Archives de Catégorie: société

Quand l’avis d’un des plus grands athlètes de notre époque, rejoint les résultats des recherches sur la question du stress.

Il s’appelle Haile Grebeselassie, il a été et est encore l’un des meilleurs coureurs de marathon du monde. On ne compte plus ses titres et podiums dans les grandes compétitions internationales (JO, championnat du monde). mais au delà de ses titres et de ses performances, c’est sa simplicité et sa gentillesse qui sont les caractéristiques de cet athlète que l’on qualifie de « hors norme ».

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Lors d’un entretien récent en date du 7 novembre 2016 et publié dans la revue, Runners.fr, né pour courir, voici ce qu’il répondait en fin d’entretien

Un message pour conclure à toutes celles et tous ceux qui se demandent ce que la course à pied pourrait apporter dans leurs vies ?
Tout le monde doit courir ! Nos vies sont pleines de stress. Le meilleur moyen – le seul à mon sens ! – de combattre le stress et d’en éviter les effets négatifs est de courir. 30 minutes par jour, c’est suffisant. On peut laver son corps mais comment lave-t-on son esprit ? En transpirant ! Il suffit de lacer ses chaussures et d’enfiler des vêtements de sport. Et de sortir courir. Chaque jour de l’année. Avant le travail ou après le travail. Hommes et femmes. Courir doit devenir un point de repère universel.

Les 30mn fatidique !

Au delà du moyen prôné par Haile Grebeselassie, la course à pied, c’est le temps qui est à relever ici, les 30mn de pratique quotidienne d’activité physique. La course à pied peut très bien être remplacée par de la marche, de la natation, du vélo ou toute autre activité physique pratiquée  sans recherche de performance.

Des recherches de par le monde qui arrivent à la même proposition de 30mn d’activité physique journalière comme objectif à atteindre. Nous en avons déjà écho dans ce blog dans le cadre de plusieurs articles, c’est ainsi que :

  • les enfants qui ont trente minutes d’activités physique dans la journée sont moins stressé et plus attentif.
  • les enfants qui passent moins d’une heure par jour devant la télévision et les écrans d’ordinateur pratiquent leur 30mn d’activités physique quotidienne sont moins stressé et obtiennent de meilleurs scores aux tests attentionnels.
  • les adultes qui ont un temps d’activité physique quotidienne d’au moins 30mn par jour sont en meilleure santé que le reste de la population et qu’ils sont moins sujet au burn-out et à la dépression.

Quel type d’activité physique ? Pour certaines personnes et compte tenu des conditions de vie moderne, il est parfois très difficile voire impossible d’avoir un temps de pratique en continu de 30mn, qui plus est quotidiennement. Or dans plusieurs recherches, il a été montré que l’important était le cumul de l’activité physique dans la journée, dans ce cas, il est aisé d’arriver à un cumul de 30mn par jour, par exemple : prendre les escaliers plutôt que l’ascenseur, marcher entre le lieu de travail et le lieu d’habitation (ne serait ce que quelques minutes pour aller du lieu de travail à la voiture ou au transport en commun), prendre quelques minutes dans la journée pour aller marcher durant la pause déjeuner.  En prenant la question de cette manière, nous constatons qu’arriver à 30mn de pratique quotidienne se réalise aisément et ne réclame pas de changement conséquent dans les rythmes de vie.

Activités physiques + pratiques de pleine attention (médiation, pleine conscience, yoga, sophrologie, Vittoz…) sont les meilleures antidotes au sur-stress de notre vie moderne. Il suffit finalement de 45mn/jour pour se maintenir en bonne santé : 30mn cumulées d’activité physique quotidienne et 15mn de pratique de pleine attention continue ou discontinue.

Pour voir la totalité de l’article : http://runners.fr/lecon-running-haile-gebreselassie/

Raymond Barbry le 2 mars 2017

L’épuisement professionnel et la surexploitation des outils numériques

Nous connaissons de mieux en mieux les effets d’une surexposition et d’une surexploitation des outils numériques (ephone, portable, tablette etc…) dans le cadre du travail…les données de toutes les recherches faites ces dernières années dans le monde en arrivent au même constat, une augmentation de l’épuisement professionnel avec pour conséquence de plus en plus de burn-out dus au contexte professionnel !

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Les jeunes générations (moins de 30 ans) sont plus touchées que les plus âgées. 40% de cette génération serait dépendante de ces outils et serait en état d’épuisement professionnel dés l’âge de 30 ans !  Il n’y a pas eu d’adaptation de l’homme (cerveau, psychisme…) à ces outils. Les effets sur les personnes et les organisations sont importantes et ne sont pas sans conséquences :

  • Perte des capacités attentionnelles.
  • Perte de l’efficience et des compétences professionnelles.
  • Procrastination.
  • Rupture des relations interpersonnelles (les personnes ne se parlent plus).
  • Confusion entre les différents temps de vie. Le professionnel et le personnel se chevauchent.
  • Augmentation des problèmes de santé (accident cardio-vasculaire, dépression, conduites de dépendance etc….) et des arrêts de maladie.

De plus en plus d’organisations professionnelles (entreprises publiques ou privées) réagissent à ce constat et prennent  des dispositions pour informer, protéger et si besoin former (on parle de re-éduquer) leur personnel, ce sont par exemple :

  • Des réunions sans utilisation des ephones !
  • Le non envoi de messages (mail, sms etc..) par les dirigeants durant les périodes de repos ou sur les week-ends.
  • Des temps de pause où la priorité est l’échange entre les personnes (on laisse le portable, l’ephone dans le bureau).
  • Un vrai temps d’arrêt à la pause méridienne.
  • Des propositions pour apprendre à développer la pleine conscience (yoga, méditation, sophrologie etc…)

La posture des dirigeants et responsables est déterminante. Ils se doivent d’être les témoins d’une exploitation intelligente de ces outils !

Comment accompagner avec bienveillance les enfants actuels ? (R)évolutionnons l’éducation

Conférence Colibris à Arras, (R)évolutionnons l’éducation

Le jeudi 2 avril à Arras à l’IFP 17 avenue Michonneau

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L’AGEPS-Raymond Barbry  participera à cette conférence en compagnie de Marie Aline Echterbille (accompagnatrice d’enfants à haut potentiel).

Lors de cette conférence nous répondrons et débattrons sur les questions suivantes :

-Qui sont les enfants actuels ?
-Ont-ils des comportements particuliers ?
-Comment l’éducation peut-elle s’adapter à leur différence ?
-Qu’en est-il du respect de l’enfant dans l’éducation ?
-Montessori, Freinet, Steiner… Quelles sont les méthodes qui fonctionnent ?
-Qu’est-il possible de faire dans un cadre scolaire classique ?
-Quelle association possible entre parents et enseignants ?
-Le bien-être des enfants passe-t-il par celui des adultes ?
-L’école à la maison, est-ce une bonne idée ?

Lien avec le réseau colibris d’Arras

https://www.facebook.com/events/1710735889143467/?acontext=%22ref%22%3A3%2C%22ref_newsfeed_story_type%22%3A%22regular%22%2C%22feed_story_type%22%3A17%2C%22action_history%22%3A%22null%22

Que nous apporte la méditation aujourd’hui ?

Que nous apporte la méditation aujourd’hui, à un niveau individuel et collectif ? Comment expliquer l’ampleur qu’a pris ce phénomène dans nos sociétés occidentales ?
Débat et réflexion avec des intervenants phares de ce domaine.Voir ce reportage sur le site de l’INREES.

http://www.inrees.com/Video/sagesses-societes-1-meditation/

Pour faire suite à deux articles écrits sur ce blog il y a de cela quelques années :

 

Le besoin de silence, une priorité

Nous vivons dans un monde étourdissant, jamais notre attention n’a été aussi malmenée qu’aujourd’hui. Ce monde rempli d’Ipad et Ipod, de smartphones et d’écrans plats met notre attention à mal. Elle est tiraillée dans toutes les directions. Nous perdons notre capacité à nous concentrer sur une seule et même action. Nous rencontrons de plus en plus de difficultés à nous poser et à faire silence, ne serait ce que quelques instants. Nous sommes de plus en plus distraits.

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Nous vivons dans un apport constant de bruit et d’informations toute la journée sans interruption. Des mots, des sons parviennent à nous en flots continus, appels téléphoniques, écrans publicitaires, affiches, télévision. Il devient presque impossible de trouver un endroit sans écran dans les lieux ouverts au public (aéroport, gare, service de restauration, hôpitaux…).

A cette sollicitation extérieure s’ajoute le bruit de fond de notre esprit qui de par nos modes de vie est de plus en plus saturé de pensées et de mots, il n’y a plus de place pour le silence. C’est comme si nous avions en continu une radio dans notre tête. C’est ce que Tich Nhat Hanh appelle la radio pensées non stop. Notre esprit est saturé de bruit.

Comment faire avec nos pensées ? Nous pouvons  passer parfois plus de 99% de notre temps à nous faire du souci et être préoccupé pour des pensées qui nous ramènent dans le passé ou nous projettent dans l’avenir. Le plus souvent nous ne sommes pas dans le présent. Nous sommes distraits soit par la sur-sollicitation extérieure, soit par des pensées qui sont génératrices de peur et d’angoisse. Nous devons apprendre à éteindre cette radio pensées non stop. Il ne s’agit pas de ne plus penser, c’est là chose impossible et non souhaitable. Penser est productif. Les pensées sont le produit de nos sentiments, de nos perceptions, mais si nous avons trop de pensées générant angoisse, peur et inquiétude nous nous nous empoisonnons à petit feu.

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Nous sommes bien plus que nos pensées. Nous sommes aussi nos sensations, nos perceptions, notre sagesse, notre bonheur, nos joies, nos peines, nos états d’âme, nos relations. Quand nous savons que nous sommes bien plus que nos pensées, nous gagnons en détermination pour ne plus nous laisser dominer par elles. Si nos pensées n’entretiennent pas notre véritable intention dans la vie, nous devons appuyer sur le bouton reset. Être conscient de ses pensées nous permet de nous libérer l »esprit.

Nous perdons notre liberté. Qu’est ce qu’être libre si ce n’est qu’exister et être là tout simplement. Je suis libre quand je ne suis plus perdu dans le bruit intérieur des pensées et dans le bruit qui m’entoure.

Comment faire avec la peur du silence ? Vivant dans un monde saturé de bruit et de sollicitations. les moments de calme pourtant nécessaires à notre bien être peuvent être générateurs de peur et d’angoisse. De plus en plus de personnes ont peur du silence et vont remplir ce silence par de la musique, la télévision, les messages. Le silence est alors perçu comme un vide avec lequel nous ne sommes pas à l’aise et que nous cherchons à remplir ou à faire disparaître. Nous cherchons à rester connectés. Nous voulons recevoir ; nous voulons partager. Et pourtant bien que connectés nous nous sentons extrêmement seul, voire de plus en plus seul.

Établir en soi un espace de silence intérieur permet de mieux nous connaître. Il s’agit d’apprendre à connaître et comprendre ce qui nous caractérise ce qui fait notre unicité et notre excellence, mais aussi notre propre souffrance, notre vulnérabilité. Cette pratique de ce silence intérieur est de la pleine conscience. Elle exige patience et pratique régulière.

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Comment mettre du silence en nous ? Ce n’est pas une pratique difficile en soi, avec un peu d’entraînement régulier tout le monde peut y arriver. Tout peut être fait dans le silence, marcher, manger, s’asseoir, courir, faire la cuisine….Il suffit de quelques minutes par jour de présence pleine et entière à soi et à l’instant tel qu’il est.

Dix ou vingt secondes peuvent suffire pour arrêter la course folle de nos pensées et nous faire ressentir la joie simple de la vie.

Pour aller plus loin, voir l’ouvrage de Tchich Nhat Hanh  « Les bienfaits du silence – Se ressourcer dans un monde assourdissant ».

 

article écrit par Raymond Barbry / le 2/02/2016

La peur racine de la violence

Un texte d’Anthony De Mello à méditer et à partager en ces moments douloureux et anxiogène que nous vivons.

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La peur racine de la violence

 » Certaines personnes disent qu’il y a deux chose au monde, l’amour et la peur. le seul mal en ce monde est la peur. Le seul bien en ce monde est l’amour. Il porte parfois un autre nom. Il arrive qu’il s’appelle bonheur, ou liberté, ou paix, ou joie, ou Dieu, la dénomination importe peu. Et il n’y a pas un seul mal en ce monde qui ne puisse être assimilé à la peur. Pas un seul.
L’ignorance et la peur, l’ignorance causée par la peur, c’est de là que viennent tous les maux, c’est de là que vient la violence. Le seul être authentiquement non violent, le seul être incapable de violence est celui qui ne connaît pas la peur. La colère n’est générée que par la peur. Pensez à votre dernier accès de colère. pensez-y bien et chercher la peur sous cette colère. Qu’aviez vous peur de perdre ? Qu’aviez vous peur que l’on vous prenne ? C’est de là que vient la colère. pensez à une personne en colère, une personne dont vous avez peut être peur. Pouvez-vous voir à quel point elle est effrayée ? Elle est réellement effrayée, sinon elle ne serait pas en colère. Il n’y a que deux choses au monde, l’amour et la peur. »
Anthony de Mello
Quand la conscience s’éveille – Albin Michel

Le harcèlement scolaire : quelles réponses éducatives ?

C’est à la demande de l’association des parents d’élèves du Pas-De-Calais (Apel 62) que nous sommes intervenus à Arras, sur la question du harcèlement scolaire.

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Voici en résumé les points qui ont été abordés lors de cette rencontre/échange avec des représentants du bureau de l’APEL 62.

1er point. Le harcèlement scolaire, un indicateur pertinent du contexte sociétal. Les enfants, les adolescents et les jeunes sont des caisses de résonance. Tout comme le harcèlement au travail, qui est un révélateur des modes de relation entre adultes, le harcèlement scolaire est un révélateur sociétal qui interpelle la qualité des dynamiques relationnelles.

2ème point. Un contexte sociétal « pyscho-dépressif » voire « psycho-destructeur ». Ce contexte est générateur d’angoisse, de peur et de sur-stress, avec comme difficulté majeure l’incapacité  à mettre en exergue ce qui va « bien ». Il y a un conditionnement à insister sur le négatif, à mettre en avant ce qui ne va pas, à être dans la plainte et dans le déni du positif, du beau, des réussites. Parmi les effets négatifs de cette manière d’appréhender le monde, nous identifions :

  • Une montée de l’égocentrisme (survalorisation du moi),
  • Une obsession de l’apparence, du paraître,
  • Une expansion de l’individualisme et du narcissisme
  • Le repli sur soi, chacun pour soi, la défense des intérêts individuels
  • Le passage de l’enfant roi vers l’enfant « tyran » se traduisant par une intolérance à la frustration. C’est le « je veux tout…tout de suite ».
  • La dérive de l’hyper-connectivité via les réseaux sociaux. Il ne s’agit pas de remettre en question l’intérêt et tous les avantages du numérique. C’est l’excès et la survalorisation de ces outils qui sont ici pointés.
  • La dérive violente des médias. Or nous savons aujourd’hui  que plus nous sommes en contact avec des images qui montrent la violence sous toutes ses formes et plus cela induit des comportements violents et une baisse de l’empathie. A l’inverse, plus je visualise des reportages, des émissions, des films, des jeux portant sur la compassion et plus je génère des comportements altruistes !

3ème point. L’être humain est fondamentalement collaboratif, altruiste et porté à la compassion. L’idée véhiculée depuis Darwin, à savoir, que ce qui caractériserait la vie sur terre, c’est le combat pour la survie et la compétition est de plus en plus remise en question aujourd’hui ! Le principe premier qui guide la vie, des plantes et à tous les êtres vivants, c’est la coopération avant tout ! Il n’y aurait guère que chez une minorité d’êtres humains et quelques mammifères que serait identifié un penchant pour le combat, la compétition et la destruction de l’autre (de l’ordre de 1 à 2%).

4ème point. Le harcèlement à l’école a toujours existé, mais il est actuellement en augmentation. D’après la cellule de veille d’Eric De Barbieux, il touche 10% de la population scolaire et 5% des élèves souffrent de harcèlement sévère. Autre donnée intéressante, en 2014, 15% des élèves de collège ne se sentaient pas en sécurité (sécurité subjective).

5ème point. Les indicateurs du harcèlement, ils sont de l’ordre de trois :

  • Violence physique et ou morale,
  • Répétitivité,
  • Isolement de la victime

6ème point. Le harcèlement c’est le rejet de la différence et la stigmatisation sur :

  • L’apparence physique,
  • le sexe
  • l’orientation sexuelle
  • le handicap physique
  • les troubles de la communication
  • l’appartenance à un groupe social ou culturel
  • les centres d’intérêt différents

7ème point. Il se traduit par,

  • Harcèlement physique : coups, bousculades, bagarres, vols et rackets, dégradations matérielles, violence à caractère sexuel, obligation de participation à des jeux dangereux.
  • Harcèlement moral, plus discret et plus difficile à identifier : insultes, gestes déplacées, remarques à connotation sexuelle, chantage émotionnel.
  • Cyber-harcèlement (en augmentation exponentielle). Lancement de rumeur, usurpation d’identité, création de page facebook, mise en ligne de photos et/ou de vidéos dévalorisantes.

8ème point.  Nous avons remarqué qu’il se développait dans les lieux où le climat scolaire est dégradé que ce soit entre jeunes, entre jeunes et adultes, mais aussi entre adultes. De plus la non identification par les adultes des situations de harcèlement participe à son développement. Il n’y a rien de pire que le déni et le laisser faire.

9ème point. Les effets du harcèlement sur le harcelè et sur le harceleur.

  • Sur le harcelé, il est constaté : des troubles de l’anxiété, un état dépressif, chute des performances scolaires, perte de concentration, troubles alimentaires, repli sur soi, tendances suicidaires, comportements violents en réaction (seule réponse possible à ses yeux), troubles de la socialisation, voire troubles psychiques graves.
  • Sur le harceleur : perte de l’empathie, construction d’un rapport hypertrophié à la violence, répétition de conduite de harcèlement, développement de la perversité-narcissique, marginalisation, échec scolaire, décrochage scolaire, délinquance.

10ème point. Développer les compétences relationnelles du harcelé. Les harceleurs ne s’en prennent pas à n’importe qui. Ils exploitent et profitent de la fragilité de l’autre. Nous avons constaté que le harcelé avait un défaut de confiance en soi qui se traduisait dans sa posture. En faisant un travail sur les émotions, sur la posture physique (corps, voix, regard) et sur l’identification des qualités de la personne nous participons à développer cette confiance en soi qui va transparaître physiquement. C’est ce non verbale signe de confiance en soi qui est transmis aux autres.

11ème point. Un défi éducatif, une nécessité et une priorité : l’éducation à l’altruisme, à la compassion, au vivre ensemble et au bien être à l’école. Nous défendons l’idée d’une réponse éducative globale à l’école en complément de la prise en charge des situations individuelles. Des connaissances scientifiques et des expérimentations pédagogiques mettent en avant le bien fondé et les effets sur les personnes du développement de la coopération et de l’intériorité dans le cadre de l’école. Ils existent dans l’arsenal pédagogique une quantité d’outils et de dispositifs qui vont favoriser le vivre ensemble et le bien être. Voici quelques exemples concrets de dispositifs ou d’actions menées dans des établissements que nous avons accompagnés depuis plusieurs années sur cette question du bien être et du vivre ensemble.

  • Des emplois du temps intégrant des temps de pause.
  • Des temps spécifiques et réguliers pour des pratiques de pleine conscience (gestion mentale, mindfulness, yoga, sophrologie….)
  • La pédagogie positive et l’exploitation des « kiffs ».
  • Apprentissage des dynamiques émotionnelles.
  • La communication non violente, la régulation des situations de conflit.
  • Des semaines à thème.
  • Des rencontres avec des témoins.
  • Les ateliers philo.
  • L’explicitation et l’application des cadres : code de vie, règlement,   (rapport à la loi)
  • Le tutorat pédagogique (adulte en accompagnement d’un jeune).
  • Le monitorat (jeune accompagnant un jeune)
  • L’expérience « Racines », rencontre avec des bébés et des personnes âgées dans les classes.
  • Les projets « nature ». Il a été observé que les enfants, jeunes et adultes passant du temps dans la nature sont moins violents, plus altruistes.
  • Les rencontres et le partage avec des animaux.

Il suffit de peu de choses pour changer un climat de classe. Pour avoir aidé des établissements sur cette problématique, nous avons constaté que le simple fait de mettre quelques temps de calme guidés ou non guidés plusieurs fois par jour associé à une exploitation des « kiffs » (petits moments de bonheur) en fin de journée transformaient des ambiances de classe.

En guise de conclusion. Dans le contexte sociétal actuel, ce dont les enfants et les jeunes ont besoin c’est la rencontre avec des adultes cohérents, authentiques. Cela ne passe pas par le discours, mais par le faire et la manière d’être. C’est bien de la posture dont il est ici question.

Article réalisé par Raymond Barbry, le 8 octobre 2015