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Réouverture des écoles….Faire temporairement son deuil de la pédagogie ?

Dans cet article il n’est pas question de porter un jugement sur le bien fondé de la réouverture des établissements scolaires. Je laisse à chacune et chacun se faire son opinion sur cet aspect. D’autant que sur ce sujet, nous observons dans le monde des réponses très différentes en fonction de la culture, de la doctrine sanitaire et des priorités politiques avouées et cachées du pays. De plus en France, et plus particulièrement pour les écoles maternelles et primaires, un nombre conséquent de maires s’opposent actuellement à la réouverture des écoles le 11 mai, les conditions sanitaires imposées au plan gouvernemental ne pouvant être assurées dans les établissements. Il en est ainsi dans les Hauts de France où plusieurs dizaines de communes ont pris cette position.

Je me permets simplement de dire, que la réouverture des établissements scolaires en septembre eut été la plus simple des réponses. Était elle pertinente ? Je n’en sais rien, et seul l’avenir nous le dira.

https://photos.lci.fr/images/613/344/la-premiere-ministre-danoise-en-discussion-avec-les-eleves-pour-la-reouverture-de-leur-ecole-a-copenhague-le-15-avril-29d96b-0@1x.jpeg

A mon sens, une question prioritaire doit guider les acteurs éducatifs de l’école :  comment dans le quotidien de la classe,  ne pas en rajouter quant à l’état d’angoisse persistant qui règne dans le pays au sujet de cette épidémie ? Autrement dit, comment faire en sorte que cette dernière période de l’année scolaire, à nulle autre pareille, se passe au mieux pour tout le monde, adultes, enfants, pré-ado, ado et jeunes (si toutefois les lycées ré-ouvrent) ?

De quelques principes à avoir en tête pour guider

1/ Ce qui est premier en ce contexte si particulier, ce sont deux priorités qui doivent être le fil conducteur de toutes les décisions et actions  qui en découleront :

  • Le souci de la santé de tous, élèves comme adultes. Par santé nous entendons la dimension holistique (globale) de l’être humain dans les aspects bio-psycho-socio. La santé n’est pas qu’une question de « bonne » santé physique et d’absence de maladie. Elle implique un équilibre et une dynamique entre le corps, les pensées (l’esprit) et les affects (émotions). Nous savons aujourd’hui et cela nous est confirmé maintenant par les recherches scientifiques que tout est en interaction en continue dans notre corps. Notre état émotionnel influe directement sur nos défenses immunitaires. Nos pensées agissent directement sur notre état émotionnel. Toutes les cellules de notre corps communiquent entre elles en temps réel !
  • Le maintien et le renforcement du lien social. L’être humain quelle que soit son âge est un être social. Il se développe et se construit par l’interaction avec l’autre. La dimension socio-affective est des plus déterminante dans les premières années de notre vie (cf l’enfant sauvage au 19ème siècle, les enfants isolés de Roumanie etc…). Nous ne sommes pas faits pour vivre dans l’isolement total. Même celles et ceux qui décident de vivre en retrait de la société de leur époque le font en collectif (monastère, ashram…) ou ne s’isole que temporairement (ermitage) pour mieux revenir au contact des autres.  Ce lien aux autres est indispensable quelle que soit notre âge. Il suffit de voir ce qui s’est passé dans les EHPAD en France ces dernières semaines où le confinement imposé a eu pour effet d’augmenter le nombre de personnes touchées par le « syndrome du glissement ».

De fait, les apprentissages purement scolaires, les programmes passent au second plan. Ils ne sont aucunement prioritaires en cette période ! Un des bons côtés de cette crise aura été de mettre en exergue que la vie c’est l’incertitude, qu’elle ne se contrôle pas et qu’un tout petit virus peut bloquer le monde ! Nous en vivons tous l’expérience actuellement. Une belle leçon d’humilité que la terre nous a envoyée en quelques sorte !

2/ La question de la peur est aussi première et n’est pas à éluder !

La peur est normale. Elle est une de nos émotions de base. Nous en connaissons les effets tant au plan physique que psychique. Le fait est que depuis maintenant deux mois, elle est là installée dans la durée, alimentée par des médias qui en jouent pour augmenter leur audience, par des orientations  politiques et de santé publique (cf les moyens, masques, tests) qui ne rassurent pas et augmentent le doute et la perte de confiance dans les dirigeants (cf les sondages européens en ce domaine).

Il suffit d’observer actuellement les comportements d’une bonne partie des personnes dans les lieux autorisées pour la percevoir au travers des postures, des regards. Elle est là présente continuellement, usante et épuisante parce que non acceptée, non régulée.

Alors comment faire avec ? Comment vivre avec cette peur ? Comment en réduire ses effets néfastes pour notre santé et celle des élèves ? Comment ne pas la communiquer inutilement ?

  • D’abord, une peur s’accepte. C’est la première des choses à faire. Je reconnais que j’ai peur…Je reconnais que l’autre a peur. Cette acceptation en réduit l’impact émotionnel et les effets sur notre corps et notre santé. Nous savons que vivre dans un état de peur constant, épuise l’organisme, l’affaiblit. C’est comme laisser une  porte ouverte à nombre de pathologies physiques comme mentales.
  • Ensuite, une peur se dit, se déclare. Nous avons un conditionnement culturel et éducatif à déjouer à ce sujet. Dire, déclarer voire expliciter sa peur en réduit l’impact émotionnel négatif. On se sent mieux une fois que nous avons pu dire ce que cette peur faisait en nous.
  • Puis, une peur se relativise. Dans la plupart des situations nous augmentons par notre mental (nos pensées et nos ruminations) nos peurs. Il y a ce que nous pensons qui pourrait nous arriver…Il y a ce qui pourrait nous arriver…..et il y a ce qui nous arrive vraiment. Mais arriver à cet état nécessite de prendre le temps de la distance, de la compréhension et de la mise en sens sur ce qui nous arrive.
  • Enfin, agir sur ce qui est en mon pouvoir, autrement dit, sur quoi ai je prise ? L’acceptation de la situation, de l’incertitude, du non contrôle est une première phase. Vouloir agir sur ce dont je n’ai aucune prise est contre productif, épuisant et va augmenter les peurs et les effets néfastes sur la santé. L’action et l’engagement sont déterminants. Le collectif et sa cohérence prennent toute leur dimension dans cette période de déconfinement. L’action peut être dans le contexte de la réouverture des écoles, la réorganisation des espaces, l’adaptation du temps, les modalités de déplacement etc… Mais ce peut être aussi l’opposition, le refus, la désobéissance, voire le combat si besoin, quand les seules portes de sortie sont de ce registre. Henri Laborit (médecin chirurgien et neurobiologiste, mort en 1995) a travaillé cette question tout au long de sa vie de chercheur. Il en a fait un film qui explique bien ces phénomènes (Mon oncle d’Amérique), voir aussi son ouvrage « Éloge de la fuite ».
  • Ne pas communiquer son stress aux enfants, mais témoigner de calme et de tranquillité intérieurs. Nous savons que tout est en interaction que tout est relié (cf les travaux en physique de l’information, en biologie quantique, en épigénétique…). L’état émotionnel de l’adulte comme celui des enfants vont interagir. Ça signifie que je suis impacté par tout ce qui se passe autour de moi, mais que moi j’interagis avec mon environnement ! De la joie ça se communique, mais de la peur aussi ! Le problème est que si le stress devient répétitif, il ne peut plus être géré par le système de défense de notre corps qui est conçu pour ne traiter que l’urgence en priorité. Dés lors que le stress environnemental et celui du à notre mental (nos pensées qui amènent : peur, angoisse, honte, culpabilité) sont permanents, cela active une sur-augmentation des hormones du stress. Il devient alors impossible de se relâcher. Et c’est la porte ouverte à l’épuisement, au burn-out, à la  dépression. La seule réponse possible pour éviter cette tension constante : être dans des conditions de sécurité sanitaire dans la classe et l’établissement (extériorité), en tant qu’adulte être en état de calme intérieur (intériorité) dans les temps passés en contact avec les enfants. Ce dernier point nécessite une connaissance et conscience de soi très développées et travaillées.

3. Faire le deuil temporaire des méthodes pédagogiques facilitant les inter-relations.

Et bien oui..temporairement, et je pense plus particulièrement aux classes maternelles et primaires, il ne sera plus possible de pratiquer toutes les approches interactives et coopératives qui sont de mises ces dernières décennies. Les conditions sanitaires strictes et notamment la distanciation physique en interdisent l’exploitation.

Les enseignantes et enseignants des classes maternelles ainsi que les atsem (personne qui seconde l’enseignant sur le plan matériel et éducatif ) savent combien cette distanciation sera des plus difficiles à faire respecter qui plus est dans notre culture pédagogique française (surtout en maternelles). Et nous ne savons pas aujourd’hui comment les enfants vont réagir à ce cadre très stricte imposé qui va à l’opposé des habitudes et des routines pédagogiques. Il faut s’attendre de ce côté et dans les premières semaines à un état de fatigue conséquent des enfants et des adultes ! Un tel changement est des plus coûteux en matière d’énergie psychique et de force vitale. C’est du reste en grande partie pour cette raison que les pays qui ne ré-ouvrent pas les écoles maternelles et primaires ont pris cette décision ; parce que c’est tout simplement très difficile, voire impossible d’appliquer les normes sanitaires de  distanciation.

4. Retour au behaviourisme, au conditionnement, dans sa forme basique et parfois caricaturalle.

Les vidéos, les images qui nous montrent ce qui est pratiqué dans certaines cultures effraient une bonne partie des enseignants !

Il ne s’agit pas de rejeter en bloc cette forme d’apprentissage qui dans certains contextes a toute sa pertinence. Il y a des situations pédagogiques qui pour des raisons de sécurité vont imposer l’apprentissage par conditionnement. On ne pratique pas l’essai-erreur, le socio-constructivisme quand les conditions de sécurité objectives ne peuvent être assurées.

Mais la forme caricaturalle qui nous est montrée par certains médias inquiètent, et à juste raison, nombre d’éducateurs !

Le cadre sécuritaire imposé par les normes sanitaires induit l’exploitation de cette forme d’apprentissage qui va être chronophage dans sa première phase. C’est à dire de trois à quatre semaines, le temps nécessaire à l’acquisition des nouvelles routines de distanciation par le collectif.

5. Qu’en est-il de la responsabilité des enseignants, des personnels, des chefs d’établissement ?

Cette question est actuellement débattue entre les différents partenaires. La démarche descendante à la jacobine française est toujours de mise, à savoir que l’état (le ministère de l’EN) a posé un cadre sanitaire avant toute négociation avec les partenaires. Or le contexte de judiciarisation qui gagne aussi notre pays n’est pas sans inquiéter à juste raison les acteurs éducatifs. Qui serait responsable en cas de « closter » partant d’une école ?

A ce sujet, le média « médiapart » a posé la question à un avocat pénaliste, voir cet article très explicite : Profs, directeurs, AED, AESH, agents, responsabilité pénale en jeu.

https://blogs.mediapart.fr/liligaby/blog/010520/profs-directeurs-aed-aesh-agentsresponsabilite-penale-en-jeu?fbclid=IwAR0BFc1kGd0FiK7AJlyYIB6lhZ1ym0b8_8sgLhJZnOI73UDnbwi–A6Pczc

En conclusion, voici ce que nous dit Laurent Hazan : « Il m’apparait que la seule protection contre d’éventuelles poursuites est de rester serein, de respecter strictement les obligations sanitaires et de sécurité et surtout, en cas de difficultés ou d’insuffisance des mesures mises en place pour garantir la sécurité des élèves, d’alerter immédiatement la hiérarchie et, en dernier recours, de suspendre les cours. L’important est que les enseignants soient toujours capables de justifier leurs décisions au regard de l’intérêt supérieur des élèves. »

6. Faire confiance aux enseignants, aux personnels, aux chefs d’établissement.

Et si nous faisions confiance aux acteurs eux-mêmes ? Si le temps leur était laissé de réfléchir, d’imaginer comment reprendre et refaire classe en toute sécurité objective et subjective ? Comment faire en sorte que l’école reste ce lieu où les adultes et les enfants s’y sentent bien ?

Les mieux placés pour imaginer cette reprise se sont quand même celles et ceux qui pratiquent ce lieu !

Raymond Barbry le 3 mai 2020.

S’entretenir…se maintenir en « bonne » santé…vivre, en période de confinement !

Pour celles et ceux qui ne peuvent se rendre au travail ou dans les établissements scolaires, qui sont tenus à rester chez eux avec comme seule autorisation, celle de pouvoir sortir une heure/jour pour marcher, courir ; guette insidieusement la sédentarité, le laisser aller avec les conséquences néfaste pour la santé (bio-psycho-socio): surpoids, baisse des défenses immunitaires, déprime, lassitude, perte de motivation et d’engagement, repli sur soi, désocialisation etc…

https://unric.org/fr/wp-content/uploads/sites/2/2020/03/maison-confinement-696x463.jpg

Le confinement est une situation stressante très forte qui n’est pas sans conséquence sur la santé globale, d’autant qu’elle est imposée, subie et non désirée par la plupart des personnes.  Elle est une  marque de privation de la liberté. C’est un enfermement imposé chez soi.

Alors que faire ? Comment maintenir, entretenir, voire développer cet état d’esprit d’engagement et cette dynamique de vie qui maintiennent nos défenses immunitaires à un haut niveau dans ce contexte d’enfermement ?

Voici quelques pistes concrètes et simples qui sont à adapter à chacun en fonction de son âge, de sa maturité de son parcours de vie et de ses aptitudes. Les valeurs en temps données sont relatives. Il importe que soient pratiquées, quotidiennement pour certaines et hebdomadairement pour d’autres, des situations proposées ci dessous.

1/ Pratiquer un ou plusieurs temps d’activité physique dans la journée.

C’est en développant une bonne condition physique que nous renforçons notre capacité de réponse immunitaire. C’est une des thérapies dont nous disposons actuellement et c’est la plus importante. Aussi en respectant les distances de sécurité (plus de 3 mètres) aller courir, marcher, prendre cette heure de sortie autorisée est nécessaire et vitale !

Dans l’idéal, trois temps d’activité physique quotidienne vont participer à lutter efficacement contre la sédentarité imposée par le confinement. Par exemple pour des enfants (plus de 7 ans), adolescents, jeunes et adultes :

– 20mn en début de matinée des étirements ou du yoga.  Nous trouvons sur internet (YouTube) une multitude de séances adaptées à tout un chacun.

– 20mn en fin de matinée des exercices plus toniques à base de gainage, d’ateliers dynamiques qui peuvent être réalisés chez soi. La fédération Française d’athlétisme entre autre a mis en ligne des séances type qui peuvent être réalisées par des enfants comme des adultes qui plus est de manière ludique. (voir le site de la FFA)

– de 20mn à 1h00 d’une activité dite d’endurance en extérieur en respectant les distances de sécurité, soit un effort plus long  continu sollicitant la filière aérobie, de la marche, de la course à pieds, une alternance de marche-course à pieds…La durée est fonction de  l’âge, des aptitudes initiales…Un principe de base ne pas être en essoufflement, rester en maîtrise ventilatoire.

Pour celles et ceux qui disposent d’un jardin, aller passer un moment dans le jardin, l’entretenir, se baisser, se relever, se déplacer participent de ces temps d’activité physique !

Un autre repère pour éviter les longs moments en position assise ou semi-allongée (canapé), toutes les heures se lever, marcher dans l’habitation faire quelques étirements. Ce qui est néfaste est la situation de rester sans bouger plusieurs heures !

2/ Pratiquer des temps de silence.

Cela peut paraître paradoxal en période de confinement de proposer cette activité et pourtant elle est indispensable à notre équilibre psychique. Nous avons besoin de calme, de silence. Le bruit est une des causes du stress si élevé de notre vie moderne ! « Nous savons aujourd’hui que lorsque nous favorisons le silence acoustique, mais aussi attentionnel, visuel ou méditatif, notre cerveau bascule dans un état particulier. C’est cette déconnexion qui l’aide à  se régénérer, à évacuer les toxines conduisant aux maladies neurovégétatives. Mieux le silence sous toutes ses formes est bénéfique pour la créativité, la mémorisation, voire la construction de notre « moi ». Michel Le Van Quyen – Voir Cerveau et silence.

Concrètement, il s’agit pendant un temps donné de ne pas parler, et si possible de couper toutes les sources de bruit dans l’habitation. Ce temps est défini au préalable. Cela peut aller de quelques minutes (1 à 3mn notamment avec des enfants) à plusieurs heures, voire une journée entière (par exemple pour des adultes une fois/mois, une journée en silence !).  A chacun de se définir ses objectifs en fonction du contexte de vie (nombre et âge des personnes vivant sous le même toit).

Pour les personnes habituées aux pratiques de contemplation, de pleine attention, de méditation, de zazen,  de sophrologie, de relaxation, vous pouvez profiter de ce temps  de silence pour pratiquer de vous mêmes sans guidance extérieure.

3/ Placer des temps de méditation, de cohérence cardiaque, de sophrologie, de yoga, de relaxation guidés dans votre journée.

Depuis plus de trente ans maintenant, nous connaissons et avons les preuves des effets bénéfiques de ces pratiques sur notre santé psychique, physique et sur nos défenses immunitaires (cf les travaux de E.Blackburn – Nobel de médecine 2009). Depuis moins d’une petite dizaine d’années en France, ces résultats et effets sont enfin  reconnus du grand public et de plus en plus recommandées par les milieux de la santé. Ce qui était considéré par méconnaissance culturelle comme des pratiques soit ésotériques, soit « farfelues », voire sectaires est maintenant valorisé ! Alors pourquoi s’en priver, d’autant que nous trouvons une multitude de supports via l’internet.

Nul besoin d’être un expert en méditation pour s’y mettre. Il suffit dans un premier temps de se programmer dans la journée des temps courts de quelques minutes en s’aidant d’une des multiples applications en accès libre.

Pour commencer la cohérence cardiaque est un bon support. Voici trois liens…

https://www.youtube.com/watch?v=22deFxgJF4Q – Classique

https://www.youtube.com/watch?v=BYPu_6nDU7o&t=169s – Pour Stressés

https://www.youtube.com/watch?v=0ShmcJo66Mc&t=45s – Pour enfant

Je ne vais pas recommander une pratique plus qu’une autre. Elles reposent sur les mêmes bases et ont à peu près les mêmes effets dans la durée. L’important, avoir une pratique régulière, comme pour l’activité physique ! Dans le contexte du confinement actuel, trois temps de 5mn/jour (pour les adultes) est une bonne base de départ. Pour les enfants en dessous de 10 ans, commencer par des temps plus courts(vous trouvez des applications pour les enfants). Cela peut se pratiquer en famille. Pour celles et ceux qui souhaitent des séances plus longues de plus de 5mn et jusqu’à 1h00, vous trouvez sur internet en accès libre des séances toutes faites. Pour donner quelques exemples parmi tant d’autres vous pouvez trouver sur internet, Clarisse Gardet, Christelle Ringeval, Marine Locatelli, Christophe André, Frédéric Lenoir, Fabrice Midal, Ilios Kitsous mais aussi Sofrocay, Petit Bambou, Yupsi le petit dragon, Calme et attentive comme une grenouille,  etc….

3/ Couper la télévision, les écrans et les infos.

Note époque est marquée au plan médiatique par des chaînes d’informations qui fonctionnent en continu et qui ressassent heure par heure, les mêmes nouvelles souvent défaitistes, démoralisantes parce que nous sommes attirées par ce type d’informations ! C’est ainsi.

Nous savons qu’en moyenne nous passons beaucoup de temps devant la télévision, et l’état de confinement va augmenter ce temps. Au delà de trois heures par jour pour les adultes et une heure pour les enfants, des effets néfastes ont été observés sur notre santé (augmentation de la sédentarité, obésité etc…). Le confinement augmente de fait ce temps devant les écrans et participe à un effet anxiogène accru via des informations communiquées en boucle.

S’en tenir à des temps courts d’infos.  Privilégier les émissions ou film provoquant de la joie, des rires.

Et pourquoi pas de temps en temps, la journée sans télé et sans écran !

4/ Savoir couper le smartphone et aussi l’exploiter pour le maintien du lien social.

Nous passons beaucoup de temps sur nos smartphones et ordinateur. En moyenne en France nous le consultons plus de 400 fois/jour !  Nous avons de plus en plus de mal à nous en détacher. Les effets néfastes sur la santé et sur nos capacités cognitives d’une sur-exploitation et sur-exposition à ces outils sont bien connus aujourd’hui. Voir à ce sujet les travaux de Manfred Spitzer (Ulm – Les ravages des écrans), ceux de Michel Desmurget (Lyon – Inserm – Les dangers des écrans pour nos enfants) et  l’ouvrage de Neil Postam (EU) Technopoly ou comment la technologie détruit la culture.

Il ne s’agit pas de ne pas utiliser ces outils qui nous permettent en cette période de confinement de maintenir le lien social déterminant à notre santé psychique et donc à augmenter nos défenses immunitaires.

Il s’agit de savoir s’en détacher quelques minutes, voire quelques heures, voire une journée. En tous les cas, ne pas le consulter durant la nuit ! A ce jour plus de 50% des français le consultent la nuit et perturbent ainsi leur sommeil.

5/ le sommeil ! déterminant….

Le confinement à la maison dérègle la vie sociale et agit sur nos rythmes. Certes certains et certaines peuvent bénéficier de temps de sommeil plus longs. C’est le cas notamment de tous les élèves de l’école au lycée qui n’ont plus à  se lever pour certains très tôt (parfois 5h30-6h00 du matin).

Il ne s’agit pas de reproduite les horaires de lever et de coucher du temps hors confinement. Mais surtout de maintenir une qualité et quantité de sommeil suffisants. L’occasion de retrouver le temps de sommeil nécessaire à notre équilibre. Nous avons perdu au fur et à mesure des années et depuis trente années des heures de sommeil. Or le sommeil est le premier facteur de la « bonne » santé !

6/ Oser l’esprit du débat philosophique (dés l’age de 5-6 ans).

Cette pratique de l’échange, du partage et du débat peut être exploitée dans le contexte familial. De quoi s’agit-il ?

Il s’agit à partir d’un mot, d’un thème, d’une image, d’une lecture d’un texte court d’échanger suivant les principes suivants :

– Une personne parle à la fois.

– On n’émet pas de jugement de valeur.

– On peut demander la clarification d’une idée.

– On peut alimenter, enrichir une idée qui a été émise.

– On ne contredit pas l’idée d’une autre personne. Chaque personne a le droit de penser ce qu’elle pense. Ce n’est qu’une idée. Chaque personne a de bonnes raisons de penser ce qu’elle pense.

– Une conclusion peut être émise par chaque personne…ce que je retiens de ce moment.

A ne faire que dans un contexte familial apaisant. Il ne s’agit aucunement de vouloir avoir raison, de convaincre, mais de s’enrichir chacun par l’apport des idées des autres. C’est la construction de l’intelligence collective.

7/ Jouer !

C’est l’occasion de ressortir les jeux de cartes, de sociétés qui sont facteurs de lien social et affectif. Notre temporalité moderne a réduit ces temps de « jeu » qui ont pratiquement disparu de nos cadres de vie. Et pourtant ils sont porteurs d’une grande richesse et développent au delà du plaisir de jouer en lui même, l’acceptation des règles, l’acceptation de la frustration, le développement de la collaboration, le développement de l’intelligence globale.

8/ Partager chaque jour les bons moments vécus.

Nous avons tendance en tant qu’être humain à ne nous souvenir que des moments désagréables, et à les ressasser ! Ce qui est facteur de stress excessif (sur-stress). Cet état de stress constant et latent déclenché par des pensées négatives tournées vers le passé (regret, culpabilité) ou le futur (peur, angoisse) épuise l’organisme et fait chuter drastiquement nos défenses immunitaires. C’est en grande partie ce qui nous rend plus fragile face à la maladie.

Aussi, il importe de conscientiser, de mémoriser et de partager les bons moments vécus. On ne mesure pas combien cette simple démarche réalisée quotidiennement agit sur notre bien être intérieur et réduit notre niveau de stress latent !

Et maintenant, comment faire ?

Avant tout, accepter la situation sanitaire de confinement qui est la notre. Cet état d’acceptation va de fait réduire l’effet de mal être latent qui s’installe insidieusement et durablement. Ensuite,  à chacun de se fixer  ses propres objectifs et petits défis quotidiens et hebdomadaires qui vont permettre de se maintenir dans cette dynamique de vie qui permet de maintenir et renforcer naturellement nos défenses immunitaires.

Raymond Barbry le 17/04/2020