La peur de l’échec scolaire et l’angoisse des parents.

 La plus grave erreur, c’est d’avoir peur de se tromper !!!

Dans la vie l’échec est inévitable. C’est même un aspect crucial de toute existence réussie. C’est en tombant que l’on apprend à marcher, en babillant que l’on apprend à parler, en gribouillant en dehors du cadre qu’on apprend à en colorier l’intérieur, en chutant que l’on apprend à faire du vélo, en lançant la balle à côté du panier que l’on apprend à marquer des points au basket, en ratant un oral d’entretien que l’on prépare la réussite du suivant, un ne réussissant pas un concours que l’on prépare le suivant.

Les personnes qui vivent dans la terreur de l’échec ne peuvent réaliser leur potentiel. Si l’on n’apprend pas à échouer, on échoue à apprendre !

 Le piége en matière d’effet d’éducation est d’inculquer à l’enfant ou au jeune la non acceptation des phases d’échec. Alors que le chemin vers la réussite est fait de la rencontre et de la confrontation à l’échec.

La réalité de la vie inclut les chutes, les revers, l’acceptation des erreurs, le fait de se retrouver dans l’impasse et que l’on soit bien obligé de prendre une autre voie, de faire demi-tour, voire de repartir à zéro ! En voulant à tout prix que l’autre (enfant, jeune ou élève) arrive sans anicroches vers un but, on nourrit des espoirs et attentes déraisonnables vis-à-vis de lui-même et des autres.

Les épreuves de la vie, les obstacles à franchir sont des éléments nécessaires à une vie riche et à une vie où s’apprécient les moments de bonheur. Et pourtant, face aux êtres qui se débattent, surtout si ce sont nos enfants, la réaction immédiate de nombreux parents est de chercher à leur rendre les choses plus faciles. Les laisser dans la difficulté temporaire, en restant présent, attentif dans une posture d’accompagnement, leur permet de s’affranchir de la difficulté et d’en sortir renforcé, plus fort en eux en ayant développé une connaissance d’eux mêmes qui leur sera utile tout au long de leur vie.

 Eduquer à une approche réaliste de l’apprentissage. Il s’agit d’apprendre à l’enfant et au jeune qu’apprendre nécessite de savoir dévier du parcours initialement prévu en acceptant les faits et la réalité de l’expérience. Ce n’est pas négatif que de reconsidérer les plans savamment élaborés pour réussir. L’échec est un écho des actes que j’ai réalisés. Je peux tirer un enseignement de cette expérience : qu’est ce que je peux en dire ? C’est à refaire qu’est ce que je ferai ? Qu’elle est ma part de responsabilité dans cette situation (avant de rendre responsable l’autre !) ?

 Le piége de l’angoisse de l’échec et de la performance. Un des effets de l’angoisse de l’échec scolaire chez les parents est l’excès de pression mise sur les enfants.  Nous n’imaginons pas combien la pression mise par des parents et des enseignants peut être excessive sur les enfants. Il est attendu d’eux qu’ils fassent un sans faute. Parents et enseignants sont animés des meilleures intentions. Mais cela a le plus souvent un effet néfaste quant à l’engagement du jeune et de l’enfant dans son travail scolaire. Le travail scolaire devient synonyme de souffrance, d’anxiété. L’enfant se concentre alors plus sur le résultat (la note, la performance, le nombre de acquis, la comparaison entre élèves, le niveau de la mention) que sur le processus. Travailler devient alors laborieux. L’état de flux (flow) – voir article antérieur sur le blog – n’existe plus ! L’enfant ou le jeune ne sait plus les vivre, l’angoisse de performance étouffe la présence à l’instant, à la situation et à l’expérience…et cependant c’est dans les états de flux qu’une personne donne le meilleur d’elle-même !

 Un modèle éducatif visant prioritairement la performance entretient et encourage le souci de la perfection. En vivant dans la peur de l’échec et l’anxiété de performance nous encourageons le développement du perfectionnisme et nous « fabriquons » des perfectionnistes. La première intention du perfectionniste et de ne pas tomber, trébucher, s’écarter du but. Il veut faire rentrer de force la réalité de la vie dans sa conception de la vie. Autant vouloir faire rentrer un objet carré dans un trou rond ! Lorsqu’il est confronté à l’impossibilité de la réussite, le perfectionniste fuit la difficulté et les activités où il risque l’échec. Et quand par la force des événements de la vie, il est confronté à l’échec, c’est l’effondrement. Il est catastrophé. Ce qui a pour effet de renforcer sa peur de l’échec qui peut devenir terreur. La vie se résume alors à une course, une compétition où il est nécessaire d’écarter les autres, d’être le meilleur, d’être dans la course à la promotion. Il a tendance à vivre dans un monde simple où tout est bien ou mal, réussite ou échec. Il n’y a pas demi-mesure, de nuance, de complexité. Pour les perfectionnistes seuls existent les extrêmes.

 L’envie d’apprendre est innée chez les jeunes enfants.Tous les enfants ne cessent de poser des questions, de vouloir savoir toujours plus sur le monde qui les entoure. C’est cette envie d’apprendre de savoir que nous devons cultiver à la maison et à l’école….mais force est de reconnaître que plus les enfants et les jeunes avancent dans leur scolarité et plus pour la majorité d’entre eux, cette envie disparaît. La logique programmatique est son emprise sur l’ensemble du système éducatif bloque cette dynamique de l’apprentissage chez beaucoup d’enfants. Freinet, Montessori, ces pédagogues novateurs du XXème siècle et ceux qui s’en sont inspirés, avaient bien compris que c’est en encourageant les enfants et les jeunes à approfondir les domaines importants à leurs yeux que se cultive l’envie d’apprendre, de connaître.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s