Archives de Catégorie: Pleine présence

Journée de formation SNIES – UNSA avec les infirmières scolaires de l’académie de Lille.

C’est à l’initiative de Nathalie Scol, secrétaire académique du Snies-Unsa, que j’ai échangé avec plus d’une trentaine d’infirmiers et infirmières scolaires de l’académie de Lille sur deux questions :

  • Les pratiques de pleine attention en contexte éducatif et la place de l’infirmière scolaire dans leur présentation et développement.
  • le stress et le sur-stress professionnel au sein des établissements scolaires.

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La matinée a été consacrée à la question de la place des pratiques de pleine attention dans le contexte éducatif et plus particulièrement sur la place de l’infirmière scolaire comme pilote d’un projet qui implique tous les niveaux de l’établissement, chef d’établissement et adjoint, conseiller principal d’éducation, enseignants et éducateurs. C’est à deux voix que nous avons présenté l’expérience innovante menée depuis deux ans au collège Saint Exupéry d’Hellemmes. Vous trouvez un compte rendu sur le lien suivant :

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2016/04/30/la-pleine-attention-en-college-temoignage-dune-experimentation/

Nous avons particulièrement insisté sur la question du développement de l’action dans l’année deux du projet. En effet au delà de l’action de formation en direct auprès des adultes, nous avons pensé le dispositif comme une action de formation de formateur, à savoir que l’infirmière scolaire a participé à l’action de formation avec l’objectif de pouvoir accompagner en interne les adultes formés et poursuivre l’année suivante (N+1) la formation de nouveaux enseignants et éducateurs. Cette forme d’intervention démultiplie les effets. L’intervenant expert (ici en l’occurrence moi même) introduisant le dispositif lors de la première rencontre de l’année 2.

En fin de matinée j’ai proposé aux participants, toute une suite de situations de pleine attention qui peuvent être pratiquées sur des temps très courts dans le temps de classe.

L’après midi, nous avons abordé l’épineuse question du sur-stress qui non régulé mène à  l’épuisement professionnel qui mène à l’état de burn-out. Je ne développe pas ici la question des causes , maintenant bien identifiées. Vous trouverez l’essentiel sur le lien suivant :

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2014/03/22/le-burn-out-dans-les-metiers-de-leducation-comment-le-prevenir-et-sen-proteger/

C’est en partant des résultats d’un test qui estime le niveau de stress professionnel ainsi que le ou les facteurs de stress les plus dominants que nous avons échangé sur comment l’infirmière scolaire pouvait faire partager, induire la logique de prévention sur cette question du sur-stress professionnel. Ce qui revient à la question de comment amener une réflexion puis des orientations qui participent à créer les conditions d’un mieux être et un mieux vivre ensemble dans les établissements scolaires.

J’exploite le test de Légeron (le stress au travail) qui identifie cinq niveaux de stress professionnel et six facteurs qui participent à développer ce stress professionnel, pour mémoire ces facteurs sont : la pression, le changement, la violence, la frustration, le relationnel, l’environnement. Comme pour la plupart des personnels de l’éducation, les infirmiers et infirmières scolaires ont comme facteur prédominant la pression. Quant au niveau de stress professionnel, le groupe se répartit sur le cinq niveaux avec une majorité au niveau 3. Ce qui correspond selon Patrick Légeron à un contexte professionnel stressant.

Raymond Barbry le 12 mai 2017

 

 

Pratiques de méditation, relaxation et visualisation mentale chez les sportifs.

Ci joint un lien avec un article que j’ai écrit sur le blog à destination du milieu sportif et qui fait le résumé d’une intervention réalisée auprès d’athlètes de niveaux international et national du RCArras en vue de la préparation de leur saison.

http://sportenpleineconscience.over-blog.com/2017/04/meditation-relaxation-visualisation-integrees-a-un-stage-d-athletes-en-phase-de-preparation.html

Raymond Barbry ke 24/04/2017.

 

Formation à l’écoute active des référents-décrochage scolaire du secteur Arras / Saint Pol

Le réseau « Perseval-persévérance scolaire » de l’académie de Lille en charge du dossier « décrocheurs » a retenu l’AGEPS-Raymond Barbry pour monter et mener une action de formation à l’écoute active à destination des « référents-décrochages » qui sont des enseignants et des Conseillers pédagogiques d’éducation dont la mission est d’accompagner les jeunes de collèges et de lycées en situation de décrochage scolaire et de le prévenir par un accompagnement des élèves à risque. Cette action de formation a été rendue possible grâce à l’apport de fonds européens.

Ce sont deux groupes d’une vingtaine de personnes chacun venant des établissements du secteur arrageois (Arras, saint Pol, Avesnes, Bapaume …..). Cette action de formation qui vient de débuter ce mois de janvier va se poursuivre jusqu’en fin mars.

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Pourquoi une formation à l’écoute active ?

Dans le rapport de l’Inspection Générale (Anne Arman) sur le décrochage scolaire il est mis en avant le besoin d’une « véritable » écoute. Dans le cadre d’entretiens d’écoute active menés auprès de jeunes scolarisés au lycée de la deuxième chance, ces derniers ont remonté que « c’est la première fois qu’on nous écoute ».

Les professionnels de l’accompagnement exploitent cette forme d’entretien mis en exergue par C.Rogers depuis plus de cinquante ans. Dans de nombreux milieux professionnels proposer ce type d’entretien est un incontournable pour aider et permettre à l’autre (le patient, l’accompagné etc.. ) de se comprendre, de comprendre la situation, de dédramatiser, de mettre du sens, d’identifier ses ressources, de se remettre en dynamique, d’accepter la réalité de la situation etc…

De plus et compte tenu du contexte spécifique de cette formation à destination d’enseignants, de conseillers pédagogiques d’éducation en charge du suivi d’élèves en mal avec le système scolaire, l’entretien d’écoute active est l’un des outils les plus pertinents pour recréer du lien, pour favoriser les prises de conscience, pour instiller les bases de la confiance en soi et en l’autre, dans le but de faire émerger chez le jeune des ressources et potentialités qui sont enfouies et dont il n’a plus conscience.

L’écoute active et les principes de base de cette formation :

D’abord, une posture qui se caractérise par les points suivants :

  • La pleine présence à l’instant. Il s’agit pour l’écoutant d’être dans la présence pleine et entière à l’autre. Il n’y a que ce moment de l’entretien qui a de l’importance à cet instant. Cela nécessite de la part de l’écoutant de maîtriser son « mental » pour ne pas se projeter dans le futur ou de ressasser le passé. C’est un moment de pleine attention à soi et à l’autre. C’est parce que je suis en tant qu’accompagnant dans cette disposition que je suis de fait dans l’empathie, la bienveillance et l’authenticité. C’est très facile à comprendre intellectuellement mais « bougrement » difficile à  réaliser. Mais ça s’apprend par un entraînement quotidien !
  • Se mettre dans un lieu approprié où il n’y aura pas de dérangement (téléphone, télévision, bruit, passage etc…). Ce lieu se doit d’être agréable et le cadre de la rencontre se doit d’être différent de toutes les autres rencontres (entretien de recadrage, etc…).
  • De ne pas anticiper sur les pensées de l’autre (l’écouté)..de laisser l’autre exister tel qu’il est, et non pas tel que je voudrais qu’il soit.
  • De laisser aller l’entretien là où il doit aller et d’abandonner les stratégies d’anticipation et de contrôle. Il n’y a pas d’objectif à atteindre, si ce n’est que de laisser et permettre à l’autre (l’écouté) de s’exprimer tel qu’il est à cet instant. C’est certainement dans le milieu éducatif français, le défi majeur. Culturellement nous sommes conditionnés à tout penser, tout organiser, tout contrôler et tout objectiver (cf, les programmes, la didactique des disciplines avec les contenus à organiser dans le temps, les planifications, les programmations, etc..). Or l’entretien d’écoute active est à l’opposé de cette intention de programmation et d’objectivation. Il s’agit de placer un temps de rencontre qui est structuré par le laisser faire et le laisser être, sans autre intention.

Ensuite de la patience.

  • Accompagner des jeunes en risque de décrochage ou en décrochage implique à tous les niveaux du système éducatif, de mettre comme valeur première la PATIENCE ! Or c’est ce que nous manquons le plus dans le contexte de notre époque qui réclame des changements rapides..comme si un être humain, qui plus est, un jeune pouvait se transformer parce que nous proposons de nouveaux dispositifs. Quelle illusion et quelle erreur de penser que des dispositifs vont régler en quelques mois des problèmes de fond qui dépassent le plus souvent l’école parce qu’inscrits au plus profond de l’histoire de vie du jeune. Tout professionnel de l’accompagnement sait combien les changements peuvent être longs, émaillés d’avancées, de reculs, de chutes, de ruptures et de ces moments de grâce où la résilience provoque l’évolution . C’est pour l’accompagnateur la confiance en soi et en l’autre, même dans les moments les plus délicats et compliqués, qui est déterminante.

Laisser faire le temps, une priorité même dans le sport de haut niveau.. Ces deux dessins montrent bien s’il en est que l’évolution d’une personne ne se fait jamais linéairement. Il importe que l’accompagnateur ait bien en tête cette réalité de la « vraie vie » et que sa présence à côté de l’accompagné est d’autant plus nécessaire que ce dernier est dans un de ces moments délicats qu’immanquablement il doit traverser !

  • L’acceptation que je n’ai aucune prise sur l’autre ! Une autre illusion à abandonner. Je peux créer les conditions qui vont faire que l’autre va s’engager, décider de se mobiliser, de se motiver..mais je ne peux pas décider pour lui ! C’est toujours l’autre qui en dernier ressort décide, consciemment ou inconsciemment, de se mettre en mouvement.

Puis de la collaboration. Qui accompagne doit être accompagné. C’est le principe de base de toute action d’aide.

  • La rencontre avec des pairs facilite le partage d’expériences et permet la mutualisation des compétences. L’isolement, la solitude sont les deux pièges à éviter pour un accompagnateur quel que soit son domaine professionnel (santé, psychothérapie, éducatif, social, justice..).
  • La supervision  par un « expert » de l’accompagnement facilite la mise à distance, permet la relecture et la compréhension de situations non élucidées et participe à construire du sens à l’engagement. Il en va de l’efficacité du dispositif et de la santé des personnes qui s’engagent dans de tels dispositifs de suivi.
  • La partage avec les collègues non engagés dans le dispositif et avec les Chefs d’établissement (Principaux) et les Adjoints est à penser et à structurer. Il est illusoire de penser pouvoir « raccrocher » un jeune si tous les maillons du système ne collaborent pas. Cela pose la question de comment partager, échanger et communiquer entre professionnels sur cette question du décrochage ?

Enfin de la persévérance et de la confiance. Certainement le point prioritaire. C’est parce que l’accompagnateur incarne ces deux intentions qu’il va les concrétiser dans la relation qu’il construit au jour le jour avec le jeune en rupture. Elles ne s’objectivent qu’indirectement. Elles se perçoivent et s’incarnent lorsque l’accompagnateur est en cohérence entre sa posture physique, son état émotionnel et la conscience de son état intérieur.

Raymond Barbry le 21 janvier 2017.

 

Effets sur-stressants des NTIC sur notre cerveau (troubles de l’attention-concentration et de la mémorisation)

Ci-joint le lien avec un reportage d’ARTE présentant les conséquences sur le  cerveau d’une exploitation et utilisation excessive des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC).

Ce reportage diffusé sur ARTE le samedi 3 septembre 2016 présente le résultat d’un grand nombre de recherches scientifiques menées en France et dans la Monde, qui étudie les effets sur-stressants des NTIC sur notre cerveau, avec les conséquences sur  l’attention-concentration et la mémorisation..
pour voir le reportage:
Le reportage présente un programme, qui prône l’importance d’apprendre aux élèves et enseignants l’importance de développer son attention à l’école, dirigé par le chercheur lyonnais Jean-Philippe Lachaux.
Jean-Philippe LACHAUX fait partie du comité scientifique FOVEA.
Ce programme s’appuie sur la méthode Vittoz (élaborée par le médecin du même nom) il y a plus d’un siècle !  Cette méthode peut être rangée dans la catégorie des pratiques dites de pleine conscience, pleine attention ou pleine présence qui visent à donner les moyens aux pratiquants de développer, renforcer, entretenir leurs capacités attentionnelles mises à mal par notre mode de vie moderne, qui non régulé met en « surchauffe » notre mental !
William James, l’un des pères de la psychologie américaine, écrivait déjà en 1890  que « la capacité de ramener à soi une attention vagabonde, de manière répétée, est la base du jugement, du caractère et de la volonté ».
Raymond Barbry, le 07/09/2016

Le « mindful » management pour les chefs d’établissement scolaire, mode ou nécessité ?

Le « mindful  management » ou l’humanisme au cœur des organisations

Une approche du management pour favoriser le bien être dans les organisations

C’est cette approche du management que  l’AGEPS-Raymond Barbry propose en matière de formation ou en coaching pour des chefs d’établissements scolaires. 

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Les mots qui caractérise cette approche du management

Sérénité, Attention,  Écoute, Confiance, Bien être, Liberté, Authenticité,  Fragilité, Pleine Conscience, Intériorité, Efficience, Cohérence, Humilité, Créativité, Simplicité

Ce qui justifie cette approche du management.

Nous sommes dans un changement de paradigme, la crise de sens qui touche notre monde moderne impacte tous les domaines de notre société, le travail, la famille, l’école, la religion, l’agriculture, le politique etc… Dans ce contexte sociétal marqué par la « sinistrose » et les peurs avec leur cortège d’effets négatifs sur l’être humain, sur les relations humaines et sociales, sur les organisations ; il importe encore plus aujourd’hui d’avoir des responsables porteur d’une vision réaliste, capables de s’engager et d’engager les équipes dans une prospective qui apporte des réponses adaptées et pertinentes en matière éducative.

Le chef d’établissement associé aux enseignants et à l’ensemble des collaborateurs a un rôle majeur, son intentionnalité, sa posture et les réponses qu’il apporte sont et seront déterminantes. Ces réponses existent aujourd’hui, chez nous mais aussi dans d’autres pays, des initiatives et des innovations sont mises en œuvre dans différents milieux professionnels privés comme publics. Elles ne sont pas forcément médiatisées, par contre leurs effets sur les personnes et les dynamiques collectives sont bien reconnus et identifiés.

C’est ainsi que nous observons concrètement des évolutions  :

  • dans le monde du travail, la conception de l’organisation libérée s’étend à de plus en plus d’entreprises, de collectivités, d’associations, voire d’établissements scolaires.

  • des managers et des responsable mettent en priorité l’humain et le bien être des salariés et des collaborateurs, parce que la richesse durable de l’organisation est à ce niveau. Le personnel n’est plus à considérer comme une simple ressource mais comme la première richesse de l’organisation.

  • dans le domaine éducatif, l’éducation à la joie et le bien être sont posés comme indispensables, ne serait ce que pour favoriser les apprentissages. Des établissements en font l’axe prioritaire de leur projet. Rien que sur cette année scolaire 2015-2016, ce sont plus de dix accompagnements d’équipe sur cette question du bien être à l’école que nous avons réalisés. Pour l’année 2016-2017, nous allons accompagner tout un département du sud de la France qui va réunir les chefs d’établissement du 1er degré autour de cette problématique.

  • des organisations qui fonctionnent en horizontalité. Les modèles classiques descendants et hiérarchisés s’épuisent et épuisent les acteurs, les dirigeants et managers en premier. Le modèle vertical est devenu obsolète et mortifère (c’est dans ce type d’organisation que s’observent le plus d’arrêts de maladie, d’épuisement professionnel et son effet le burn-out).

Toutes ces initiatives sont des caractéristiques concrètes du mindful management terme d’origine anglo-saxonne qui signifie : manager dans la présence, dans la pleine attention et la pleine conscience à soi, aux autres et à l’environnement. En France ce sont les termes de management « éclairé » ou management humaniste qui en seraient les plus proches.  Jacques Lecomte parle pour sa part d’entreprise humaniste.

Cette formation que nous proposons à des chefs d’établissement en poste du premier et du second degré a pour objet de poser et donner des pistes concrètes aux questions suivantes :

  • Comment et à quelles conditions s’engager dans cette voie d’un changement de posture et de regard qui implique de mettre la personne au cœur du système ? Dans un établissement scolaire, ce sont toutes les personnes qui sont concernées, collaborateurs directs, enseignants, éducateurs, personnel administratif et de maintenance et en premier lieu le chef d’établissement.

  • Comment en tant que CE incarner soi même cette conception de l’homme et de la relation dans les établissements ? Il s’agit de « témoigner » de cette intentionnalité dans les actions.

  • Comment tendre à l’authenticité et à la cohérence entre le moi (la personnalité, le statut et l’image) et le soi (ce que je suis profondément) ?

  • Comment faire confiance à la richesse humaine et participer au développement du potentiel « extraordinaire » qui veille en chaque personne et d’abord dans la sienne ?

  • Comment manager les établissements scolaires dans l’intention de favoriser, de développer, d’entretenir le bien être des adultes pour favoriser le bien être des élèves ?

  • Comment se protéger et protéger l’établissement des personnalités toxiques ?

Plus concrètement cette approche vise les effets suivants :

  • Libérer son énergie et celle des collaborateurs.

  • Identifier ses points de force et ses fragilités ainsi que celles de son ou de ses équipes, et de l’ensemble de l’organisation (vision systémique). Comment faire que les fragilités deviennent des appuis aux forces  (éloge de la fragilité) ?

  • Développer sa créativité et celle de l’équipe ou des équipes.

  • Prendre soin et développer son intériorité ou apprendre à se protéger de son « mental » et des pressions extérieures. (le mental non entraîné génère 90% de pensées à tendance négative). Être heureux ça s’apprend d’abord en musclant son mental !

  • Intégrer l’idée que manager c’est d’abord et avant tout engager un travail intérieur. Les compétences techniques (gestion, organisation…) s’appuient sur l’intériorité (conscience de soi).

  • Articuler ses différents temps de vie.

  • Identifier et réguler son niveau de stress pour rester dans la présence à soi, aux autres.

  • Faire du bien être au travail une question prioritaire.

Durant ces formations ou accompagnement nous abordons les points suivants :

  • Le mindful management une approche du management qui libère. Le terme « mindful » signifie pleine conscience. Il peut être aussi compris comme pleine présence, pleine attention à soi, aux autres et à l’environnement. Un paradigme managérial qui (re)met l’humain en priorité.

  • Le bien être et le bonheur au travail, idée gadget ou orientation  incontournable?

  • Management et pouvoir. Le piège de l’ego et du paraître.

  • Les piliers de la compétence managériale  : l’humilité, la confiance, l’authenticité, la cohérence, l’attention.

  • Le rapport au temps et  les temporalités du CE.

  • L’épuisement professionnel, le déceler, s’en prémunir pour soi et pour les autres.

  • Le rôle des pensées dans nos choix. Nos pensées construisent notre monde. Penser positif sans naïveté ! En quoi les découvertes scientifiques récentes en ce domaine (physique, épigénétique, biologie cellulaire, neurosciences, bio-psycho-physique….) peuvent nous éclairer et nous aider dans la manière de manager un établissement scolaire ?

  • La psychologie positive et les pratiques de pleine conscience, des outils au service du management, mais pas que !

Raymond Barbry le 21 juin 2016

Le besoin de silence, une priorité

Nous vivons dans un monde étourdissant, jamais notre attention n’a été aussi malmenée qu’aujourd’hui. Ce monde rempli d’Ipad et Ipod, de smartphones et d’écrans plats met notre attention à mal. Elle est tiraillée dans toutes les directions. Nous perdons notre capacité à nous concentrer sur une seule et même action. Nous rencontrons de plus en plus de difficultés à nous poser et à faire silence, ne serait ce que quelques instants. Nous sommes de plus en plus distraits.

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Nous vivons dans un apport constant de bruit et d’informations toute la journée sans interruption. Des mots, des sons parviennent à nous en flots continus, appels téléphoniques, écrans publicitaires, affiches, télévision. Il devient presque impossible de trouver un endroit sans écran dans les lieux ouverts au public (aéroport, gare, service de restauration, hôpitaux…).

A cette sollicitation extérieure s’ajoute le bruit de fond de notre esprit qui de par nos modes de vie est de plus en plus saturé de pensées et de mots, il n’y a plus de place pour le silence. C’est comme si nous avions en continu une radio dans notre tête. C’est ce que Tich Nhat Hanh appelle la radio pensées non stop. Notre esprit est saturé de bruit.

Comment faire avec nos pensées ? Nous pouvons  passer parfois plus de 99% de notre temps à nous faire du souci et être préoccupé pour des pensées qui nous ramènent dans le passé ou nous projettent dans l’avenir. Le plus souvent nous ne sommes pas dans le présent. Nous sommes distraits soit par la sur-sollicitation extérieure, soit par des pensées qui sont génératrices de peur et d’angoisse. Nous devons apprendre à éteindre cette radio pensées non stop. Il ne s’agit pas de ne plus penser, c’est là chose impossible et non souhaitable. Penser est productif. Les pensées sont le produit de nos sentiments, de nos perceptions, mais si nous avons trop de pensées générant angoisse, peur et inquiétude nous nous nous empoisonnons à petit feu.

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Nous sommes bien plus que nos pensées. Nous sommes aussi nos sensations, nos perceptions, notre sagesse, notre bonheur, nos joies, nos peines, nos états d’âme, nos relations. Quand nous savons que nous sommes bien plus que nos pensées, nous gagnons en détermination pour ne plus nous laisser dominer par elles. Si nos pensées n’entretiennent pas notre véritable intention dans la vie, nous devons appuyer sur le bouton reset. Être conscient de ses pensées nous permet de nous libérer l »esprit.

Nous perdons notre liberté. Qu’est ce qu’être libre si ce n’est qu’exister et être là tout simplement. Je suis libre quand je ne suis plus perdu dans le bruit intérieur des pensées et dans le bruit qui m’entoure.

Comment faire avec la peur du silence ? Vivant dans un monde saturé de bruit et de sollicitations. les moments de calme pourtant nécessaires à notre bien être peuvent être générateurs de peur et d’angoisse. De plus en plus de personnes ont peur du silence et vont remplir ce silence par de la musique, la télévision, les messages. Le silence est alors perçu comme un vide avec lequel nous ne sommes pas à l’aise et que nous cherchons à remplir ou à faire disparaître. Nous cherchons à rester connectés. Nous voulons recevoir ; nous voulons partager. Et pourtant bien que connectés nous nous sentons extrêmement seul, voire de plus en plus seul.

Établir en soi un espace de silence intérieur permet de mieux nous connaître. Il s’agit d’apprendre à connaître et comprendre ce qui nous caractérise ce qui fait notre unicité et notre excellence, mais aussi notre propre souffrance, notre vulnérabilité. Cette pratique de ce silence intérieur est de la pleine conscience. Elle exige patience et pratique régulière.

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Comment mettre du silence en nous ? Ce n’est pas une pratique difficile en soi, avec un peu d’entraînement régulier tout le monde peut y arriver. Tout peut être fait dans le silence, marcher, manger, s’asseoir, courir, faire la cuisine….Il suffit de quelques minutes par jour de présence pleine et entière à soi et à l’instant tel qu’il est.

Dix ou vingt secondes peuvent suffire pour arrêter la course folle de nos pensées et nous faire ressentir la joie simple de la vie.

Pour aller plus loin, voir l’ouvrage de Tchich Nhat Hanh  « Les bienfaits du silence – Se ressourcer dans un monde assourdissant ».

 

article écrit par Raymond Barbry / le 2/02/2016

Conférence au printemps de l’éducation à Amiens

Voici les grandes lignes de la conférence réalisée à la demande du printemps de l’éducation (comité d’Amiens) /  samedi 7 novembre.

Les pratiques de pleine conscience dans le contexte éducatif français. Pourquoi, pour quoi, comment et à quelles conditions ?

Point 1 : Qu’est-ce que la pleine conscience ?

Nous avons abordé lors de ce point, les questions de la pleine présence à soi, à ses émotions, à son corps, à ses pensées, aux autres et à l’environnement.

Point 2 : Les pratiques de pleine consciences.

De mon point de vue, il n’y a pas une seule pratique dite de pleine conscience, mais bien plusieurs qui ont  la même origine, apprendre à être dans la présence à la situation telle qu’elle est. C’est ainsi que nous y trouvons les pratiques suivantes : la méditation de pleine conscience, le yoga, la sophrologie, la relaxation, la gestion mentale, la méthode Vittoz, l’écoute active, l’observation et contemplation silencieuse….

Point 3 : Les pratiques formelles et informelles.

Les pratiques formelles s’inscrivent dans une systématique. Ce sont des temps qui sont posés et les pratiques s’appuient sur une méthode. Les pratiques informelles émergent spontanément. A tout moment de la journée je peux décider de me mettre dans la présence à la situation que je vis avec l’intention de me couper des pensées qui m’éloignent du présent.

Point 4 : Un besoin prioritaire dans le contexte sociétal.

Notre époque est marquée par un contexte particulier. Il n’est plus fait référence à la notion de crise mais à celle de changement, voire de rupture sociétale ! dans le quotidien cela se traduit par les effets suivants :

  • une augmentation du stress et de toutes les conséquences sur la santé (effets du sur-stress),
  • une nouvelle temporalité caractérisée par le sentiment d’accélération qui gagne nos différents temps de vie.
  • une époque caractérisée par la sur-sollicitation informationnelle.
  • un déficit des capacités attentionnelle de l’être humain.

les pratiques de pleine conscience n’émergent pas par hasard. Elles répondent à un besoin prioritaire de l’être humain, se connaître, retrouver et se connecter à son intériorité.

Point 5 : L’intérêt pédagogique de ces pratiques à l’école.

Elles favorisent le développement de l’attention-concentration, Elles participent à poser des temps de calme. Elles apprennent aux enfants, aux adolescents et aux jeunes à réguler leur niveau de stress. Elles participent au développement de l’intelligence émotionnelle par la conscientisation des émotions. Elles rendent conscients les moments de bien être personnel et de ce fait participent au développement d’un mieux être et d’un mieux vivre ensemble dans la classe et dans l’école.

Point 6 : Présentation d’expériences menées depuis quatre ans.

Nous avons résumé les différentes actions de formation et d’accompagnement d’équipes faites auprès des publics en charge d’éducation et d’enseignement depuis quatre ans (enseignement privé et public).

  • Programme de formation de deux journées complètes, et du suivi sur l’année 2.
  • Formation perlée sous forme de rencontres de deux heures (de six à huit) étalée sur une durée de trois mois au maximum et pour les membres d’une même équipe éducative.
  • Atelier école de parents (plusieurs rencontres avec des parents d’élèves).
  • Une formation conjointe enseignants/parents.
  • Temps d’atelier avec des collégiens volontaires éprouvant des difficultés attentionnelles.

Point 7 : Evaluation-bilan d’enseignants exploitant des pratiques de pleine conscience depuis plus d’une année.

Nous avons réuni récemment (fin octobre) une vingtaine d’enseignants qui intègrent dans leur journée de classe des temps de pratique formelle, voici ce qu’ils observent :

  • Plus de calme dans les classes. les élèves sont plus apaisés.
  • Une réduction des situations de tension et de conflit dans le groupe classe et sur l’ensemble de l’établissement quand il y a intégration de la démarche au projet d’établissement.
  • Une présence plus attentives aux tâches scolaires, et par conséquent une efficacité dans les apprentissages.
  • Des élèves qui réclament d’eux-mêmes des temps de pratique quand le besoin s’en fait sentir.
  • Des élèves qui en parlent à leurs parents. Ce qui participe à développer le dialogue et la collaboration  parents/enseignants.
  • Les élèves qui rencontrent des difficultés en début de pratique (premières semaines) pour accepter ces temps courts de pleine conscience, s’y engagent et en retirent tout le bénéfice. Cela impose d’accepter que tous les élèves ne vont pas adhérer spontanément.
  • Le besoin de pratiquer pour les enseignants. Mener des temps de pleine conscience en classe a des effets sur l’adulte qui anime ce temps, diminution de la tension inhérente au métier, une plus grande présence à la classe, une adaptation en temps réel des activités proposées compte tenu de l’état de vigilance des élèves.

Point 8 : Les conditions de réussite des pratiques de pleine conscience. Fort de notre expérience depuis quatre ans, nous en avons dégagé quelques unes qui facilitent l’exploitation pédagogique :

  • La conviction pédagogique. Quelle que soit la méthode pédagogique, la conviction et la confiance qu’à l’enseignant vont participer à la réussite. Il en est de même pour tout enseignement. L’application d’une méthode non intégrée et à laquelle on ne croit pas aura peu d’effet sur les élèves.
  • Une formation en point de départ et une pratique personnelle avant de le proposer dans la classe.
  • Des temps de pratique plutôt courts qui sont proposés si possible tous les jours, voire plusieurs fois par jour (de deux à cinq). En dessous de trois fois par semaine, il ne faut pas s’attendre à de réels acquis.
  • La durée des temps de pratique ne dépassent pas cinq minutes. Ce sont le plus souvent des temps de une à trois minutes. Parfois des temps plus longs peuvent être proposés. Ils vont rarement au delà de dix minutes.
  • La patience est de mise quand à l’implication de tous les élèves. Il y aurait comme un cap à passer, savoir attendre les deux à trois premières semaines pour observer un engagement de la plupart. En conséquence, ce sont des temps de pratique qui sont proposés et non imposés.
  • La réflexion pédagogique sur les pratiques de pleine conscience gagne à être articulée avec celle sur des rythmes scolaires.
  • Une présentation de la démarche aux parents, aux collègues, au chef d’établissement (directeur, proviseur…), voire aux inspecteurs. Ces derniers s’en intéressent actuellement. Ce qui montre combien l’intérêt grandissant pour l’exploitation de ces pratiques à l’école gagne au plan institutionnel.

Point 9 : Mode ou nécessité ?

Il y a une vigilance à avoir quand à une approche par trop volontariste. La méditation laïque de pleine conscience devient un phénomène de mode qui gagne toutes les sphères de notre société (travail, social, éducatif, sportif…). Il suffit de constater le nombre d’ouvrages publiés actuellement sur ce thème, manger en pleine conscience, la méditation au travail, médiation et sport, mais aussi les applications pour iphone etc..Et c’est tant mieux, car elle répond à un besoin fondamental de l’être humain, l’intériorité. Cependant elle n’est pas LA SOLUTION qui a elle seule va résoudre tous les problèmes de notre société !

Elle est une des pistes d’action à intégrer dans une réflexion éthique et éducative globale sur le sens de l’école et de la scolarité obligatoire. C’est cette démarche que je retrouve actuellement sous l’impulsion du mouvement  » le printemps de l’éducation ».

Article réalisé par Raymond Barbry le 9 novembre 2015?