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Les actions de formation et d’accompagnement pour l’année 2017/2018

Mise en perspective des thèmes et des actions de formation que je vais mener dés la rentrée de septembre 2017 sur tout le territoire français

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Sur le thème de l’attention-concentration.

  • Formation continue des enseignants du 1er degré de l’enseignement privé sous contrat des Hauts de France et de la région de Montpellier.
  • Formation en interne d’équipes pédagogiques de trois écoles privées sous contrat du secteur nîmois.
  • Formation en interne d’équipes pédagogiques de sept écoles primaires privés sous contrat des hauts de France.
  • Formation en interne d’un ensemble scolaire privé sous contrat de la région lyonnaise.
  • Formation en interne d’équipes pédagogiques de trois collèges publics des Hauts de France.

Sur le thème de la régulation du stress.

  • Enseignants spécialisés en formation initiale de la région des Hauts de France.
  • Intervention auprès de Lycéens d’un lycée professionnel public du centre.

Sur le thème du bien être en contexte professionnel.

  • Secteur de Narbonne et Perpignan (journée pour les établissements du 1er degré de l’enseignement privé sous contrat).
  • Accompagnement d’un groupe de pilotage d’un ensemble scolaire d’Alsace.

Sur le thème du management bienveillant (approche humaniste du management)

  • Formation continue de chefs d’établissements du 1er et du 2nd degré de la région lyonnaise.

Sur le thème de l’intelligence collective.

  • Formation initiale des chefs d’établissement du 1er degré de la région de Montpellier.

Sur le thème de la régulation de conflit et de crise.

  • Chefs d’établissement en formation initiale du 1er degré de la région lyonnaise et de la région de Montpellier.

Sur le thème du décrochage scolaire

  • Formation à l’écoute active et à la posture d’accompagnement pour les référents « décrochages » du bassin Arras/Saint-Pol-Sur-Ternoise de l’enseignement public (réseau Perseval)

Sur le thème du harcèlement scolaire.

  • Formation continue des enseignants du 1er et du 2nd degré du secteur de Montpellier (enseignement privé sous contrat).
  • Formation continue des enseignants du 1er et du second degré des Hauts de France (enseignement privé sous contrat).

Sur le thème de la pleine attention ou méditation de pleine conscience.

  • Atelier hebdomadaire ouvert pour les licenciés d’un club sportif Arrageois (RCA)

Sur le thème de la préparation mentale.

  • Intervention auprès d’élèves d’un sport étude de la région des Hauts de France.
  • Intervention auprès des athlètes d’un club d’athlétisme des Hauts de France.

Raymond Barbry le 13 juillet 2017.

Effets d’une formation à l’écoute active pour les référents « décrochage scolaire ».

Lors d’un article précédent nous avions présenté cette formation à destination d’enseignants, de conseillers principaux d’éducation du bassin Arras- Saint Pol : https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2017/01/21/formation-a-lecoute-active-des-referents-decrochage-scolaire-du-secteur-arras-saint-pol/

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Ce dispositif de formation mené par Raymond Barbry-AGEPS sous la responsabilité du réseau Perseval Persévérance scolaire de l’Académie de Lille avec l’aide de fonds européens  s’est étalé sur près de trois mois. Nous avons fait le bilan en fin de formation afin d’identifier ce qu’une telle formation à caractère innovant dans le cadre de l’Éducation Nationale avait eu comme effets chez les participants et dans l’engagement contre le décrochage scolaire. Voici un résumé de ce bilan…

Ce qui a été appris, découvert.

  • La prise de recul professionnelle dans le suivi et l’accompagnement des jeunes « décrocheurs ».
  • Les principes  de base de l’écoute active et les mises en pratique de ces principes lors de situation de simulation. Nous avons fait de l’écoute active à chacune de nos rencontres et lors de nos échanges en grand groupe.
  • Un lien constant entre théorie et pratique et les échanges autour de situations amenées par l’intervenant et par les participants.
  • Comment mettre en confiance l’autre par une posture adaptée (non jugeante).
  • La notion de bienveillance indispensable à la construction du lien avec les jeunes en rupture.
  • La patience et l’acceptation ! nécessaire et indispensable dans le suivi et l’accompagnement des jeunes en rupture avec le système éducatif.
  • Nous avons appris la présence et la vigilance sans tension.
  • La disponibilité à l’autre lors du temps d’entretien. Nous avons appris à  couper le « mental ». A ne plus penser à la place de l’autre.
  • L’acceptation des émotions les nôtres, celles de l’autre..sans jugement. Une émotion ça circule !
  •  Prendre du temps et reconnaître les différentes temporalités, la nôtre, celle du jeune et celle de l’Institution qui ne sont pas sur les mêmes rythmes et contraintes.
  • Un entretien d’écoute active se cadre, ce n’est pas le laisser faire..c’est laisser être et laisser venir, les mots, les gestes, la parole.
  • L’acceptation de l’échec et des limites de notre action. Il n’est pas possible de prendre des décisions à la place de l’autre. Nous pouvons accompagner, nous pouvons guider, mais nous ne pouvons pas décider pour l’autre.
  • La régulation de notre niveau de stress et plus particulièrement comment apprendre à faire le calme en soi pour être présent à l’autre.
  • Pour certains (plus particulièrement les CPE) nous avons mis des mots et conscientisé des pratiques que nous avions déjà.

Ce qui a été mis en œuvre dans les pratiques professionnelles.

  • La prise de recul nécessaire que nous n’avions pas avant cette formation.
  • Être plus à l’écoute et disponible lors du temps d’entretien.
  • Laisser l’autre s’exprimer.
  • Laisser faire le temps.
  • Cette formation a permis d’aborder différemment les situations de conflit par une meilleure régulation et une approche plus positive des situations.
  • Mise en place d’un lieu spécifique calme (sans téléphone, sans ordinateur) pour les entretiens de ce type.
  • Le soin à apporter au cadre, à l’environnement et la disposition spatiale.
  • L’acquisition d’une posture qui dépasse le cadre des entretiens d’écoute active et qui facilite les relations humaines dans nos établissements.
  • Proposer et non imposer un entretien.
  • Laisser le temps de la réflexion chez l’autre en ne répondant pas spontanément à une attente.
  • La reformulation est devenue naturelle et non l’interprétation.
  • L’exploitation dans différents types d’entretien de temps de silence, de temps de rien.
  • Ménager un temps de calme personnel avant de mener un entretien afin d’être présent à ce temps de l’entretien et à l’autre.

Mais aussi…

  • L’intérêt d’une formation à caractère interdisciplinaire regroupant des CPE, des enseignants de matières différentes et intervenant dans des établissements différents  (collège, lycées G et T, Lycée Professionnel).
  • Avoir une formation qui sort des cadres habituels de l’EN.
  • Une formation qui au delà des contenus et des apports a été un temps de « respiration », dans un quotidien professionnel très sollicitant.
  • Une formation centrée sur le professionnel mais qui est aussi très riche au plan personnel.
  • La contrainte paradoxale du système qui attend des résultats sur lesquels nous n’avons aucune prise !
  • Humanité, bienveillance, échange..les trois mots clefs qui résument ce que nous avons vécu.
  • Des effets positifs constatés dans les rencontres avec les élèves, tant les décrocheurs que les autres.
  • La dynamique collective durant les journées de formation. Des temps d’échanges et de partages avec les participants dans l’écoute..Nous avons appliqué dans le temps de formation les principes de l’écoute active naturellement, comme un allant de soi.
  • Les pistes, les pratiques échangées lors des temps d’écoute collective cadrés.
  • Plus nous serons dans les établissements à être dans cette posture de l’écoute et mieux seront les relations entre les personnes dans les établissements.

Au plan quantitatif nous avons estimé qu’en moyenne sur les trois mois les participants avaient mené une petite dizaine d’entretiens formels du type écoute active auprès d’élèves « décrocheurs ». Mais au delà de cet aspect pour un public spécifique, c’est l’intégration d’une posture qui favorise les échanges, la communication avec toutes les personnes d’un établissement scolaire, certainement un des effets les plus conséquents de cette formation.

Des questions à aborder et des suites à donner. Il ressort des échanges avec les participants et de l’analyse de leur engagement, la nécessité de développer pour ce public d’enseignants et de conseillers principaux d’éducation missionnés sur la lutte contre le décrochage, des temps d’échange des pratiques sur la base de l’écoute-active où la parole est libérée des contraintes institutionnelles. C’est un des principes de tous les dispositifs d’accompagnement :  Qui accompagne doit être aussi accompagné. D’autant plus lorsque les dispositifs sont institutionnalisés et formalisés. Il en va de la compétence et de l’efficience, de la pérennité de l’engagement et de la santé des personnes en charge de l’accompagnement. Mais aussi un développement des compétences sur d’autres types d’entretien exploités pour accompagner le jeune dans l’élaboration d’un projet scolaire et d’orientation intégrant son projet de vie, l’un ne va pas sans l’autre. C’est bien l’articulation de cette dynamique qui va recréer une dynamique d’évolution chez le jeune. C’est bien la question de l’éducation au sens qui est ici posée.

Quelle efficacité du dispositif sur le décrochage ? Il n’est pas possible d’isoler cette seule variable écoute active. La lutte contre le décrochage scolaire est au cœur de la complexité éducative et interroge tout le système d’éducation et de formation. C’est par une action conjuguée de plusieurs dispositifs que le décrochage diminuera. Les entretiens de type écoute-active vont y participer à leur juste mesure. Ils participent à re-créer du lien entre un adulte et un jeune, à re-construire une confiance en soi longtemps absente, voire inexistante. Et déjà en soi, cela est d’une importance capitale dans le parcours du jeune.

Raymond Barbry – le 11 avril 2017.

Éduquer à la compassion dés l’école et former les dirigeants à l’altruisme, une priorité selon Mathieu Ricard

Dans notre contexte sociétal, il devient nécessaire de poser comme priorité éducative et de formation, le vivre ensemble et le coopératif. Cela passe par le développement de la compassion, de l’altruisme, de l’empathie, de la responsabilité et de la confiance dés l’école.  Extrait d’un entretien de Mathieu Ricard dans le journal libération.

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Vous expliquez que l’on peut s’entraîner à la compassion?

Bien sûr, on devrait s’y entraîner depuis tout petit à l’école laïque ! Dans des milieux très difficiles, on peut changer considérablement le comportement des enfants, en les faisant participer à des jeux coopératifs, prendre conscience des émotions des autres, les meilleurs élèves aident les moins bons, ils font des exercices de respiration, etc. En dix semaines, les discriminations s’estompent, c’est assez extraordinaire. Les sciences contemplatives et les neurosciences montrent que si vous faites un exercice de quinze minutes tous les jours pendant un mois, votre cerveau et votre système immunitaire changent fonctionnellement et structurellement. On peut entraîner les gens à des choses éthiquement douteuses, tuer par exemple. De la même façon, on peut entraîner à l’ouverture à l’autre, la patience, la force d’âme, l’équilibre émotionnel… Il s’agit de pratiquer, comme pour la lecture : c’est le b.a.-ba !

Rendre une société plus altruiste, n’est ce pas aussi de la responsabilité des dirigeants ?

A Harvard, une étude de la Kennedy School a montré que deux personnes sur trois ne font plus confiance à leurs dirigeants. Pour moi, le leadership, c’est le service, et cela demande une formation humaine! Le chef ne doit pas être un grand patron à l’image d’un Mao Zedong. L’entreprise doit prospérer, au service de ceux qui travaillent ensemble, puis au service de la société. Même chose pour les hommes politiques, qui pensent souvent plus à leurs intérêts personnels. Comme l’a montré William W. George, professeur de gestion à Harvard, la plupart des dirigeants considèrent que s’ils donnent du pouvoir aux autres, ils en auront moins. Mais diriger devrait consister à responsabiliser les autres pour qu’ils dirigent à leur tour. Cette responsabilisation s’apparente à une forme d’amour. Former des responsables compassionnels, à tous les niveaux, qui favorisent un fonctionnement collaboratif plutôt que compétitif, renforcerait l’ensemble de la société.

Cliquez sur le lien ci dessous pour obtenir l’ensemble de l’article

http://www.liberation.fr/economie/2015/08/21/matthieu-ricard-que-l-on-arrete-de-nous-tanner-en-disant-que-les-gens-sont-naturellement-mefiants_1367178

Les rythmes scolaires, la capacité d’attention-concentration et les pratiques de pleine conscience..

L’AGEPS-Raymond Barbry  vient d’entamer une série de journées de formation et d’accompagnement d’équipes d’enseignants du 1er degré dans deux régions de France, Le Nord-Pas De Calais (avec le soutien logistique de l’IFP Nord/Pas-De-Calais) et la région Languedoc-Roussillon (à la demande de l’ISFEC Montpellier).

 

Une priorité éducative et de formation.  Acquérir des connaissances et des compétences sur le développement de la capacité d’attention-concentration est devenu un vrai besoin de formation identifié par les enseignants, les chefs d’établissement et les responsables institutionnels.  Les enseignants ont bien identifié que le déficit d’attention-concentration est à la base de la plupart des problèmes d’apprentissage, sans  elle le sujet, enfant – adolescent – adulte, n’est pas capable d’accomplir les autres opérations mentales telles que : comprendre, mémoriser, entrer en relation…

Apprendre la focalisation intérieure est indispensable pour s’ouvrir à la conscience de soi nécessaire au développement de l’intelligence intuitive et de l’intelligence émotionnelle. Cette conscience de soi participe à enrichir notre intériorité. Elle est à la base de l’attention-concentration. En ce sens, elle serait comme une méta-compétence.

Apprendre la focalisation vers autrui, c’est développer l’empathie et la compassion indispensable au vivre ensemble.

Apprendre la focalisation extérieure développe la capacité à se situer dans l’environnement proche et lointain indispensable à l’agir.

L’ergonomie et les pratiques de pleine conscience au service de la pédagogie. Dans la région Languedoc-Roussillon c’est en partenariat avec l’ergonome  Nicole Delvolvé (Université de Toulouse) que l’AGEPS intervient. L’ergonomie apporte des pistes concrètes en matière d’aménagement des espaces et du temps scolaire. Les propositions corroborent les travaux bien connus d’Hubert Montagner et les apports des neurosciences depuis une vingtaine d’années.

Quatre principes pédagogiques se dégagent :

Respecter le besoin de sommeil de chacun des élèves.

Programmer les activités en fonction des moments de forte ou de faible vigilance.

Renforcer la stabilité émotionnelle par la sécurité affective,.

Proposer dans le temps scolaire plusieurs fois par jour des temps courts de pause guidée par des pratiques de pleine conscience visant à apprendre à être dans le présent (Vittoz, mindfulness, yoga mental, gestion mentale…) et des temps non guidés indispensable pour le développement de l’imagination.

L’attention-concentration, comme axe prioritaire du projet d’école.  Ce sont plusieurs établissements scolaires (6) de la région Nord/Pas-De Calais qui ont demandé à être formé et accompagné à la mise en oeuvre d’un projet d’école portant sur plusieurs années  et visant à proposer des situations pédagogiques adaptées aux caractéristiques des enfants (âge, contexte socio-culturel…). C’est une priorité éducative qui va permettre de développer et d’entretenir la capacité d’attention-concentration sur l’ensemble de la scolarité de la grande section maternelle à l’ensemble de la scolarité primaire d’un même établissement.

Un partenariat avec les parents. Dans plusieurs établissements, c’est une école des parents qui propose cette année des ateliers à destination des parents d’élèves afin que ces derniers s’approprient cette pratique en cohérence avec ce qui est fait en classe.

Trois sessions de formation spécifiques à la question de l’attention-concentration sont de nouveau proposés aux enseignants de la région Nord/pas-De-Calais. C’est à leur demande que nous avons triplé cette formation qui sur l’année scolaire 2013-14 avait été dispensée à plus de quatre vingt enseignants. Sur cette région et en partenariat avec l’IFP de Lille-Arras ce sont plus de deux cents enseignants qui mettent en place dans leur classe des temps spécifiques à l’attention-concentration.

Les enseignants spécialisés déjà sensibilisés à cette question vont bénéficier dans le cadre de leur formation spécifique en ASH d’un programme de deux jours. C’est prés de cinquante enseignants spécialisés qui vont pouvoir aussi multiplier cette approche auprès de leur collègues.

Pourquoi cette explosion exponentielle des demandes depuis trois ans ? Bien que peu explicité dans les programmes actuels, développer dans le contexte scolaire par des mises en situation spécifiques l’attention-concentration est devenu pour de plus en plus d’enseignants une priorité éducative et d’enseignement à intégrer systématiquement et quotidiennement dans le temps scolaire. Les rencontres avec des enseignants et des chefs d’établissement ayant déjà expérimentés pendant une année, voire deux, permet des réponses :

– Une formation qui apporte des outils à mettre en place aisément et sans avoir besoin de transformer l’organisation didactique et pédagogique de la classe.

– Après deux semaines, les enfants sont en demande de ces temps de pratique de pleine conscience qui sont courts le plus souvent. Avec l’entraînement, les temps les plus longs de pratique ne dépassent guère les dix minutes.

– Une pratique qui met de l’apaisement, du calme et qui destresse.

– Une pratique qui met un ou plusieurs temps de calme dans la journée de classe.

– Une pratique qui a des effets bien au delà des apprentissages et performances scolaires. C’est la vie de la classe qui s’en trouve amélioré.

– Une pratique qui est d’abord à destination des enfants, mais qui a des effets sur les enseignants qui développent cette pratique pour eux-mêmes, voire la propose à leurs proches.

Article réalisé par Raymond Barbry, le 25 septembre 2014.

 

Questions et place des pratiques de méditation de pleine conscience dans le contexte scolaire français.

C’est dans le cadre d’une journée de travail avec les formateurs de l’ARES que nous avons échangé, débattu et confronté nos idées et nos expériences sur les questions et la place des pratiques de pleine conscience dans le contexte scolaire français.
L’ARES est un organisme de formation intervenant au plan national. Il a pour vocation d’accompagner les mutations et les changements au sein des institutions et des organisations éducatives et sociales. Pour en savoir plus sur l’ARES voir le site : http://www.ares.asso.fr/

Après une introduction par Carole Lucas (responsable de formation à l’ARES) du pourquoi de cette journée et de son lien avec le projet du centre de formation, l’AGEPS-Raymond Barbry a fait un état des lieux des pratiques de méditation de pleine conscience et de leurs émergences dans le contexte sociétal occidental. C’est ainsi que nous avons abordé les points suivants :

– Qu’est ce que la méditation de pleine conscience  ? Pour répondre à cette question, nous nous appuyons sur Thich Nhat Hanh. La méditation de pleine conscience vise à nous apprendre à vivre pleinement chaque instant de la vie, que ce soit en mangeant, en jouant, en travaillant. Les principes en sont simples et chacun peut s’y engager. Dans cette manière d’être, méditation et action ne sont pas séparées. Il s’agit d’apprendre à apprécier chaque minute, chaque seconde de la réalité telle qu’elle est. Comment apprendre à être présent? C’est là, la raison d’être fondamentale des pratiques de méditation. Nous comprenons bien alors pourquoi ces pratiques émergent dans le contexte contemporain occidental, parce que nous ne savons plus être dans l’instant. Nous sommes conditionnés culturellement, soit à nous projeter sur le futur, soit à ruminer sur le passé !

Actuellement la méthode la plus connue, la plus partagée et la plus exploitée se trouve  être le MBSR, voire le  MBCT, mise en valeur en France notamment par Christophe André. Faut il rappeler qu’elle n’est pas la seule. Ce qui rapproche les différents « méthodes » c’est l’intention d’être dans l’instant, dans la présence.

Pour plus de détails sur cette question, voir sur ce blog, la page pleine conscience https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/pleine-conscience/

– Quelles convergences et divergences avec le yoga, la relaxation, la sophrologie ? Les fondamentaux  sont les mêmes puisque la base est commune et remonte à plus de 2500 ans. La sophrologie pour prendre cet exemple, est une adaptation du yoga d’origine orientale à notre culture occidentale (cf Caycedo). La méditation de pleine conscience et plus particulièrement le MBSR et MBCT ont pour origine le yoga Vipassana. Toutes ces approches ont comme point commun le corps comme centre de la pratique.  Mais qu’est ce qui les différencie? La méditation de pleine conscience ne vise pas directement la détente, voire le bien être, même si elle y contribue ! Il s’agit d’apprendre à être présent à ce qui est, tout simplement. Si je suis tendu et angoissé, j’apprends à le reconnaître et à l’accepter. En méditation de pleine conscience, on ne cherche pas à atteindre particulièrement un état. On ne poursuit aucun but, si ce n’est que d’être présent. Ce n’est pas le mental  qui contrôle la situation et ce que nous vivons, ce sont nos sensations corporelles et la prise de conscience de nos pensées et de nos émotions telles qu’elles apparaissent.   La visualisation mentale exploitée en sophrologie est guidée par le mental. Le yoga mental tel que proposé par André Van Lysebeth participe aussi de ce mouvement. Ceci dit rien ne nous empêche d’exploiter ces différents outils, l’important étant d’en connaître le sens. C’est ce qui se fait dans le cadre de la préparation mentale des sportifs, par exemple. C’est aussi ce que pratique la plupart des sophrologues ou praticiens de MBSR ou MBCT.

– L’anthropologie et l’épistémologie des pratiques de méditation de pleine conscience. Ce sont des pratiques millénaires (plus de 2500 ans) dont on retrouve des traces et des origines dans toutes les cultures, sur toutes les latitudes et dans toutes les religions. Les recherches scientifiques des vingt dernières années ont donné un nouvel éclairage à des pratiques réservées jusqu’à présent à quelques initiés. Ce sont surtout les neurosciences (cf la neuroplasticité) ainsi que les recherches en psychologie cognitive et psychologie positive qui ont montré l’efficience des pratiques de méditation de pleine conscience sur les plans suivants : régulation du stress, accompagnement dans les états de stress post-traumatique, régulation des états dépressifs, accompagnement des addictions, amélioration de la santé globale (neuro-psycho-immunologie), amélioration des performances cognitives, amélioration de l’attention-concentration… Bref, quand nous faisons l’inventaire des effets observés et validés par les recherches, les pratiques de pleine conscience ont des effets qui surpassent bon nombre de médicaments ! Et elles sont reconnues et validées efficientes dans 80% des cas.

Le nombre de recherches de part le monde est exponentiel. Les recherches abordées d’abord dans le domaine de la santé et de la médecine, ce sont maintenant étendues à tous les autres champs – le social, le socio-politique (cf l’indice du bonheur), le sport, l’entreprise, l’éducatif – qui s’intéressent à cette question des pratiques de pleine conscience et des effets sur le développement de la personne.

Dans notre pays nous trouvons  des auteurs qui présentent une méthodologie de la méditation de la pleine conscience, aussi appelée la pleine présence, toutes ces approches se caractérisent par une vision globale de l’être humain non mécaniste. Philosophes, scientifiques, médecins, psychologues, écrivains, ils viennent d’horizons, de cultures et de pratiques religieuses ou athées diverses, pour ne citer que les principaux : Francisco Varella (voir l’inscription corporelle de l’esprit),  Fabrice Midal (fondateur de l’école occidentale de méditation), André Van Lysebeth (le yoga mental), Richard Meyer (psychiatre, académicien..auteur de « La pleine présence »), Mathieu Ricard (chercheur et moine bouddhiste), Christophe André (psychiatre et auteurs de nombreux ouvrages), Jeanne Siaud-Facchin (psychologue clinicienne, spécialistes des enfants en difficulté), Nathalie Ferron (journaliste), Jacques Vigne (psychiatre), Marc De Smedt (philosophe), Frédéric Lenoir (Directeur du monde des religions) …

– Le pourquoi de l’émergence des pratiques de méditation de pleine conscience dans le contexte sociétal actuel ? Cet engouement n’arrive pas par hasard. Nous sommes au delà d’un effet de mode. C’est l’ensemble des pays de culture occidentale qui est touché et concerné. Cela répond à un vrai besoin de développement de l’être humain dans cette période de mutation sociétal voir civilisationnel.  Pour plus de détails, voir l’article sur le blog : https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2012/11/09/la-pleine-conscience-mode-ou-necessite/

– La méditation de pleine conscience,la laïcité, le spirituel et le religieux. La méditation de pleine conscience est-elle compatible avec la laïcité? Et dans l’enseignement confessionnel sous contrat d’association avec l’état, les pratiques de méditation de pleine conscience ne sont-elles pas en concurrence avec le projet éducatif ?

S’il y a encore quelque temps la peur des dérives sectaires étaient bien présentes (surtout en France), les pratiques de méditation de pleine conscience n’ont rien à voir avec quoi que ce soit de sectaire. Qu’est ce qu’il y aurait de sectaire et de manipulatoire à apprendre à ressentir à être, à vivre, à agir ? Bien au contraire, ceux qui pratiquent régulièrement sont plus authentiques, cohérents, sociables, autonomes et responsables et donc peu manipulables !

Rien dans les pratiques de pleine conscience ne va à l’encontre des principes de la laïcité. Ce sont des pratiques qui concourent à ce qui y est fondamental, à savoir le respect de la conscience de chacun.

Pour ce qui est des pratiques religieuses, les pratiques de méditation de pleine conscience n’entrent nullement en concurrence avec celles ci. Elles sont un appui à la conscience de l’intériorité. D’ailleurs toutes les grandes religions ont  proposé à différents moments de leur histoire des pratiques qui s’apparentent à la méditation de pleine conscience.

– Pourquoi et à quelles conditions proposer les pratiques de méditation de pleine conscience dans le domaine éducatif ?  Dans nombre de pays occidentaux, cette question ne se pose même plus. C’est une évidence que de proposer dans le cadre du temps scolaire et dans l’espace de la classe des pratiques soit de méditation de pleine conscience, soit de relaxation, soit de yoga, soit de sophrologie. Voir sur ce blog, les articles qui traitent de cette question.

Et dans notre pays qu’en est-il ? Les témoignages d’expériences pédagogiques sont exponentiels. C’est du terrain que partent les initiatives. Instaurer et systématiser des pratiques de méditation de pleine conscience ou de yoga ou de relaxation ou se sophrologie n’est que bénéfice pour les élèves, l’ambiance de la classe (le vivre ensemble), la relation entre l’enseignant et la classe, le mieux être de l’enseignant dans sa pratique pédagogique.

Au plan plus institutionnel la question est posée. Des établissements scolaires font des demandes de formation dans ce sens. Des budgets commencent à être alloués pour initier et former des enseignants. Les résultats d’expérimentations novatrices (en France) sont communiquées, ce blog y participe au même titre que d’autres (happyattention, Jeanne Siaud-Facchin…), les publications des recherches faites à l’étranger sur les effets des pratiques de pleine conscience auprès des enfants et des adolescents dans le cadre de l’école commencent à circuler.

La publication récente en France (mars 2014) des travaux de Daniel Goleman sur l’attention-concentration, vient en convergence avec cette question des pratiques de pleine conscience. Goleman nous montre combien former à l’attention-concentration est devenue une priorité de formation de l’école au monde du travail. Nos modes de vie de cette dernière décennie nous ont amenés à l’éparpillement et à la perte de l’attention-concentration. Il devient nécessaire et prioritaire de réapprendre à entraîner notre cerveau à demeurer attentif. En cela il rejoint les apports de A. De Lagaranderie et de R.Vittoz qu’il serait bon de reprendre avec l’éclairage de notre époque !

Pour de détails sur ce point voir l’article suivant,  https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2014/02/20/rencontre-debat-a-lille-sur-la-pleine-conscience-a-lecole/

La rencontre entre l’AGEPS et l’ARES sur cette question est un bon témoignage de la prise en compte d’une proposition plus systématisée de ces pratiques dans le contexte de l’éducatif et du social en France. 

Article réalisé par Raymond Barbry, mai 2014.