Archives de Catégorie: Printemps de l’éducation

Le bien être à l’école, comment le développer ?

Le samedi 20 mai dans le cadre des rencontres du Printemps de l’éducation, je communiquerai lors d’une conférence sur la question du bien être à l’école (10h00 à 11h00).

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Adresse : Lycée Saint François d’Assise – 59 avenue de la Fosse aux chênes – Roubaix (59 100).

A cette occasion je présenterai ce que j’ai réalisé en matière d’accompagnement d’établissements scolaires, de formations d’enseignants, de CPE, de Chef d’établissement sur cette question du bien être à l’école. Ce sera pour moi l’occasion de mettre en valeur toutes ces équipes et personnes tant de l’enseignement public que de l’enseignement privé sous contrat qui œuvrent à faire des établissements scolaires des lieux de réalisation de soi, tant pour les adultes que les enfants et les jeunes.

Le soir de 18h30 à 20h30 au cinéma Duplex (47 Grande Rue – Roubaix), je participerai à la table ronde  Les tisserands de l’éducation . Cette table ronde se fera en présence du Philosophe Abdennour Bidar, auteur de l’ouvrage  « Les Tisserands – Réparer ensemble le tissu déchiré du monde ».

Raymond Barbry le 18 mai 2017.

Table ronde du Printemps de l’Éducation à Roubaix : Les tisserands de l’éducation

Je participerai le samedi 20 mai dans le cadre du forum du Printemps de l’Éducation, à la table ronde sur le thème  » Les tisserands de l’éducation » . Cette manifestation aura lieu à Roubaix au cinéma Duplex. Cette table ronde se fera en présence du Philosophe Abdennour Bidar, auteur de l’ouvrage  » Les Tisserands – Réparer ensemble le tissu déchiré du monde ».

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Dans son ouvrage, Abdennour Bidar fait explicitement référence au travail que je mène actuellement et cela depuis déjà six ans sur la question de l’introduction et  l’exploitation des pratiques de pleine attention (pleine conscience ou méditation laïque) en contexte scolaire.

Ce sera pour moi l’occasion de mettre en valeur toutes les personnes de l’enseignement  (public, privé confondus) : chefs d’établissements, CPE, éducateurs, enseignants, infirmières, les équipes d’établissement, les syndicats, les associations de parents d’élèves, les académies, les directions diocésaines, les centres de formation,  qui ont fait confiance dans la démarche qui est la mienne. A leur tour elles deviennent des Tisserands multipliant cette approche qui tend à mettre du lien, du mieux être et du mieux vivre ensemble dans les établissements scolaires.

Un rapide calcul montre qu’en six ans les actions que j’ai menées sur les thématiques :  attention et concentration – Bien être à l’école – régulation du stress – épuisement professionnel – harcèlement – confiance en soi, ont touché

  • Plus de 1500 enseignants, conseillers principaux d’éducation, éducateurs informés et formés à cette approche.
  • Près de 200 chefs d’établissement du 1er et du 2nd degré informés et sensibilisés à cette approche.
  • Près d’une trentaine d’équipes éducatives prenant comme axe prioritaire de leur projet d’établissement, l’attention-concentration.
  • Plus de 2500 parents informés.
  • Plus de 500 élèves en intervention direct.
  • Plus de 50 formateurs sensibilisés.

Intéressez par cette conférence ???

Inscrivez vous en cliquant sur le lien ci dessous :

https://www.helloasso.com/associations/printemps-de-l-education/evenements/table-ronde-spiritualite-et-liberte-educative

Raymond Barbry le 28 avril 2017.

 

Vidéo du 3ème forum du printemps de l’éducation

Information du comité Lillois du Printemps de l’Éducation


Votre présence a pleinement contribué à la réussite du 3 ème Forum Lillois du Printemps de l’éducation
avec pas loin de 2000 personnes présentes sur ces deux jours en comptant les visiteurs adultes et enfants,
les intervenants des conférences et ateliers, les bénévoles présents sur chaque stand et toute l’équipe organisatrice et les bénévoles.

Nous vous remercions pour votre participation active et nous sommes heureux de vous transmettre
une vidéo de 6 minutes réalisée par Mickaël et Nicolas de RainboxProductions,
et qui exprime l’ambiance de ces deux jours emplis de bienveillance, de partages et de joie.

Nous vous invitons à relayer ce lien à un maximum de personnes afin de faire connaître les valeurs du Printemps de l’éducation.
https://youtu.be/948CWBWdomc


Au plaisir de vous retrouver lors de nos autres événements tout au long de l’année.

L’équipe du Comité Lillois

La pleine attention en collège, témoignage d’une expérimentation.

Dans le cadre du 3ème forum du printemps de l’éducation Lillois (le 23 avril) Nous avons témoigné avec l’infirmière, Nathalie Scol, et une enseignante représentante de ses collègues, Virginia Lobo Garcia,  de l’expérimentation menée depuis octobre 2015 au collège Antoine Saint Exupéry d’Hellemes dans la banlieue lilloise.

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Voici les grandes lignes de cette communication qui dans un premier temps explicite l’origine de la demande, par Nathalie Scol. Dans un second temps c’est le résumé de l’action de formation menée par Raymond Barbry/AGEPS et pour finir Virginia Loba Garcia, témoigne des expérimentations faites avec les élèves.

Pourquoi cette demande de formation à destination des enseignants, des conseillers pédagogiques d’éducation, des éducateurs et de la direction ?

Le point de départ : des constats faits à l’initiative de l’infirmière et reconnus par l’ensemble des acteurs éducatifs de l’établissement. (constats qui peuvent se généraliser à la plupart des collèges) :

  • Augmentation du mal être physique des collégiens.
  • Augmentation des crises de spasmophilie et d’angoisse.
  • Augmentation des violences  verbales et physiques envers les autres et envers soi.
  • Augmentation du déficit d’attention.
  • Augmentation du mal être psychologique et social qui se traduit par la perte de l’estime de soi et de la confiance en soi, l’augmentation du stress, la difficulté à réguler les émotions, les difficultés relationnelles, l’image du corps dégradée, la perte de sens et d’intérêt  pour l’engagement scolaire.

Une première réponse apportée par l’infirmière :  la relaxation pour les élèves.

  • Mise en place de séances hebdomadaires au sein de l’internat pour les élèves volontaires
  • Les effets observés :  des élèves plus calmes, des élèves qui pratiquent avant d’aller coucher, des demandes d’élèves pour venir pratiquer des temps courts de relaxation (5mn) à l’infirmerie.

Suite à cette mise en place de temps de relaxation, un besoin s’est imposé tant pour les élèves que pour les adultes de l’établissement (enseignants, conseillers d’éducation, direction).

L’action de formation à destination des adultes.

C’est à l’issue du 2ème forum du printemps de l’éducation lillois (2015) où nous avions communiqué sur la question des pratiques de pleine conscience dans le contexte éducatif  français que Nathalie Scol et les responsables du collège (conseiller principal d’éducation, principal adjoint) ont pris contact avec l’AGEPS-Raymond Barbry pour élaborer un projet de formation à destination des adultes volontaires de l’établissement. Le projet d’intervention a été validé par le conseil d’administration de l’établissement.  Voici les grandes étapes de cette formation qui s’est déroulé sur une période de cinq mois d’octobre 2015 à février 2016.

  • Plutôt des pratiques de pleine attention que de pleine conscience. Nous préférons employer  le terme de pleine attention qui se prête plus au contexte éducatif d’une part et, d’autre part, le terme de pleine conscience est actuellement connoté à une approche spécifique aussi appelée « mindfulness ». Or de notre point de vue ces pratiques recoupent une multitude d’approches qui ont toute la même base de départ que nous retrouvons dans toutes les cultures et à toutes les époques et dont le sens premier vise au développement de la conscience de soi et de l’intériorité.
  • Parmi les pratiques de pleine attention les plus courantes en plus de la « mindfulness », nous retrouvons : le yoga, la sophrologie, la relaxation, la méthode Vittoz, la gestion mentale, l’eutonie…. Même si les tenants de ces différentes approches perçoivent des différences entres elles (voire au sein d’une même famille) , il n’en reste pas moins que fondamentalement elles visent les mêmes intentions.
  • Un programme en huit rencontres produit par l’AGEPS-Raymond Barbry et qui s’articule autour de trois approches : la pleine conscience, la gestion mentale et la préparation mentale. Ce programme élaboré depuis cinq ans évolue continuellement au regard des expérimentations mises en place dans différents établissements scolaires en formation interne et en externe lors de formations d’enseignants, de chefs d’établissements (aussi bien enseignement public que privé). A ce jour ce sont plus de six cents professionnels du milieu éducatif qui ont pu bénéficier de ce programme (enseignants, cpe, éducateurs, chefs d’établissements, représentants de parents d’élèves).
  • Un programme d’abord pour les adultes. Même si l’intention est d’exploiter ces temps de pratique dans le temps pédagogique pour les élèves, il n’en reste pas moins que les enseignants, éducateurs et principal adjoint volontaires doivent s’approprier cet outil avant de le proposer aux élèves.  C’est une des conditions déterminantes de la réussite du programme et de l’atteinte des effets visés en matière d’attention-concentration, de calme, de régulation du stress, de régulation des tensions et de l’engagement scolaire.
  • Caractéristiques des temps de formation. Hormis la première séance (durée de trois heures), les autres rencontres avaient une durée de deux heures. Elles étaient réparties de la manière suivante : 1. Un temps d’échange et de partage sur le vécu de la séance précédente, sur les effets de l’entraînement personnel entre chaque rencontre et sur les expérimentations faites par les uns et les autres avec les élèves (temps de paroles 2. Un temps de pratique sur une nouvelle thématique et la proposition d’un guide d’entraînement pour s’approprier les dites pratiques.
  • Les effets observés par les participants à cette formation qui a regroupé près d’une vingtaine de  volontaires. Nous avons réalisé une évaluation du dispositif à l’issue du programme. Voici ce qui s’en est dégagé principalement : Le lien et l’interaction entre le corps, les pensées et les émotions..L’attention à  sa respiration….Des outils concrets, exploitables pour soi et pour les élèves….Avant tout et surtout une pratique…Des bienfaits pour soi, pour nous collectivement et pour les élèves….L’optimisme qui se dégage de ces pratiques….Les bienfaits des exercices réalisés au quotidien sur la régulation du sommeil, notre niveau de stress, notre niveau d’attention…Des outils pour trouver la sérénité, la concentration….Une méthode et des techniques qui nous permettent de mieux réguler les situations professionnelles difficiles.

Le point de vue d’une enseignante qui a suivi le programme de formation.

Virginia Lobo Garcia enseignante en espagnol , a participé à ce programme et témoigne des mises en pratique avec ses élèves dans le cadre de son enseignement. Par ailleurs Madame Garcia a suivi une formation de Yoga et est membre du RYE (réseau pour le yoga éducatif).

  • Cette formation m’a permis d’oser proposer ces pratiques aux élèves dans le cadre de mon enseignement. J’accepte de prendre du temps en début du cours, jusque dix minutes de pratique, pour mettre les élèves en condition d’attention et de calme.
  • J’observe plus de calme et d’attention dans les classes où je commence à proposer ces temps de pratique. ce qui se traduit par une qualité d’engagement accru dans les tâches scolaires.
  • La grande majorité des élèves sont en demande de ces temps de pratique. Ceux qui n’adhèrent pas dans un premier temps, respectent le groupe, puis au bout de quelques semaines s’y engagent.
  • Il importe d’être patient quant aux effets observés. En effet, c’est parce qu’il y a un entraînement régulier, plusieurs fois par semaine, que les élèves acquièrent peu à peu les compétences attendues. Ce n’est pas parce que nous faisons quelques séances que le calme, l’engagement vont gagner toute la classe. Il faut accepter d’attendre quelques semaines pour en voir les effets.

Voici un résumé des pratiques de pleine attention proposées aux élèves par l’ensemble des participants à ce dispositif de formation (éléments recueillis suite au bilan réalisé en fin de formation)

  • Les différents exercices respiratoires à différents moments du cours.
  • Faire faire des respirations profondes quand les élèves arrivent énervés dans le bureau.
  • La fixation attentionnelle sur un point (temps très court pour recentrer).
  • Des micro-temps d’attention-concentration.
  • Des micro-temps de silence.
  • La marche en régulant les temps d’expiration et d’inspiration (breathplay) – voir à ce sujet l’article écrit sur ce blog en allant sur le lien suivant : https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2015/12/21/pour-faciliter-lattention-des-eleves-oser-de-la-marche-en-conscience-temoignage-dune-enseignante-de-college/
  • La cohérence cardiaque.
  • Le scan corporel.
  • Des exercices de yoga.
  • Des temps de relaxation guidée.
  • La régulation des états émotionnels (colère, tristesse, joie).
  • Les kiffs (petits moments de bonheur et de réussite)
  • Des temps de calme guidés en début, fin de journée et dans les moments de tension.
  • Exploitation du CD « calme et attentive comme une grenouille ».

En conclusion, cette expérimentation qui s’est installée comme une pratique régulière dans ce collège, nous amène aux mêmes effets que ceux remontés par les études réalisées à l’étranger. Et c’est aussi ce que nous observons en tant que consultant-formateur lors d’accompagnements et de formations d’autres équipes pédagogiques qui osent systématiser les pratiques de pleine attention dans une intention pédagogique.

  • L’attention-concentration s’améliore.
  • Le calme est plus présent dans les classes.
  • Le niveau de stress des élèves se régulent.
  • La connaissance et la conscience des émotions s’améliorent.
  • Un mieux être s’installe dans les classes.

Cependant, il serait illusoire de penser et de croire que développer les pratiques de pleine conscience ou de pleine attention serait LA SOLUTION MIRACLE.  Il est évident que donner leur juste place à ces pratiques a du sens dans le contexte éducatif. Mais cela n’empêche pas de faire l’économie d’une réflexion plus globale sur le sens de l’école et de la scolarité en période de mutation sociétale.

Merci à Nathalie Scol et Virginia Lobo Garcia pour leur participation à ce témoignage.

Vous pouvez retrouver d’autres articles écrits au sujet de cette expérimentation au collège d’Hellemmes en cliquant sur les liens suivants dans ce même blog.

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2016/03/02/une-experience-de-pratique-de-pleine-attention-ou-pleine-conscience-en-college/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2016/01/12/effets-de-la-regulation-du-stress-des-adultes-sur-la-relation-avec-les-adolescents-en-college/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2015/12/21/pour-faciliter-lattention-des-eleves-oser-de-la-marche-en-conscience-temoignage-dune-enseignante-de-college/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2015/09/17/lattention-concentration-et-le-bien-etre-a-lecole-comme-axe-du-projet-detablissement/

Article réalisé par Raymond Barbry, le 30 avril 2016

 

 

Le bien être à l’école : pourquoi, comment, à quelles conditions ?

C’est dans le cadre du 3ème forum du printemps de l’éducation Lillois que nous avons communiqué sur cette question du bien être à l’école.

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Cette communication s’appuie des accompagnements d’équipes pédagogiques, des formations d’enseignants et de chefs d’établissements, des rencontres débats avec des associations de parents d’élèves que nous menons depuis  cinq ans. Tous sont dans l’intention de concrétiser dans le quotidien de la vie d’un établissement scolaire tant public que privé les conditions d’un mieux être et mieux vivre ensemble.

C’est quoi le bien être et pourquoi est-ce si important de le développer et de l’apprendre ?

  • Il est fait de choses simples qui s’apprécient dans l’instant.
  • Il est dans le lâcher prise.
  • Il est dans l’acceptation de la réalité.
  • Il est intérieur à soi.
  • Il se partage.
  • Il alterne avec les moments de vie plus difficiles, faits de douleur voire de souffrance.
  • Il facilite et accélère tous les apprentissages.
  • Il est à la base de l’engagement, de l’investissement, de la coopération et de l’excellence.
  • Il est d’autant plus important de le développer que nous sommes dans un contexte sociétal psycho-dépressif, voire psycho-destructeur.
  • Le bien être et le mal être se partagent, se transfèrent. Les travaux récents en neurosciences, en épigénétique et l’éclairage de la physique quantique montrent combien notre état intérieur influe sur l’ensemble de notre corps et sur nos pensées, mais aussi sur l’état intérieur de ceux qui nous environnent (cf l’intrication quantique).
  • la posture de l’adulte est déterminante dans l’apprentissage du bien être de l’enfant et du jeune.
  • Il s’apprend. En matière d’éducation, il importe d’être conscient de cette réalité et d’en tenir compte dans notre conception de l’apprentissage, dans les relations interpersonnelles et dans l’organisation de l’espace/temps.

Une priorité à l’école, penser aussi et d’abord au bien être des adultes en charge d’éducation, d’enseignement et de formation.

  • Cette question qui a envahi le domaine du travail n’est pas abordée actuellement au plan institutionnel dans le contexte éducatif. Ce qui n’est pas le cas d’autres champs professionnels qui fassent à l’augmentation des tensions et des burn-out s’approprient cette question (cf tous les travaux sur la question du bien être, de la bienveillance au travail et des risques psycho-sociaux depuis ces dernières années).
  • Nous vivons sur une illusion d’une maîtrise globale de soi par les enseignants, les éducateurs, les chefs d’établissements. Comme si tous avaient développé l’expertise de leur intériorité ou de leur conscience de soi ! Ce qui explique la non prise en compte de cette dimension dans les dispositifs de formation initiale et continue.
  • Des professions touchées par l’épuisement professionnel. En France c’est aujourd’hui près de 30% du personnel éducatif en état d’épuisement professionnel (enseignants, éducateurs, chefs d’établissements).
  • Des professions qui restent centrées sur les approches technicistes et programmatiques. Nous le percevons au travers de la dérive didacticienne dans la conception des savoirs, de la prédominance de la logique programmatique, de la dérive de l’évaluation-contrôle, du développement d’une réflexivité désincarnée sur l’action pédagogique.
  • Des propositions simples et peu coûteuses suffiraient pour y remédier : l’apprentissage de la régulation du stress professionnel dés la formation initiale, la mise en valeur des compétences acquises, la confiance dans le professionnalisme des personnes, le respect de conditions de travail décentes (cf le nombre d’élèves dans certaines classes par exemple), une simplification et une liberté accrue dans la mise en application des programmes.

Les deux piles atomiques de l’être humain, l’amour et la confiance en soi.

  • L’amour. Parler d’amour à l’école ne va pas de soi ! Et pourtant, c’est bien une des priorités de l’être humain, si ce n’est LA priorité. Il suffit d’aller lire les écrits des accompagnateurs de fin de vie ou des professionnels de la santé à ce sujet (cf les écrits de Élisabeth Kübler-Ross, Marie De Henzele, Jacques Carbonnier). Nous parlons, ici, de cet amour qui mène à l’altruisme, au don de soi, ce que les grecs ont appelé l’agapé ou amour désintéressé ! Les enseignants et les éducateurs peuvent témoigner de cet agapé tout en restant dans une dimension professionnelle. Boris Cyrulnik a publié des pages remarquables sur la résilience dont font œuvre dans le quotidien nombre d’enseignants et d’éducateurs.
  • La confiance en soi. Elle est la clef de voûte de notre engagement. Elle est à la base de tout lien humain. Dans un contexte sociétal marqué par la méfiance et parfois le cynisme,  il est d’autant plus nécessaire et prioritaire de la développer au plus tôt. Mais elle ne va pas de soi et requiert un long et périlleux apprentissage qui n’est jamais fini ! Elle passe par l’acceptation de nos peurs, la découverte de la tendresse et l’acquisition du courage. Elle nécessite d’accepter nos imperfections et de reconnaître notre propre vulnérabilité. Elle nous amène à surmonter les découragements et les hésitations.

L’état de fatigue, un empêcheur du bien vivre et du bien être.

  • L’indispensable sommeil pour les adultes comme pour les enfants. Nos modes de vie en réduisent le temps, ce qui expliquerait en partie les troubles du comportement et les difficultés attentionnelles en augmentation pour toutes les tranches d’âge.
  • Les nécessaires temps de calme et d’ennui. Nous observons une augmentation des épuisements chez des enfants de plus en plus jeunes. On parle même de « burn-out’ chez les enfants ! Ménager plusieurs temps de calme dans une journée devient une priorité éducative.
  • Penser des rythmes qui prennent en compte l’état de vigilance des adultes comme des enfants.
  • Développer les activités physiques. Comme pour le sommeil les enfants et les jeunes de notre époque contemporaine ont une baisse conséquente des temps d’activités physiques, ce qui n’est pas sans poser des problèmes au delà de l’acquisition de la motricité.
  • La télévision, un poison quand elle n’est pas régulée.  Au delà d’une heure par jour pour un enfant de trois ans, nous observons des effets négatifs sur le développement du schéma corporel. Les apprentissages de la lecture et l’écriture  sont retardées au prorata du temps passé devant la télévision ! Elle est facteur d’acquisition et d’intégration de comportements violents. Une méta-analyse des recherches faites en ce domaine et portant sur plus de 3500 études scientifiques a validé l’hypothèse que le spectacle de la violence est de fait une incitation à la violence.

Une nouvelle priorité éducative émergente : l’attention-concentration.

  • Nous constatons une perte conséquente des capacités attentionnelles chez l’être humain depuis une trentaine d’années. Le phénomène s’accélérant depuis moins de dix ans et prenant des proportions qualifiées de questionnantes pour ne pas dire inquiétantes. Des travaux scientifiques très récents indiquant comme donnée : pas plus de trois minutes d’attention soutenue sur une heure !
  • L’attention-concentration est la base de l’apprentissage et de notre engagement dans la vie. Les recherches les plus récentes sur le cerveau (neurosciences) montrent le caractère fondamental que représente notre capacité à se focaliser sur soi, sur les autres, sur le monde. C’est cette faculté ou méta-compétence qui nous permet d’accomplir toutes les autres opérations mentales : comprendre, mémoriser, réfléchir, entrer en relation avec les autres…Or ce que nous constatons aujourd’hui à l’école comme dans les autres domaines de la vie (travail, famille, sport, musique…), c’est la difficulté grandissante que rencontrent les enfants, les adolescents comme les adultes à être présents à ce qu’ils font. L’attention-concentration se transmet de moins en moins de part nos modes de vie et le déluge continuel d’informations que nous subissons (smartphone, télévision, ordinateur, tablette…). Nous sommes de plus en plus enclins à nous éparpiller, à être en sur-sollicitation mentale (multi-tâches), à devoir tout faire « vite », à être en sur-activité et à être en état de stress constant.

L’être humain est fondamentalement collaboratif et altruiste.

  • Nous avons à sortir d’un conditionnement qui a imprégné l’idée que l’homme s’inscrivait dans une logique compétitive et égoïste. Les travaux de ces trente dernières années montrent s’il en est que ce qui caractérise la vie sur terre, c’est d’abord et avant tout la coopération, l’entraide.

Des propositions concrètes, simples qui existent, qui n’entraînent pas de surcoût et qui participent à développer et à faire apprendre le bien être dans les établissements scolaires.

  • Instituer des temps de calme, de pause.
  • Développer la conscience de soi et l’intériorité (atelier philo, toutes les pratiques dites de pleine conscience : yoga, sophrologie, méditation, gestion mentale, Vittoz…..).
  • Développer l’altruisme par les activités coopératives et d’entraide. Les outils pédagogiques existent (pédagogie institutionnelle, Freinet, Montessori etc…).
  • Alterner les activités et privilégier la variété, activités scolaires dites classiques, activités artistiques, activités physiques (30mn au minimum/jour). Toutes ont leur importance.
  • Prendre en compte l’intelligence intuitive aussi appelé par Jacques Carbonnier la conscience intuitive. Elle est indispensable et première dans toutes les décisions que nous prenons. Or l’école survalorise l’intelligence analytique ou conscience analytique.
  • Apprendre à apprécier les petits moments de bonheur et de joie quand ils se présentent, les conscientiser et les partager (cf les outils de la psychologie positive).
  • Pour les adultes, être dans l’intention de la présence.

Une quadruple exigence pour les adultes en charge d’éducation, d’enseignement et de formation

  • de la cohérence,
  • de l’authenticité,
  • la conscience de sa valeur et de sa vulnérabilité,
  • le témoignage d’une posture.

Raymond Barbry le 26 avril 2016

3ème forum du Printemps de l’éducation Lillois, les 23 et 24 avril 2016

Pour la troisième année consécutive, l’AGEPS-Raymond Barbry va participer au Forum du printemps de l’éducation lillois.

A cette occasion nous communiquerons sur deux thématiques liées aux activités d’accompagnement-formation d’équipe pédagogiques (public et privé) que nous menons depuis plusieurs années.

1. Le bien être à l’école, oui, mais comment ? A quelles conditions ?

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Cette conférence s’appuie sur l’accompagnement d’équipes pédagogiques ou d’initiatives individuelles d’enseignants ou de chefs d’établissements qui ont décidé de mettre en priorité dans leur projet d’établissement et pédagogique la recherche et la mise en œuvre d’actions et de dispositifs visant  le bien être de tous, aussi bien pour les adultes intervenant dans les établissements scolaires que pour  les élèves fréquentant les établissements (enfants, pré-ado, adolescents, jeunes). Cette approche rejoint ce qui est développé dans d’autres contextes de la société (travail, association etc…) et qui a été mis en valeur récemment par le film « demain ».

2. Les pratiques de pleine attention en collège.

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Nous communiquerons avec Nathalie Scol (l’infirmière du collège), et Loba Garcia (enseignante) sur l’expérimentation qui est menée dans ce collège depuis octobre 2015

Conférence au printemps de l’éducation à Amiens

Voici les grandes lignes de la conférence réalisée à la demande du printemps de l’éducation (comité d’Amiens) /  samedi 7 novembre.

Les pratiques de pleine conscience dans le contexte éducatif français. Pourquoi, pour quoi, comment et à quelles conditions ?

Point 1 : Qu’est-ce que la pleine conscience ?

Nous avons abordé lors de ce point, les questions de la pleine présence à soi, à ses émotions, à son corps, à ses pensées, aux autres et à l’environnement.

Point 2 : Les pratiques de pleine consciences.

De mon point de vue, il n’y a pas une seule pratique dite de pleine conscience, mais bien plusieurs qui ont  la même origine, apprendre à être dans la présence à la situation telle qu’elle est. C’est ainsi que nous y trouvons les pratiques suivantes : la méditation de pleine conscience, le yoga, la sophrologie, la relaxation, la gestion mentale, la méthode Vittoz, l’écoute active, l’observation et contemplation silencieuse….

Point 3 : Les pratiques formelles et informelles.

Les pratiques formelles s’inscrivent dans une systématique. Ce sont des temps qui sont posés et les pratiques s’appuient sur une méthode. Les pratiques informelles émergent spontanément. A tout moment de la journée je peux décider de me mettre dans la présence à la situation que je vis avec l’intention de me couper des pensées qui m’éloignent du présent.

Point 4 : Un besoin prioritaire dans le contexte sociétal.

Notre époque est marquée par un contexte particulier. Il n’est plus fait référence à la notion de crise mais à celle de changement, voire de rupture sociétale ! dans le quotidien cela se traduit par les effets suivants :

  • une augmentation du stress et de toutes les conséquences sur la santé (effets du sur-stress),
  • une nouvelle temporalité caractérisée par le sentiment d’accélération qui gagne nos différents temps de vie.
  • une époque caractérisée par la sur-sollicitation informationnelle.
  • un déficit des capacités attentionnelle de l’être humain.

les pratiques de pleine conscience n’émergent pas par hasard. Elles répondent à un besoin prioritaire de l’être humain, se connaître, retrouver et se connecter à son intériorité.

Point 5 : L’intérêt pédagogique de ces pratiques à l’école.

Elles favorisent le développement de l’attention-concentration, Elles participent à poser des temps de calme. Elles apprennent aux enfants, aux adolescents et aux jeunes à réguler leur niveau de stress. Elles participent au développement de l’intelligence émotionnelle par la conscientisation des émotions. Elles rendent conscients les moments de bien être personnel et de ce fait participent au développement d’un mieux être et d’un mieux vivre ensemble dans la classe et dans l’école.

Point 6 : Présentation d’expériences menées depuis quatre ans.

Nous avons résumé les différentes actions de formation et d’accompagnement d’équipes faites auprès des publics en charge d’éducation et d’enseignement depuis quatre ans (enseignement privé et public).

  • Programme de formation de deux journées complètes, et du suivi sur l’année 2.
  • Formation perlée sous forme de rencontres de deux heures (de six à huit) étalée sur une durée de trois mois au maximum et pour les membres d’une même équipe éducative.
  • Atelier école de parents (plusieurs rencontres avec des parents d’élèves).
  • Une formation conjointe enseignants/parents.
  • Temps d’atelier avec des collégiens volontaires éprouvant des difficultés attentionnelles.

Point 7 : Evaluation-bilan d’enseignants exploitant des pratiques de pleine conscience depuis plus d’une année.

Nous avons réuni récemment (fin octobre) une vingtaine d’enseignants qui intègrent dans leur journée de classe des temps de pratique formelle, voici ce qu’ils observent :

  • Plus de calme dans les classes. les élèves sont plus apaisés.
  • Une réduction des situations de tension et de conflit dans le groupe classe et sur l’ensemble de l’établissement quand il y a intégration de la démarche au projet d’établissement.
  • Une présence plus attentives aux tâches scolaires, et par conséquent une efficacité dans les apprentissages.
  • Des élèves qui réclament d’eux-mêmes des temps de pratique quand le besoin s’en fait sentir.
  • Des élèves qui en parlent à leurs parents. Ce qui participe à développer le dialogue et la collaboration  parents/enseignants.
  • Les élèves qui rencontrent des difficultés en début de pratique (premières semaines) pour accepter ces temps courts de pleine conscience, s’y engagent et en retirent tout le bénéfice. Cela impose d’accepter que tous les élèves ne vont pas adhérer spontanément.
  • Le besoin de pratiquer pour les enseignants. Mener des temps de pleine conscience en classe a des effets sur l’adulte qui anime ce temps, diminution de la tension inhérente au métier, une plus grande présence à la classe, une adaptation en temps réel des activités proposées compte tenu de l’état de vigilance des élèves.

Point 8 : Les conditions de réussite des pratiques de pleine conscience. Fort de notre expérience depuis quatre ans, nous en avons dégagé quelques unes qui facilitent l’exploitation pédagogique :

  • La conviction pédagogique. Quelle que soit la méthode pédagogique, la conviction et la confiance qu’à l’enseignant vont participer à la réussite. Il en est de même pour tout enseignement. L’application d’une méthode non intégrée et à laquelle on ne croit pas aura peu d’effet sur les élèves.
  • Une formation en point de départ et une pratique personnelle avant de le proposer dans la classe.
  • Des temps de pratique plutôt courts qui sont proposés si possible tous les jours, voire plusieurs fois par jour (de deux à cinq). En dessous de trois fois par semaine, il ne faut pas s’attendre à de réels acquis.
  • La durée des temps de pratique ne dépassent pas cinq minutes. Ce sont le plus souvent des temps de une à trois minutes. Parfois des temps plus longs peuvent être proposés. Ils vont rarement au delà de dix minutes.
  • La patience est de mise quand à l’implication de tous les élèves. Il y aurait comme un cap à passer, savoir attendre les deux à trois premières semaines pour observer un engagement de la plupart. En conséquence, ce sont des temps de pratique qui sont proposés et non imposés.
  • La réflexion pédagogique sur les pratiques de pleine conscience gagne à être articulée avec celle sur des rythmes scolaires.
  • Une présentation de la démarche aux parents, aux collègues, au chef d’établissement (directeur, proviseur…), voire aux inspecteurs. Ces derniers s’en intéressent actuellement. Ce qui montre combien l’intérêt grandissant pour l’exploitation de ces pratiques à l’école gagne au plan institutionnel.

Point 9 : Mode ou nécessité ?

Il y a une vigilance à avoir quand à une approche par trop volontariste. La méditation laïque de pleine conscience devient un phénomène de mode qui gagne toutes les sphères de notre société (travail, social, éducatif, sportif…). Il suffit de constater le nombre d’ouvrages publiés actuellement sur ce thème, manger en pleine conscience, la méditation au travail, médiation et sport, mais aussi les applications pour iphone etc..Et c’est tant mieux, car elle répond à un besoin fondamental de l’être humain, l’intériorité. Cependant elle n’est pas LA SOLUTION qui a elle seule va résoudre tous les problèmes de notre société !

Elle est une des pistes d’action à intégrer dans une réflexion éthique et éducative globale sur le sens de l’école et de la scolarité obligatoire. C’est cette démarche que je retrouve actuellement sous l’impulsion du mouvement  » le printemps de l’éducation ».

Article réalisé par Raymond Barbry le 9 novembre 2015?