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Effets de la pratique de la méditation dans le temps d’entraînement de jeunes athlètes (16-25 ans)

Par cet article je témoigne des effets observés d’une pratique de méditation de pleine conscience que j’intègre depuis quatre ans et plus systématiquement depuis deux ans au temps d’entraînement de jeunes athlètes du Racing Club d’Arras-athlétisme (section arrageoise) spécialistes du demi-fond court au fond (du 800m au trail). Cet article n’est pas et ne se veut pas scientifique, c’est le témoignage, l’analyse et le partage d’une expérience d’entraîneur qui est aussi de par ailleurs dans la vie professionnelle, formateur-consultant-coach-préparateur mental et qui forme à la pleine attention ou méditation de pleine conscience depuis plus de six ans.

1. Caractéristiques des athlètes.

En majorité le groupe d’entraînement, dont je partage la responsabilité avec Guillaume Winter depuis deux ans et avant avec Antoine Galopin (maintenant CTS en Bretagne), est constitué de vingt cinq  athlètes en majorité âgés de 16 à 25 ans (2/3 garçons pour 1/3 de filles). Leur niveau de performance va du niveau départemental au plus haut niveau national (France élite). Leur engagement dans leur pratique d’athlète (nombre d’entraînements) varie de 2 à 6 entraînements  par semaine en fonction de leur motivation, de leur disponibilité et de leur niveau de performance.

2. Pratiques intégrées dans les temps d’entraînement.

J’ai fait le choix d’intégrer dans les temps d’entraînement des temps courts de une à dix minutes de méditation de pleine conscience avant, pendant et en fin d’entraînement qui prennent les formes suivantes, en voici quelques exemples :

– Marche très lente avec une expiration et une inspiration par appui.

– Marche lente les yeux fermés avec expiration prolongée.

– Course à allure lente avec des temps d’expiration du double du temps d’inspiration, par exemple, expiration sur six appuis et inspiration sur trois ou expiration sur quatre appuis et inspiration sur deux appuis (cf la méthode Breathplay).

– Un moment du temps d’échauffement en silence.

– Effort à intensité élevée avec centration sur la respiration,  par exemple : expiration sur deux appuis et inspiration sur un appui (même lors des phases dite « lactique »).

– Lors des phases de récupération, marche ou trot très lent seul et en silence avec une expiration soutenue et régulée.

– Exercices multiples et variés d’attention à la respiration.

– Course très lente à pieds nus sur l’herbe en fin de séance (récupération) seul et en silence.

– Temps de course aux sensations, sans la montre et sans information sur les temps de passage.

– Une fois par semaine, un temps de méditation guidée avant la séance sur la thématique de la confiance en soi.

– Un temps de visualisation sur les ressentis physiques et émotionnels de suite à une situation de réussite (cf la gestion mentale)

Certains athlètes continuent une pratique quotidienne personnelle par des temps plus ou moins courts (3 à 10mn), le plus souvent, le matin au lever, puis en milieu de journée et le soir avant le coucher. Ces pratiques portent sur le scan corporel, l’écoute des sons, l’observation des pensées, un temps de silence, de la cohérence cardiaque, l’attention  ce que je mange etc….

3. Une philosophie de l’entraînement.

Intégrer ces temps de pleine conscience n’est pas neutre en matière de philosophie de l’entraînement, en voici les grands principes :

– Développer l’intériorité par la prise de conscience du soi et des ressentis.

– Apprendre à se connaître par une approche globale.

– S’engager dans la pratique compétitive d’abord pour donner le meilleur de soi et non pour être meilleur que les autres. D’abord je cours avec les autres et non contre les autres !

– Apprendre à lier, le physique, l’émotionnel et le cognitif dans le temps d’entraînement.

– Développer l’intelligence intuitive – aussi dénommée scientifiquement, l’intelligence intuitive extra-neuronale.

– Transférer cette pratique de pleine conscience dans les autres temps de vie (scolaire, universitaire, professionnel, social, personnel…).

4. effets observés sur les performances, sur la régulation du stress compétitif, sur les relations dans le groupe.

Sur la performance : II est toujours difficile, voire impossible, d’identifier objectivement les effets d’une seule variable sur la performance. Cette dernière est la résultante d’une multitude de facteurs qui interagissent constamment. Cependant je me risquerai à avancer que, compte tenu du profil global des athlètes du groupe, nous obtenons de très bons résultats en matière de performance. A ce jour nous n’avons jamais eu dans ce groupe depuis qu’il existe (quatre ans) d’athlètes réalisant spontanément dés leur arrivée des performances de haut niveau (l’athlète « doué »). Pour la majorité ce sont des jeunes qui sont arrivés avec un passé de sportif, voire de bon sportif, mais rien d’exceptionnel, or nous observons les faits suivants :

– Des progressions régulières d’année en année.

– Trois athlètes réalisant des performances de niveau national et proche des sélections pour deux d’entre eux.

– Tous les athlètes du groupe (sans exception) et quel que soit leur engagement et leur investissement améliorent leurs performances – records personnels – chaque année (pas de stagnation ou de régression).

Sur la régulation du stress compétitif : C’est l’élément majeur, mis en avant aujourd’hui, de l’exploitation des pratiques de méditation de pleine conscience dans le sport comme dans d’autres domaines (entreprise, psychothérapie, examens etc..). Or, paradoxalement, il ne s’agit pas de cela et c’est de mon point de vue une erreur fondamentale de croire que parce que nous allons pratiquer la méditation de pleine conscience, il n’y aura plus de mauvais stress, de peur, d’angoisse. Non, le stress négatif (bloquant et inhibant), la peur, l’angoisse, les pensées négatives seront toujours présents ! Un athlète de profil « angoissé » le restera. Mais alors que gagne-t-il à pratiquer la méditation ?

– Il va apprendre à s’accepter tel qu’il est.

– Il va apprendre à vivre avec ses angoisses pré-compétitives. Il ne va plus lutter contre ses peurs, il va faire avec !

– Il va apprendre à observer ses pensées et les émotions associées.

Et de fait, les peurs, les angoisses et le mauvais stress se régulent. Ils ne vont pas disparaître. Les pensées négatives et bloquantes, ne font que passer et ne s’accrochent pas dans le psychisme de l’athlète. De ce fait par effet indirect, le mauvais stress (celui qui bloque et inhibe) diminue d’intensité.

Sur la dynamique relationnelle dans le groupe :

Certainement l’un des effets indirect que je qualifierai de plus « puissant », et que je retrouve dans les classes où les enseignants proposent la méditation de pleine conscience ou pleine attention ; à savoir que nous observons moins de situation de tension, voire de conflit entre les membres du groupe. Ce n’est pas que les tensions n’existent pas, mais elles sont régulées de par une capacité accrue par ses membres à accepter l’autre tel qu’il est, à ne pas rendre responsable l’autre de ses propres erreurs, à être dans l’entraide, la coopération et le soutien plutôt que la compétition et la confrontation.

Cependant les athlètes qui s’inscrivent dans une logique de confrontation et de compétition excessives ne restent pas dans de tel groupe s’ils n’intègrent pas les principes fondamentaux et ne s’engagent pas dans cette pratique d’intériorité. Leur difficulté majeure se situant au niveau d’une intériorité qu’ils refusent de rencontrer et de développer.

Vers une extension aux autres licenciés du club. Fort de cette expérience du groupe demi-fond et des compétences au sein du collectif des entraîneurs. Cette pratique et d’autres tels que, le yoga, le pilate, la relaxation, la méthode Gasquet ou APOR seront proposées aux autres groupes et licenciés du club de manière formelle dans le cadre d’un atelier une fois par semaine, voici une présentation succincte des intervenants et des contenus proposés.

Alexandra BANTI : « sprinteuse (sur 100 et 200m), pratique l’athlétisme depuis dix ans. Pratique le yoga, la relaxation, le pilate,

Raymond BARBRY : Entraîneur demi-fond au RCA. Professeur d’EPS et Formateur-consultant-coach indépendant sur la régulation du stress, la préparation mentale, la gestion de conflit et de crise, la pleine attention ou méditation de pleine consience. Pratique de la relaxation depuis quarante ans et de la méditation depuis plus de dix ans.

Jean-Marc GALLET : Entraîneur de sauts et d’épreuves combinées, Pratique le yoga depuis 7 ans. Formation « Abdominaux autrement et mal de dos » à l’institut De Gasquet (Paris).

 

Raymond Barbry, le 12 juillet 2017

Pratiques de méditation, relaxation et visualisation mentale chez les sportifs.

Ci joint un lien avec un article que j’ai écrit sur le blog à destination du milieu sportif et qui fait le résumé d’une intervention réalisée auprès d’athlètes de niveaux international et national du RCArras en vue de la préparation de leur saison.

http://sportenpleineconscience.over-blog.com/2017/04/meditation-relaxation-visualisation-integrees-a-un-stage-d-athletes-en-phase-de-preparation.html

Raymond Barbry ke 24/04/2017.

 

La « pleine attention » intégrée dans la préparation des jeunes footballeuses et footballeurs

Je mène depuis cette année scolaire une formation de pleine attention pour des jeunes footballeuses et footballeurs d’une section sportive d’un collège de la banlieue lilloise (Hellemmes). Cette formation prend la forme d’un atelier qui consiste à  des temps de rencontre d’une heure par groupe d’une quinzaine de jeunes âgés de 12 à 14 ans.

Avec l’équipe pédagogique de l’établissement et le « staff » technique de la section sportive, nous avons arrêté six rencontres sur une période de deux mois et demi. Les principes de base de cette formation.

Des temps de pleine attention intégrés dans les séances d’entraînement et dans la journée. Le principe clef de cet atelier consiste à présenter une série de situations de pleine attention que les jeunes peuvent exploiter quotidiennement à l’internat sous la responsabilité de Soraya Bach-Difle (Conseillère principale d’éducation)  et de Nathalie Scol (Infirmière). Les « coachs » intègrent systématiquement lors de l’entraînement des temps courts visant le développement de la pleine attention. Quotidiennement nous pouvons estimer que les jeunes pratiquent la pleine attention plus de dix minutes réparties en plusieurs temps de la journée.

Investissement et formation du staff pédagogique et technique. Chaque temps d’atelier est suivi par le staff technique et pédagogique qui pour une bonne partie d’entre eux a déjà suivi une formation à la pratique de la pleine attention. Pour plus de détails sur cette expérience voir le lien avec l’article suivant :

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2016/04/30/la-pleine-attention-en-college-temoignage-dune-experimentation/).

L’atelier est filmé, ce qui en facilite la réappropriation par les responsables pédagogiques dans les temps entre deux ateliers.

Une priorité novatrice du projet d’établissement. Sous l’impulsion de Nathalie Scol, de Soraya Bach-difle – déjà citée plus haut –  et du Principal adjoint, c’est une partie de l’équipe pédagogique (enseignants, éducateurs) qui depuis l’an dernier se forme aux pratiques de pleine attention pour l’intégrer dans les temps de classe ou de vie scolaire (internat).

Raymond Barbry le 24 novembre 2016

Un humaniste, un marathonien : Jean Habarurema

Jean Habarurema est actuellement l’un des meilleurs marathoniens français. D’origine rwandaise, il a échappé au génocide où il a perdu une bonne partie de sa famille.

 

Il est bien plus que cet athlète de longue distance. Il est chercheur, philosophe, ouvert à la dimension spirituelle. Quand il court, comme il le dit lui même, il est tout cela en même temps.

Canal plus vient de faire un reportage dont voici le lien :

http://www.canalplus.fr/c-infos-documentaires/c-la-nouvelle-edition/pid7023-les-reportages.html?vid=1192705&sc_cmpid=FBShare

 

Etre en pleine conscience dans l’effort physique.

L’état de flux ou flow ou zone est difficile à décrire. L’expérience est spécifique à chaque athlète ou sportif. Il se trouve que cette semaine, j’ai accompagné lors d’un entraînement un jeune athlète de demi-fond de niveau national qui est entré pour la première fois dans le « flux ».

Le fait d’être à côté (en vélo) m’a permis de l’aider à prendre conscience de cet état et de mettre des mots sur le ressenti.

Description de la situation d’entraînement.

Cet athlète était dans une séance de type intervall-training à une intensité correspondant lors des temps d’effort à ce que les entraîneurs appellent le « seuil ». Pour cet athlète cela correspond à son allure « critique » sur 10 kms. L’objectif de la séance, au delà de son impact physiologique, consistait à centrer l’attention sur la respiration (par la méthode « breathplay ») et le relâchement dans l’effort. L’athlète ne devait se fier qu’à ses sensations. La séance se déroulait en nature et aucune information ne lui était donné sur d’éventuels temps de passage. Il travaillait aux sensations en centrant l’attention sur l’expiration et sur le relâchement dans l’effort. Ma présence à ses côtés visant à lui rappeler sans cesse, les points d’attention.

Lors d’un des temps d’effort à l’intensité visée, l’athlète est entré dans ce que nous appelons « la zone ». C’était pour lui sa première expérience en la matière. Lors du temps de récupération à intensité basse, je lui ai demandé de mettre des mots sur cette expérience.

Description des ressentis de l’athlète.

« J’avais l’impression de voler ».

 » Je ne pensais à rien..comme un vide de bien être ».

 » Le temps est différent »

« J’étais à la fois là pleinement et dans un ailleurs »

« Je voyais les obstacles (branches, accidents du terrain) et les passais avec une fluidité impressionnante ».

 » Je ne réflèchisais pas pour trouver la bonne trajectoire..cela venait naturellement »

 » Je percevais bien que j’allais vite et je ne ressentais aucune douleur…j’étais dans l’aisance..c’est impressionnant »

Observation de ma part .

Lors du temps d’effort où cet athlète a vécu cet état de « flux », l’aisance était palpable. L’athlète était dans le relâchement. La foulée se jouait du terrain. La fluidité ressentie intérieurement se voyait dans l’attitude de course de l’athlète. Il avait ce « quelque chose » en plus qui est un indicateur de cet état de flux.