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S’entretenir…se maintenir en « bonne » santé…vivre, en période de confinement !

Pour celles et ceux qui ne peuvent se rendre au travail ou dans les établissements scolaires, qui sont tenus à rester chez eux avec comme seule autorisation, celle de pouvoir sortir une heure/jour pour marcher, courir ; guette insidieusement la sédentarité, le laisser aller avec les conséquences néfaste pour la santé (bio-psycho-socio): surpoids, baisse des défenses immunitaires, déprime, lassitude, perte de motivation et d’engagement, repli sur soi, désocialisation etc…

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Le confinement est une situation stressante très forte qui n’est pas sans conséquence sur la santé globale, d’autant qu’elle est imposée, subie et non désirée par la plupart des personnes.  Elle est une  marque de privation de la liberté. C’est un enfermement imposé chez soi.

Alors que faire ? Comment maintenir, entretenir, voire développer cet état d’esprit d’engagement et cette dynamique de vie qui maintiennent nos défenses immunitaires à un haut niveau dans ce contexte d’enfermement ?

Voici quelques pistes concrètes et simples qui sont à adapter à chacun en fonction de son âge, de sa maturité de son parcours de vie et de ses aptitudes. Les valeurs en temps données sont relatives. Il importe que soient pratiquées, quotidiennement pour certaines et hebdomadairement pour d’autres, des situations proposées ci dessous.

1/ Pratiquer un ou plusieurs temps d’activité physique dans la journée.

C’est en développant une bonne condition physique que nous renforçons notre capacité de réponse immunitaire. C’est une des thérapies dont nous disposons actuellement et c’est la plus importante. Aussi en respectant les distances de sécurité (plus de 3 mètres) aller courir, marcher, prendre cette heure de sortie autorisée est nécessaire et vitale !

Dans l’idéal, trois temps d’activité physique quotidienne vont participer à lutter efficacement contre la sédentarité imposée par le confinement. Par exemple pour des enfants (plus de 7 ans), adolescents, jeunes et adultes :

– 20mn en début de matinée des étirements ou du yoga.  Nous trouvons sur internet (YouTube) une multitude de séances adaptées à tout un chacun.

– 20mn en fin de matinée des exercices plus toniques à base de gainage, d’ateliers dynamiques qui peuvent être réalisés chez soi. La fédération Française d’athlétisme entre autre a mis en ligne des séances type qui peuvent être réalisées par des enfants comme des adultes qui plus est de manière ludique. (voir le site de la FFA)

– de 20mn à 1h00 d’une activité dite d’endurance en extérieur en respectant les distances de sécurité, soit un effort plus long  continu sollicitant la filière aérobie, de la marche, de la course à pieds, une alternance de marche-course à pieds…La durée est fonction de  l’âge, des aptitudes initiales…Un principe de base ne pas être en essoufflement, rester en maîtrise ventilatoire.

Pour celles et ceux qui disposent d’un jardin, aller passer un moment dans le jardin, l’entretenir, se baisser, se relever, se déplacer participent de ces temps d’activité physique !

Un autre repère pour éviter les longs moments en position assise ou semi-allongée (canapé), toutes les heures se lever, marcher dans l’habitation faire quelques étirements. Ce qui est néfaste est la situation de rester sans bouger plusieurs heures !

2/ Pratiquer des temps de silence.

Cela peut paraître paradoxal en période de confinement de proposer cette activité et pourtant elle est indispensable à notre équilibre psychique. Nous avons besoin de calme, de silence. Le bruit est une des causes du stress si élevé de notre vie moderne ! « Nous savons aujourd’hui que lorsque nous favorisons le silence acoustique, mais aussi attentionnel, visuel ou méditatif, notre cerveau bascule dans un état particulier. C’est cette déconnexion qui l’aide à  se régénérer, à évacuer les toxines conduisant aux maladies neurovégétatives. Mieux le silence sous toutes ses formes est bénéfique pour la créativité, la mémorisation, voire la construction de notre « moi ». Michel Le Van Quyen – Voir Cerveau et silence.

Concrètement, il s’agit pendant un temps donné de ne pas parler, et si possible de couper toutes les sources de bruit dans l’habitation. Ce temps est défini au préalable. Cela peut aller de quelques minutes (1 à 3mn notamment avec des enfants) à plusieurs heures, voire une journée entière (par exemple pour des adultes une fois/mois, une journée en silence !).  A chacun de se définir ses objectifs en fonction du contexte de vie (nombre et âge des personnes vivant sous le même toit).

Pour les personnes habituées aux pratiques de contemplation, de pleine attention, de méditation, de zazen,  de sophrologie, de relaxation, vous pouvez profiter de ce temps  de silence pour pratiquer de vous mêmes sans guidance extérieure.

3/ Placer des temps de méditation, de cohérence cardiaque, de sophrologie, de yoga, de relaxation guidés dans votre journée.

Depuis plus de trente ans maintenant, nous connaissons et avons les preuves des effets bénéfiques de ces pratiques sur notre santé psychique, physique et sur nos défenses immunitaires (cf les travaux de E.Blackburn – Nobel de médecine 2009). Depuis moins d’une petite dizaine d’années en France, ces résultats et effets sont enfin  reconnus du grand public et de plus en plus recommandées par les milieux de la santé. Ce qui était considéré par méconnaissance culturelle comme des pratiques soit ésotériques, soit « farfelues », voire sectaires est maintenant valorisé ! Alors pourquoi s’en priver, d’autant que nous trouvons une multitude de supports via l’internet.

Nul besoin d’être un expert en méditation pour s’y mettre. Il suffit dans un premier temps de se programmer dans la journée des temps courts de quelques minutes en s’aidant d’une des multiples applications en accès libre.

Pour commencer la cohérence cardiaque est un bon support. Voici trois liens…

https://www.youtube.com/watch?v=22deFxgJF4Q – Classique

https://www.youtube.com/watch?v=BYPu_6nDU7o&t=169s – Pour Stressés

https://www.youtube.com/watch?v=0ShmcJo66Mc&t=45s – Pour enfant

Je ne vais pas recommander une pratique plus qu’une autre. Elles reposent sur les mêmes bases et ont à peu près les mêmes effets dans la durée. L’important, avoir une pratique régulière, comme pour l’activité physique ! Dans le contexte du confinement actuel, trois temps de 5mn/jour (pour les adultes) est une bonne base de départ. Pour les enfants en dessous de 10 ans, commencer par des temps plus courts(vous trouvez des applications pour les enfants). Cela peut se pratiquer en famille. Pour celles et ceux qui souhaitent des séances plus longues de plus de 5mn et jusqu’à 1h00, vous trouvez sur internet en accès libre des séances toutes faites. Pour donner quelques exemples parmi tant d’autres vous pouvez trouver sur internet, Clarisse Gardet, Christelle Ringeval, Marine Locatelli, Christophe André, Frédéric Lenoir, Fabrice Midal, Ilios Kitsous mais aussi Sofrocay, Petit Bambou, Yupsi le petit dragon, Calme et attentive comme une grenouille,  etc….

3/ Couper la télévision, les écrans et les infos.

Note époque est marquée au plan médiatique par des chaînes d’informations qui fonctionnent en continu et qui ressassent heure par heure, les mêmes nouvelles souvent défaitistes, démoralisantes parce que nous sommes attirées par ce type d’informations ! C’est ainsi.

Nous savons qu’en moyenne nous passons beaucoup de temps devant la télévision, et l’état de confinement va augmenter ce temps. Au delà de trois heures par jour pour les adultes et une heure pour les enfants, des effets néfastes ont été observés sur notre santé (augmentation de la sédentarité, obésité etc…). Le confinement augmente de fait ce temps devant les écrans et participe à un effet anxiogène accru via des informations communiquées en boucle.

S’en tenir à des temps courts d’infos.  Privilégier les émissions ou film provoquant de la joie, des rires.

Et pourquoi pas de temps en temps, la journée sans télé et sans écran !

4/ Savoir couper le smartphone et aussi l’exploiter pour le maintien du lien social.

Nous passons beaucoup de temps sur nos smartphones et ordinateur. En moyenne en France nous le consultons plus de 400 fois/jour !  Nous avons de plus en plus de mal à nous en détacher. Les effets néfastes sur la santé et sur nos capacités cognitives d’une sur-exploitation et sur-exposition à ces outils sont bien connus aujourd’hui. Voir à ce sujet les travaux de Manfred Spitzer (Ulm – Les ravages des écrans), ceux de Michel Desmurget (Lyon – Inserm – Les dangers des écrans pour nos enfants) et  l’ouvrage de Neil Postam (EU) Technopoly ou comment la technologie détruit la culture.

Il ne s’agit pas de ne pas utiliser ces outils qui nous permettent en cette période de confinement de maintenir le lien social déterminant à notre santé psychique et donc à augmenter nos défenses immunitaires.

Il s’agit de savoir s’en détacher quelques minutes, voire quelques heures, voire une journée. En tous les cas, ne pas le consulter durant la nuit ! A ce jour plus de 50% des français le consultent la nuit et perturbent ainsi leur sommeil.

5/ le sommeil ! déterminant….

Le confinement à la maison dérègle la vie sociale et agit sur nos rythmes. Certes certains et certaines peuvent bénéficier de temps de sommeil plus longs. C’est le cas notamment de tous les élèves de l’école au lycée qui n’ont plus à  se lever pour certains très tôt (parfois 5h30-6h00 du matin).

Il ne s’agit pas de reproduite les horaires de lever et de coucher du temps hors confinement. Mais surtout de maintenir une qualité et quantité de sommeil suffisants. L’occasion de retrouver le temps de sommeil nécessaire à notre équilibre. Nous avons perdu au fur et à mesure des années et depuis trente années des heures de sommeil. Or le sommeil est le premier facteur de la « bonne » santé !

6/ Oser l’esprit du débat philosophique (dés l’age de 5-6 ans).

Cette pratique de l’échange, du partage et du débat peut être exploitée dans le contexte familial. De quoi s’agit-il ?

Il s’agit à partir d’un mot, d’un thème, d’une image, d’une lecture d’un texte court d’échanger suivant les principes suivants :

– Une personne parle à la fois.

– On n’émet pas de jugement de valeur.

– On peut demander la clarification d’une idée.

– On peut alimenter, enrichir une idée qui a été émise.

– On ne contredit pas l’idée d’une autre personne. Chaque personne a le droit de penser ce qu’elle pense. Ce n’est qu’une idée. Chaque personne a de bonnes raisons de penser ce qu’elle pense.

– Une conclusion peut être émise par chaque personne…ce que je retiens de ce moment.

A ne faire que dans un contexte familial apaisant. Il ne s’agit aucunement de vouloir avoir raison, de convaincre, mais de s’enrichir chacun par l’apport des idées des autres. C’est la construction de l’intelligence collective.

7/ Jouer !

C’est l’occasion de ressortir les jeux de cartes, de sociétés qui sont facteurs de lien social et affectif. Notre temporalité moderne a réduit ces temps de « jeu » qui ont pratiquement disparu de nos cadres de vie. Et pourtant ils sont porteurs d’une grande richesse et développent au delà du plaisir de jouer en lui même, l’acceptation des règles, l’acceptation de la frustration, le développement de la collaboration, le développement de l’intelligence globale.

8/ Partager chaque jour les bons moments vécus.

Nous avons tendance en tant qu’être humain à ne nous souvenir que des moments désagréables, et à les ressasser ! Ce qui est facteur de stress excessif (sur-stress). Cet état de stress constant et latent déclenché par des pensées négatives tournées vers le passé (regret, culpabilité) ou le futur (peur, angoisse) épuise l’organisme et fait chuter drastiquement nos défenses immunitaires. C’est en grande partie ce qui nous rend plus fragile face à la maladie.

Aussi, il importe de conscientiser, de mémoriser et de partager les bons moments vécus. On ne mesure pas combien cette simple démarche réalisée quotidiennement agit sur notre bien être intérieur et réduit notre niveau de stress latent !

Et maintenant, comment faire ?

Avant tout, accepter la situation sanitaire de confinement qui est la notre. Cet état d’acceptation va de fait réduire l’effet de mal être latent qui s’installe insidieusement et durablement. Ensuite,  à chacun de se fixer  ses propres objectifs et petits défis quotidiens et hebdomadaires qui vont permettre de se maintenir dans cette dynamique de vie qui permet de maintenir et renforcer naturellement nos défenses immunitaires.

Raymond Barbry le 17/04/2020

Remettre l’humain et le mouvement au centre de la conception et du développement urbain et technologique.

Le rapport de l’ONAPS (Observatoire Nationale de l’Activité et de la sédentarité) vient de publier un nouvel état des lieux en France :

Activité physique et Sédentarité de l’enfant et de l’adolescent

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La France, au regard des indicateurs sélectionnés ici et de la méthodologie d’évaluation propre à ce rapport, se situe dans la moyenne des autres pays européens et mondiaux. Les notes attribuées soulignent bien le travail restant encore à accomplir et la nécessité d’accentuer les prises de conscience et les efforts engagés de manière à promouvoir l’activité physique et lutter contre la sédentarité chez les plus jeunes.

Voici quelques unes des recommandations en conclusion du rapport :

  • Accentuer le niveau d’information des bienfaits d’un mode de vie sain et actif dès le plus jeune âge.
  • Renforcer la coordination des actions au niveau régional et national.
  • Encourager le maintien et le développement de l’activité physique en milieu scolaire.
  • Mettre en place et évaluer de nouvelles stratégies de lutte contre la sédentarité, comme des interventions dans les écoles, sur le temps de classe par exemple.Renforcer et évaluer les initiatives institutionnelles et gouvernementales.
  • Tendre vers la mise en place d’une évaluation nationale régulière de l’activité physique et des aptitudes physiques des enfants et adolescents.
  • Développer une culture individuelle et collective d’un mode de vie sain et actif.
  • Remettre l’humain et le mouvement au centre de la conception et du développement urbain et technologique.

Le rapport complet est disponible sur le lien suivant :

Cliquer pour accéder à 190917_ONAPS_RC%202018%20final.pdf

Raymond Barbry le 30/09/2019

Une pratique sportive régulière associée à de la relaxation améliore la sérénité.

Dans le cadre d’un mémoire de Master 2 – STAPS d’Amiens- Méthodologie de l’entraînement sportif –  Alexis Barbry a mesuré les effets sur la condition physique et le bien être d’une pratique sportive régulière (trois fois par semaine) associée à de la relaxation.

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Cet étudiant a effectué son stage professionnel à l’IRFO (Institut des rencontres de la forme), association située au CREPS de Wattignies et rattachée à la ligue des Hauts de France d’athlétisme. C’est dans le cadre de ce stage et avec le partenariat du Racing Club d’Arras d’athlétisme que cette étude a été réalisée. Il a été accompagné dans ce travail par Annie Carton (maître de conférence – STAPS-Université d’Artois).

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Le thème de la recherche :

« La place de l’activité physique dans le bien-être est aujourd’hui un enjeu sociétal. Dans notre étude, nous avons couplé des mesures physiques et psychologiques ».

« L’objectif de l’étude est de voir l’effet d’un programme de condition physique couplé à de la relaxation sur les manifestations et les outils de régulations du bien-être ».

Population étudiée

« Notre population est composée de 3 groupes. Ces 3 groupes ont été constitués par rapport au nombre de séances que les participants ont pu vivre sur la durée de l’expérimentation (c’est-à-dire 10 semaines). Ceci correspond aussi à une régularité dans l’engagement des participants. Le critère d’inclusion était premièrement d’être volontaire, ce qui correspond à un engagement autodéterminé. Deuxièmement, d’être salarié ».

  • Le groupe « Sédentaire » ou groupe témoin. Aucun membre du groupe ne pratique une activité physique régulière, c’est-à-dire 30 minutes par jour ou 1h30 par semaine. Les participants de ce groupe ont un quotient de forme faible ou moyen, c’est-à-dire inférieur à 50 pour tous (sachant que le maximum est de 100). Ce groupe est composé de 11 personnes : 3 hommes et 8 femmes. L’âge moyen de ce groupe est de 46,1 ans et l’écart-type de 14,18.

  • Le groupe « moyennement présent » a effectué 5 séances de condition physique et/ou d’accompagnement running couplés avec des exercices de relaxation à la fin de la séance (10 minutes) en 10 semaines. Ce groupe est composé de 11 personnes : 2 hommes et 9 femmes. L’âge moyen est de 38,45 ans et l’écart-type 6,8.

  • Le groupe « fortement présent ». Les membres de ce groupe ont effectué au minimum 8 séances de condition physique et/ou d’accompagnement running couplés avec des exercices de relaxation (10 minutes) à la fin de la séance en 10 semaines de temps. Ce groupe est composé de 11 personnes : 3 hommes et 8 femmes. L’âge moyen de ce groupe est de 46,18 ans avec pour écart-type 10,4.

Deux instruments de mesure ont été utilisés, tous deux sont la propriété intellectuelle de l’IRFO. Le premier : DIAGNOFORM actif  permet de mesurer les 5 grandes qualités physiques (Endurance – Force – Vitesse – Coordination – Souplesse). Le second : Le DIAGNOFEEL a pour objectif de mesurer les manifestations ainsi que les éléments de régulation du bien-être (relations sociales, activités de loisir, joie, sérénité).

voici en résumé  les conclusions de l’étude

« Dans notre étude, un programme de condition physique couplé à des exercices de relaxation a des effets sur le niveau de condition physique des participants (quotient de forme), et sur la manifestation du bien-être et plus particulièrement « la sérénité ».

Une étude de plus qui confirme ce que nous identifions tant par l’expérience de la pratique que par les recherches dans un cadre universitaire, à savoir que la pratique d’une activité physique régulière associée à des temps de pratique d’intériorité (conscience de soi) tels que, la relaxation, le yoga, la méditation, la sophrologie,  participe à améliorer le bien être des personnes.

Si vous souhaitez en savoir plus sur cette recherche, me contacter par message (commentaires). Je vous mettrai en contact avec l’auteur.

Raymond Barbry, le 19 juillet 2019

La préparation mentale des jeunes athlètes (Ligue des Hauts de France)

Une première  dans le cadre du stage régional (horizon 2028) regroupant une centaine de jeunes athlètes de toutes les spécialités de l’athlétisme des Hauts de France à Liévin les 8, 9 et 10 avril, un atelier de préparation mentale.

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C’est à la demande de Yann Vaillant CTS à la ligue des Hauts de France et responsable du suivi horizon 2028 que j’ai proposé et animé un atelier de pleine attention lors de ce stage.

Qu’est ce que la pleine attention ?

Aussi appelé pleine présence, méditation de pleine conscience, elle est une pratique millénaire (2500 ans) qui a été adaptée à notre époque et à notre contexte sociétal. Elle répond a un besoin prioritaire de l’être humain, être dans le présent du moment vécu.  Notre époque qui est caractérisée par la sur-sollicitation mentale, le sur-activisme a mis à mal cette capacité de l’être humain, à être simplement dans le présent. Les jeunes générations sont les plus impactées par ce phénomène de surcharge mentale de part la constitution de leur cerveau qui est en cours de maturation et plus particulièrement les lobes frontaux, aussi apprendre à fixer son attention sans tension devient une priorité éducative et de formation.

La pleine attention, pour quelle raison ?

Une des conditions de l’engagement et de la réussite d’un athlète est sa capacité à être pleinement dans l’effort qu’il réalise et ce quelle que soit sa spécialité. Or nous savons que nos capacités attentionnelles, de part notre mode de vie actuelle, sont à renforcer, développer et entretenir et ce même chez les sportifs de haut niveau. Il devient déterminant à côté du développement des qualités physiques et techniques du jeune athlète d’intégrer spécifiquement des temps de développement de l’attention-concentration.

L’expérience au RCArras section athlétisme.

Cela fait plusieurs années que les athlètes arrageois bénéficient de temps spécifiques à la pleine attention intégrés aux entraînements réguliers dans certaines spécialités, ou lors des regroupements en stage, ou lors d’un atelier spécifique dans le programme sport-santé-bien être du club (le samedi matin). Cet aspect de la préparation globale de l’athlète a permis à certaines et certains des athlètes arrageois d’atteindre un bon niveau national (podiums et finalistes à des championnats de France), et d’intégrer l’équipe de France (nous pensons actuellement à un des espoirs français au lancer de marteau).

Une approche globale, équilibrée et systémique de la formation  de l’athlète.

L’intégration de temps de pleine attention s’inscrit dans une visée globale de la formation du jeune athlète et vient en complément des autres dimensions que sont le développement des qualités physiques, techniques et stratégiques.

Par la pleine attention nous intervenons sur les aspects cognitifs et bio-émotionnels de la personne en lui donnant des outils de régulation des émotions, de régulation du stress, de visualisation et de mise en projet. Mais surtout nous permettons à chacun d’avancer un peu plus sur la connaissance de soi qui est au delà de l’aspect sportif un déterminant de notre engagement dans la vie et du dépassement de soi.

Raymond Barbry, le 15 avril 2019

La préparation mentale de jeunes footballeurs (section sportive intégrée au collège).

C’est à l’initiative de David Devogel, responsable de la section football au collège Antoine de Saint-Exupéry à Hellemmes-Lille, que j’ai durant le premier trimestre de l’année scolaire 2018/2019 collaboré avec le staff technique (sept séances) pour intégrer des temps de pleine attention dans les temps d’entraînement.

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Le constat à l’initiative de cette expérimentation : Les jeunes footballeurs, comme le reste de la population  du reste, ont tendance à vite « décrocher » et se laisser perturber par des stimulis extérieurs à l’action en train de réaliser. Dans un match de football, les éléments de perturbation attentionnelle sont multiples et constants. Or la réussite dans un sport collectif comme le football au delà des qualités techniques, tactiques et physiques dépend de la capacité du joueur à rester pleinement dans le présent des actions à mener et à constamment s’adapter dans l’instant au contexte du jeu tel qu’il se produit.

Développer la pleine attention dans le temps d’entraînement. En accord avec David Devogel nous avons fait le choix d’intégrer des temps de pleine attention brefs dans les séances d’entraînement. Ces temps étaient placés aux différents moments de la séance et répondaient à un besoin identifié dans l’instant. A savoir qu’il s’agissait de donner les moyens aux jeunes footballeurs de se remettre dans le présent mais aussi d’apprendre à observer, réguler les pensées et les émotions associées à ces dernières sans porter de jugement négatif sur soi ou les autres.

Intégrer la visualisation mentale en début d’entraînement. Lors de séances d’entraînement à thème spécifique et à forte charge mentale avec pression temporelle dans le jeu, nous avons proposé en début de séance dans le vestiaire des temps de visualisation mentale guidés sur le thème de la séance.

Des temps de relaxation en fin de séance. Lorsque les conditions atmosphériques le permettaient, en fin de séance avant le retour aux vestiaires des temps de relaxation guidés ont été proposées. Ils visaient à apprendre à faire le calme en soi et à avoir un outil de récupération pour pouvoir être de nouveau disponible et présent aux situations scolaires qui suivaient les séances d’entraînement.

Intervention individuelle au cas par cas. Lors de situations de test à forte pression émotionnelle, nous sommes intervenus individuellement auprès de certains joueurs pour leur apprendre à réguler le mental durant les temps de récupération, à savoir  en fonction des besoins du joueur : accepter l’état de stress, réguler l’état de fatigue, faire le calme en soi, visualiser la situation à venir etc….

Effets observés sur les comportements en jeu. Il est difficile d’identifier en contexte réel les effets spécifiques de tel ou tel choix pédagogique ou didactique, ici en l’occurrence, les pratiques de pleine attention dans le temps de l’activité. Cependant, les attitudes et les comportements des joueurs entre le début et la fin du trimestre (septembre à décembre) montrent des acquisitions certaines quant à la capacité à rester présent tout le temps du jeu. Lors d’une situation de jeu libre de fin de période, nous avons fait le constat d’une fluidité dans la circulation du ballon, les déplacements, l’anticipation, le replacement en jeu dénotant un état de présence de l’ensemble des joueurs.

L’intention du « staff » technique est déterminante. Au delà des interventions spécifiques du préparateur mental durant  sept séances, c’est l’intention présente et répétée à chaque séance (trois fois par semaine) des éducateurs qui a développé et ancré la pleine attention chez les jeunes joueurs. Le staff technique (David Devogel, Lucien Bellanger, Victor Thélot,  Clément Dewinne, Régis Guillaume) s’est approprié ces outils et a pu les intégrer à chaque séance d’entraînement.

Effets observés dans le cadre de la scolarité. Un suivi personnalisé global (football, scolarité) des joueurs est mis en place par le staff technique, entretien individuel, cahier individuel de réflexivité etc… Il est à noter qu’à l’issue du premier trimestre tous les joueurs de la section sont en réussite scolaire.

Raymond Barbry le 2 janvier 2019.

Cet article a été aussi publié sur : http://sportenpleineconscience.over-blog.com/2019/01/la-preparation-mentale-de-jeunes-footballeurs-section-sportive-integree-au-college.html

Où votre esprit va, tout suit ! De la nécessité de développer la concentration optimale..

Cet article est inspiré des travaux et de l’expérience d’un collègue américain,Terry Orlick, spécialiste mondialement reconnu en psychologie sportive. Il a conseillé de nombreux sportifs au plus haut niveau international et dans de multiples spécialités sportives. Une de ses priorités en matière de préparation mentale consiste à développer la connexion concentrée ou concentration optimale ou pleine attention.

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Terry Orlick parle de connexion concentrée pour définir la concentration totale ou connexion ininterrompue entre deux choses. C’est l’exemple classique du chat qui poursuit la souris, de jeunes enfants qui jouent, ou d’un athlète qui est totalement dans son effort, plus rien ne compte alors !

Cette connexion concentrée, ciblée est certainement l’une des compétences les plus importantes dans la vie parce qu’elle affecte tout. Personnellement j’emploie le terme de « méta-compétence » quand je fais référence à ce qu’il appelle cet état optimal de concentration aussi appelé état de pleine attention. Elle est déterminante pour l’apprentissage, pour la performance, pour nos relations humaines. C’est parce que nous sommes capable d’être dans cet état de concentration que nous pouvons donner le meilleur de nous et que tout peut devenir possible. C’est souvent la différence entre une grande et une petite performance en matière sportive, entre vivre pleinement notre vie et juste glisser d’un jour au suivant. De nombreuses opportunités sont perdues parce que les personnes sont présentes physiquement, mais absentes mentalement. Elles ne peuvent pas profiter des possibilités d’apprentissage, des possibilités de performance et des possibilités de relations, de vivre les joies simples de tous les jours parce que la connexion (leur présence) à la situation est absente.

Tout est dans la concentration – dans la vie et dans les poursuites de performance. Une concentration positive canalise notre engagement en une série d’actions positives, ce qui nous permet d’aller vers notre excellence dans notre engagement. Ce niveau de concentration nous libère de tout ce qui est inutile et nous connecte à notre expérience dans l’instant (être dans le moment présent). C’est un état d’esprit où rien n’existe en dehors de ce dans quoi nous sommes engagés ou de ce que nous vivons à ce moment là.

La base de la préparation mentale est le développement de cette concentration optimale. La qualité de notre concentration va affecter chaque apprentissage, chaque performance et chaque relation. Elle détermine le rythme et la qualité de l’apprentissage, la qualité de la performance et la qualité de la vie. En étant capable de guider notre connexion concentrée de manière positive (concentration optimale), nous pouvons mieux contrôler l’intensité, la direction, la durée, la constance et le joie de nos expériences, de nos actions.

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Le témoignage d’un archer plusieurs fois champion du monde décrit bien cet état de concentration optimale. L’objectif d’un archer de classe mondiale est de frapper le centre de la cible à chaque flèche. Il s’entraîne à trouver le milieu du milieu, de voir un seul centre. Dans cet état de concentration totale, l’archer ne connaît aucune distraction. Il tire chaque flèche comme une entité distincte, en se concentrant pleinement pendant la courte période nécessaire pour libérer le coup. Les périodes entre chaque tir sont des moments de relâchement, dans lequel toutes les tensions, musculaires et mentales sont dissipées et l’esprit est libéré de la dernière flèche et se prépare pour la prochaine. « Je bloque tout dans mon monde, sauf moi et ma cible. L’arc devient un prolongement de moi-même. Toute l’attention se concentre sur le centre de la cible. A ce moment-là, c’est tout ce que je vois, entends, ressens. Avec l’arc tendu et ma vision sur la cible, un scan rapide du corps peut me dire si quelque chose n’est pas bon. Si tout semble bon, je maintiens tout simplement ma concentration et laisse la flèche partir. Elle trouvera la cible. Si quelque chose n’est pas bon, je baisse l’arc et recommence ».

Quand un archer s’est entraîné pendant des années pour tirer une flèche au centre d’une cible, théoriquement, il doit être en mesure de réussir à chaque fois. Mais alors qu’est-ce qui l’empêche de faire cela ? Comme pour tout un chacun, ce sont les pensées parasites, celles qui nous distraient, et les inquiétudes souvent liés à des soucis extérieurs, des angoisses, des peurs. L’inquiétude est l’un des grands inhibiteurs de l’action et de la performance. Apprendre à réguler les effets de l’inquiétude est déterminant pour simplement vivre et profiter des moments tels qu’ils sont.

Apprendre à réguler les pensées parasites, s’apprend, même si nous ne sommes pas égaux en ce domaine. Il s’agit d’apprendre à réduire les effets des pensées liées aux attentes extérieures ou aux pensées d’échec possible. Lorsque nous nous concentrons sur l’étape à venir, comme l’archer la flèche suivante, et savons que nous continuerons à être une personne de valeur indépendamment des résultats, l’inquiétude empiétera moins sur notre performance ou notre vie. Notre concentration se fera plus naturellement.

Faire une priorité d’apprentissage de la concentration optimale dans tous les domaines de notre vie. C’est un processus interne qui se développe et s’acquiert par des entraînements quotidiens et l’intention d’être présent à l’expérience, au moment, à la situation telle qu’elle est. Une connexion concentrée ou concentration optimale est quelque chose que nous sentons et vivons dans notre esprit et notre corps. Cette pleine attention est quelque chose que les autres en notre présence peuvent sentir et parfois voir (posture, regard, présence). Sentir cette présence et cette connexion à la situation est source d’inspiration pour soi et pour les autres.

Raymond Barbry le 7 août 2018.

La pleine attention pour des athlètes

Depuis six ans j’intègre tout au long de l’année, pour les athlètes du groupe demi-fond que j’entraîne, des temps de pleine attention ou méditation de pleine conscience. Ces temps sont intégrés soit en début, soit en cours, soit en fin d’entraînement. Ce sont le plus souvent des temps brefs (d’une dizaine de secondes à quinze minutes au maximum) qui varient en fonction de leur positionnement dans la séance d’entraînement.

A la demande d’entraîneurs d’autres spécialités de l’athlétisme du même club (RCArras) je propose, une fois par semaine lors de la saison estivale un temps de quinze minutes ouvert aux athlètes volontaires du club en tout début d’entraînement.

Qu’y faisons nous :

– Apprendre à développer son attention,

– Apprendre à maintenir son attention pendant une durée déterminée sur un objet neutre,

– Apprendre à observer ses pensées et les émotions associées,

– Apprendre à réguler et laisser passer les pensées,

– Apprendre à visualiser,

Comment le faisons nous :

– Un engagement volontaire

– Un temps de quinze minutes,

– Une situation nouvelle à chaque rencontre. Situation qui peut être travaillée individuellement chaque jour par chacun.

Dans quel but cette proposition ? d’abord leur apprendre à développer l’attention !

La motivation première de nombre d’athlètes et plus particulièrement des jeunes (catégories cadettes, cadets, juniors, espoir) est d’apprendre à réguler leur stress et plus particulièrement l’état de sur-stress. Les effets des pratiques de la méditation de plus en plus connus via les médias, mettent en avant cet argument « massue ». Aussi ils sont surpris et étonnés que nous n’évoquions pas cet aspect lors de nos temps de méditation, voire que nous leur proposons de faire avec, de l’accepter et de ne plus lutter contre !

Un changement de posture.

C’est essentiellement un changement à l’intérieur qui se produit, une manière d’être à soi qui peu à peu s’installe et développe la conscience de soi, améliore la relation à l’autre et à l’environnement. C’est un changement radical dans la manière d’aborder les événements, « Je ne suis plus en lutte contre, mais je fais avec », « Je ne cherche pas à être plus que fort que x, y, z, mais à donner le meilleur de moi »,  » Je ne cherche pas à me valoriser, mais à me foutre la paix – pour reprendre l’expression de Fabrice Midal »,  » Je ne cherche plus à tout contrôler, mais j’apprends à apprécier les moments agréables et accepter les moments désagréables »….

Des effets au delà de la pratique sportive.

Assez rapidement, les jeunes athlètes (16 à 22-23 ans) constatent que les temps de pleine attention peuvent être exploités à tout moment et en dehors de la pratique sportive. Un entraînement régulier à la pleine attention participe à être plus dans le présent des événements, à les accepter et les apprécier. Ce qui n’est pas sans effet sur les autres temps de vie, lycéen, universitaire, professionnel, personnel.

Raymond Barbry, le 14 avril 2018

Cet article a été publié aussi sur le bog : http://sportenpleineconscience.over-blog.com/2018/04/temps-de-pleine-attention-meditation-integree-en-debut-d-entrainement-pour-des-athletes.html

Le flow (flux ou zone), un état de conscience modifié similaire à la transe et à l’extase !

Il en va dans le sport de haut niveau comme dans d’autres domaines, le chant, la danse, la créativité, le théâtre, la marche, l’apnée, la musique…Cet état particulier appelé le flux ou le flow ou la zone est devenu une quête et un objet de recherche qui nous apporte son lot de découvertes qui confirment et renforcent les ressentis d’expérience.

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En état de flow le sujet est en absorption totale dans la situation. La personne est complétement dans l’activité. La concentration est si intense que tout le reste disparaît. La créativité et la motivation s’améliorent grandement (d’après certaines recherches jusque 400%) et les performances physiques et mentales augmentent considérablement.

Au plan neurophysiologique c’est un état de conscience modifiée qui se caractérise par des taux spécifiques de neurotransmetteurs:

l’épinéphrine et la dopamine augmentent l’attention et la concentration,

– le taux d’endorphine qui s’élève ensuite durant l’activité, diminue la perception de la douleur,

– l’anadamide contribue à l’installation d’un état d’extase,

– les taux de sérotonine et d’ocytocine montent et renforcent le bien être, la confiance et  l’empathie.

De part cette pleine présence à la situation, l’activité du cortex préfrontale diminue ce qui a pour effet de faire cesser le bavardage intérieur et les logiques planificatrices. C’est l’intuition qui prend le pas sur le rationnel. Faut-il rappeler que cette intelligence intuitive est devenue un concept scientifique appelé « conscience intuitive extraneuronale » (cf Prof J.J Charbonnier). Cette conscience  est maintenant étudiée en médecine, en neurosciences, en psychologie, en physique quantique et dans le cadre de recherches interdisciplinaires telles que la psycho-physique, la bio-physique, l’épigénétique…

L’état atteint est semblable à celui des transes mystiques et se définit par les aspects suivants:

Selflessness, disparition de l’ego,

Timelessness, disparition de la sensation du temps,

Effortlessness, disparition de la notion d’effort,

Richness, accès à une réalité plus large et plus riche (augmentation des perceptions).

Une forme de paradoxe se dégage ici. Plus le sportif va rencontrer des états de flow est plus il sera performant et donnera le meilleur de lui même. Or pour que ces états de flow adviennent de manière naturelle et spontanée, le sportif se doit d’être dans un état de pleine présence, détaché de l’ego, détaché de la stratégie. Faut-il rappeler que ces états ne peuvent pas se programmer, ils adviennent parce que le sujet bascule en mode intuitif dans le moment présent (plus cerveau droit que cerveau gauche).

Si nous souhaitons que les sujets que nous entraînons rencontrent plus souvent cet état de manière naturelle, encore faut-il dans le cadre de nos entraînements, mettre en place les principes suivants :

– Placer des temps spécifiques de pleine attention ou pleine conscience dans l’effort.

– Proposer des temps spécifiques de pleine attention ou méditation de pleine conscience, de sophrologie, d’hypnose et auto-hypnose dans le cadre de la préparation mentale.

– Placer des situations où la spontanéité pourra émerger et la laisser se développer.

– Valoriser la confiance en soi, la simplicité et l’humilité pour réguler l’ego souvent surdimensionné chez les sportifs de haut niveau.

– Bannir dans le temps d’entraînement les outils qui favorisent la déconcentration (smartphone…).

– Pratiquer des temps d’activités en pleine nature.

– Identifier et reconnaître les différents niveaux de conscience que nous traversons tous dans notre vie et dans les temps d’entraînement : la conscience de type 1 qui contrôle et régule les grandes fonctions biologiques (respiration, rythme cardiaque etc…), la conscience de type 2,dite conscience réflexive (c’est par elle que nous sommes conscients d’être conscients) et la conscience de type 3, dite réflexive lucide (celle qui permet l’état de flow).

Ces principes d’entraînement sont préférables à certaines pratiques émergentes qui peuvent être questionnantes au plan éthique parce que s’apparentant à des pratiques dopantes (micro-dose de psychédéliques, stimulation cérébrale…).

Pour en savoir plus sur ce niveau de conscience de type 3 « réflexive lucide » qui participe à développer l’état de flow, voici une liste de chercheurs parmi quelques spécialistes français et étrangers de la question, J.F Houssais (chercheur en biologie cellulaire et moléculaire-CNRS), J.J Charbonnier (Docteur anesthésiste-réanimateur-CHU de Toulouse), M.Beauregard (Prof Neurosciences – Université de Pennsylvanie), D.Radin (Directeur centre de recherche noétique de Pétaluma -Californie), O.Chambon (Psychiatre et Responsable DU faculté de médecine de Lyon), S.Déthiollaz et C.C Fourrier (Docteur en biologie moléculaire et psychothérapeute – Centre de recherche Noétique- Genéve), M. Le Van Quyen (Chercheur INSERM et Institut du cerveau et de la moelle épinière – Paris), E.Ransford (épistémologue et physicien quantique), P.Guilleman (Ingénieur I.A et physicien – CNRS), l’INREES (Institut de Recherche sur les événements extraordinaires et inexpliqués), R.Sheldrake (Biochimiste – Université de Harvard et Cambridge), F.Varela (+) (Chercheur en psychologie cognitive – Université d’Orsay), C.André (Psychiatre – hôpital Ste Anne à Paris), F.Midal (Philosophe), B.Nicolescu (Physicien – Prof honoraire CNRS) ……

Raymond Barbry le 04/01/2018

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Le cerveau des sportifs de haut niveau, pour tous, c’est possible !

L’image caricatural du sportif, fort en muscle et rien dans la tête est heureusement bien dépassée. Dans l’observation, dans l’analyse de l’expérience et dans le cadre des recherches, nous constatons que les sportifs de très haut niveau pour réussir doivent être aussi fort physiquement que mentalement. C’est du reste cet aspect de la maîtrise du mental qui fait le plus souvent la différence. Nous en avons eu maints exemples lors du dernier champion du monde d’athlétisme à Londres.

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Avoir un mental de sportif cela s’apprend, certes il peut y avoir une partie d’inné, mais pour la plupart d’entre nous c’est par apprentissage et entraînement que nous allons nous forger ce mental solide. L’esprit s’entraîne et se développe comme le corps. Pour le sportif, c’est l’entraînement des deux qui participe à réaliser son potentiel.

Les caractéristiques du mental du sportif peuvent se résumer autour des quelques principes suivants :

  • Rester calme en situation de tension, de fatigue et de stress intense.
  • Accepter les situations de stress extrême provoquées lors des compétitions importantes.
  • Savoir faire le silence en soi en apprenant à réguler les pensées.
  • Savoir se concentrer et le rester le temps de l’épreuve.
  • Savoir s’isoler.
  • Savoir être dans le présent de la situation telle qu’elle est et agir en conséquence.
  • Savoir se projeter dans le futur tout en restant en lien avec le présent tel qu’il est.
  • Savoir adapter, voire modifier, une stratégie en fonction de la situation.
  • Savoir apprécier les moments de réussite.
  • Savoir accepter les situations d’échec.
  • Intégrer le paradigme de l’interconnexion entre l’esprit et le corps.
  • Exploiter l’intelligence intuitive.

Mon expérience à la fois d’ancien sportif de haut niveau dans des épreuves extrêmes (cyclisme ultra-distance), d’entraîneur (cyclisme et athlétisme) et de préparateur mental (milieu sportif et autres), m’amène aujourd’hui à intégrer le plus tôt possible et pour tous les sportifs des temps d’entraînement de l’esprit, au même titre que l’entraînement physique. Dans certains sports, les athlètes peuvent consacrer en temps cumulés deux heures par jour à méditer, à visualiser en plus du temps passé à s’entraîner physiquement. Du reste, j’intègre des temps de visualisation mentale dans le temps d’entraînement physique.

Au delà des sportifs cet entraînement de l’esprit peut être proposé dans d’autres lieux d’éducation et de formation, notamment dans le contexte scolaire dés l’école primaire et jusqu’au niveau universitaire. C’est du reste ce que je propose dans le cadre des formations sur l’attention-concentration. L’échec scolaire au delà de l’aspect socio-culturel est la plupart du temps lié à un déficit d’engagement (manque de motivation) et à une incapacité à rester attentif. L’esprit se comportant comme un cheval « fou ».

Or, faire le calme en soi, être attentif à une situation, se concentrer sur un aspect de cette situation, cela s’apprend. Nous en avons l’expérience, nous en avons les preuves pratiques et scientifiques, et nous savons comment le faire. Alors pourquoi s’en priver et ne pas en faire bénéficier dans le contexte éducatif tous les élèves quelle que soit leur âge !

Pour aller plus loin, aller lire cet article paru sur le site « des échos-belgique » : http://www.lecho.be/economie-politique/belgique-general/Comment-fonctionnent-les-cerveaux-des-champions/9922711?ckc=1&ts=1503150365

Raymond Barbry le 21 août 2017

 

Effets de la pratique de la méditation dans le temps d’entraînement de jeunes athlètes (16-25 ans)

Par cet article je témoigne des effets observés d’une pratique de méditation de pleine conscience que j’intègre depuis quatre ans et plus systématiquement depuis deux ans au temps d’entraînement de jeunes athlètes du Racing Club d’Arras-athlétisme (section arrageoise) spécialistes du demi-fond court au fond (du 800m au trail). Cet article n’est pas et ne se veut pas scientifique, c’est le témoignage, l’analyse et le partage d’une expérience d’entraîneur qui est aussi de par ailleurs dans la vie professionnelle, formateur-consultant-coach-préparateur mental et qui forme à la pleine attention ou méditation de pleine conscience depuis plus de six ans.

1. Caractéristiques des athlètes.

En majorité le groupe d’entraînement, dont je partage la responsabilité avec Guillaume Winter depuis deux ans et avant avec Antoine Galopin (maintenant CTS en Bretagne), est constitué de vingt cinq  athlètes en majorité âgés de 16 à 25 ans (2/3 garçons pour 1/3 de filles). Leur niveau de performance va du niveau départemental au plus haut niveau national (France élite). Leur engagement dans leur pratique d’athlète (nombre d’entraînements) varie de 2 à 6 entraînements  par semaine en fonction de leur motivation, de leur disponibilité et de leur niveau de performance.

2. Pratiques intégrées dans les temps d’entraînement.

J’ai fait le choix d’intégrer dans les temps d’entraînement des temps courts de une à dix minutes de méditation de pleine conscience avant, pendant et en fin d’entraînement qui prennent les formes suivantes, en voici quelques exemples :

– Marche très lente avec une expiration et une inspiration par appui.

– Marche lente les yeux fermés avec expiration prolongée.

– Course à allure lente avec des temps d’expiration du double du temps d’inspiration, par exemple, expiration sur six appuis et inspiration sur trois ou expiration sur quatre appuis et inspiration sur deux appuis (cf la méthode Breathplay).

– Un moment du temps d’échauffement en silence.

– Effort à intensité élevée avec centration sur la respiration,  par exemple : expiration sur deux appuis et inspiration sur un appui (même lors des phases dite « lactique »).

– Lors des phases de récupération, marche ou trot très lent seul et en silence avec une expiration soutenue et régulée.

– Exercices multiples et variés d’attention à la respiration.

– Course très lente à pieds nus sur l’herbe en fin de séance (récupération) seul et en silence.

– Temps de course aux sensations, sans la montre et sans information sur les temps de passage.

– Une fois par semaine, un temps de méditation guidée avant la séance sur la thématique de la confiance en soi.

– Un temps de visualisation sur les ressentis physiques et émotionnels de suite à une situation de réussite (cf la gestion mentale)

Certains athlètes continuent une pratique quotidienne personnelle par des temps plus ou moins courts (3 à 10mn), le plus souvent, le matin au lever, puis en milieu de journée et le soir avant le coucher. Ces pratiques portent sur le scan corporel, l’écoute des sons, l’observation des pensées, un temps de silence, de la cohérence cardiaque, l’attention  ce que je mange etc….

3. Une philosophie de l’entraînement.

Intégrer ces temps de pleine conscience n’est pas neutre en matière de philosophie de l’entraînement, en voici les grands principes :

– Développer l’intériorité par la prise de conscience du soi et des ressentis.

– Apprendre à se connaître par une approche globale.

– S’engager dans la pratique compétitive d’abord pour donner le meilleur de soi et non pour être meilleur que les autres. D’abord je cours avec les autres et non contre les autres !

– Apprendre à lier, le physique, l’émotionnel et le cognitif dans le temps d’entraînement.

– Développer l’intelligence intuitive – aussi dénommée scientifiquement, l’intelligence intuitive extra-neuronale.

– Transférer cette pratique de pleine conscience dans les autres temps de vie (scolaire, universitaire, professionnel, social, personnel…).

4. effets observés sur les performances, sur la régulation du stress compétitif, sur les relations dans le groupe.

Sur la performance : II est toujours difficile, voire impossible, d’identifier objectivement les effets d’une seule variable sur la performance. Cette dernière est la résultante d’une multitude de facteurs qui interagissent constamment. Cependant je me risquerai à avancer que, compte tenu du profil global des athlètes du groupe, nous obtenons de très bons résultats en matière de performance. A ce jour nous n’avons jamais eu dans ce groupe depuis qu’il existe (quatre ans) d’athlètes réalisant spontanément dés leur arrivée des performances de haut niveau (l’athlète « doué »). Pour la majorité ce sont des jeunes qui sont arrivés avec un passé de sportif, voire de bon sportif, mais rien d’exceptionnel, or nous observons les faits suivants :

– Des progressions régulières d’année en année.

– Trois athlètes réalisant des performances de niveau national et proche des sélections pour deux d’entre eux.

– Tous les athlètes du groupe (sans exception) et quel que soit leur engagement et leur investissement améliorent leurs performances – records personnels – chaque année (pas de stagnation ou de régression).

Sur la régulation du stress compétitif : C’est l’élément majeur, mis en avant aujourd’hui, de l’exploitation des pratiques de méditation de pleine conscience dans le sport comme dans d’autres domaines (entreprise, psychothérapie, examens etc..). Or, paradoxalement, il ne s’agit pas de cela et c’est de mon point de vue une erreur fondamentale de croire que parce que nous allons pratiquer la méditation de pleine conscience, il n’y aura plus de mauvais stress, de peur, d’angoisse. Non, le stress négatif (bloquant et inhibant), la peur, l’angoisse, les pensées négatives seront toujours présents ! Un athlète de profil « angoissé » le restera. Mais alors que gagne-t-il à pratiquer la méditation ?

– Il va apprendre à s’accepter tel qu’il est.

– Il va apprendre à vivre avec ses angoisses pré-compétitives. Il ne va plus lutter contre ses peurs, il va faire avec !

– Il va apprendre à observer ses pensées et les émotions associées.

Et de fait, les peurs, les angoisses et le mauvais stress se régulent. Ils ne vont pas disparaître. Les pensées négatives et bloquantes, ne font que passer et ne s’accrochent pas dans le psychisme de l’athlète. De ce fait par effet indirect, le mauvais stress (celui qui bloque et inhibe) diminue d’intensité.

Sur la dynamique relationnelle dans le groupe :

Certainement l’un des effets indirect que je qualifierai de plus « puissant », et que je retrouve dans les classes où les enseignants proposent la méditation de pleine conscience ou pleine attention ; à savoir que nous observons moins de situation de tension, voire de conflit entre les membres du groupe. Ce n’est pas que les tensions n’existent pas, mais elles sont régulées de par une capacité accrue par ses membres à accepter l’autre tel qu’il est, à ne pas rendre responsable l’autre de ses propres erreurs, à être dans l’entraide, la coopération et le soutien plutôt que la compétition et la confrontation.

Cependant les athlètes qui s’inscrivent dans une logique de confrontation et de compétition excessives ne restent pas dans de tel groupe s’ils n’intègrent pas les principes fondamentaux et ne s’engagent pas dans cette pratique d’intériorité. Leur difficulté majeure se situant au niveau d’une intériorité qu’ils refusent de rencontrer et de développer.

Vers une extension aux autres licenciés du club. Fort de cette expérience du groupe demi-fond et des compétences au sein du collectif des entraîneurs. Cette pratique et d’autres tels que, le yoga, le pilate, la relaxation, la méthode Gasquet ou APOR seront proposées aux autres groupes et licenciés du club de manière formelle dans le cadre d’un atelier une fois par semaine, voici une présentation succincte des intervenants et des contenus proposés.

Alexandra BANTI : « sprinteuse (sur 100 et 200m), pratique l’athlétisme depuis dix ans. Pratique le yoga, la relaxation, le pilate,

Raymond BARBRY : Entraîneur demi-fond au RCA. Professeur d’EPS et Formateur-consultant-coach indépendant sur la régulation du stress, la préparation mentale, la gestion de conflit et de crise, la pleine attention ou méditation de pleine consience. Pratique de la relaxation depuis quarante ans et de la méditation depuis plus de dix ans.

Jean-Marc GALLET : Entraîneur de sauts et d’épreuves combinées, Pratique le yoga depuis 7 ans. Formation « Abdominaux autrement et mal de dos » à l’institut De Gasquet (Paris).

 

Raymond Barbry, le 12 juillet 2017