Sport de haut niveau et éthique, est-ce compatible ?

Conférence du 12 juillet à Audresselles dans le cadre de la pastorale du tourisme.

Résumé : A la veille des Jeux Olympiques de Londres, l’événement sportif le plus médiatisé qui se veut être la fête et la mise en valeur du sport moderne, il peut être judicieux de montrer que sous certaines conditions, la pratique sportive en générale mais aussi celle dite de « haut niveau » peut être un des moyens de développement de l’Homme dans toutes ses dimensions : physique, émotionnelle, mentale et spirituelle.

La pratique sportive, au même titre que toute activité humaine, peut être un temps mis à profit pour éveiller la conscience de soi dans une interaction avec l’environnement et les autres. C’est cette conception d’une éthique sportive que nous promouvons et développons et non pas celle qui vise la recherche d’une performance au détriment de la santé et du développement de l’humain (dopage, tricherie, arrangement etc..).

 Contenu de la Conférence

1. Qui je suis ?

C’est avec les regards croisés du consultant, du préparateur physique et mentale, du pratiquant de cyclisme ultradistance à un haut niveau (parmi les meilleurs français entre 2006 et 2010 – recordman régional du Paris-Brest-Paris cycliste), de l’ancien entraîneur et du professeur d’éducation physique et sportive que j’échange et débats autour de cette question de l’éthique dans le sport de haut de niveau. Au delà de mon expérience personnelle, mes repères et cadres de référence sont : pour la  psychologie, l’approche  humaniste et positive – pour la psychanalyse, les approches de C.G Jung et de V.E Frankl.- pour l’approche scientifique je m’inscris dans une approche holistique et transdisciplinaire – pour l’approche philosophique ce qui caractérise l’être humain est la question du sens et donc de l’être.

 Je défends l’idée d’une pratique sportive qui quel que soit le niveau permet le développement de la personne dans toutes ses dimensions. C’est-à-dire qu’une interaction existe entre les différents plans de l’humain, le physique, l’émotionnel, l’intellectuel et le spirituel.  Tout est lié et interagit, chaque cellule de notre corps communique avec toutes les autres cellules. Une émotion a des effets sur le corps et la pensée. L’homme est bien plus qu’une « machine » mécanique. La pratique sportive peut sous certaines conditions participer à l’éveil de la conscience et de la connaissance du soi. C’est cette approche du sport qui m’intéresse et que je cherche à développer dans ma pratique d’accompagnement de sportifs (préparation mentale, préparation physique).

 2. Clarification des concepts de cette soirée : le sport de haut niveau et l’éthique.

Etre sportif de haut niveau peut se caractériser par les indicateurs suivants :

–         Des performances de haut niveau (national) et ce quelle que soit l’âge du sportif.

–         Un investissement en temps conséquent dans la pratique. Le temps de la vie sportive requiert en engagement en quantité et qualité avec, parfois, les risques d’un surinvestissement. Les volumes d’entraînement sont, le plus souvent, au-delà des 10h00/semaine même pour des adolescents (cf les temps d’entraînement dans les centres de formation, dans les pôles élites etc…).

–         Le sport devient pour la personne une des priorités voire la priorité en terme d’engagement psychique. Le danger est le surinvestissement dans cette vie sportive avec désengagement de la vie affective, de la vie sociale, voire de la vie professionnelle. Le sport dans ce contexte peut être une fuite, au même titre que la fuite dans le travail ou tout autre forme de conduite addictive. Ce qui amène au risque de vivre dans une bulle, dans une réalité spécifique et déconnectée des autres réalités.

–         Un contexte de vie très stressant à l’image de notre monde actuel. Le sportif de haut niveau a à apprendre à vivre avec cet état latent de tension. Un des rôles des éducateurs, des entraîneurs et de l’entourage étant d’apprendre au sportif, surtout quand il est jeune, à se ménager des temps de ressourcement psychique, mais aussi lui apprendre à prendre de la distance avec les événements, avec les médias etc…. Bref apprendre à vivre dans le présent.

–         Une psychologie particulière avec de très haut niveau de motivation et d’engagement, mais aussi, paradoxalement de la fragilité en ce domaine.

L’éthique nous vient du grec ethicos, moral, de ethos, moeurs. L’éthique est la science de la morale et des moeurs. C’est une discipline philisophique qui réfléchit sur les finalités, sur les valeurs de l’existence, sur les conditions d’une vie heureuse, sur la notion de « bien » ou sur des questions de moeurs ou de morale. L’éthique peut également être définie comme une réflexion sur les comportements à adopter pour rendre le monde humainement habitable. En cela, l’éthique est une recherche d’idéal de société et de conduite de l’existence. L’éthique s’attache aux valeurset se détermine de manière relative dans le temps et l’espace, en fonction de la communauté humaine à laquelle elle s’intéresse. Dans « le capitalisme est-il moral ? « , le philosophe André Comte-Sponville distingue l’ordre moral de l’ordre éthique. Pour lui, la morale est ce que l’on fait par devoir et l’éthique est tout ce que l’on fait par amour.

 3. Le sport de haut niveau un analyseur de notre société occidentale, moderne, industrielle, technologique et globalisante.

C’est le modèle de la performance, du toujours plus fort, toujours plus vite, l’image du winner. En ce sens interroger le sport de haut niveau, le sport spectacle, est un bon analyseur de notre société, de ses valeurs, de ses avancées et de ses dérives. A ce titre je ne peux que vous encourager à lire le livre d’Albert Jacquard « éloge du 4ème ».

Le sport de haut niveau est un révélateur de notre époque, de notre société dans ces aspects positifs et négatifs.

 Parmi les points positifs, nous pouvons mettre en avant la santé globale avec des indicateurs liés à l’augmentation de la durée de vie et des niveaux de performance réalisés à des âges pourtant avancées. Je ne prendrai que mon exemple, c’est à plus de cinquante ans que j’ai réalisé les meilleures performances de ma carrière de cycliste ! J’ai pu bénéficier de l’aide de spécialistes de la santé qui m’ont permis d’atteindre mes objectifs sportifs sans mettre en danger mon corps (ostéopathe, cardiologue, homéopathe, naturopathe etc…). Les avancées technologiques permettent d’améliorer les performances, d’affiner la préparation physique, de réduire les blessures par l’utilisation de matériaux adaptés etc..

Le sport participe à la construction du lien social. Il suffit d’observer l’impact du sport dans les différents niveaux de notre société. Le Tour de France fait partie intégrante de la vie sociale et culturelle française durant le mois de juillet. Il suffit de regarder les retransmissions télévisées et de constater la quantité de personnes présentes le long du parcours. Le monde va vivre dans le mois qui vient au rythme des Jeux Olympiques. S’engager en tant que sujet dans un club sportif participe à tisser un réseau social qui interagit avec les autres systèmes d’une communauté plus vaste que la communauté sportive. A ce titre, le sport moderne a une vertu politique au sens de participation à la vie de la cité.

 Parmi les points négatifs, nous pouvons mettre en avant les dérives financières du sport spectacle professionnel. Les revenus de sportifs professionnels dans les sports très médiatisés ont dans le contexte de notre époque quelque chose  d’indécent. Ce n’est pas mieux que les parachutes dorés de certains grands patrons d’entreprise ou organismes d’état. ! Il y a comme une forme de cynisme en ce domaine.

Et que dire des médias qui imposent les horaires des manifestations sportives, même si c’est pour porter préjudices à la santé des sportifs, par exemple la retransmission d’épreuves aux heures les plus chaudes de la journée.

Je m’interroge sur l’identification excessive des adolescents à des modèles de sportif. Surtout quand ces derniers font preuve de peu d’éthique dans leur comportement.  Il suffit d’aller observer quelques matchs de football de jeunes pour constater des comportements et attitudes qui sont des « clones » des idoles adultes et qui interrogent éthiquement.

La politique du toujours plus gagne l’approche compétitive. Il en est demandé beaucoup à des enfants et adolescents, comme s’ils étaient des adultes en miniature. Le temps de la patience pour laisser advenir la maturité physique et psychologique n’est plus de mise, avec les effets bien connues des blessures successives, des surmenages physiques et psychiques, voire les dépressions. Au risque d’être provocant, je dirai que le jeune sportif de haut niveau, dans certains contextes culturels sportifs, est un objet. Quand il est cassé. Il est jeté !

Le toujours plus est une des raisons du développement des pratiques de dopage. Le sportif à ce titre devient l’otage d’un système qui le dépasse. Mais je reviendrai sur ce point un peu plus loin.

 3. Une société qui se donne bonne conscience et qui par certains aspects est bien hypocrite, voire cynique ! Le sport se doit d’être cet espace blanc, pure. Un espace qui devrait ne pas être touché par les aspects sombres de notre société moderne, alors qu’il en est l’émanation !!!  Les sportifs dopés sont presque considérés comme des délinquants. Et qu’en est il dans les arts, la musique, la peinture, l’entreprise, la politique, la vie estudiantine lors des passages de concours, par exemple.

Il va être reproché au sportif à qui il est imposé un rythme de compétition effréné de prendre des produits stimulants pour faire face à la demande. Alors que le chef d’entreprise ou l’homme politique qui négocie des contrats nécessitant de rester éveillé en pleine capacité intellectuelle pendant plus de 24h, utilisera tous les moyens mis à sa disposition par la médecine (produits qui maintiennent éveillés et stimulant intellectuel pour augmenter la vigilance etc…) et le fera en toute impunité.

Et que dire du milieu du spectacle où il est dans les pratiques culturelles de prendre les produits stimulants qui permettent de faire face au stress ou de pouvoir enchaîner tous les jours des spectacles de plus de deux heures !

Cela ne signifie pas que je suis en accord avec ses pratiques, mais je ne peux que m’interroger au plan de l’éthique justement.

 Naturellement, ces aspects négatifs m’amènent aux dérives du sport de haut niveau au regard d’un questionnement éthique.

 4. Les dérives : le dopage, le financier, l’égocentrisme, le nationalisme, voire la guerre par sportifs interposés…Le combat n’est et ne sera jamais fini. C’est un fait et l’actualité récente (cf le Tour de France) montre encore combien il importe d’être vigilant et de ne pas être naïf.

Depuis que l’homme existe, il a toujours voulu aller plus vite, plus haut, plus loin. En soi cela est louable, mais jusqu’à quel point et jusqu’où ? C’est le questionnement éthique qui permet de poser les balises. Il en de même dans tous les autres domaines de la vie, le travail, la recherche, la bio-techno-science, la santé etc…

 Le piège pour le sportif de haut niveau est l’ego sur dimensionné. Il n’existe plus que par ses résultats sportifs ! Il est alors prêt à tout pour réussir et alimenter sa névrose. Il n’existe non pas pour lui, mais pour ce qu’attendent les autres de lui en matière de performance ou de rentabilité économique. Il devient le jouet des autres, entraîneurs, dirigeants, médias, investisseurs financiers, état etc…Il rentre dans une logique du toujours plus qui peut conduire à une forme de folie dans les cas extrêmes. Le sportif à ce titre n’a pas un comportement différent d’un trader à qui il est demandé toujours plus de rentabilité, où à un chanteur à qui il est imposé des enchaînements de concert qui dépassent le possible.

 Sur les effets du dopage sur la personne le témoignage du cycliste britannique  David Millar est éloquent. Lorsqu’il se dopait dans les années 2000 (il fut champion du monde du contre la montre), il était complètement déséquilibré. Il était à fond dans sa vie de coureur. Il n’y avait plus que cela qui comptait. Aujourd’hui, certes il n’est plus champion du monde, mais il se dit équilibré et heureux, le vélo n’est plus un fardeau. Si je puis me permettre une analyse, l’ego s’est dégonflé et il est dans une pratique sportive qui vise à l’authenticité et au développement du soi. Voici repris en quelques mots ce qu’il disait par l’intermédiaire du journal l’équipe magazine du 30 juin de cette année : « Je regrette de m’être dopé…mais je ne serais pas arrivé là sans toutes les fautes que j’ai commises. Mais, oui, je regrette de m’être dopé, parce que ça me rend fou » un peu plus loin « On parle toujours des conséquences sur la santé physique quand on parle de dopage. Mais c’est surtout la santé mentale qui est en jeu. Beaucoup ne supportent pas d’avoir dû se doper. Ils s’échappent alors dans un monde de fêtes, c’est le plus facile, mais c’est destructeur…..j’étais complètement déséquilibré. J’étais à fond dans ma vie de coureur cycliste et à fond pour m’échapper, dans la fête, l’alcool est tout ça. J’ai vécu une vie extrême…je suis devenu un personnage faux. Je prenais de la drogue alors que je ne voulais pas me doper, je savais que je trichais, que je mentais. C’était une sorte de schizophrénie. ». Et pour finir : « le combat contre le dopage n’est jamais fini. Il faut que l’on en parle de ça ». Pour ma part je rajouterai qu’il n’y a pas que dans le vélo ! Ce dernier sport a servi de bouc émissaire. C’est loin d’être mieux dans nombre de sport, d’autant que ces derniers sont moins sur le devant de la scène médiatique en la matière, et ne cherchent pas à y être !

 5. Proposition d’un projet éducatif dans le sport de haut niveau. Ce projet existe, c’est le projet humaniste qui vise à former des sportifs conscients de leur choix. En amont cela nécessite des responsables politiques (dirigeants, responsables) et pédagogiques (entraîneurs, éducateurs) conscients qui savent les raisons de leur engagement dans le sport. Au nom de quoi et pour quoi (la question du sens)? Il en est de même pour un chef d’entreprise, un responsable politique, un médecin, un enseignant etc…

 Je suis de ceux qui mettent en avant le développement de la conscience de soi par la pratique sportive. Voici mes pistes de réflexion et propositions en la matière.

 6. Comment développer cette conscience de soi ? Comment faire en sorte que la pratique sportive puisse être un moyen d’accès à cet connaissance et réalisation de soi ?

 Nous n’exploitons que 20% de notre potentiel humain. Les peurs, les angoisses, les événements passés, les conditionnements éducatifs se dressent comme des barrières empêchant l’exploitation des ressources physiques, émotionnelles et intellectuelles de la personne. La pratique sportive de haut niveau par l’aide de la pleine conscience peut permettre au sportif de donner dans l’instant le meilleur de lui-même au regard des ressources dont il se dispose à ce moment précis.

 Mais qu’est ce que le pleine conscience ? Les écrits, publications, prises de paroles, témoignages portant sur la Pleine conscience ou mindfulness (terme anglo-saxon) ou méditation dans son approche humaniste sont en augmentation exponentielle dans notre pays (France).  Cette approche du développement de l’intériorité répond à un besoin de notre époque contemporaine. Elle est bien plus qu’une mode passagère.

Des recherches scientifiques récentes montrent ce que les anciennes traditions avaient découvert bien avant nous, à savoir que les temps de silence, d’intériorité sont nécessaires au développement et à l’équilibre de l’être humain. Ils sont même indispensables dans une époque où tout s’accélère, où tout doit être fait « vite » où il est imposé au sujet (dans le monde du travail comme à l’école et même dans la famille) de faire plusieurs choses en même temps, où l’être humain est en saturation d’informations et où l’éclatement intérieur ne lui permet plus d’être à l’écoute de son corps, de ses pensées et de ses émotions.

Dans certains pays (Etats Unis, Belgique, Canada, Brésil…) elle est utilisée dans les établissements scolaires. Elle a des effets d’une part, sur le développement de l’attention, de la concentration et d’autre part, sur les relations entre les personnes (apaisement, diminution des actes de violence). Elle met du calme et de  l’apaisement, là où il y avait énervement et tension.

 Et dans le milieu sportif, qu’en est-il ? Cette approche venue des pays anglo-saxons pour une part, s’est aussi développée, le plus souvent sans le savoir, par des entraîneurs humanistes (cf l’entraîneur de l’équipe de France de football féminine), par des navigateurs en solitaire, des alpinistes (notamment ceux que l’on appelle « himalayistes »), des apnéistes…. et plus récemment le dernier vainqueur du tour de France (2011), C.Evans. Ce qui caractérise cette approche du sport de haut niveau et de l’entraînement sportif,  c’est la présence à ce qui est en donnant à chaque action le meilleur de soi.

Le premier livre explicitant cette approche nous est venu des EU « l’athlète intérieur » de Dan Milman. Plus récemment le livre de Damien Lafont « Entrez dans la zone » est explicitement dans cette démarche de la pleine conscience. Ian Jackon qui propose l’outil « breath play » s’inscrit dans cette conception à visée globale du geste et de l’action sportive qui intègre toutes les dimensions de l’être (esprit-corps-émotions)

 Quels sont ses effets ?

Elle dépasse l’aspect sportif et développe un « art de vivre » et un art d’être avec soi et les autres.

Elle permet l’exploitation optimale des ressources physiques, émotionnelles, mentales…

Elle rend autonome l’athlète.

Elle permet de se révéler par la pratique sportive.

Elle vise à être pleinement « Soi » dans la pratique sportif.

Chez un sportif, pourquoi apprendre l’éveil des sens et la méditation (moyen d’accès à la pleine conscience)?

Pour être plus serein, plus présent à l’action.

Pour être dans le lâcher prise de l’action.

Pour exploiter le meilleur de soi au regard de ce que l’athlète dispose dans l’instant en matière de ressources.

Pour apaiser le mental en ébullition qui bloque la fluidité dans l’action.

Pour identifier et reconnaître ses peurs qui sont facteurs limitant de l’action.

Pour retrouver la confiance en soi.

Pour être stable face aux aléas d’une vie sportive faite de haut et de bas.

Pour être présent totalement à ce qui est dans l’action par une attention et une concentration affinées.

Pour être et rester dans le « bon stress » et ne pas basculer dans « l’état de surstress ».

Pour réduire les blessures, les accidents.

Pour être en meilleure forme physique et psychique.

Pour récupérer plus vite.

Pour prendre plaisir à l’activité sportive.

Pour durer dans la carrière sportive.

Pour mettre de la distance avec le « bruit » médiatique.

Pour faire de la pratique sportive un temps de développement de l’être.

Pour faire de la vie sportive un temps en cohérence avec les autres temps de vie de l’athlète.

Pour être plus ouvert à soi et aux autres.

Pour accepter et réguler les situations de tension.

 Elle peut être pratiquée à tout moment. Elle ne nécessite pas un apprentissage long avec un expert. Mais elle réclame une pratique quotidienne. L’effort est à porter sur cette intentionnalité de s’y astreindre tous les jours, ne serait ce que quelques minutes.

Elle met l’enseignant, l’entraîneur ou le préparateur physique en état synchrone avec l’athlète. C’est l’aspect le plus surprenant. Celui qui enseigne la pleine conscience (qu’il soit spécialiste, entraîneur ou préparateur physique-mental) se doit d’être dans le moment de la pratique-enseignement de la pleine conscience en état de pleine conscience ! Il ne peut pas faire semblant. Il doit être présent totalement à ce qu’il fait. C’est d’abord par la posture de celui qui enseigne que passe l’apprentissage de la pleine conscience. De ce fait, cela donne un moment fort, intense, respectueux et donc puissant. Celui qui présente l’apprentissage de la pleine conscience, devient celui qui est, celui qui ressent, celui qui éprouve. Il n’y a pas et ne peut pas y avoir dans ce temps de rapport de pouvoir, de domination. En effet, l’enseignant s’expose et s’embarque lui aussi dans ce temps d’ouverture au processus psychique de la connaissance de soi.

La méditation ou pleine conscience doit être pour celui qui l’enseigne une pratique régulière et quotidienne. C’est en pratiquant que l’enseignant, l’entraîneur, le préparateur, pourra, saura accompagner l’athlète sur ce parcours à la fois simple…mais jamais aisé !

Cette approche apporte une voie nouvelle dans le monde sportif. Elle peut rebuter, déstabiliser, voire faire peur dans un milieu où les « ego » sont le plus souvent hyperdéveloppés. Le fait est que ceux qui s’engagent dans cette voie, ne reviennent pas en arrière. C’est aussi leur identité de sportif, d’entraîneur qui change, et cela pour un mieux être.

 Un des effets de cette approche est l’expansion et la multiplication des états de flow, flux ou encore appelé « être dans la zone ». C’estl’état de l’attention et de la concentration maximum. L’athlète est totalement dans la présence à l’instant. Il peut alors être dans l’exploitation de tout le potentiel dont il dispose à ce moment. Il est dans l’anticipation constante. Il est dans la présence. Le rapport espace/temps se modifie. Le geste est fluide. Lorsque le sportif a une expérience de cet état, cela  se suffit. Et cela vaut toutes les médailles d’or.

Cet état de « flux » se contacte dans d’autres domaines que le sport. Un journaliste ou un écrivain quand ils sont pleinement dans l’écriture sont dans cet état. Un chirurgien qui effectue une opération complexe qui réclame de l’attention et de la concentration est dans cette perspective. A ce sujet, Thierry Janssen dans son livre le défi positif décrit une  expérience personnelle de « flux » lors d’une opération.

 Dans ce contexte, un sportif qui vit ces expériences n’a nul besoin de dopage pour être plus fort que les autres ou pour battre son record. L’aptitude qu’il a à aller contacter l’état de « flux » lui suffit pour donner le meilleur de lui et aller vers la connaissance du soi. Cette expérience est à chaque fois nouvelle et riche.

 En conclusion….nous sommes dans le sport comme dans le reste des domaines de la vie (économie, éducation, travail…) dans une phase de crise qui ne s’arrêtera pas (cf Ramon Panikar…nous sommes dans la Crise). C’est une crise de sens bien au-delà d’une simple crise économique. Une crise est de mon point de vue une chance. Certes il y a de l’incertain, de l’angoisse et du danger. Mais c’est parce qu’il y a la crise que le monde change. Ce sont les valeurs qui sont à interroger. C’est l’homme qui est à remettre au centre et pour le sportif de haut niveau, ce ne sont pas les médailles qui comptent, mais ce qu’il retire dans le développement de son être par sa pratique sportive !

 Raymond Barbry le 12 juillet 2012 / Audresselles.

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