La pleine conscience dans les classes, ça marche !

L’AGEPS vient de former un premier groupe d’enseignants sur une durée de deux jours (24 enseignants).  C’est dans le cadre d’un partenariat AGEPS sur la région Nord-Pas-De-calais avec l’IFP et Formiris qu’une formation sur l’attention-concentration à l’école par la pratique de la pleine conscience a été proposée dans le plan régional de formation continue (voir article précédent sur ce blog: Formation d’enseignants à l’attention-concentration par la pleine conscience). La formation a été conçue en permettant de séparer chaque journée par deux semaines, ce qui permettait aux enseignants qui le souhaitaient de mettre en pratique avec leur classe à l’issue de la première journée.

 

La formation est centrée sur les pratiques et sur des mises en situations qui peuvent être exploitées avec des enfants de 4 à 12 ans (moyenne section maternelle à cm2). Les quelques données théoriques communiquées ne servent qu’à expliciter le sens des pratiques de pleine conscience  et les effets observées via les recherches scientifiques existant à ce jour.

En début de deuxième journée, nous avons fait le point sur les expérimentations mises en place dans les classes pendant les deux semaines. Voici les observations des enseignants :

– Ca marche !

– Les élèves réclament les petits temps de pleine conscience.

– Des parents ont demandé comment faire à la maison.

– Les enfants ne se lassent pas de l’aspect pourtant répétitif des temps de pleine conscience.

– Cela nous calme nous aussi.

– Après une semaine nous n’avons plus besoin de l’aide du cd (calme et attentive comme une grenouille), nous arrivons à mener nous mêmes.

– La classe est plus calme.

– Les quelques élèves qui ont eu des difficultés la première semaine, rentrent dans le projet de l’attention-concentration la deuxième semaine.

– Au dernier temps de pratique de pleine conscience en fin de journée, quelques enseignants ont proposé aux élèves de faire un feed-back de la journée en identifiant leurs trois petits moments de bonheur de la journée scolaire (les kiffs).

– Nos collègues nous demandent ce que nous faisons. Ils sont en demande d’informations et d’explications. Nous allons exposer à l’ensemble de l’équipe cette pratique lors d’une concertation.

– Nous allons faire de cette question de l’attention-concentration, la priorité de notre projet d’école.

Nous n’avons observé aucune remontée d’expérimentation vécue négativement par les élèves comme par les enseignants. Il faut rappeler que la plupart des participants ne connaissait pas les pratiques de pleine conscience, certains en avaient entendu parler.

Ces témoignages viennent en complément d’échanges que j’ai eu avec d’autres enseignants qui expérimentent, notamment le dernier en date, Marie qui travaille dans un établissement de la région Lilloise, J’ai eu des contacts avec des enseignantes qui ont pratiqué et/ou pratiquent la mindfulness dans leurs classes, avec ou le plus souvent sans l’accord de leur hiérarchie. Je m’y suis mise aussi tranquillement dans ma classe. Je n’applique donc pas le « protocole » de Eline Snel puisque mon inspecteur ne l’a pas souhaité, mais j’ai introduit différents moments de pratique. Yoga et relaxation, courtes méditations guidées, les cloches du silence, etc. En peu de temps, je vois déjà des changements auprès de mes élèves.

Le fait est que mettre en place dans le temps de classe des moments de pleine conscience (quelle que soit l’approche de cette dernière) a des effets positifs sur l’ambiance de la classe, et sur l’engagement dans les tâches scolaires. C’est ce qui ressort des témoignages des enseignants qui mettent en pratique. Nous avons très peu si ce n’est aucun retour négatif à ce jour. Nous devons tenir compte du fait que les enseignants qui tentent et systématisent les pratiques de pleine conscience dans leur classe sont au départ convaincus du bien fondé de cette pratique et de ce qu’elle peut apporter aux élèves.  Ce qui n’est pas sans effet sur l’engagement des élèves.

L’intérêt des enseignants grandit sur cette question des pratiques de pleine conscience. Deux groupes d’une trentaine de participants chacun vont être formés d’ici fin avril.

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5 réponses à “La pleine conscience dans les classes, ça marche !

  1. Merci beaucoup pour cette formation qui m’a permis à la fois de trouver des idées concrètes pour entraîner les enfants à être présents à ce qu’ils font, et pas seulement aux apprentissages intellectuels… et qui m’a aussi marqué sur le plan personnel. Vivement le « niveau 2 » ou la piqûre de rappel l’an prochain, si l’IFP remet ça sur les rails 🙂

  2. Comment s’inscrire à ces journées de formation ?
    M P SCHABAILLIE

    • A ce jour les trois temps de formation proposées sont complets. Je vous fais une réponse plus explicite sur votre adresse mail en vous les coordonnées des responsables administratifs à contacter.

  3. J’ai introduit la méditation de pleine conscience dans ma classe depuis 2005 sous des formes diverses, la forme la plus appréciée des enfants étant l’écoute (bruits extérieurs ou bruits de la respiration) sans le support de CD (cela n’existait pas encore pour les enfants), mais en m’inspirant de ma pratique personnelle et d’un livre « Amrita, la méditation expliquée aux enfants ». Les enfants ont adoré certaines situations de ce livre que je leur ai proposé (le petit caillou notamment, sensation tactile et de poids). Les jours où j’oublie, où nous ne prenons pas le temps (pour diverses raisons)… la classe est bien moins efficace… En formation sur les rythmes biologiques de l’enfant, Mme Nicole Delvolvé nous avait parlé d’expériences proposant 2 min toutes les heures ou toutes les 1/2 journées, ce que j’ai grandement envie d’essayer. J’ai actuellement des PS (3 ans) pour lesquels j’aimerais bien mettre quelque chose en place, les MS/GS étant désormais bien habitués…

    • Merci de votre témoignage. Vous êtes comme nombreux d’enseignant(e)s qui depuis longtemps proposaient aux élèves des pratiques de yoga, de méditation. Le mouvement général qui se développe actuellement vous conforte dans votre initiative. Il devient possible à l’heure actuelle d’en parler ouvertement avec des collègues, avec des responsables institutionnels.
      Ce que vous dites des demandes des enfants va dans le sens des nombreux témoignages que me remontent les enseignants qui systématisent les pratiques de méditation ou de yoga ou de relaxation. A une condition, que l’enseignant est une pratique de son côté. Il ne s’agit pas d’une technique qui s’applique comme une recette..bien que pour réussir une bonne recette, il faut s’y impliquer !
      Pour ce qui est des enfants de trois ans..je pense que nombre d’enseignan(e)s proposent des temps de calme sous différentes formes. De plus l’éveil des sens est une priorité éducative (encore faut il le faire). Qu’en pensez vous ?

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