La méditation..remède contre les troubles de l’attention.

Le mouvement n’en finit pas…cela rejoint l’article écrit fin d’année 2012 sur ce bog : la méditation, mode ou nécessité. Et nous n’en avons pas fini. Nous ne sommes qu’au début d’un mouvement de recherche, de réflexion qui va modifier notre rapport à la présence, à la relation, aux apprentissages. Le livre du neuroscientifique canadien Mario Beauregard à paraître courant mai va aussi bouleverser les représentations que nous avons de la conscience.
Les adeptes de la méditation de pleine conscience posséderaient une plus grande épaisseur corticale dans des régions du cerveau responsables de la régulation de l’attention. Une partie de ces mêmes zones serait plus mince chez les individus souffrant d’un trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Des chercheurs de l’Université de Montréal et t de l’Université McGill ont établi ce rapprochement qui fait l’objet d’un article publié dans la revue Biological Psychology. »Cette recherche donne à penser qu’on aurait peut-être intérêt à procéder à des études cliniques bien contrôlées pour vérifier si des personnes aux prises avec un TDAH pourraient bénéficier des effets de la méditation. D’autant plus que des travaux à l’aide de l’imagerie fonctionnelle ont déjà montré que la méditation pourrait améliorer les capacités d’attention de gens qui ne présentent pas un tel déficit », estime Pierre Rainville, professeur au Département de stomatologie de l’UdeM et directeur du Laboratoire de recherche en neuropsychologie de la douleur.Les chercheurs ont fait passer différents tests à 18 adeptes de méditation ayant accumulé un minimum de 1000 heures de pratique. Ils ont découvert que ces participants rapportaient une plus grande « capacité d »absorption que les sujets témoins. Meilleure était la capacité d’absorption, plus grande était l’épaisseur corticale. « On définit la capacité d’absorption comme l’aptitude à s’immerger complètement dans ce qui soutient notre attention. C’est la façon, par exemple, dont un spectateur assis dans un théâtre se voit transporter par l’action qui se passe sur scène au point où il en oublie où il se trouve », explique M. Rainville.

Cette capacité d’absorption rendrait les personnes qui pratiquent la méditation plus habiles à se concentrer sur une source d’information précise, de même qu’à filtrer toute interférence. Des chercheurs américains ont récemment réussi à faire cette démonstartion par des tests neuropsychologiques et des mesures d’activité cérébrale, rappelle le professeur Rainville.


Pierre Rainville

Selon lui, ces nouvelles données renforcent la pertinence de poursuivre d’autres recherches pour évaluer les effets de la méditation de pleine conscience sur le contrôle de la douleur. Cela pourrait être particulièrement intéressant chez des personnes âgées en bonne santé ou souffrant de troubles cognitifs légers. « Bien qu’ils perçoivent la douleur avec peut-être davantage d’acuité, les adeptes de méditation n’y réagissent pas avec la même émotion. Des résultats en imagerie cérébrale fonctionnelle illustrent bien que les régions de leur système limbique, qui jouent un rôle important dans les émotions, ne sont pas mobilisées lorsqu’ils ont mal. Certaines recherches semblent indiquer que l’efficacité des systèmes d’autorégulation de la douleur diminuerait au cours du vieillissement normal. Est-ce que la méditation pourrait alors aider les gens âgés à mieux gérer leur douleur ? Cela reste spéculatif mais mérite assurément notre attention », avance celui qui est aussi chercheur à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal.

Si les bienfaits cliniques de la méditation demeurent encore incertains tant pour les individus aux prises avec un TDAH que pour soulager la douleur chez les ainés, il en va autrement pour les personnes souffrant d’anxiété ou des effets délétères du stress. « Ces individus voient souvent leurs pensées ou leurs activités interrompues par des interférences qui proviennent de ruminations ou de l’anticipation d’un danger potentiel, mentionne Pierre Rainville. La méditation de pleine conscience, en nous aidant à recentrer notre attention sur le moment présent, contribuerait à diminuer le retentissement émotionnel négatif de ces pensées. Évidemment, cela pourrait également expliquer au moins en partie les effets bénéfiques que nous avons observés sur la douleur. »

Manifestement, ce champ de recherche aux frontières des neurosciences cognitives et des approches parallèles issues des traditions orientales nous réserve encore bien des surprises.

 Les personnes qui pratiquent la méditation ou pleine conscience. Ceux qui l’exploitent avec des enfants, des adolescents vous confirment par l’expérience tous les effets qu’ils en retirent !

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