Archives de Catégorie: Préparation mentale

Effets d’un atelier de pleine attention (méditation) en collège.

C’est à l’initiative de Mélanie Decool (infirmière) et Sylvie Ponavoy (professeur) au collège de Flandre à La Madeleine (Hauts de France) que j’ai animé pour tous les élèves des classes de cinquième  un atelier de pleine attention. Nous avons pu mesurer les effets de cet atelier sur les capacités attentionnelles  au travers d’un test pratique d’attention-concentration. C’est cette expérimentation que je vais vous décrire ainsi que les résultats observés entre la première et la dernière  séance.

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1. Intitulé de l’atelier.

 « Développer un cerveau de champion « 

2. Cadre des rencontres.

  • Toutes les classes du niveau 5ème (12 à 14 ans) ont bénéficié de sept rencontres entre les mois de mars et de juin 2019. Soit une centaine d’élèves.
  • Tous les élèves participaient à l’atelier
  • Le temps de l’atelier était de 30mn/classe.
  • Un ou des adultes (enseignants, éducateurs, infirmière…) ont participé à l’atelier avec les élèves.
  • Les temps d’atelier se déroulaient sur temps de cours.

3. Contenus des ateliers.

Les contenus s’appuient sur le programme (Raymond Barbry-AGEPS). Ils sont adaptés aux caractéristiques des collégiens de cette tranche d’âge. En voici les grands points,

  • Identifier ce qu’est un état d’attention-concentration.
  • Connaître le fonctionnement de base du cerveau attentif.
  • Apprendre à réguler sa respiration.
  • Apprendre à percevoir les sensations venant du corps (relâchement-contraction).
  • Apprendre à observer et réguler ses pensées (métacognition).
  • Apprendre à construire une image mentale.
  • Apprendre à ressentir et réguler les émotions.
  • Apprendre à faire silence.
  • Apprendre à fixer son attention dans le cadre d’une situation neutre.
  • Apprendre à réguler son niveau de stress.
  • Apprendre à visualiser une situation à venir (mise en projet).
  • Apprendre à se remémorer un événement passé.
  • Apprendre à se déplacer sans les repères visuels.
  • Apprendre à maintenir un équilibre sans les repères visuels.

4. Entraînements entre les temps d’atelier.

J’ai pour habitude dans ce type d’intervention de rapprocher les temps de rencontre (au maximum toutes les deux semaines), ceci pour une meilleure appropriation des outils. Dans le cadre de ce dispositif, cela n’a pas été possible. Aussi, la présence d’adultes avec les élèves s’est révélé déterminante. Elle a permis la réappropriation des situations proposées dans l’atelier dans le cadre de temps de classe. C’est ainsi que certains enseignants-es ont repris régulièrement sous forme de temps très courts des situations de pleine attention. Une routine s’est ainsi installé dans certaines classes.

5. Effets observés sur le temps d’attention-concentration sur une tâche neutre.

Nous avions convenu d’évaluer les effets de cet atelier sur tous les participants. Pour ce faire nous avons retenu le test classique de fixation d’un objet neutre qui permet de mesurer instantanément les progrès ou non des sujets. Ce test, qui est exigeant, s’appuie sur deux principes : la vitalité et l’entraînement spécifique. C’est ainsi que s’entraînent mentalement, la plupart des sportifs de haut niveau et toutes les personnes qui ont à intervenir dans des contextes à haut de niveau de vigilance.

Description du test :

– En position assise sur une chaise, pieds au sol.

– Fixer un objet neutre, balle, ballon etc…qui est positionné à peu près à hauteur d’homme (1.70).

– Le regard ne doit pas quitter l’objet pendant un temps déterminé.

– La durée du test est de 20mn.

– Les sujets ont l’autorisation de bouger les pieds et les bras, mais le haut du corps (la tête) se doit de rester immobile.

– Dés que le sujet quitte du regard l’objet neutre, le test est terminé et nous notons le temps de soutien du regard sur l’objet neutre.

Résultats observés lors de la première rencontre avant le début du programme.

Lors de la première rencontre et dés son début, nous avons fait réaliser le test décrit précédemment sur une période de 3mn. En voici les résultats :

  • 50% des élèves décrochaient avant la première minute. Pour certains d’entre eux, soit 10% de la totalité, le décrochage attentionnelle s’est fait avant l’atteinte de la quinzième secondes.
  • Moins de 20% des élèves ont réussi à maintenir l’attention pendant trois minutes.

Résultats observés lors de la dernière séance – le test des 20minutes.

La dernière séance a consisté à la fixation de l’attention sur un point fixe pendant 20mn, voici les résultats de ce test réalisé par 94 élèves

  • 56% maintiennent leur attention pendant  20mn
  • 3% maintiennent leur attention au delà de 15mn (<20mn)
  • 11% maintiennent leur attention au delà de 10mn (<15mn)
  • 11% maintiennent leur attention au delà de 5mn (<10mn)
  • 19% ne maintiennent pas leur attention au delà  5mn (<5mn)

Nous observons une différence entre les garçons et les filles. Ces dernières sont 60% à réussir le test dans sa durée totale pour 44% des garçons.

Un seul élève obtient un score de moins de 1mn (36 secondes de temps de soutien).

Discussion sur les résultats.

les progrès sont indéniables quant à la réalisation du test retenu. Ceci confirme toutes les recherches faites ces deux dernières décennies qui mettent en avant le bénéfice retiré des pratiques de pleine attention sur les capacités attentionnelles.

Un entraînement spécifique s’avère efficace et a tout son sens dans le contexte éducatif actuel. Notre époque dite « hyper-moderne » est  marqué par une chute drastique des capacités attentionnelles de l’être humain (temps de maintien de l’attention à 9 secondes). Or il n’est pas possible d’apprendre, de réfléchir, de mémoriser si l’attention est absente ou réduite à un temps trop bref (zapping attentionnel).

Des exercices de pleine attention peuvent être proposés dans le cadre de l’enseignement obligatoire. Ils ne prennent pas beaucoup de temps (de quelques secondes à quelques minutes).  C’est la systématisation qui est déterminante. Il s’agit d’instaurer un rituel.

Exploitation de la pleine attention en dehors du temps d’atelier.

Nous avons fait une enquête quant à l’exploitation que font les collégiens de cet outil de pleine attention en dehors du temps d’atelier , voici ce qu’il en ressort :

Près de 50% déclarent s’entraîner personnellement en reprenant plus ou moins régulièrement (de une fois par semaine à chaque jour) un ou des exercices proposés durant le temps d’atelier.

Certains jeunes déclarent exploiter cet outil dans d’autres contextes de leur vie et plus particulièrement celles et ceux qui ont une pratique sportive ou culturelle (musique, chant, théâtre) ou pour une meilleure qualité de vie (amélioration du sommeil).

Raymond Barbry – le 25 juin 2019

 

 

 

 

 

 

La préparation mentale des jeunes athlètes (Ligue des Hauts de France)

Une première  dans le cadre du stage régional (horizon 2028) regroupant une centaine de jeunes athlètes de toutes les spécialités de l’athlétisme des Hauts de France à Liévin les 8, 9 et 10 avril, un atelier de préparation mentale.

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C’est à la demande de Yann Vaillant CTS à la ligue des Hauts de France et responsable du suivi horizon 2028 que j’ai proposé et animé un atelier de pleine attention lors de ce stage.

Qu’est ce que la pleine attention ?

Aussi appelé pleine présence, méditation de pleine conscience, elle est une pratique millénaire (2500 ans) qui a été adaptée à notre époque et à notre contexte sociétal. Elle répond a un besoin prioritaire de l’être humain, être dans le présent du moment vécu.  Notre époque qui est caractérisée par la sur-sollicitation mentale, le sur-activisme a mis à mal cette capacité de l’être humain, à être simplement dans le présent. Les jeunes générations sont les plus impactées par ce phénomène de surcharge mentale de part la constitution de leur cerveau qui est en cours de maturation et plus particulièrement les lobes frontaux, aussi apprendre à fixer son attention sans tension devient une priorité éducative et de formation.

La pleine attention, pour quelle raison ?

Une des conditions de l’engagement et de la réussite d’un athlète est sa capacité à être pleinement dans l’effort qu’il réalise et ce quelle que soit sa spécialité. Or nous savons que nos capacités attentionnelles, de part notre mode de vie actuelle, sont à renforcer, développer et entretenir et ce même chez les sportifs de haut niveau. Il devient déterminant à côté du développement des qualités physiques et techniques du jeune athlète d’intégrer spécifiquement des temps de développement de l’attention-concentration.

L’expérience au RCArras section athlétisme.

Cela fait plusieurs années que les athlètes arrageois bénéficient de temps spécifiques à la pleine attention intégrés aux entraînements réguliers dans certaines spécialités, ou lors des regroupements en stage, ou lors d’un atelier spécifique dans le programme sport-santé-bien être du club (le samedi matin). Cet aspect de la préparation globale de l’athlète a permis à certaines et certains des athlètes arrageois d’atteindre un bon niveau national (podiums et finalistes à des championnats de France), et d’intégrer l’équipe de France (nous pensons actuellement à un des espoirs français au lancer de marteau).

Une approche globale, équilibrée et systémique de la formation  de l’athlète.

L’intégration de temps de pleine attention s’inscrit dans une visée globale de la formation du jeune athlète et vient en complément des autres dimensions que sont le développement des qualités physiques, techniques et stratégiques.

Par la pleine attention nous intervenons sur les aspects cognitifs et bio-émotionnels de la personne en lui donnant des outils de régulation des émotions, de régulation du stress, de visualisation et de mise en projet. Mais surtout nous permettons à chacun d’avancer un peu plus sur la connaissance de soi qui est au delà de l’aspect sportif un déterminant de notre engagement dans la vie et du dépassement de soi.

Raymond Barbry, le 15 avril 2019

Une première à Arras, le sport en débat, le 5 mars

La ville d’Arras organise le 5 mars une soirée sur le sport.

https://www.arras.fr/fr/agenda/le-sport-en-debat

La thématique de ce rendez-vous « Comment trouver les clés pour sa réussite sportive ? »
sera divisée en trois angles :

– Traumatologie du sport
– Préparation mentale
– Hygiène de vie

Pour animer cette conférence, quatre intervenants seront présents :

– Thibault Deschamps, Conseiller Technique Sportif en athlétisme
– Docteur Thomas, Traumatologue du sport
– Docteur Leyval, Traumatologue du sport
– Annie Carton, Ensignante-chercheur en psychologie du sport à l’Université d’Artois

A cette occasion, j’introduirai l’intervention d’Annie Carton (préparation mentale) par cinq minutes de pratique de pleine attention.

Raymond Barbry, le 17 février.

La préparation mentale de jeunes footballeurs (section sportive intégrée au collège).

C’est à l’initiative de David Devogel, responsable de la section football au collège Antoine de Saint-Exupéry à Hellemmes-Lille, que j’ai durant le premier trimestre de l’année scolaire 2018/2019 collaboré avec le staff technique (sept séances) pour intégrer des temps de pleine attention dans les temps d’entraînement.

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Le constat à l’initiative de cette expérimentation : Les jeunes footballeurs, comme le reste de la population  du reste, ont tendance à vite « décrocher » et se laisser perturber par des stimulis extérieurs à l’action en train de réaliser. Dans un match de football, les éléments de perturbation attentionnelle sont multiples et constants. Or la réussite dans un sport collectif comme le football au delà des qualités techniques, tactiques et physiques dépend de la capacité du joueur à rester pleinement dans le présent des actions à mener et à constamment s’adapter dans l’instant au contexte du jeu tel qu’il se produit.

Développer la pleine attention dans le temps d’entraînement. En accord avec David Devogel nous avons fait le choix d’intégrer des temps de pleine attention brefs dans les séances d’entraînement. Ces temps étaient placés aux différents moments de la séance et répondaient à un besoin identifié dans l’instant. A savoir qu’il s’agissait de donner les moyens aux jeunes footballeurs de se remettre dans le présent mais aussi d’apprendre à observer, réguler les pensées et les émotions associées à ces dernières sans porter de jugement négatif sur soi ou les autres.

Intégrer la visualisation mentale en début d’entraînement. Lors de séances d’entraînement à thème spécifique et à forte charge mentale avec pression temporelle dans le jeu, nous avons proposé en début de séance dans le vestiaire des temps de visualisation mentale guidés sur le thème de la séance.

Des temps de relaxation en fin de séance. Lorsque les conditions atmosphériques le permettaient, en fin de séance avant le retour aux vestiaires des temps de relaxation guidés ont été proposées. Ils visaient à apprendre à faire le calme en soi et à avoir un outil de récupération pour pouvoir être de nouveau disponible et présent aux situations scolaires qui suivaient les séances d’entraînement.

Intervention individuelle au cas par cas. Lors de situations de test à forte pression émotionnelle, nous sommes intervenus individuellement auprès de certains joueurs pour leur apprendre à réguler le mental durant les temps de récupération, à savoir  en fonction des besoins du joueur : accepter l’état de stress, réguler l’état de fatigue, faire le calme en soi, visualiser la situation à venir etc….

Effets observés sur les comportements en jeu. Il est difficile d’identifier en contexte réel les effets spécifiques de tel ou tel choix pédagogique ou didactique, ici en l’occurrence, les pratiques de pleine attention dans le temps de l’activité. Cependant, les attitudes et les comportements des joueurs entre le début et la fin du trimestre (septembre à décembre) montrent des acquisitions certaines quant à la capacité à rester présent tout le temps du jeu. Lors d’une situation de jeu libre de fin de période, nous avons fait le constat d’une fluidité dans la circulation du ballon, les déplacements, l’anticipation, le replacement en jeu dénotant un état de présence de l’ensemble des joueurs.

L’intention du « staff » technique est déterminante. Au delà des interventions spécifiques du préparateur mental durant  sept séances, c’est l’intention présente et répétée à chaque séance (trois fois par semaine) des éducateurs qui a développé et ancré la pleine attention chez les jeunes joueurs. Le staff technique (David Devogel, Lucien Bellanger, Victor Thélot,  Clément Dewinne, Régis Guillaume) s’est approprié ces outils et a pu les intégrer à chaque séance d’entraînement.

Effets observés dans le cadre de la scolarité. Un suivi personnalisé global (football, scolarité) des joueurs est mis en place par le staff technique, entretien individuel, cahier individuel de réflexivité etc… Il est à noter qu’à l’issue du premier trimestre tous les joueurs de la section sont en réussite scolaire.

Raymond Barbry le 2 janvier 2019.

Cet article a été aussi publié sur : http://sportenpleineconscience.over-blog.com/2019/01/la-preparation-mentale-de-jeunes-footballeurs-section-sportive-integree-au-college.html

La pleine attention pour des athlètes

Depuis six ans j’intègre tout au long de l’année, pour les athlètes du groupe demi-fond que j’entraîne, des temps de pleine attention ou méditation de pleine conscience. Ces temps sont intégrés soit en début, soit en cours, soit en fin d’entraînement. Ce sont le plus souvent des temps brefs (d’une dizaine de secondes à quinze minutes au maximum) qui varient en fonction de leur positionnement dans la séance d’entraînement.

A la demande d’entraîneurs d’autres spécialités de l’athlétisme du même club (RCArras) je propose, une fois par semaine lors de la saison estivale un temps de quinze minutes ouvert aux athlètes volontaires du club en tout début d’entraînement.

Qu’y faisons nous :

– Apprendre à développer son attention,

– Apprendre à maintenir son attention pendant une durée déterminée sur un objet neutre,

– Apprendre à observer ses pensées et les émotions associées,

– Apprendre à réguler et laisser passer les pensées,

– Apprendre à visualiser,

Comment le faisons nous :

– Un engagement volontaire

– Un temps de quinze minutes,

– Une situation nouvelle à chaque rencontre. Situation qui peut être travaillée individuellement chaque jour par chacun.

Dans quel but cette proposition ? d’abord leur apprendre à développer l’attention !

La motivation première de nombre d’athlètes et plus particulièrement des jeunes (catégories cadettes, cadets, juniors, espoir) est d’apprendre à réguler leur stress et plus particulièrement l’état de sur-stress. Les effets des pratiques de la méditation de plus en plus connus via les médias, mettent en avant cet argument « massue ». Aussi ils sont surpris et étonnés que nous n’évoquions pas cet aspect lors de nos temps de méditation, voire que nous leur proposons de faire avec, de l’accepter et de ne plus lutter contre !

Un changement de posture.

C’est essentiellement un changement à l’intérieur qui se produit, une manière d’être à soi qui peu à peu s’installe et développe la conscience de soi, améliore la relation à l’autre et à l’environnement. C’est un changement radical dans la manière d’aborder les événements, « Je ne suis plus en lutte contre, mais je fais avec », « Je ne cherche pas à être plus que fort que x, y, z, mais à donner le meilleur de moi »,  » Je ne cherche pas à me valoriser, mais à me foutre la paix – pour reprendre l’expression de Fabrice Midal »,  » Je ne cherche plus à tout contrôler, mais j’apprends à apprécier les moments agréables et accepter les moments désagréables »….

Des effets au delà de la pratique sportive.

Assez rapidement, les jeunes athlètes (16 à 22-23 ans) constatent que les temps de pleine attention peuvent être exploités à tout moment et en dehors de la pratique sportive. Un entraînement régulier à la pleine attention participe à être plus dans le présent des événements, à les accepter et les apprécier. Ce qui n’est pas sans effet sur les autres temps de vie, lycéen, universitaire, professionnel, personnel.

Raymond Barbry, le 14 avril 2018

Cet article a été publié aussi sur le bog : http://sportenpleineconscience.over-blog.com/2018/04/temps-de-pleine-attention-meditation-integree-en-debut-d-entrainement-pour-des-athletes.html

La vitalité, la clef de l’attention

En deux minutes, Serge Augier nous explique comment développer cette attention qui fait tant défaut à nombre de nos contemporains pour deux raisons essentielles :

  • Le manque de vitalité.
  • Le manque d’entraînement spécifique.

Voir l’explication de Serge Augier :

Le flow (flux ou zone), un état de conscience modifié similaire à la transe et à l’extase !

Il en va dans le sport de haut niveau comme dans d’autres domaines, le chant, la danse, la créativité, le théâtre, la marche, l’apnée, la musique…Cet état particulier appelé le flux ou le flow ou la zone est devenu une quête et un objet de recherche qui nous apporte son lot de découvertes qui confirment et renforcent les ressentis d’expérience.

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En état de flow le sujet est en absorption totale dans la situation. La personne est complétement dans l’activité. La concentration est si intense que tout le reste disparaît. La créativité et la motivation s’améliorent grandement (d’après certaines recherches jusque 400%) et les performances physiques et mentales augmentent considérablement.

Au plan neurophysiologique c’est un état de conscience modifiée qui se caractérise par des taux spécifiques de neurotransmetteurs:

l’épinéphrine et la dopamine augmentent l’attention et la concentration,

– le taux d’endorphine qui s’élève ensuite durant l’activité, diminue la perception de la douleur,

– l’anadamide contribue à l’installation d’un état d’extase,

– les taux de sérotonine et d’ocytocine montent et renforcent le bien être, la confiance et  l’empathie.

De part cette pleine présence à la situation, l’activité du cortex préfrontale diminue ce qui a pour effet de faire cesser le bavardage intérieur et les logiques planificatrices. C’est l’intuition qui prend le pas sur le rationnel. Faut-il rappeler que cette intelligence intuitive est devenue un concept scientifique appelé « conscience intuitive extraneuronale » (cf Prof J.J Charbonnier). Cette conscience  est maintenant étudiée en médecine, en neurosciences, en psychologie, en physique quantique et dans le cadre de recherches interdisciplinaires telles que la psycho-physique, la bio-physique, l’épigénétique…

L’état atteint est semblable à celui des transes mystiques et se définit par les aspects suivants:

Selflessness, disparition de l’ego,

Timelessness, disparition de la sensation du temps,

Effortlessness, disparition de la notion d’effort,

Richness, accès à une réalité plus large et plus riche (augmentation des perceptions).

Une forme de paradoxe se dégage ici. Plus le sportif va rencontrer des états de flow est plus il sera performant et donnera le meilleur de lui même. Or pour que ces états de flow adviennent de manière naturelle et spontanée, le sportif se doit d’être dans un état de pleine présence, détaché de l’ego, détaché de la stratégie. Faut-il rappeler que ces états ne peuvent pas se programmer, ils adviennent parce que le sujet bascule en mode intuitif dans le moment présent (plus cerveau droit que cerveau gauche).

Si nous souhaitons que les sujets que nous entraînons rencontrent plus souvent cet état de manière naturelle, encore faut-il dans le cadre de nos entraînements, mettre en place les principes suivants :

– Placer des temps spécifiques de pleine attention ou pleine conscience dans l’effort.

– Proposer des temps spécifiques de pleine attention ou méditation de pleine conscience, de sophrologie, d’hypnose et auto-hypnose dans le cadre de la préparation mentale.

– Placer des situations où la spontanéité pourra émerger et la laisser se développer.

– Valoriser la confiance en soi, la simplicité et l’humilité pour réguler l’ego souvent surdimensionné chez les sportifs de haut niveau.

– Bannir dans le temps d’entraînement les outils qui favorisent la déconcentration (smartphone…).

– Pratiquer des temps d’activités en pleine nature.

– Identifier et reconnaître les différents niveaux de conscience que nous traversons tous dans notre vie et dans les temps d’entraînement : la conscience de type 1 qui contrôle et régule les grandes fonctions biologiques (respiration, rythme cardiaque etc…), la conscience de type 2,dite conscience réflexive (c’est par elle que nous sommes conscients d’être conscients) et la conscience de type 3, dite réflexive lucide (celle qui permet l’état de flow).

Ces principes d’entraînement sont préférables à certaines pratiques émergentes qui peuvent être questionnantes au plan éthique parce que s’apparentant à des pratiques dopantes (micro-dose de psychédéliques, stimulation cérébrale…).

Pour en savoir plus sur ce niveau de conscience de type 3 « réflexive lucide » qui participe à développer l’état de flow, voici une liste de chercheurs parmi quelques spécialistes français et étrangers de la question, J.F Houssais (chercheur en biologie cellulaire et moléculaire-CNRS), J.J Charbonnier (Docteur anesthésiste-réanimateur-CHU de Toulouse), M.Beauregard (Prof Neurosciences – Université de Pennsylvanie), D.Radin (Directeur centre de recherche noétique de Pétaluma -Californie), O.Chambon (Psychiatre et Responsable DU faculté de médecine de Lyon), S.Déthiollaz et C.C Fourrier (Docteur en biologie moléculaire et psychothérapeute – Centre de recherche Noétique- Genéve), M. Le Van Quyen (Chercheur INSERM et Institut du cerveau et de la moelle épinière – Paris), E.Ransford (épistémologue et physicien quantique), P.Guilleman (Ingénieur I.A et physicien – CNRS), l’INREES (Institut de Recherche sur les événements extraordinaires et inexpliqués), R.Sheldrake (Biochimiste – Université de Harvard et Cambridge), F.Varela (+) (Chercheur en psychologie cognitive – Université d’Orsay), C.André (Psychiatre – hôpital Ste Anne à Paris), F.Midal (Philosophe), B.Nicolescu (Physicien – Prof honoraire CNRS) ……

Raymond Barbry le 04/01/2018

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Mise en valeur durant ce mois de septembre sur : les pratiques de pleine attention à l’école (méditation), le bien être à l’école, le management bienveillant et la dynamique collective d’une équipe d’athlètes…

Durant ce mois de septembre, ce sont sur le plan des interventions en formation,
– La rencontre et le début de formation avec 9 équipes pédagogiques des hauts de France du 1er degré sur la question de l’attention-concentration et du bien être à l’école par les pratiques de pleine conscience (pleine attention).
– Une conférence débat avec des parents d’élèves, sur comment aider mon enfant à développer son attention-concentration.
– La participation à un conseil d’établissement d’une école pour présenter la méditation pour les enfants.
– Une journée de formation avec des chefs d’établissement sur le management bienveillant.
– Une rencontre avec une équipe de direction d’un collège sur l’attention-concentration et le bien être à l’école des jeunes et des adultes.
– Une rencontre avec des responsables pédagogiques d’un centre de formation de la région des « hauts de France » sur comment former à la régulation des émotions dans les métiers de l’humain.
– Un reportage réalisé par Olivia (Oli Dayz) et mis en ligne par l’INREES sur la méditation à l’école, et qui génèrent beaucoup d’échanges via les réseaux sociaux.
– Ce sont les athlètes du groupe demi-fond du RCArras qui nous font des merveilles chaque semaine à l’entraînement et dans les différentes compétitions auxquels elles et ils participent…

Le cerveau des sportifs de haut niveau, pour tous, c’est possible !

L’image caricatural du sportif, fort en muscle et rien dans la tête est heureusement bien dépassée. Dans l’observation, dans l’analyse de l’expérience et dans le cadre des recherches, nous constatons que les sportifs de très haut niveau pour réussir doivent être aussi fort physiquement que mentalement. C’est du reste cet aspect de la maîtrise du mental qui fait le plus souvent la différence. Nous en avons eu maints exemples lors du dernier champion du monde d’athlétisme à Londres.

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Avoir un mental de sportif cela s’apprend, certes il peut y avoir une partie d’inné, mais pour la plupart d’entre nous c’est par apprentissage et entraînement que nous allons nous forger ce mental solide. L’esprit s’entraîne et se développe comme le corps. Pour le sportif, c’est l’entraînement des deux qui participe à réaliser son potentiel.

Les caractéristiques du mental du sportif peuvent se résumer autour des quelques principes suivants :

  • Rester calme en situation de tension, de fatigue et de stress intense.
  • Accepter les situations de stress extrême provoquées lors des compétitions importantes.
  • Savoir faire le silence en soi en apprenant à réguler les pensées.
  • Savoir se concentrer et le rester le temps de l’épreuve.
  • Savoir s’isoler.
  • Savoir être dans le présent de la situation telle qu’elle est et agir en conséquence.
  • Savoir se projeter dans le futur tout en restant en lien avec le présent tel qu’il est.
  • Savoir adapter, voire modifier, une stratégie en fonction de la situation.
  • Savoir apprécier les moments de réussite.
  • Savoir accepter les situations d’échec.
  • Intégrer le paradigme de l’interconnexion entre l’esprit et le corps.
  • Exploiter l’intelligence intuitive.

Mon expérience à la fois d’ancien sportif de haut niveau dans des épreuves extrêmes (cyclisme ultra-distance), d’entraîneur (cyclisme et athlétisme) et de préparateur mental (milieu sportif et autres), m’amène aujourd’hui à intégrer le plus tôt possible et pour tous les sportifs des temps d’entraînement de l’esprit, au même titre que l’entraînement physique. Dans certains sports, les athlètes peuvent consacrer en temps cumulés deux heures par jour à méditer, à visualiser en plus du temps passé à s’entraîner physiquement. Du reste, j’intègre des temps de visualisation mentale dans le temps d’entraînement physique.

Au delà des sportifs cet entraînement de l’esprit peut être proposé dans d’autres lieux d’éducation et de formation, notamment dans le contexte scolaire dés l’école primaire et jusqu’au niveau universitaire. C’est du reste ce que je propose dans le cadre des formations sur l’attention-concentration. L’échec scolaire au delà de l’aspect socio-culturel est la plupart du temps lié à un déficit d’engagement (manque de motivation) et à une incapacité à rester attentif. L’esprit se comportant comme un cheval « fou ».

Or, faire le calme en soi, être attentif à une situation, se concentrer sur un aspect de cette situation, cela s’apprend. Nous en avons l’expérience, nous en avons les preuves pratiques et scientifiques, et nous savons comment le faire. Alors pourquoi s’en priver et ne pas en faire bénéficier dans le contexte éducatif tous les élèves quelle que soit leur âge !

Pour aller plus loin, aller lire cet article paru sur le site « des échos-belgique » : http://www.lecho.be/economie-politique/belgique-general/Comment-fonctionnent-les-cerveaux-des-champions/9922711?ckc=1&ts=1503150365

Raymond Barbry le 21 août 2017

 

Effets de la pratique de la méditation dans le temps d’entraînement de jeunes athlètes (16-25 ans)

Par cet article je témoigne des effets observés d’une pratique de méditation de pleine conscience que j’intègre depuis quatre ans et plus systématiquement depuis deux ans au temps d’entraînement de jeunes athlètes du Racing Club d’Arras-athlétisme (section arrageoise) spécialistes du demi-fond court au fond (du 800m au trail). Cet article n’est pas et ne se veut pas scientifique, c’est le témoignage, l’analyse et le partage d’une expérience d’entraîneur qui est aussi de par ailleurs dans la vie professionnelle, formateur-consultant-coach-préparateur mental et qui forme à la pleine attention ou méditation de pleine conscience depuis plus de six ans.

1. Caractéristiques des athlètes.

En majorité le groupe d’entraînement, dont je partage la responsabilité avec Guillaume Winter depuis deux ans et avant avec Antoine Galopin (maintenant CTS en Bretagne), est constitué de vingt cinq  athlètes en majorité âgés de 16 à 25 ans (2/3 garçons pour 1/3 de filles). Leur niveau de performance va du niveau départemental au plus haut niveau national (France élite). Leur engagement dans leur pratique d’athlète (nombre d’entraînements) varie de 2 à 6 entraînements  par semaine en fonction de leur motivation, de leur disponibilité et de leur niveau de performance.

2. Pratiques intégrées dans les temps d’entraînement.

J’ai fait le choix d’intégrer dans les temps d’entraînement des temps courts de une à dix minutes de méditation de pleine conscience avant, pendant et en fin d’entraînement qui prennent les formes suivantes, en voici quelques exemples :

– Marche très lente avec une expiration et une inspiration par appui.

– Marche lente les yeux fermés avec expiration prolongée.

– Course à allure lente avec des temps d’expiration du double du temps d’inspiration, par exemple, expiration sur six appuis et inspiration sur trois ou expiration sur quatre appuis et inspiration sur deux appuis (cf la méthode Breathplay).

– Un moment du temps d’échauffement en silence.

– Effort à intensité élevée avec centration sur la respiration,  par exemple : expiration sur deux appuis et inspiration sur un appui (même lors des phases dite « lactique »).

– Lors des phases de récupération, marche ou trot très lent seul et en silence avec une expiration soutenue et régulée.

– Exercices multiples et variés d’attention à la respiration.

– Course très lente à pieds nus sur l’herbe en fin de séance (récupération) seul et en silence.

– Temps de course aux sensations, sans la montre et sans information sur les temps de passage.

– Une fois par semaine, un temps de méditation guidée avant la séance sur la thématique de la confiance en soi.

– Un temps de visualisation sur les ressentis physiques et émotionnels de suite à une situation de réussite (cf la gestion mentale)

Certains athlètes continuent une pratique quotidienne personnelle par des temps plus ou moins courts (3 à 10mn), le plus souvent, le matin au lever, puis en milieu de journée et le soir avant le coucher. Ces pratiques portent sur le scan corporel, l’écoute des sons, l’observation des pensées, un temps de silence, de la cohérence cardiaque, l’attention  ce que je mange etc….

3. Une philosophie de l’entraînement.

Intégrer ces temps de pleine conscience n’est pas neutre en matière de philosophie de l’entraînement, en voici les grands principes :

– Développer l’intériorité par la prise de conscience du soi et des ressentis.

– Apprendre à se connaître par une approche globale.

– S’engager dans la pratique compétitive d’abord pour donner le meilleur de soi et non pour être meilleur que les autres. D’abord je cours avec les autres et non contre les autres !

– Apprendre à lier, le physique, l’émotionnel et le cognitif dans le temps d’entraînement.

– Développer l’intelligence intuitive – aussi dénommée scientifiquement, l’intelligence intuitive extra-neuronale.

– Transférer cette pratique de pleine conscience dans les autres temps de vie (scolaire, universitaire, professionnel, social, personnel…).

4. effets observés sur les performances, sur la régulation du stress compétitif, sur les relations dans le groupe.

Sur la performance : II est toujours difficile, voire impossible, d’identifier objectivement les effets d’une seule variable sur la performance. Cette dernière est la résultante d’une multitude de facteurs qui interagissent constamment. Cependant je me risquerai à avancer que, compte tenu du profil global des athlètes du groupe, nous obtenons de très bons résultats en matière de performance. A ce jour nous n’avons jamais eu dans ce groupe depuis qu’il existe (quatre ans) d’athlètes réalisant spontanément dés leur arrivée des performances de haut niveau (l’athlète « doué »). Pour la majorité ce sont des jeunes qui sont arrivés avec un passé de sportif, voire de bon sportif, mais rien d’exceptionnel, or nous observons les faits suivants :

– Des progressions régulières d’année en année.

– Trois athlètes réalisant des performances de niveau national et proche des sélections pour deux d’entre eux.

– Tous les athlètes du groupe (sans exception) et quel que soit leur engagement et leur investissement améliorent leurs performances – records personnels – chaque année (pas de stagnation ou de régression).

Sur la régulation du stress compétitif : C’est l’élément majeur, mis en avant aujourd’hui, de l’exploitation des pratiques de méditation de pleine conscience dans le sport comme dans d’autres domaines (entreprise, psychothérapie, examens etc..). Or, paradoxalement, il ne s’agit pas de cela et c’est de mon point de vue une erreur fondamentale de croire que parce que nous allons pratiquer la méditation de pleine conscience, il n’y aura plus de mauvais stress, de peur, d’angoisse. Non, le stress négatif (bloquant et inhibant), la peur, l’angoisse, les pensées négatives seront toujours présents ! Un athlète de profil « angoissé » le restera. Mais alors que gagne-t-il à pratiquer la méditation ?

– Il va apprendre à s’accepter tel qu’il est.

– Il va apprendre à vivre avec ses angoisses pré-compétitives. Il ne va plus lutter contre ses peurs, il va faire avec !

– Il va apprendre à observer ses pensées et les émotions associées.

Et de fait, les peurs, les angoisses et le mauvais stress se régulent. Ils ne vont pas disparaître. Les pensées négatives et bloquantes, ne font que passer et ne s’accrochent pas dans le psychisme de l’athlète. De ce fait par effet indirect, le mauvais stress (celui qui bloque et inhibe) diminue d’intensité.

Sur la dynamique relationnelle dans le groupe :

Certainement l’un des effets indirect que je qualifierai de plus « puissant », et que je retrouve dans les classes où les enseignants proposent la méditation de pleine conscience ou pleine attention ; à savoir que nous observons moins de situation de tension, voire de conflit entre les membres du groupe. Ce n’est pas que les tensions n’existent pas, mais elles sont régulées de par une capacité accrue par ses membres à accepter l’autre tel qu’il est, à ne pas rendre responsable l’autre de ses propres erreurs, à être dans l’entraide, la coopération et le soutien plutôt que la compétition et la confrontation.

Cependant les athlètes qui s’inscrivent dans une logique de confrontation et de compétition excessives ne restent pas dans de tel groupe s’ils n’intègrent pas les principes fondamentaux et ne s’engagent pas dans cette pratique d’intériorité. Leur difficulté majeure se situant au niveau d’une intériorité qu’ils refusent de rencontrer et de développer.

Vers une extension aux autres licenciés du club. Fort de cette expérience du groupe demi-fond et des compétences au sein du collectif des entraîneurs. Cette pratique et d’autres tels que, le yoga, le pilate, la relaxation, la méthode Gasquet ou APOR seront proposées aux autres groupes et licenciés du club de manière formelle dans le cadre d’un atelier une fois par semaine, voici une présentation succincte des intervenants et des contenus proposés.

Alexandra BANTI : « sprinteuse (sur 100 et 200m), pratique l’athlétisme depuis dix ans. Pratique le yoga, la relaxation, le pilate,

Raymond BARBRY : Entraîneur demi-fond au RCA. Professeur d’EPS et Formateur-consultant-coach indépendant sur la régulation du stress, la préparation mentale, la gestion de conflit et de crise, la pleine attention ou méditation de pleine consience. Pratique de la relaxation depuis quarante ans et de la méditation depuis plus de dix ans.

Jean-Marc GALLET : Entraîneur de sauts et d’épreuves combinées, Pratique le yoga depuis 7 ans. Formation « Abdominaux autrement et mal de dos » à l’institut De Gasquet (Paris).

 

Raymond Barbry, le 12 juillet 2017