Comment créer les conditions de la motivation chez l’enfant et chez le jeune ?

Lors d’une rencontre/débat avec des parents et des enseignants, j’ai eu l’occasion de développer les points suivants. Vous trouvez, ci dessus, les temps forts de nos échanges.

  • Qu’est ce que la motivation ?

Elle est une force intérieure qui donne l’énergie d’agir. Elle implique une dimension de projet. Elle est dépendante d’une intention claire qu’à le sujet. Je ne peux pas décider de la motivation d’une autre personne. Un parent, comme tout éducateur, peut créer les conditions de la motivation, mais c’est une illusion de croire que je peux motiver une autre personne. C’est toujours l’autre qui décide de s’engager.

  • Le contexte spécifique de l’école française.

L’école française est l’une des plus exigeantes au monde en matière de quantités de savoirs à maîtriser. L’école et la culture françaises valorisent les aspects rationnels de l’intelligence. Tout ce qui est de l’ordre du sensible, de l’émotionnel et de l’intuitif est insuffisamment pris en compte. Or l’intelligence intuitive intervient dans le quotidien de notre vie. Il importe en matière éducative de mettre en synergie le rationnel et l’intuitif.

  • Au cœur de la motivation, la question du sens.

Le sens est une caractéristique de l’être humain. Tout comme la motivation, le sens ne s’impose pas. C’est à chaque sujet de mettre et de donner du sens à ce qu’il vit. Ce qui se transmet c’est la posture éducative qui consiste pour l’adulte (parent, enseignant, entraîneur etc…) à expliciter le sens qu’il met à ce qu’il entreprend et vit. Les enfants et les jeunes ont besoin de rencontrer des adultes « porteur » de sens et donc porteur de « vie ». Ceci est d’autant plus nécessaire que nous vivons dans un contexte de société marqué d’abord et avant tout par une crise de sens.

  • La collaboration enseignants/parents dans le respect des missions de chacun.

Cette collaboration est certainement un des points « clefs » à travailler. Plus cette collaboration sera authentique et plus l’enfant et le jeune en bénéficieront. Dans ce domaine, il s’agit d’avoir avant tout une posture d’adulte et de respecter l’autre dans sa mission éducative. Cela peut paraître une évidence, mais il est bon de se rappeler les règles de base d’une communication saine : A la maison, s’interdire de parler négativement de l’enseignant devant l’enfant. De même qu’à l’école, s’interdire de parler négativement des parents, des frères et sœurs devant l’enfant ou le jeune. En cas de problème, aller en parler de vives voix le plus tôt possible avec la personne concernée.

Reconnaître, accepter et respecter la mission de chacun est un enjeu clef dans le processus motivationnel. Les parents ont deux points essentiels à transmettre : l’amour (voir article sur ce blog, l’amour la pile atomique de l’être humain) et la confiance en soi. Un enfant et un jeune vivant avec des adultes qui partagent ces expériences d’amour et de confiance vont développer ce que j’appelle les « deux piles atomiques » de l’être humain. Ce n’est pas la caractéristique de la famille qui en soit importe (classique, recomposée, mono parentale…), mais c’est bien la capacité qu’ont les adultes à être dans le don de l’amour (Agapé) et dans celui de la confiance. Pour leur part, les enseignants ont la responsabilité de la pédagogie et de la transmission des savoirs fondamentaux. Ils sont des professionnels de l’apprentissage. Parents et enseignants ont à collaborer conjointement pour faire advenir chez l’enfant et le jeune leurs potentialités et domaine d’excellence. Par potentialité, j’entends ce qui fait de lui un sujet unique.

  • Comment faire quand il n’y a aucune motivation pour la scolarité ? La question du lâcher-prise !

Le lâcher-prise n’est pas du laxisme ou du laisser faire. C’est accepter que l’autre a sa liberté de choix et qu’il est libre et responsable. Par exemple, en tant que parent et enseignant nous n’avons pas à imposer des choix d’orientation qui ne correspondent pas aux besoins et potentialités du jeune. Ce sont le plus souvent les désirs inconscients des adultes et parents qui sont projetés sur l’orientation du jeune.

Le lâcher-prise en éducation nécessite de poser un cadre qui définit les incontournables pour vivre ensemble et permettre au jeune de s’autonomiser et se responsabiliser. Un cadre structurant n’impose pas aux jeunes d’avoir les mêmes idées que les adultes, ni d’accepter les besoins que les adultes voudraient leur imposer.

  • Éduquer et former à l’attention/concentration.

Certainement l’un des défis majeurs dans le contexte scolaire, mais au delà dans nos différents temps de vie. L’attention et la concentration c’est d’abord la présence à ce qui est dans l’instant. Plus je suis présent et plus je suis attentif. Plus je suis dans mes pensées qui sont tournées soit vers le passé, soit vers le futur, et moins je capte les informations qui m’arrivent du moment présent.

Pour éduquer à l’attention/concentration, il importe en tant que parent d’être dans la présence à ce qui est. C’est tout simple, mais très compliqué à faire ! La présence n’est pas une question de quantité mais de qualité de la relation dans l’instant de la rencontre.

  • Le surstress…attention danger.

Mettre la pression, imposer des exigences élevées, imposer des rythmes de travail démesurés, tout cela est contreproductif. Certes le stress est nécessaire à la vie. Il n’y a pas de vie sans stress. Ce qui pose question aujourd’hui c’est le contexte ambiant de surstress qu’impose notre société. Alors autant que faire ce peut, mettre des temps de calme et de pause. C’est vital ! Et n’oublions pas que le surstress est souvent le résultat de nos peurs.

  • Les capacités phénoménales de l’être humain.

L’être humain a des capacités extraordinaires qu’il ignore le plus souvent ! Le sens de l’éducation consiste à les révéler. Mais qu’est ce qui fait que parfois nous n’arrivons pas en tant qu’éducateur (parent et enseignant) à faire émerger et faire prendre conscience des potentialités ? La réponse est complexe et spécifique à chaque situation et donc à chaque sujet. Cependant quelques principes éducatifs peuvent être donnés. Tout d’abord être en éducation dans ce que j’appelle le défi positif qui consiste à adopter la politique du verre à moitié plein, c’est à dire toujours observer ce qui va. Il s’agit de sortir de cette névrose collective actuelle qui consiste à ne voir que ce qui ne va pas ! Ensuite ne pas avoir peur des situations de difficulté voire d’échec. C’est parce que le jeune va être confronté à des difficultés qu’il va pouvoir se dépasser et révéler ses potentialités. C’est dans ces moments plus délicats qu’il importe d’être présent et d’accompagner le jeune sans faire passer nos peurs et nos angoisses d’adulte. 

2 réponses à “Comment créer les conditions de la motivation chez l’enfant et chez le jeune ?

  1. Encore une fois, un article juste, actuel et plein de bon « sens ». Je les parcours tous avec grand intérêt. Ils me nourrissent bien souvent.
    Merci

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