsi à intégrer l’intuition au même titre que les données objectivables comme la mise en contexte, la dynamique de la problématique, l’acceptation du niveau de risque, etc…Parfois, c’est mon intuition qui colore fortement ma décision, parfois c’est mon analyse rationnelle, je les sens, je les souhaite complices et partenaires au bénéfice d’une réflexion plus globale et au profit d’une décision plus juste.

Des entretiens que j’ai pu faire depuis de nombreuses années avec des enseignants, des chefs d’établissement, des formateurs, des entrepreneurs et des sportifs m’ont montrés combien cette dimension non rationnelle avait été déterminante dans leurs choix. Mais peu osent s’en ouvrir explicitement et ouvertement…cela ne fait pas sérieux, surtout si le domaine professionnel touche l’école, l’université et les lieux où sont dipensés les savoirs académiques.

Il n’est pas question d’opposer l’intelligence rationnelle et l’intelligence intuitive. Au contraire, la question en matière d’éducation et de formation est bien de viser le développement du sujet dans toutes ses dimensions. L’intuition est au service du rationnel et le rationnel au service de l’intuition. Einstein n’a-t-il pas déclaré : « L’esprit intuitif est un don sacré et l’esprit rationnel est son fidèle serviteur. Nous avons créé une société qui honore le serviteur et a oublié le don »

Nous avons tous de l’intuition, comment la développer et en faire un appui de la pensée rationnelle. L’attitude intuitive se cultive au fil du temps. Voici quelques pistes qui peuvent aider à son développement (je m’inspire de l’article du n° 13 de la revue de l’INREES) :

1. Croire que l’intuition existe. C’est ce que le psychologue Richard Wisemann a montré dans l’étude qu’il a faite sur la chance . Il y a, selon son étude, deux caractéristiques chez les « chanceux » : Ils croient en leur « baraka », et ils suivent beaucoup plus leur intuition que les malchanceux.

2. Se procurer des moments de silence, de détente, de relaxation. Il s’agit de sortir de la spirale qui favorise la venue du sur-stress : repas vite avalé, sommeil réduit et approximatif, déversement en continu d’informations (télé, radio, net etc….), bruit constant (rue, travail..). Il s’agit de se prendre des moments de détente pour soi, se trouver des temps de calme.

3. Se mettre à l’écoute de son corps. Notre corps est le premier à nous informer. C’est le « gut feeling » des Anglo-Saxons, littéralement sensation des tripes. Concrétement cela prend la forme de sensation, par exemple un malaise inattendu et qui n’a pas lieu d’être. Notre corps est le récepteur de l’information et il exprime en même temps ce que votre côté rationnel ne peut saisir.

4. Cultiver le lâcher-prise qui favorise ce qui s’appelle la synesthésie ou coopération entre l’ensemble des centres cérébraux. C’est ce qui est ressenti dans l’état de flow ou flux (cf article précédent..flow, flux, état de grâce). C’est cet état qui facilite la création, l’émergence d’idées nouvelles et qui permet aux « insight » d’arriver à la conscience. C’est le « euréka », le « mais, c’est bien sûr » qui émerge spontanément comme une évidence. De nouveau les pratiques où le corps est impliqué favorise nt cet état : la marche, la danse, le jogging, le tai-chi, le qi gong, le yoga,la peinture, le tricot. Mais aussi les pratiques dites de la pleine conscience : méditation, relaxation, sophrologie, contemplation etc….

5. Oser sortir du rang et être honnête avec vous-même. L’écoute de l’intuition c’est sortir des sentiers battus. C’est parfois se retrouver seul et prendre des décisions que peu comprennent. C’est aussi apprendre à être lucide en s’appuyant sur les faits et à bien faire la différence entre fait et interprétation.

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