Le leadership autrement, l’humain d’abord !

C’est cette thématique qui  a été le fil conducteur de la journée de PWN (Professional Women Network) et de l’ESCP Europe.

L’humain au centre des  nouveaux modèles de leadership.

Le mindful leadership ou le leadership en pleine conscience. C’est sous la forme d’un worhshop (atelier) que l’AGEPS-Raymond Barbry a présenté les pratiques de méditation de pleine conscience pour des managers. Durant ce temps d’atelier, nous avons abordé les questions suivantes : Quelles sont les pratiques dites de méditation de pleine conscience ? Pourquoi ces pratiques émergent, se généralisent et se développent aujourd’hui en occident ? Pourquoi, comment et à quelles conditions proposer les pratiques de méditation de pleine conscience dans le contexte professionnel ? Quels sont les effets de ces pratiques, sur la personne, sur les dynamiques collectives ?

Pour résumer les échanges que nous avons eus avec le groupe sur ces questions, il en ressort les éléments suivants :

– La plupart des participants ont des connaissances sur cette question, le plus souvent par la lecture d’un livre ou d’un article  (ils se multiplient). mais peu ont une pratique régulière et systématique (15% des participants à l’atelier ont une pratique quotidienne tels que : yoga, vipassana, sophro, zazen…). L’expérience de Google et la publication de tout le protocole de formation et d’accompagnement piloté par Chade-Meng Tan se repend, via  son livre dans sa version française « Connectez vous à vous mêmes ». Voici l’extrait de la quatrième de couverture :  » Qui a dit que la méditation était une lubie de babas en quête de zénitude ? Et si vous la pratiquiez là où vous passez certainement le plus clair de votre temps : au travail ? Absurde ? C’est pourtant l’idée qu’a eue Chade-Meng Tan, un des premiers ingénieurs recrutés par Google, qui nous livre une méthode absolument novatrice, ludique et concrète…..Partant du principe qu’un bon employé est un employé bien dans sa peau. Chade-Meng Tan a élaboré une série d’exercices simples et parfaitement adaptés à notre rythme de vie pour nous apprendre à méditer en pleine conscience. Et surtout en tirer tous les bénéfices :sentiment de relaxation, capacité de concentration aiguisée, développement de la créativité et de l’empathie, construction de relations saines et fructueuses. »

– La méditation de pleine conscience est acceptée, reconnue. Il n’y a plus de rejet du mot « méditation » comme cela pouvait être le cas il y a encore quelques années. La peur de la dérive sectaire forte dans notre pays (France) semble disparaître. Les mots secte, gourou, manipulation ne sont pas ressortis à l’issue d’un travail sur les représentations. Voici quelques uns des mots qui ont émergé du groupe des participants : calme, silence, vide, santé, déstresse, contemplation, sérénité, conscience, soi, relaxation, visualisation, instant présent, présence, ici et maintenant, auto-hypnose, spiritualité…

– La notion de plasticité cérébrale fait son chemin. Les travaux en neurosciences (cf les publications : Kabat Zinn, Tich Naht Hanh, Davidson, Ricard, André, MIdal, Ferron,  etc…) transforment les représentations classiques du fonctionnement cérébrale et des capacités cognitives. Notre système nerveux est fait pour se transformer, évoluer. C’est un des effets des pratiques méditatives de pleine conscience d’améliorer les capacités d’attention-concentration, de développer la métacognition, d’éveiller à  la conscience de soi et à la perception des émotions, d’apprendre à réguler le stress et plus particulièrement le surstress. Le cerveau se transforme par les pratiques méditatives, cela en très peu de temps (huit semaines) et pour une efficience accrue ! Alors pourquoi s’en priver ?

– La pratique formelle et la pratique informelle. La pleine conscience, c’est bien plus qu’une pratique formelle qui se fait systématiquement tous les jours voire plusieurs fois par jour dans un temps spécifiquement réservé. A chaque moment je peux me mettre dans l’intention d’être présent à ce qui se passe dans l’instant. C’est là le cœur de la pratique. Méditer c’est apprendre à être pleinement dans la présence à ce qui se passe. Quelques exemples de pratique proposés en matière de pratique informelle : faire une respiration complète avant de décrocher le téléphone ; dans une file d’attente ou dans un embouteillage, se centrer sur ses ressentis corporels ou sur sa respiration ou sur ses émotions ;  en mangeant, être conscient du visuel, des goûts, des odeurs, tout simplement apprécier ce que je mange ; en marchant, être présent aux pas, à la respiration ; dans la rencontre avec l’autre, être présent à l’accueil et à la rencontre, quand je serre la main, je suis pleinement présent à cette situation etc….

– Être dans l’instant présent et être en projet ? Ce qui caractérise l’être humain, c’est sa capacité à se projeter et  à être dans l’intentionnalité. Il y a un temps pour penser le projet. C’est alors notre mental qui pilote, qui organise, qui développe une ou des stratégies. Et il y a le temps de la mise en œuvre, de l’action et de l’acceptation du réel. C’est alors le temps de la pleine conscience qui permet d’apporter la réponse juste et appropriée. Une des compétences attendues d’un leader est dans cette capacité à articuler l’analyse des situations passées, l’élaboration de projet, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation du projet. Nos systèmes de formation de managers sont passés maître dans l’apprentissage des mises en projet (busisness plan etc…), dans la mentalisation des projets, dans l’élaboration des stratégies. Il y a à équilibrer en ce domaine et à développer les aspects liés à l’aptitude à être dans la présence à la situation, dans l’expérience telle qu’elle se présente. Les pratiques de méditation de pleine conscience développent cette aptitude. Elles participent à renforcer l’intelligence intuitive.

– Méditation de pleine conscience et psychologie positive, deux approche qui se complètent. Un des effets à long terme des pratiques méditatives est de favoriser l’émergence des états de flux aussi appelé « zone » ou « flow ». C’est un état dans lequel le sujet est pleinement dans la situation où il donne le meilleur de lui même. Il est complétement absorbé par la tâche qu’il réalise. Cet état ne se programme pas. Il advient. Nous devons à la psychologie positive d’avoir explicité cette notion de « zone »  (voir à ce sujet les écrits de M.Selingman, T.Janssen, F.Servan Schreiber….). Les managers, les sportifs de haut niveau ou toute personne en situation de défi à relever, souhaitent être le plus possible dans cet état qui permet de donner le meilleur de soi. Or plus je vais vouloir être dans cet état et moins il va se produire ! C’est par le lâcher prise, le laisser être de la situation que cet état d’aisance, de plénitude advient. C’est être dans une posture de présence totale à la situation sans intention de contrôle ! Ce qui peut paraître paradoxal quand des objectifs le plus souvent élevés ont été posés. ll s’agit d’un état de juste motivation détaché de la peur de l’échec. Or les pratiques de méditation de pleine conscience apprennent à être dans le lâcher prise, dans l’acceptation de la situation.

 Temps de mise en pratique de méditation de pleine conscience.

Les participants ont été mis en situation de méditation de pleine conscience. Ce qui importe au delà des lectures, des échanges, des débats c’est de pratiquer la méditation de pleine conscience et d’en observer les effets sur soi. Il s’agit de vivre l’expérience, de la laisser être, d’accueillir sans jugement. Nous avons ainsi proposé trois situations d’une durée de cinq minutes chacune. Elles ont été suivies d’échange sur le vécu de chacun.

C’est ainsi que les participants ont pu se rendre compte des différences entre les pratiques de relaxation et les pratiques de pleine conscience. Nous avons insisté sur le fait qu’il n’y avait pas d’échec en méditation. Reconnaître ses tensions intérieures, observer ses pensées, accepter ses tensions musculaires, sont des passages incontournables pour le débutant…et même pour celui ou celle qui a des milliers d’heures de pratique. Le fait de prendre du temps pour pratiquer suffit. Comme pour l’entraînement sportif, c’est l’entraînement systématique et quotidien dans la durée qui rend efficient les effets de la pratique. Comme le dit Thich Nhat Hanh, pratiquer, pratiquer, pratiquer tout simplement, cela suffit !

Article réalisé par Raymond Barbry / juin 2014.

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