Archives de Catégorie: rythmes scolaires

Les projets d’école sur la pleine attention (méditation) se multiplient, exemple d’une école de Tourcoing.

Ils sont de plus en plus les établissements scolaires du 1er degré à développer des projets d’école portant sur le développement de l’attention. Pour ma part, cela fait maintenant bientôt dix ans que j’accompagne des équipes pédagogiques à la mise en œuvre des pratiques de pleine attention (méditation de pleine conscience) comme support du développement de l’attention concentration. Mais ces pratiques n’ont de pertinence que si nous adaptons l’ensemble des pratiques pédagogiques au développement de l’attention et du bien être. En effet, il ne suffit pas de placer dans la semaine et même dans chaque journée un moment spécifique de pleine attention (méditation) pour obtenir les effets tant désirés et de voir les enfants devenir plus attentifs, plus présents, plus posés, plus bienveillants etc…

Résultat de recherche d'images pour "pleine attention à l'école primaire"

 

Une approche systémique et globale s’impose pour permettre le développement de l’attention-concentration et du bien être à l’école. C’est cette dernière que je vous présente en appui sur l’exemple de l’école Saint Mathieu de Tourcoing que j’ai accompagnée durant une année à l’élaboration du projet d’école.

Les principes fondamentaux pour développer l’attention concentration et le mieux être à l’école :

  • Mettre des temps quotidiens d’activités physiques. Nous savons qu’un temps de 30mn quotidien est indispensable et nécessaire au bien être et à la santé. De plus l’activité physique induit de fait d’être attentif. Cette activité physique prend forme dans des activités telles que la motricité globale, la motricité fine et les temps consacrés spécifiquement à l’éducation physique et sportive. Les temps de récréation peuvent aussi y participer, si l’espace permet une évolution suffisante et une organisation de l’espace extérieur stimulante (jeux etc…).
  • Penser l’emploi du temps et l’organisation des journées au regard du seuil de vigilance  des enfants. Nous savons que cette vigilance est au plus bas entre 11h00 et 15h00.
  • Mettre des temps de sieste ou de calme (lecture silencieuse, dessin libre, mandala…) avec ou sans fond musicale en reprise de la pause méridienne.
  • Mettre un temps d’accueil le matin avant de commencer les activités pédagogiques.
  • Placer dans chaque journée des temps courts de pleine attention adaptés aux caractéristiques des enfants (âge-maturité). C’est ainsi que les activités de pleine attention ne concernent que les enfants à partir de cinq-six ans (GS/CP). Dans les classes maternelles c’est le yoga pour enfants qui sera privilégié.
  • Varier dans chaque journée les activités en intégrant tout ce qui ressort des arts (musique, chant, théâtre, dessins etc…).
  • Positionner l’éducation émotionnelle comme un axe prioritaire à tous les niveaux de classes.
  • Intégrer l’éducation à l’écoute via les temps de paroles, les ateliers philo.

Intégrer ces principes ne révolutionnent pas les pratiques pédagogiques et didactiques (méthode, traitement des contenus), mais induit de penser la temporalité de la journée de classe autrement par la mise en place d’un rythme  alternant des moments de calme, de tranquillité et des moments de haute intensité.

Sur cette année scolaire, ce sont plus d’une dizaine d’établissements du 1er degré que j’ai formés et accompagnés à cette démarche, principalement dans les Hauts de France et en Occitanie.

Raymond Barbry le 16 mars 2019.

Bilan et effets d’une formation sur la question du bien être à l’école (région de Perpignan).

Je viens de terminer une action de formation auprès d’écoles maternelles et primaires des Pyrénées Orientales et  de l’Aude de l’enseignement privé sous contrat sur la question du bien être à l’école.

Résultat de recherche d'images pour "bien être enfants"

C’est en partenariat avec l’ISFEC de Montpellier et le DDEC de Perpignan que cette action a été menée et s’est échelonnée sur une période de trois années, intégrant les questions des rythmes scolaires, de l’attention-concentration et du bien être de tous. Dans un article récent d’octobre nous avons déjà fait référence à ce suivi dans la durée. Cf l’article  dont voici le lien : https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2016/10/19/et-si-on-pensait-au-bien-etre-des-enseignants-pour-ameliorer-le-bien-etre-des-eleves/

Il est intéressant en fin de suivi d’identifier et de partager les effets de cette action sur les enseignants, les équipes et les enfants. Voici ce qui se dégage comme éléments déterminants au bout de trois ans.

  1. Ce que nous avons appris pendant ces trois années :
  • Des moyens et techniques simples pour être mieux dans notre quotidien professionnel mais aussi personnel.
  • Des propositions concrètes de l’espace et du temps scolaires.
  • La compréhension de certains comportements déviants.
  • Nous avons touts les possibilités d’améliorer notre quotidien. Cela nous appartient.
  • Faire la différence entre efficience et efficacité.
  • La confiance en soi est quelque chose qui se construit dans le quotidien.
  • La compréhension de l’inhibition de l’action.
  • Le vide n’est pas vide ! Il y circule des informations.
  • Apprendre à se préserver, à savoir dire non.
  • De l’importance de la connaissance de soi dans les métiers de l’humain.
  • La conscience de la limite de nos actions.
  • La posture professionnelle en situation de tension, de conflit, voire de crise.

                2. ce que nous avons mis en œuvre concrètement (dans les pratiques professionnelles).

  • Le lâcher-prise qui n’est pas le laisser-faire, mais l’acceptation de la réalité.
  • Se positionner en situation de tension et de conflit.
  • Réguler des situations conflictuelles.
  • Mettre des temps de calme quotidiennement : soit par du yoga, de la méditation de pleine conscience, de la pleine attention, de la musique douce, des temps de silence etc….
  • Prendre de la distance avec les préparations et les programmations en prenant en compte la réalité des enfants de la classe.
  • Placer quand le besoin se fait sentir des temps de calme informels.
  • Accepter de mettre des temps de « rien » qui facilitent l’imagination, la créativité.

En conclusion, les changements mis en place dans les classes ne sont pas révolutionnaires et ne demandent pas d’avoir de nouvelles compétences techniques ou didactiques. Les enseignants sont suffisamment formés sur ce point. Les changements ne concernent que la gestion du rythme de la journée, le positionnement de temps courts qui participent à mettre du calme, à apaiser et à développer les capacités attentionnelles, mais aussi la capacité à lâcher-prise avec une organisation des apprentissages rigides.