« Etre heureux au lycée… » rencontre avec des parents d’élèves.

Lors d’une rencontre avec des parents d’élèves de lycée sur le thème général du bonheur, nous avons abordé la question de l’engagement et de la motivation en appui sur la pyramide de Maslow qui présente les besoins fondamentaux de l’être humain. Au delà de la présentation de cet outil qui garde avec le temps toute sa pertinence, voici les points saillants des échanges de cette soirée.

En préambule il importe de re-situer la question du bonheur et de sa quête. A trop vouloir le bonheur, le mien ou celui de l’autre, j’ai de grandes chances de passer à côté du bonheur et de ne pas le trouver ! Une quête absolue du bonheur ne finit elle pas par rendre malheureux ? Une volonté exacerbée à vouloir être heureux à tout prix contribuerait paradoxalement à augmenter le stress, l’anxiété et les états de déprime.

Etre heureux c’est s’inscrire dans l’intention de vivre pleinement les moments de joie, de bien être qui se présentent dans chacune de nos journées. Ces moments agréables alternent avec d’autres qui le sont moins. Le bonheur se présente alors à chacun de nous, c’est un état de bien être intérieur spécifique à chacun. Il importe de s’en saisir, de le vivre pleinement dans l’instant. C’est cette succession de petits moments le plus souvent simples qui participent à cette construction du bonheur.

Tout comme je ne peux pas décider de la motivation d’une autre personne, je ne peux pas décider du bonheur de l’autre ! Je peux en tant que parent, enseignant, éducateur agir sur les conditions qui peuvent permettre à l’autre de se motiver ou de vivre et prendre conscience de ces moments de bonheur. Je peux aussi par le témoignage de ce que je suis, exprimer ce qu’est ma motivation et ce qu’est pour moi le bonheur.

Ce sont nos idées qui construisent le monde que nous percevons. Il s’agit de se protéger des pollueurs psychiques qui donne une image du monde essentiellement triste, négative, cupide. Il ne s’agit pas d’être naïf et de ne pas reconnaître les réalités de notre monde actuel. Mais ne voir que le côté sombre de la vie et des événements qui parcourent cette dernière, n’aide pas à trouver et à profiter des petits moments de bonheur. Ne voir que le côté sombre renforce la pente naturelle de l’homme à être dans une vision triste de la vie.

Vivre, c’est une alternance des moments de joie et de tristesse. Quand la joie est là, je la saisis et je me mets à distance des pensées négatives. Quand je traverse des moments de tristesse, je les accepte, je les reconnais. C’est aussi dans ces moments là que j’apprends à me connaître. Et je sais aussi que ce moment est passager et immanquablement d’autres moments plus agréables surviendront.

Ce que les jeunes ont besoin, c’est de rencontrer, d’échanger, de se confronter,voire de rentrer en conflit avec des adultes authentiques qui se présentent à eux sans masque. Il s’agit de se dégager des rôles du « super-parent  » ou du « super prof ». Mais qu’est ce qu’être authentique ? L’authenticité c’est l’état d’une personne qui vise à être cohérente. Cette cohérence se perçoit par des comportements qui montrent qu’entre ce que je pense, ce que je dis et ce que je fais, il y a du lien. Et si je perçois de la tension en moi, des écarts entre ce que je ressens, ce que je dis ou fais, je suis capable de le reconnaître.  C’est aussi la place faite aux émotions et la reconnaissance que j’ai de ces dernières, ce que je peux en dire.

Comment aider le jeune à prendre confiance en lui, à développer une estime de soi juste, à reconnaître sa valeur ? Un des facteur- clef dans la réussite dans n’importe quel domaine, c’est la confiance en soi. C’est parce que le sujet à cette confiance en soi qu’il va oser relever des défis, qu’il va se fixer des objectifs d’apparence élevés, qu’il va ne pas fuir devant les difficultés, qu’il va persévérer dans l’effort et faire preuve de volonté, de courage. La confiance en soi se construit dans le quotidien, dans la conscience que j’ai de ma valeur, de mes compétences, dans l’appréciation juste de ce que je fais. Ce qui va aider un jeune à développer cette confiance en soi, ce sont les retours « vrais » que les adultes font de ce qu’il réalise. Nous ne dirons jamais assez que c’est bien ! Tout comme nous avons à dire sans jugement de valeur ce qui ne va pas. Le jeune développe d’autant plus sa confiance en soi, qu’il vit avec des adultes qui développent pour eux-mêmes cette confiance en soi !

De la nécessité de laisser de la place pour les rêves, pour l’imagination. Ce dont l’être humain a besoin, c’est de rêver, d’imaginer. C’est parce que je me permets ces temps là que je vais plus tard m’engager dans des défis qui vont me révéler. Il y a projet parce qu’en amont il y a eu une part de rêves. C’est la croisée des rêves avec le réel qui construit les projets. Si Christophe Colomb n’avait pas rêvé, il ne serait pas parti à l’aventure sur les mers !

Comment faire avec la fatigue ? Quand la fatigue est présente, il importe de l’accepter et de prendre les moyens nécessaires pour récupérer. Encore faut il savoir de quelle fatigue il s’agit ! Une nuit de sommeil est suffisante pour récupérer. C’est lorsqu’elle s’installe dans la durée qu’il importe de se questionner.  Un des facteurs importants à l’heure d’aujourd’hui est l’état de sur-stress qui touche nombre de nos contemporains. Les jeunes n’en sont pas exempts. Il suffit d’observer leur journée pour comprendre combien le rythme imposé est exigeant. Un lycéen qui veut répondre aux exigences et attentes actuelles du lycée a une semaine de travail qui dépasse de loin les 35 heures ! Mais au delà du volume horaire, ce sont les attendus qui participent parfois à accentuer les états de fatigue : contrôles fréquents, complexification des savoirs, niveaux de réflexion élevée…De même, un lycéen qui ne trouve pas de sens à ce qu’il fait au lycée ou qui a peu de centre d’intérêt se dira plus fatigué que celui qui s’investit, s’engage, élabore des projets !

L’Amour au coeur de la relation et moteur de notre développement. Ce dont chaque être humain a prioritairement besoin, c’est de donner et de recevoir de l’Amour. Mais de quel Amour parle-ton ? Certainement pas de la dépendance affective qui au contraire étouffe, emprisonne. L’ Amour, c’est la relation que je construis et qui permet l’évolution pleine et entière de l’autre. Cet Amour libère les énergies, les potentialités. Il est don.

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