Bien être à l’école : utopie ou nécessité (résumé de la journée du 3 avril à Lille)

Le bien être à l’école, Utopie ou nécessité, une journée d’étude à Lille avec des enseignants du second degré. Après la journée pour le 1er degré en novembre à Arras.
Merci à Christelle Ringeval (CPE et sophrologue) et Jean François Bayard Directeur adjoint de l’IFP Lille de m’avoir suivi et fait confiance sur ce projet…Ce n’est qu’un début ! Une pensée pour Anne Marie Davière (infirmière scolaire) qui était bien présente indirectement.

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Il y a dans les établissements scolaires des personnes qui s’engagent, qui font dans l’ombre avec humilité. Elle est là l’école de la confiance. Celles et ceux qui œuvrent dans le quotidien. Elles et ils sont les Tisserands qui maintiennent et développent les liens humains mis à mal par le contexte sociétal.

Une journée en trois temps :

  • Une conférence.
  • Un temps de sophrologie animé par Christelle Ringeval.
  • Des temps d’atelier portant sur des témoignages de pratiques visant à développer le bien être dans les établissements scolaires.

Résumé de la conférence  / Raymond Barbry

Le contexte actuel tant de la société que de l’école française montre à quel point l’idée du bien être et du bien vivre ensemble est devenue prioritaire. La publication d’une enquête internationale récente sur le bien être à l’école (ocde / octobre 2016) met en exergue la problématique française du mal être scolaire et des conséquences sur les relations humaines au sein des établissements, sur les apprentissages scolaires et sur l’état de fatigue latent des enfants et des adultes (voire d’épuisement professionnel des enseignants et du personnel éducatif). Faut-il rappeler que sur les 37 pays enquêtés notre pays est sur la question du bien être à l’école en 36ème position !

Faire classe aujourd’hui réclame de plus en plus d’énergie psychique. Les incidents critiques, les tensions et les conflits se multiplient. Certes ce ne sont pas en soi, des faits graves, mais une tension constante s’installe. Les comportements de base nécessaires au vivre ensemble ne sont pas acquis pour une partie de plus en plus grandissante d’élèves, de plus ils sont fatigués, agacés. Ils sont une « caisse de résonance » de notre contexte sociétal, d’ailleurs on parle aujourd’hui d’épuisement psychique ou « burn-out » et de dépression en augmentation exponentielle chez les jeunes de plus en plus jeunes. Or le fonctionnement et l’organisation « classiques » de la classe et de l’école ne facilitent pas le mieux être tant des jeunes que des adultes en charge de leur formation.

Or, dans les textes officiels récents il est bien stipulé que la dimension des compétences relationnelles est à caractère prioritaire. Une publication stipule qu’il est indispensable de prendre en compte cet aspect trop longtemps ignoré dans notre conception de l’école. Cela rejoint les travaux actuels en neurosciences, en psychologie cognitive, en psycho-ergonomie, voire en biologie et interdisciplinarité (épigénétique par exemple) qui montrent à quel point un état émotionnel stabilisé est déterminant pour notre développement individuel et collectif. Comment créer les conditions pour que dans chaque classe et dans chaque établissement nous puissions favoriser ce bien être indispensable au bien vivre ensemble et aux apprentissages ?

Et si le bien être des élèves passait d’abord par une prise en compte du bien être des adultes en charge de leur éducation ? C’est à ce changement de posture que vous invite cette journée, penser les conditions d’un mieux être professionnel des enseignants et éducateurs pour un mieux être des jeunes.

Les points abordés lors de la conférence

  • Le bien être, utopie ou nécessité.
  • Le « bien être », extériorité ou intériorité.
  • La conception éducative coopérative et collaborative plutôt que compétitive.
  • Les découvertes scientifiques récentes (neuro, psycho, interdisciplinaire, psycho – neuro – imunologie…) qui éclairent la notion de bien être et de bien vivre ensemble, et montrent combien le bien être est une « méta-compétence » qui s’apprend ! L’état des recherches en psych-socio du travail sur les effets du « bien être » au travail.
  • Le bien être au travail, des exemples concrets de petits changements pour de grands effets . La conception systémique dans un établissement scolaire : du chef d’établissement, aux enseignants, aux membres du personnel et aux élèves.
  • L’élève au centre, oui..Et l’enseignant ? Et si nous mettions les deux au centre du système.
  • Le bien être et la réussite vont de pairs ! Mais de quelle réussite parle-t-on ?

L’après midi a commencé par un temps de sophrologie proposé par Madame Christelle Ringeval, l’occasion de vivre un moment pour faire le calme en soi et se mettre en dynamique pour la suite de la journée.

Atelier 1 / Les compétences psycho-sociales au collège Christelle Ringeval (CPE au collège et sophrologue).

« Le développement et le renforcement des compétences psychosociales, fondement de l’épanouissement individuel et du bien vivre ensemble. »

Définition de l’OMS:  » Les Compétences psychosociales sont la capacité d’une personne à répondre avec efficacité aux exigences et aux épreuves de la vie quotidienne. C’est l’aptitude d’une personne à maintenir un état de bien être mental, en adoptant un comportement approprié et positif à l’occasion des relations entretenues avec les autres, sa propre culture et son environnement » (1993)

Témoignage et partage d’expériences professionnelles menées au collège en éducation prioritaire, autour de méthodes interactives et expérientielles, telles que:

– la mise en application des techniques de résolution non violente des conflits (médiation par les pairs, pratiques de justice restaurative, CNV, écoute active)

– la découverte vivantielle de la conscience de soi et des autres pour des relations humaines épanouissantes (capacités, émotions, valeurs fondamentales et universelles)

Atelier 2 / Un atelier de pleine attention (méditation) pour les enseignants et le personnel d’un collège (comment apprendre à réguler le stress professionnel) – Raymond Barbry (Formateur-Coach-Préparateur mental) Un atelier qui présente une expérimentation menée auprès d’adultes volontaires pour leur apprendre à réguler leur stress professionnel et à développer chez les élèves les capacités attentionnelles.

Les caractéristiques de cette expérimentation : des adultes volontaires (des enseignants, du personnel administratif et de maintenance, du personnel de direction, du personnel de la santé et du social), huit rencontres de deux heures étalées sur une période de quatre mois, un atelier croisant l’apport d’outils et l’accompagnement des personnes.

L’intérêt de cette expérimentation consiste d’une part à apporter des outils pour aider les adultes à réguler leur stress professionnel et à pouvoir exploiter et adapter ses outils pour développer l’attention-concentration des élèves.

Quelle suite ? Cette journée d’étude avait pour objet d’insuffler la prise en compte de cette question dans les établissements scolaires. Des formations, des ateliers devraient prendre forme sur les années à venir dans des établissements des Hauts de France.

Raymond Barbry, le 06/04/2019

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