Le bien être à l’école (apport de la conférence du mercredi 21 novembre à l’Ifp d’Arras)

Elles et ils étaient cent cinquante  enseignant(e)s, chef(fe)s d’établissement, étudiants master 2 éducation à être présent(e)s à cette journée du 21 novembre à l’Ifp d’Arras.

Vous trouverez ci joint le résumé de la conférence et des ateliers de la journée du 21 novembre, organisée conjointement par l’AGEPS-Raymond Barbry et l’IFP des Hauts de France. Merci à Maud Agasse, Sabrina Teixeira et Jean François Bayard de l’Ifp des Hauts de France de m’avoir suivi sur ce projet et d’en avoir permis la réalisation concrète et sa reconnaissance institutionnelle, à la suite du réseau Canopé (cf conférence à Amiens du 24 octobre / https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2018/10/30/le-bien-etre-a-lecole-canope-amiens-resume-de-la-rencontre-du-24-octobre/).

Conférence + Atelier 1 : le bien être au quotidien dans la classe- PN040102 Image

Cette thématique habituellement du domaine personnel est enfin prise en compte dans le contexte professionnel. Il y aura un avant et un après les 24 octobre 2018, 21 novembre 2018 et 30 janvier 2019 (journée pour les établissements du second degré).

Cela fait maintenant vingt ans que j’invite les différents niveaux de responsabilités de l’Éducation Nationale (public comme privé sous contrat) à prendre en compte cette question comme  prioritaire au même titre que les approches pédagogiques et didactiques. Nous y sommes, vingt ans le temps du changement !

Merci à Alexandra Brunbrouck, Céline Grislain et Jean Sébastien Léchevin de m’avoir suivi sur le projet de cette journée et d’être aussi dans leur domaine des précurseurs, d’avoir témoigné de leur pratique professionnelle d’enseignante et de chef d’établissement sur cette thématique du bien être à l’école.

Les objectifs de la journée :

  • Connaître les aspects fondamentaux du bien être qui n’est pas un état constant, mais passager ; et en quoi il est déterminant dans l’apprentissage de l’enfant et l’efficience professionnelle de l’enseignant.
  • Intégrer les déterminants du bien être et du bien vivre ensemble dans une organisation humaine, ici en l’occurrence l’école : les trois déterminants ou fondamentaux ont été identifiés  : la relation à soi, la relation aux autres et la relation à l’environnement.
  • Identifier ce qui favorise ou freine le développement du bien être et du bien vivre ensemble dans un établissement scolaire, et agir sur des éléments tels que : l’espace/temps scolaire (rythme, temporalité….), l’évaluation, l’éducation émotionnelle, les temps de calme, les temps de débat, le travail collaboratif, la collaboration entre enseignants,……

Résumé de la conférence de Raymond Barbry

Penser les conditions d’un mieux être professionnel des enseignants et éducateurs pour un mieux être des enfants à l’école

Le contexte actuel tant de la société que de l’école française montre à quel point l’idée du bien être et du bien vivre ensemble est devenue prioritaire. La publication d’une enquête internationale récente sur le bien être à l’école (ocde / octobre 2016) met en exergue la problématique française du mal être scolaire et des conséquences sur les relations humaines au sein des établissements, sur les apprentissages scolaires et sur l’état de fatigue latent des enfants et des adultes (voire d’épuisement professionnel des enseignants et du personnel éducatif). Faut-il rappeler que sur les 37 pays enquêtés notre pays est sur la question du bien être à l’école en 36ème position !

Faire classe aujourd’hui réclame de plus en plus d’énergie psychique. Les incidents critiques, les tensions et les conflits se multiplient. Certes ce ne sont pas en soi, des faits graves, mais une tension constante s’installe. Les comportements de base nécessaires au vivre ensemble ne sont pas acquis pour une partie de plus en plus grandissante d’élèves, de plus ils sont fatigués, agacés. Ils sont une « caisse de résonance » de notre contexte sociétal, d’ailleurs on parle aujourd’hui d’épuisement psychique ou « burn-out » et de dépression en augmentation exponentielle chez les jeunes de plus en plus jeunes. Or le fonctionnement et l’organisation « classiques » de la classe et de l’école ne facilitent pas le mieux être tant des enfants que des adultes en charge de leur formation.

Or, dans les textes officiels récents il est bien stipulé que la dimension des compétences relationnelles est à caractère prioritaire. Une publication stipule qu’il est indispensable de prendre en compte cet aspect trop longtemps ignoré dans notre conception de l’école. Cela rejoint les travaux actuels en neurosciences, en psychologie cognitive, en psycho-ergonomie, voire en biologie et interdisciplinarité – épigénétique par exemple – qui montrent à quel point un état émotionnel stabilisé est déterminant pour notre développement individuel et collectif. Comment créer les conditions pour que dans chaque classe et dans chaque établissement nous puissions favoriser ce bien être indispensable au bien vivre ensemble et aux apprentissages ?

Et si le bien être des élèves passait d’abord par une prise en compte du bien être des adultes en charge de leur éducation ? C’est à ce changement de posture que vous invite cette journée, penser les conditions d’un mieux être professionnel des enseignants et éducateurs pour un mieux être des jeunes.

Les points développés

  • Le bien être, utopie ou nécessité.
  • Le « bien être », extériorité ou intériorité.
  • La conception éducative coopérative et collaborative plutôt que compétitive.
  • Les découvertes scientifiques récentes (neuro, psycho, interdisciplinaire, psycho-neuro-imunologie…) qui éclairent la notion de bien être et de bien vivre ensemble, et montrent combien le bien être est une « méta-compétence » qui s’apprend ! L’état des recherches en psych-socio du travail sur les effets du « bien être » au travail.
  • Le bien être au travail, des exemples concrets de petits changements pour de grands effets . La conception systémique dans un établissement scolaire : du chef d’établissement, aux enseignants, aux membres du personnel et aux élèves.
  • L’élève au centre, oui..Et l’enseignant et le personnel ? Et si nous mettions les élèves et les adultes au centre du système.
  • Le bien être et la réussite vont de pairs ! Mais de quelle réussite parle-t-on ?

Les questions débattues avec les participants lors du temps d’échange.

  • Comment développer l’intériorité à l’école ?
  • Comment et à quelles conditions proposer des temps de méditation, de pleine attention, de yoga, de sophrologie à l’école ?
  • La méditation et les pratiques contemplatives ne conviennent pas à toutes et tous. Quel(s) autre(s) moyen(s) pouvons nous exploiter pour développer notre intériorité et la conscience du Soi ?
  • Quels sont les indices d’un burn-out chez l’adulte et chez l’enfant ?
  • Comment développer les capacités attentionnelles des enfants qui ont des temps de plus en plu réduits de concentration (zapping attentionnel) ?
  • Comment identifier ce qui participe à nous rendre heureux, quand nous ne savons ce qui nous rend heureux ?
  • Que peut-on faire quand nous ne sommes pas en état d’être au mieux de nos possibilités ?
  • En quoi les activités collectives proposées à l’école peuvent être un remède à la perte d’empathie observée chez les enfants surexposés aux écrans ?
  • Comment sensibiliser et interpeller les différents niveaux hiérarchiques (direction diocésaine, circonscription, académie, ministère) sur cette question du bien être des enseignants et des chefs d’établissement.
  • Comment faire comprendre aux parents que la motricité, les activités artistiques, les jeux, les temps de rien sont des priorités éducatives ?

Après midi 13h00-16h00 / Ateliers

  • Atelier 1 / Le bien être au quotidien dans la classe – Céline Grislain (enseignante et formatrice)

Le bien être dans le quotidien d’une classe, c’est possible et cela passe par une multitude d’actions qui peuvent sembler insignifiantes, mais qui mises bout à bout participent à créer les conditions nécessaires à un mieux être pour tous, enfants comme adulte.

Dans cet atelier, au delà du témoignage, il s’agira d’identifier pour chaque participant les principes et ressorts qui peuvent être exploités dans le contexte de sa classe et de son établissement.

  • Atelier 2 / L’éducation à la joie, oui, mais comment ? – Alexandra Brunbrouck (enseignante-formatrice)

« lorsqu’on arrête de s’amuser et que l’on n’a plus d’enthousiasme, on arrête d’apprendre. Tous les neuroscientifiques s’accordent à dire que plus on éloigne le bien-être et la joie de la classe, plus la distance entre les enfants et le processus d’apprentissage (y compris la mémorisation) grandit. » Antonella Verdiani, Renouer avec la joie de l’enfance, Eyrolles, 2017, p. 76.

Comment développer la joie et le plaisir d’apprendre, le plaisir d’agir, d’interagir et de grandir à l’école ? Quelle est l’importance des mots ? Comment sécuriser le cadre psycho-affectif ? Comment optimiser les modalités pédagogiques ? Comment encourager à l’action, à la mise en projet, à l’autonomie pour construire durablement les bases de l’épanouissement de nos élèves ? Parce que l’ennui ennuie et que l’enthousiasme enthousiasme, à partir d’outils concrets, développez la joie dans votre classe et cultivez votre plaisir d’enseigner !

  • Atelier 3 / Comment penser le bien être dans l’établissement ? – Témoignage d’un Chef d’établissement – Jean Sébastien Léchevin

Dans le développement du bien être dans une école, le chef d’établissement a une place prépondérante, et ce même si tout n’est de son ressort. Le bien être au delà d’une intention louable doit se concrétiser par des actions qui le favorise et qui tente parfois de joindre l’inconciliable (exigences institutionnelles, attentes des parents, besoins des enseignants et du personnel….) !

Au delà du témoignage, il s’agira de présenter la complexité de la tâche du CE et d’identifier les leviers pour faire de l’établissement scolaire un espace de développement et d’épanouissement de tous.

  • Atelier 3 / Apprendre à réguler le stress professionnel, ou comment ne pas passer en sur-stress – Raymond Barbry (Formateur-coach-préparateur mental)

Le stress, c’est la vie ! Ce qui pose de plus en plus de questions et de problèmes dans le contexte du travail actuellement, c’est l’augmentation exponentielle des états de sur-stress qui mène à l’épuisement professionnel, puis à l’effondrement aussi appelé burn-out.

Durant cet atelier, nous identifierons pour chaque participant le niveau de stress professionnel global ainsi que les facteurs déterminants, puis nous poserons des pistes qui facilitent la régulation du stress et évitent le passage à l’état d’épuisement.

Rendez vous pour les enseignants, les CPE, les éducateurs et les chefs d’établissement du second degré le 30 janvier à l’Ifp d’Arras. Par avance merci à Anne Marie Davière (infirmière scolaire) et Christelle Ringeval (CPE et Sophrologue) de leur engagement pour cette journée.

 

 

 

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