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Rencontres et formation entre enseignants et parents d’élèves, ça c’est de l’innovation !

Dans le cadre d’un conseil d’établissement réunissant parents et enseignants, une école primaire de Douai (St Jean) a initié deux temps de formation communs que l’AGEPS-Raymond Barbry a animé sur cette année scolaire 2019-2020. L’objet des deux temps portait sur l’attention-concentration et la régulation des émotions.

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Les deux thématiques ont été choisies au regard de formations préalables engagées antérieurement par l’équipe pédagogique qui a posé comme priorité du projet d’école le développement des capacités attentionnelles. Ce travail a été initié il y a plusieurs années de cela  (cinq ans). Au regard du contexte sociétal et des observations faites en classe (augmentation des TDAH, difficulté grandissante à réguler les émotions….), le conseil d’établissement a proposé pour cette année scolaire deux temps de rencontres en soirée entre parents et enseignants pour être conjointement informés et formés sur ces deux thématiques et renforcer la collaboration déjà existante afin d’améliorer la cohérence éducative entre les enseignants et les parents.

C’est ainsi que nous avons pu aborder les fondamentaux à la fois de l’éducation émotionnelle et du développement-entretien de l’attention/concentration. Nous savons que ce sont deux des principaux facteurs qui au delà des méthodes pédagogiques favorisent l’engagement dans les apprentissages scolaires et non scolaires.

Comme nous avons dépassé le stade de l’information et des échanges pour faire de ces deux temps de la formation, nous avons proposé des mises en situations concrètes qui ont permis aux participants (parents, enseignants, personnel éducatif, direction) de mesurer leur propre niveau attentionnel, de faire des exercices de développement et de renforcement de l’attention à la fois pour les adultes et les enfants de plus de six ans. Concernant l’éducation émotionnelle, nous avons caractérisé les émotions de base que chacun a pu identifier en les reliant à des événements personnels en pointant les effets tant psychiques que physiques de ces émotions agréables et désagréables. Nous avons à la suite repérer des situations éducatives qui participent à aider les enfants à apprendre à réguler leurs émotions pour se mettre en état de stabilité émotionnelle, état qui favorise la présence  et l’engagement.

Ces rencontres furent l’occasion de rappeler des fondamentaux qui participent au mieux être global des enfants comme des adultes :

  • des temps de sommeil suffisant (indispensable à la croissance, à la mémorisation et au mieux être psychique).
  • une alimentation saine et où sont réduits autant que faire se peut tous les produits transformés et fortement chargés en sucre et autre produits surajoutés (perturbateurs endocriniens etc…).
  • un temps d’activité physique quotidien.
  • un temps de jeu quotidien.
  • des temps de silence et de calme quotidiens (même bref) et des temps de rien et d’ennui (bref mais indispensable).
  • des temps partagés avec les autres sans perturbation extérieure (par exemple, les repas etc…).
  • des temps devant les écrans qui sont adaptés et régulés en fonction de l’âge des enfants.

Raymond Barbry, le 04 mars 2020.

Effets dans la durée d’une formation à la pleine attention dans un collège des hauts de France.

Depuis que je forme et accompagne des équipes pédagogiques (écoles, collèges, lycées) à développer les pratiques de pleine attention (pleine présence, méditation de pleine conscience), je peux mesurer les effets de ces pratiques à la fois sur le personnel enseignant et éducatif ainsi que sur les élèves. Quoi de mieux qu’un accompagnement dans la durée pour observer à l’interne de l’établissement les évolutions. C’est le témoignage du collège Hergé à Gondecourt (Hauts de France) que je vous présente ici.

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Rappel de l’historique

Sur l’année scolaire, 2017/2018, à l’initiative de l’infirmière du collège Sylvie Cabre associée à la CPE Sophie Higelin , j’ai réalisé une formation aux pratiques de pleine attention pour les enseignants et le personnel du collège. La participation à cette formation se faisait sur la base du volontariat sur des fins de journée ou de semaine (vendredi). C’est ainsi que sur l’année scolaire, neuf temps de rencontre de deux heures ont été réalisés pour une quinzaine de personnes. La formation avaient un double objectif, à la fois à destination des adultes pour leur communiquer des outils leur permettant d’apprendre à réguler leur niveau de stress professionnel et ensuite développer ces pratiques auprès des élèves soit dans le cadre des cours soit sous la forme d’ateliers sur des temps hors cours.

Sur l’année 2018/2019, deux temps de rencontre ont été réalisés pour faire le point avec les enseignants qui exploitent dans le cadre pédagogique des temps de pleine attention. Il en sera de même pour cette année 2019/2020 où nous avons prévu trois temps de rencontre.

1er point / un projet d’équipe inscrit dans la durée : pour un collège « ZEN ». Cette initiative se place dans le cadre d’un projet validé par la Direction, Madame Caroline Bertolloti (Principale sur les années 2017-2018-2019), Monsieur Laurent Francqueville (Principal à cette rentrée scolaire 2019-2020), Madame Fatiha Cherifi (Principale adjointe)  et piloté par Mesdames Sylvie Cabre (infirmière) et Sophie Higelin (CPE).

2ème point / Un engagement volontaire des participants et la liberté dans l’initiative des pratiques. La participation à la formation et les temps de rencontre d’accompagnement restent à caractère strictement volontaire. Il en est de même pour l’engagement dans des pratiques auprès des élèves, choix des classes, temporalité des temps de pratique de pleine attention. Nous avons laissé le choix de l’initiative aux enseignants qui sont les seuls juges et compétents pour identifier ce qui est le plus pertinent pour les classes dont ils ont la responsabilité.

3ème point / Des initiatives multiples. Au bout deux ans, nous faisons le constat que sans imposer une quelconque pratique ou méthode, les pratiques de pleine attention se sont institutionnalisées dans le collège sous des formes variées et adaptées aux caractéristiques des élèves (âge, motivation etc…) et aux compétences de l’enseignant. C’est ainsi que de manière régulière et formelle dans le cadre des cours en fonction des disciplines d’enseignement et dans des temps d’ateliers spécifiques, les pratiques suivantes sont identifiées :

  • Cohérence cardiaque.
  • Temps de silence court.
  • Temps de silence avec support musical.
  • Exercices de conscience respiratoire.
  • Exercices de conscience corporelle.
  • Relaxation dynamique.
  • Visualisation mentale.
  • Régulation émotionnelle.
  • Atelier de relaxation dans le cadre de l’association sportive sur temps de la pause méridienne.

De manière informelle, les enseignants font l’observation que naturellement lorsque le besoin se fait sentir, ils n’hésitent pas à placer des temps courts de pleine attention (de quelques secondes à une minute) afin de remettre les groupes classe en état de vigilance.

Il ressort des témoignages des enseignants, une confiance dans l’exploitation de ces pratiques qui initialement n’étaient pas dans leur domaine de compétence. Prendre l’initiative de proposer des temps courts de pleine attention dans le cadre de leur enseignement est devenu partie intégrante de leur pratique professionnelle.

4ème / Un pilotage à l’interne par l’infirmière scolaire. C’est certainement l’un des déterminants de la réussite de ce projet. La présence de Madame Cabre a facilité l’intégration des pratiques de pleine attention. Elle est une ressource pour les collègues enseignants et éducateurs. Sa disponibilité et ses compétences ont permis d’une part de rassurer les collègues et d’autre part de les accompagner dans l’exploitation et la proposition de situations à proposer aux élèves.

5ème / Un accompagnement dans la durée. Nous savons qu’en matière d’acquisition de nouvelles compétences professionnelles, le temps de formation seul reste insuffisant pour l’appropriation de nouvelles pratiques. Ces dernières demandent du temps. Ce temps est bien souvent long et indispensable à l’intégration. C’est cet aspect que nous avons intégré dés la mise en place du dispositif que nous avons conjointement élaboré, l’intervenant (Raymond Barbry-AGEPS) et les porteurs du projet à l’interne (la Principale, l’infirmière, la CPE). Le suivi sous forme de rencontres d’accompagnement avec l’intervenant extérieur a été pensé dés le début.  C’est donc un double accompagnement qui a été mis en place :

  • A l’interne via les pilotes du projet (infirmière et cpe)
  • A l’externe via deux à trois rencontres par an avec le formateur.

5ème / Des effets constatés sur les capacités attentionnelles en cours. Dans ce collège comme dans toutes les écoles, collèges, lycées qui s’engagent dans cette démarche de mettre en place régulièrement des temps de pleine attention (peu importe la méthode du reste : méditation de pleine conscience, sophrologie, gestion mentale, relaxation, cohérence cardiaque…), nous faisons les observations suivantes :

  • amélioration des capacités attentionnelles,
  • des cours qui se déroulent avec plus de calme (moins de bruit),
  • des élèves qui réclament ces temps de pleine attention,
  • les quelques élèves dans les classes qui n’adhèrent pas systématiquement aux temps de pleine attention proposés en début et fin de cours, ne perturbent pas le reste de la classe.

Ces observations ont été validées par la pilote du projet qui fait une évaluation régulière sous forme de questionnaires et d’entretiens avec les élèves et les enseignants engagés.

En conclusion, cette formation-accompagnement montre s’il en est qu’il se passe dans le cadre de l’Éducation Nationale des changements pour un mieux être des adultes et des jeunes. L’expérience du collège de Gondecourt vient en complément de celles que nous avons déjà présentées par ailleurs. En cette période terne et triste pour les acteurs éducatifs français suite au drame de Pantin. Il importe de faire remonter aux responsables politiques et institutionnelles en charge de l’École qu’il n’est pas besoin de faire de « Grandes Réformes » qui s’enchaînent au gré des changements de ministres et de politiques. Mais d’abord de faire confiance aux acteurs au cœur des établissements (enseignants, personnel éducatif, personnel de direction) et de leur donner les moyens d’agir !

Raymond Barbry, le 7 octobre 2019.

Une année 2019/2020, pleine de projets pour l’AGEPS-Raymond Barbry

A l’image des années précédentes, cette année 2019/2020 s’annonce pleine de projets de formation, d’accompagnement d’équipes et de collaboration avec les partenaires.

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En voici les grandes lignes avec les thématiques :

  • Formations et accompagnements d’équipe d’enseignants et du personnels éducatif aux pratiques de pleine attention à l’école, au collège et au lycée dans les régions des Hauts de France (Lille, Arras, Amiens, Aire sur la Lys, Hénin Beaumont), de l’Occitanie (Montpellier, Nîmes), de Rhône Alpes (l’Arbresle).
  • Formation sur réflexivité et métacognition en classe dans la région d’Occitanie (Montpellier).
  • Accompagnement d’une équipe pédagogique aux pratiques philosophiques et méditatives en classe primaire, dans la région d’Occitanie (Nîmes).
  • Formations et accompagnements d’équipe sur la question du bien être à l’école, au collège et aux lycées et dans les associations dans les régions des Hauts de France (Willems, Lille, Amiens, CREPS de Wattignies).
  • Conférences sur les effets des pratiques méditatives dans le contexte scolaire dans le cadre d’une formation nationale pour expertise en neurosciences des enseignants spécialisés (Arras).
  • Formations à la régulation du stress, des conflits et des crises pour les chefs d’établissements (Montpellier, Lyon), pour les enseignants spécialisés (Arras), pour les experts auprès des tribunaux (Lyon).
  • Formations à la bienveillance et à l’intelligence collective dans le management pour les chefs d’établissement (Montpellier, Lyon).
  • Formations à la lutte contre le décrochage scolaire dans les régions des Hauts de France (Lille, Amiens), Occitanie (Montpellier).
  • Formation au partenariat Enseignants/Parents dans la région de l’Occitanie (Montpellier)
  • Accompagnement de jeunes lycéens dans le cadre du programme persévérance scolaire (Arras). « Osons le prépa mentale au Lycée » !
  • Journées d’étude sur le climat scolaire à Arras et les nouveaux comportements d’élèves à Amiens.
  • Atelier de méditation hebdomadaire à Arras dans le cadre de mon activité d’entraîneur au RCArras d’athlétisme.
  • Membre de la cellule de crise d’un collège de l’Arrageois (Hauts de France).

Les partenaires et collaborateurs proches pour cette année 2019/2020

IFP Hauts de France (Lille-Arras-Amiens), IFP Occitanie (Montpellier), IFP Rhône Alpes (Oratoire Lyon), Perseval (Rectorat Lille –  Hauts de France), IRFO (Institut des rencontres de la forme-Lille), CREPS de Wattignies,  RCArras section athlétisme,

et les personnes suivantes : Maud Agasse (responsable de formation IFP), Mélanie Auribault (CPE en Lycée – Arras), Alexandra Brunbrouck (psychopédagogue et formatrice), Priscille Courtin (Responsable formation BPJEPS -CREPS de Wattignies), Bénédicte Dubois (responsable formation enseignement  spécialisé – IFP Lille), Sophie Linas-Rouden (responsable de formation IFP Lyon), Christelle Ringeval (CPE, sophrologue et formatrice), Betty Vanuxem (CE en collège), Alexis Barbry (Formateur IRFO), Jean François Bayard (Directeur Adjoint IFP-Lille), Yves Blouin (Président du RCA athlétisme), Thibault Deschamps (CTS athlétisme – Ligue des Hauts de France et IRFO), Bruno Grave (Directeur IFP Montpellier), Régis Guiot (Responsable technique du RCA athlètisme), Henri Lacroix-Durand (Expert cour d’Appel de Lyon).

Raymond Barbry le 17 septembre 2019

La méditation pour les enfants et les adultes « hyperactifs » !

Très souvent, pour ne pas dire à chaque intervention,  lors des formations sur la pleine attention dans les établissements scolaires, la question des enfants dits « hyperactifs » revient. Avec pour les enseignants et les éducateurs, la sensation de ne pas savoir comment  faire avec une problématique qui les dépasse et face à laquelle ils et elles se sentent dépourvus en ressources pédagogiques et didactiques ! Aussi la question est très vite posée : Peut on proposer des temps de méditation aux enfants dits « hyperactifs » ?

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Je reconnais que cette question m’a longtemps laissé perplexe et je ne pouvais apporter de réponses satisfaisantes, à mon goût, à des enseignants et des éducateurs désemparés. Le plus souvent, je répondais : « Tentez l’expérience, mais sur des temps très brefs, et peut être qu’avec le temps, il se peut que vous observiez une amélioration. Mais à ce jour nous n’avons pas de recherches très probantes à ce sujet » ou « le temps bref de méditation n’a pas de contre indication avérée pour les enfants et adultes hyperactifs » ou  » si le temps de méditation peut réduire la prise des traitements chimiques dont nous commençons à voir les effets négatifs depuis une quinzaine d’années qu’ils sont proposés, notamment augmentation des dépendances à l’âge adulte, ce n’est pas plus mal » ou  » Apportez une réponse systémique en partenariat avec la famille et agir sur les temps de calme, les temps d’activités physiques, les activités dans la nature (marche, jeux…), éviter le temps trop long devant les écrans de toute sorte, avoir une alimentation réduite en produits transformés  etc….

Cependant mon expérience auprès de jeunes et d’adultes hyperactifs et l’accompagnement d’équipes pédagogiques depuis plus de dix ans sur cette thématique de la méditation à l’école, m’ont montré que des effets positifs sont constatés dans la durée, et que l’hyperactivité peut être régulée par le sujet lui même, une fois qu’il est capable de pratiquer quotidiennement des temps méditatifs. Une condition indispensable pour les enfants avoir le soutien des parents.

Nous avons maintenant une réponse plus précise à cette question de la méditation pour les enfants (et les adultes) dits hyperactifs et des effets positifs de la pratique méditative sur la réduction de l’hyperactivité.

Je fais ici en grande partie référence aux travaux du Docteur Jacques Vigne (psychiatre français qui développe depuis plus de trente ans les pratiques méditatives, contemplatives comme des thérapeutiques en réponse aux maladies de l’âme). Il partage son temps entre la France et l’Inde. Il est de ceux qui font le lien entre les pratiques dites de tradition (les différents yogas et méditations associées) et les approches contemporaines (mindfulness, sophrologie, cohérence cardiaque….). Il a une démarche à la fois empreinte de l’expérience et de la démarche scientifique.

Une caractéristique physiologique observée chez les hyperactifs, une variabilité cardiaque défectueuse.

L’importance de la variabilité cardiaque.  » On sait qu’il y a de nos jours un sérieux problème avec les enfants hyperactifs. On a remarqué que si la variabilité cardiaque était basse, cette hyperactivité apparaissait ; si elle était haute, elle disparaissait « .

La variabilité cardiaque est la différence entre les battements du cœur à l’inspiration et à l’expiration. A l’expiration le cœur ralentit, à l’inspiration il s’accélère. C’est le système nerveux autonome qui régule cette variabilité (équilibre sympathique-parasympathique). Une variabilité haute correspond à un fonctionnement physiologique optimal. Que ce soient les nouveaux nés, les nourrissons, les enfants, les adolescents, les jeunes, les adultes, s’ils ont une variabilité cardiaque haute, ils auront des réactions autonomes vives et adaptées à la situation et leurs réponses émotionnelles suivront. Une variabilité basse correspond à une dysharmonie dans les réponses aux stimuli de l’environnement qui se traduit par, de l’instabilité émotionnelle, du déficit de l’attention. Il a été observé que les enfants et les adultes qui ont eu des attachements insécurisés à la petite enfance ont pour la plupart une variabilité cardiaque basse et ont statistiquement plus de troubles relationnels et psychopathologiques que la moyenne générale. La bonne nouvelle, est qu’il est possible de faire évoluer cette variabilité cardiaque par des exercices issus des pratiques méditatives et de restaurer une bonne stabilité émotionnelle.

Les recherches et expériences dés le début des années 2000 sur cette question de la régulation de la variabilité cardiaque des hyperactifs via une pratique de cohérence cardiaque.

En 2000, une enseignante d’école primaire du Mexique et un cardiologue ont constaté que les élèves identifiés par l’enseignante comme hyperactifs avaient une variabilité cardiaque basse associée à des troubles du rythme conséquent. Après un programme tri-quotidien (temps court de 5mn) sur une période suffisamment longue (plusieurs semaines), il a été constaté en classe une diminution nette des comportements dits hyperactifs et au plan cardiaque, les troubles du rythme ont disparu et la variabilité est devenue haute.

En 2003, Anthony Lloyd a publié une étude en double aveugle sur des enfants de 6-8 ans hyperactifs avec déficit de l’attention. L’éducation à la cohérence cardiaque améliorait considérablement leur comportement et leur capacité à apprendre et retenir. A l’époque au Royaume-Uni on comptait déjà plus de deux millions d’enfants hyperactifs avec trouble de l’attention.

Ces deux études peuvent être retrouvées sur le site http://www.hearthmath.com.

Explication scientifique des effets des pratiques méditatives chez les personnes sujettes au trouble de l’hyperactivité (p.195 in Pratique de la médiation laïque de Jacques Vigne – 2016).

Sans un frein vagal efficace, capable d’inhiber le système de défense des manifestations perturbantes (comportements de combat/fuite et l’agression), les comportements pro-sociaux resteront limités, et les possibilités d’apprentissage et de lien social seront réduites. La méditation a pour effet d’entraîner ce frein vagal. Une agitation mentale prolongée correspond à une excitation sympathique incontrôlable, le retour au calme méditatif d’un instant sur l’autre à l’effet d’un coup de frein vagal. La méditation avec sa stimulation parasympathique (système freinateur) et son augmentation de la variabilité permet d’assimiler ce qui nous arrive dans la vie, et d’excréter ces négativités qui sont en quelque sorte des déchets inévitables de nos expériences quotidiennes.

Un déficit éducatif, l’éducation aux perceptions physiologiques.

Ayant travaillé toute sa vie sur l’efficacité du frein vagal pour donner aux nourrissons et à l’enfant une bonne santé de base, le Professeur Porges insiste sur l’importance d’introduire dans l’éducation des techniques psycho-corporelles, sachant qu’elles ont la capacité de développer un tonus vagal satisfaisant. Bien que les sensations corporelles soient de la plus haute importance pour la survie du nourrisson, de l’enfant, les spécialistes du développement sont davantage intéressés par la capacité à percevoir les stimulis extérieurs….De même, notre éducation actuelle et nos stratégies ne visent pas vraiment à aider l’enfant et le jeune à sentir leurs états physiologiques intérieurs. On ne procure pas encore suffisamment aux jeunes enfants, aux enfants, aux adolescents et aux jeunes des instruments descriptifs et symboliques pour se représenter leurs états intérieurs, pas plus qu’on forme les enseignants, les éducateurs, les soignants à percevoir les indicateurs spécifiques physiologiques et de comportement, à propos des nuances dans les sensations corporelles des enfant, des adolescents et des jeunes.

Conclusion,

A la question – Peut-on proposer des pratiques méditatives aux enfants, adolescents, jeunes et adultes hyperactifs ? – la réponse est clairement oui. Nous savons que les pratiques méditatives participent à développer la régularité cardiaque dans le sens d’une variabilité adéquate en agissant sur le tonus vagal. Condition indispensable pour faire le calme en soi et réguler les émotions.

Raymond Barbry, le 21 août 2019.

 

 

Effets d’un atelier de pleine attention (méditation) en collège.

C’est à l’initiative de Mélanie Decool (infirmière) et Sylvie Ponavoy (professeur) au collège de Flandre à La Madeleine (Hauts de France) que j’ai animé pour tous les élèves des classes de cinquième  un atelier de pleine attention. Nous avons pu mesurer les effets de cet atelier sur les capacités attentionnelles  au travers d’un test pratique d’attention-concentration. C’est cette expérimentation que je vais vous décrire ainsi que les résultats observés entre la première et la dernière  séance.

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1. Intitulé de l’atelier.

 « Développer un cerveau de champion « 

2. Cadre des rencontres.

  • Toutes les classes du niveau 5ème (12 à 14 ans) ont bénéficié de sept rencontres entre les mois de mars et de juin 2019. Soit une centaine d’élèves.
  • Tous les élèves participaient à l’atelier
  • Le temps de l’atelier était de 30mn/classe.
  • Un ou des adultes (enseignants, éducateurs, infirmière…) ont participé à l’atelier avec les élèves.
  • Les temps d’atelier se déroulaient sur temps de cours.

3. Contenus des ateliers.

Les contenus s’appuient sur le programme (Raymond Barbry-AGEPS). Ils sont adaptés aux caractéristiques des collégiens de cette tranche d’âge. En voici les grands points,

  • Identifier ce qu’est un état d’attention-concentration.
  • Connaître le fonctionnement de base du cerveau attentif.
  • Apprendre à réguler sa respiration.
  • Apprendre à percevoir les sensations venant du corps (relâchement-contraction).
  • Apprendre à observer et réguler ses pensées (métacognition).
  • Apprendre à construire une image mentale.
  • Apprendre à ressentir et réguler les émotions.
  • Apprendre à faire silence.
  • Apprendre à fixer son attention dans le cadre d’une situation neutre.
  • Apprendre à réguler son niveau de stress.
  • Apprendre à visualiser une situation à venir (mise en projet).
  • Apprendre à se remémorer un événement passé.
  • Apprendre à se déplacer sans les repères visuels.
  • Apprendre à maintenir un équilibre sans les repères visuels.

4. Entraînements entre les temps d’atelier.

J’ai pour habitude dans ce type d’intervention de rapprocher les temps de rencontre (au maximum toutes les deux semaines), ceci pour une meilleure appropriation des outils. Dans le cadre de ce dispositif, cela n’a pas été possible. Aussi, la présence d’adultes avec les élèves s’est révélé déterminante. Elle a permis la réappropriation des situations proposées dans l’atelier dans le cadre de temps de classe. C’est ainsi que certains enseignants-es ont repris régulièrement sous forme de temps très courts des situations de pleine attention. Une routine s’est ainsi installé dans certaines classes.

5. Effets observés sur le temps d’attention-concentration sur une tâche neutre.

Nous avions convenu d’évaluer les effets de cet atelier sur tous les participants. Pour ce faire nous avons retenu le test classique de fixation d’un objet neutre qui permet de mesurer instantanément les progrès ou non des sujets. Ce test, qui est exigeant, s’appuie sur deux principes : la vitalité et l’entraînement spécifique. C’est ainsi que s’entraînent mentalement, la plupart des sportifs de haut niveau et toutes les personnes qui ont à intervenir dans des contextes à haut de niveau de vigilance.

Description du test :

– En position assise sur une chaise, pieds au sol.

– Fixer un objet neutre, balle, ballon etc…qui est positionné à peu près à hauteur d’homme (1.70).

– Le regard ne doit pas quitter l’objet pendant un temps déterminé.

– La durée du test est de 20mn.

– Les sujets ont l’autorisation de bouger les pieds et les bras, mais le haut du corps (la tête) se doit de rester immobile.

– Dés que le sujet quitte du regard l’objet neutre, le test est terminé et nous notons le temps de soutien du regard sur l’objet neutre.

Résultats observés lors de la première rencontre avant le début du programme.

Lors de la première rencontre et dés son début, nous avons fait réaliser le test décrit précédemment sur une période de 3mn. En voici les résultats :

  • 50% des élèves décrochaient avant la première minute. Pour certains d’entre eux, soit 10% de la totalité, le décrochage attentionnelle s’est fait avant l’atteinte de la quinzième secondes.
  • Moins de 20% des élèves ont réussi à maintenir l’attention pendant trois minutes.

Résultats observés lors de la dernière séance – le test des 20minutes.

La dernière séance a consisté à la fixation de l’attention sur un point fixe pendant 20mn, voici les résultats de ce test réalisé par 94 élèves

  • 56% maintiennent leur attention pendant  20mn
  • 3% maintiennent leur attention au delà de 15mn (<20mn)
  • 11% maintiennent leur attention au delà de 10mn (<15mn)
  • 11% maintiennent leur attention au delà de 5mn (<10mn)
  • 19% ne maintiennent pas leur attention au delà  5mn (<5mn)

Nous observons une différence entre les garçons et les filles. Ces dernières sont 60% à réussir le test dans sa durée totale pour 44% des garçons.

Un seul élève obtient un score de moins de 1mn (36 secondes de temps de soutien).

Discussion sur les résultats.

les progrès sont indéniables quant à la réalisation du test retenu. Ceci confirme toutes les recherches faites ces deux dernières décennies qui mettent en avant le bénéfice retiré des pratiques de pleine attention sur les capacités attentionnelles.

Un entraînement spécifique s’avère efficace et a tout son sens dans le contexte éducatif actuel. Notre époque dite « hyper-moderne » est  marqué par une chute drastique des capacités attentionnelles de l’être humain (temps de maintien de l’attention à 9 secondes). Or il n’est pas possible d’apprendre, de réfléchir, de mémoriser si l’attention est absente ou réduite à un temps trop bref (zapping attentionnel).

Des exercices de pleine attention peuvent être proposés dans le cadre de l’enseignement obligatoire. Ils ne prennent pas beaucoup de temps (de quelques secondes à quelques minutes).  C’est la systématisation qui est déterminante. Il s’agit d’instaurer un rituel.

Exploitation de la pleine attention en dehors du temps d’atelier.

Nous avons fait une enquête quant à l’exploitation que font les collégiens de cet outil de pleine attention en dehors du temps d’atelier , voici ce qu’il en ressort :

Près de 50% déclarent s’entraîner personnellement en reprenant plus ou moins régulièrement (de une fois par semaine à chaque jour) un ou des exercices proposés durant le temps d’atelier.

Certains jeunes déclarent exploiter cet outil dans d’autres contextes de leur vie et plus particulièrement celles et ceux qui ont une pratique sportive ou culturelle (musique, chant, théâtre) ou pour une meilleure qualité de vie (amélioration du sommeil).

Raymond Barbry – le 25 juin 2019

 

 

 

 

 

 

Méditation de pleine conscience à l’école, état de la recherche scientifique et de la recherche action

Dans le cadre d’une formation nationale pour des enseignants spécialisés à Arras, et à la demande de Bénédicte Dubois (responsable enseignement spécialisé à l’Ifp de Lille), l’AGEPS-Raymond Barbry a fait un état des lieux des recherches sur la méditation de pleine conscience et l’ensemble des pratiques méditatives à l’école et dans les autres  champs de la société (santé, social, sport, entreprise, armée, religieux….).

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Voici en résumé les grands points que j’ai abordés lors de cette journée.

1. Histoire, définition et sens.

Les pratiques méditatives ont plus de 2600 ans ! Elles traversent l’histoire de notre humanité, des différentes civilisations, des différentes religions, des différentes cultures. Pour plus de détails sur les aspects historiques , voir les travaux de Francesco Varela Fabrice Midal,  Frédéric Lenoir. L’historien Pierre Hadot a montré dans ses travaux de recherche, l’importance des « exercices spirituels » dans les différentes écoles philosophiques de l’Antiquité grecque et romaine. Frédéric Lenoir dans son ouvrage « Méditer à cœur ouvert » fait un résumé synthétique qui croise, les apports des écoles philosophiques de l’Antiquité, les apports des religions monothéistes, les apports de l’Asie via le yoga et le bouddhisme et les apports modernes de l’approche laïque et scientifique.

Depuis une cinquantaine d’années et plus particulièrement depuis ces dix derniers années, la méditation connaît un essor sans précédent dans le monde occidental, tout d’abord via l’apport du bouddhisme zen et de manière fulgurante par le développement de la mindfulness, forme laïque de méditation, focalisée sur le souffle, les perceptions sensorielles. Pratique qui permet de réduire de manière significative le stress et les états anxieux qui sont considérés comme les « maladies chroniques » de notre époque hyper-moderne.

La définition est simple, je m’inspire plus particulièrement sur les écrits et les paroles de Thich Nhat Hanh  (un des premiers à écrire en langue française sur ce sujet de la méditation de pleine conscience). La méditation dite de pleine conscience, aussi appelée pleine attention ou pleine présence consiste à apprendre à vivre pleinement chaque instant de la vie que ce soit en mangeant, en étudiant, en jouant, en faisant du sport, en travaillant, en écoutant de la musique, en parlant, etc…

In fine, le sens ultime des pratiques méditatives est de nous rendre pleinement humain en mettant en harmonie notre esprit, notre corps, notre cœur dans la présence à soi, à l’autre et au monde (Frédéric Lenoir). Nous voyons ainsi que méditer ne se résume pas à être assis en tailleur en position du lotus ! Mais qu’à chaque moment de la vie quotidienne, il nous est possible d’être dans cette posture intérieure de la pleine présence à ce qui est.

Les pratiques méditatives visent à nous rendre libres et non soumis à une idéologie quelconque. Elles nous invitent à explorer notre propre expérience en rendant notre esprit plus clair, à faire naître en nous une intelligence de la situation où nous nous trouvons, à nous faire découvrir que notre esprit colore le monde et qu’il est possible de travailler sur notre manière de voir les choses. Que nous ne sommes au fond jamais prisonniers de nos émotions, de nos affects et de notre histoire. Elles nous permettent de toucher la racine de notre être et la vie qui nous anime. Elles sont une invitation à nous ouvrir pleinement à ce que nous sommes (Fabrice Midal).

De fait si nous nous basons sur cette définition et le sens de la méditation, nous faisons le constat qu’il n’existe pas une seule et unique pratique de la méditation, mais que nous avons bien à faire actuellement à des pratiques méditatives, qui ont la même base de départ et la même intentionnalité.

2. Un phénomène scientifique, médiatique et pédagogique exponentiel.

Fin des années 90 et début des années 2000, dans la littérature scientifique il était dénombré par an une dizaine d’articles faisant état de recherches sur ce sujet. Les premières photos de moines (cf Mathieu Ricard) avec des capteurs sur le crâne remonte à cette époque. A compter des années 2008, la courbe s’infléchit et de plus en plus de recherches sont menées sur les effets des pratiques méditatives. Depuis 2015, nous sommes à plus de quatre cents articles scientifiques par an ! Pour ma part, depuis cinq ans, il n’y pas un mois où je ne suis pas sollicité par des étudiants de master (psycho, sciences de l’éducation, socio, staps, philo, écoles d’ingénieurs, écoles de commerce, école de journalisme…) ou des doctorants qui ont pour sujet de mémoire ou de thèse la place des pratiques méditatives en contexte éducatif ou sportif !

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Des noms et des repères scientifiques : Voici une liste de noms qui servent actuellement de référence. Elles et Ils ont participé à leur manière à être des promoteurs scientifiques du développement de la méditation. Ils ont participé à donner une justification scientifique de la méditation dite de pleine conscience, Jon Kabat-Zinn (Biologiste moléculaire EU), Francisco Varela +(Biologiste-Chili/Paris Orsay-France), Mathieu Ricard (moine et chercheur en génétique moléculaire-France), Zindel Segal (Psychologue cognitiviste-canada), Antoine Lutz et Jean Philippe Lachaux (Neurosciences – Inserm Lyon France), Richard Davidson (Neurosciences – EU), Christophe André (Psychiatre – France), Wolf Singer (Neurobiologiste-Allemagne), Paul Ekman (Psychologue EU),  Robert Levenson ( Psycho-physiologue-EU), Stephen Kosslyn – (Psychologue-EU), Michel Le Van Quyen (Neurosciences – Inserm Paris), Helen Mayberg (Psychiatre et neuro – EU), Père Thomas Keating (Philosophe des sciences – EU), Jack Kornfield (Psychologue – EU), Esther Sternberg (Neuroscientifique – Canada), John Teadsdale (Psychologue – UK), Alan Wallace (Philosophe des sciences – EU), Ilios Kotsou et Alexandre Heeren (Psychologues – Université de Louvain Belgique), Alfonso Caycedo (Psychiatre et fondateur de la sophrologie – Espagne), Antoine De Lagaranderie (Fondateur de la gestion mentale) et bien d’autres que je ne peux citer mais qui travaillent sur cette question.

L’influence du réseau Mind and Life est déterminante quant à l’état des recherches actuelles. Ce réseau a pris forme au milieu des années 80-90, sous l’instigation de Francisco Varela, le penseur et neuroscientifique chilien (Professeur des universités à Paris Orsay), l’avocat américain Adam Engle et le Dalaï-lama. Mind and Life à développer un type d’approche « universel » des bénéfices potentiels induits par les pratiques méditatives. Il y a, pour les fondateurs, un caractère d’urgence lorsque nous savons la prévalence de la dépression, de l’angoisse et des déséquilibres posttraumatiques, ainsi que les niveaux de stress et de violence particulièrement élevés qui caractérisent notre ère hyper-moderne.

Au plan sociétal et médiatique, il en est de même ! Au début des années 2010, quelques apparitions dans les médias « grand public ». Par exemple, en 2012 Europe 1 dans une matinale fait une référence aux pratiques méditatives à l’école (https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2012/10/26/la-meditation-a-lecole-on-en-parle-dans-les-medias/). Plus récemment, l’hebdomadaire  « Femmes actuelles » (jan 2017), « On attend quoi pour…méditer en classe ! » La revue les cahiers pédagogiques (n°547) met en ligne et en accès libre et gratuit un article co-écrit par Florent Pasquier (Paris-Sorbonne) et Raymond Barbry (formateur indépendant),  » Pratiques de pleine attention et effets de la méditation à l’école » : http://www.cahiers-pedagogiques.com/Pratiques-de-pleine-attention-et-effets-de-la-meditation

Aujourd’hui, il ne se passe pas une semaine sans que dans les médias, une émission, un reportage, un article ne fassent référence à la méditation. Il y a bien un phénomène de société qui est révélateur, d’un besoin, d’un engouement voire d’une mode.

Au delà et en appui des scientifiques, des acteurs du terrain et de la pratique que je qualifie comme des innovateurs et des scientifiques de l’action (recherche-action) ont participé au développement des pratiques. Elles et ils sont celles et ceux qui dans le quotidien font vivre ce qu’est la méditation. Ils viennent donner du sens aux pratiques méditatives dans le quotidien de nos vies. En voici quelques uns-unes qui, en France et dans les pays francophones, ont participé au développement des pratiques méditatives,  Fabrice Midal (Philosophe et fondateur de l’école française de méditation laïque), Frédéric Lenoir Philosophe-sociologue (fondation Seve, ancien Directeur du monde des religions), Thierry Janssen (Médecin, psychothérapeute), Thich Nhat Hanh (Moine boudhiste /les Pruniers – fondation Wake up),  André Comte Sponville (Philosophe), Abdenour Bidar (Philosophe – IGEN en charge de la question du vivre ensemble et de la spiritualité à l’EN), Alexandre Jollien (Philosophe), Jacques Vigne (Médecin psychiatre), Gérard Bloch (Médecin rhumatologue – Responable du DU, méditation à l’Université de Strasbourg), Et bien d’autres...Yvan Amar+, Annick de Souzenelle, Marc De Smedt, Patrice Van Eersel, Olivier Chambon, Anne Ducrocq, Christophe Fauré,  Jean Yves Leloup, etc….

Les innovateurs dans le domaine éducatif en France (début des années 2010). Elles et ils sont nombreux qui dans l’ombre, d’abord, puis de plus en plus à découvert, ont osé s’affranchir, proposer dans le contexte éducatif des temps de pratiques méditatives et former des enseignants (méditation de pleine conscience, sophrologie, yoga, gestion mentale…). Parmi celles et ceux qui ont publié leurs pratiques (livres, blogs), voici en France les précurseurs  :Eline Snel (Calme et attentive comme une grenouille- Pays Bas), Jeanne Siaud Fachin (Psychologue), Clarisse Gardet (Sophrologue et Psychologue) , David Dewulf (Belgique),  Susan Kaiser Greenland (EU), Marine Locatelli (Productrice et auteur), Brigitte Gamby-Cerf (Psychologue), David et Anne Rycroft (association mind with heart), Patrick Bobichon (Formateur et promoteur de la méthode Vittoz), Antonela Verdiani (Formatrice et chercheur indépendant – fondatrice du Printemps de l’Éducation et ex-responsable éducation à l’UNESCO), Max Deloor (ONG paix et bienveillance en paix) Florent Pasquier (Universitaire et formateur Espe), Antoine De La Garanderie + (fondateur de la gestion mentale), Raymond Barbry (Formateur indépendant)…et bien d’autres qui les ont rejoints par la suite (Emmanuel et Sophie Faure – intructeurs MBSR, Christelle Ringeval – CPE et sophrologue etc…), et tous les enseignants et éducateurs qui quotidiennement proposent des temps méditatives à leurs élèves. Autour de ces personnes se sont développés des associations ou des outils qui sont aisément accessibles (réseau Seve,  Mind with heart, Wake up,  enfance et attention, calme et attentive comme une grenouille, petit Bambou, Yupsi le dragon, Vittoz Lyon, Yoga pour les enfants, Yoga éducation-RYE etc…..)

Pour ma part (AGEPS-Raymond Barbry), depuis 2011, ce sont plus de 4000 personnes dans le domaine éducatif (enseignants, personnel éducatif, personnel de direction, syndicats, infirmières, associations de parents d’élèves) de sensibiliser, de former aux pratiques de pleine attention en France (enseignement public et privé sous contrat). Si nous extrapolons, nous pouvons faire l’hypothèse que depuis au moins dix ans en France, ce sont pas moins d’une centaine de milliers d’enseignants ou de personnels éducatifs qui ont été sensibilisés ou formés aux pratiques méditatives.  (voir les différents associations et organismes privées ou publiques qui proposent des formations, Séve, Snel, Mind with Heart, mais aussi les centres de formation d’enseignants les Espe, les Ifp, les Universités etc….)

3. Les domaine où se pratiquent et se développent les pratiques méditatives. Nous sommes face à un phénomène sociétal d’ampleur. Il n’y a pas un domaine où les pratiques méditatives ne sont pas proposées actuellement.

  • Tout d’abord, La santé. C’est de là que les pratiques méditatives se sont développées. Nous devons beaucoup en France à des médecins psychiatres comme Gérard Vigne et Christophe André d’avoir proposé le yoga et la méditation comme outils thérapeutiques contre le mal être et les maladies de l’âme. Au delà du domaine de la psychiatrie, ce sont tous les services hospitaliers qui s’intéressent aux pratiques méditatives. Je suis moi même intervenu récemment auprès d’un service du CHU de Lille pour témoigner des effets de ces pratiques pour le personnel comme pour les patients (octobre 2018).
  • Dans certains pays (et même en France), c’est dans le milieu carcéral que des psychologues ont proposé aux volontaires des ateliers de méditation ou autres pratiques méditatives (sophrologie, yoga, relaxation dynamique etc…). Pour ma part, en tant que professeur d’EPS intervenant en milieu carcéral à une époque de ma vie professionnelle, j’ai proposé et animé quotidiennement pour des volontaires des temps méditatifs (années 1993-1995).
  • Le monde de l’entreprise publique comme privée, s’est bien entendu intéressée à ces pratiques. Plus particulièrement pour réduire les effets du stress négatif sur les salariés et augmenter leur productivité.  Nous reviendrons sur ce point par la suite et plus particulièrement sur l’instrumentalisation  de ces pratiques, par trop dénaturées !
  • Le milieu du sport a de longue date exploité les outils de la pleine attention pour la régulation du stress et l’augmentation de l’état de vigilance. Par exemple, les cyclistes, Greg Lemond, Fabian Cancelara, Christopher Fromm, Cadel Evans (pour les plus connus), le judoka Teddy Riner, le basketteur Mickaël Jordan, le skieur Jean Claude Killy (un précurseur dans les années 1960 de la gestion mentale sans le savoir!), les tennismen Nadal, Federer, Djokovic, les Soeurs Williams, le biathlète Martin Fourcade, le trailer Kilian Jornet, les apnéistes (ces derniers ont pratiquement quotidiennement les mêmes temps de pratique que les moines), les guides haute montagne etc…..J’ai moi même personnellement mis à profit ma pratique méditative dans le cadre d’épreuves d’ultra-distance en cyclisme dans les années 2005-2009. Du reste de plus en plus d’entraîneurs intègrent des temps de pleine attention dans les temps d’entraînement. Sur ce plan, je suis intervenu auprès de jeunes footballeurs (section sport études) et de jeunes athlètes (horizon 2024 et 2028), et de cyclistes.
  • Le milieu des arts et du spectacle. Je ne prendrai qu’un seul exemple, celui du groupe de rock « The Beatles » qui dans les années 60-70 ont participé à faire connaître en Europe la méditation zen. Je suis pour ma part, intervenu auprès de chanteurs lyriques.
  • L’armée, les troupes  » commandos », la patrouille de France, le GIGN, outillent leur personnel aux pratiques de pleine attention d’une part pour stimuler la vigilance et d’autre part développer les capacités méta-cognitives.
  • Et même le milieu politique s’y attelle. Il y a dans le cadre de l’assemblée nationale un groupe de méditation qui s’est récemment mis en place .

4. Des effets validés qui participent à la reconnaissance des pratiques méditatives. Voici les grandes tendances qui se dégagent de plusieurs méta-analyse de ces vingt dernières années sur les effets de la méditation,

– Épaississement de la région centrale du cerveau.
– Modification durable du fonctionnement du cerveau.
– Augmentation de la matière grise dans la partie gauche de l’hippocampe.
– Amélioration du système hormonal, vasculaire et musculaire.
– Amélioration du sommeil.
– Augmentation de la force musculaire.
– Augmentation des défenses immunitaires.
– Modification des chromosomes par augmentation des télomères et donc réduction du vieillissement cellulaire.
– Diminution de la perception de la douleur
– Amélioration des capacités attentionnelles et mémorielles.

Ce sont ces recherches et plus particulièrement l’exploration du cerveau en action qui ont participé à donner ces « lettres de noblesse » aux pratiques méditatives qui étaient auparavant ignorées, décriées, voire considérées comme de la pratique sectaire.

Sur ces dix derniers années les travaux en épigénétique (voir E.Blackburn – Prix Nobel de médecine 2007) ont participé à mettre en valeur l’impact des pratiques méditatives sur nos chromosomes et notre vieillissement (télomères).

Une efficience reconnue à 80-85% dans les milieux de la santé psychique. Les effets des pratiques méditatives régulières ont des effets favorables pour au moins 80% des participants au bout de deux mois de pratique régulière et systématique (45mn quotidiennement). Ce qui est un résultat remarquable, voire très encourageant. Rares en effet sont les programmes de formation ou thérapeutiques qui obtiennent de tels scores d’amélioration. Pour les personnes qui n’observent pas d’amélioration de leur état, nous ne constatons pas d’effet négatif de la pratique méditative.

Quant aux effets à long terme, nombres d’études mettent en exergue que le cerveau peut se transformer par la pratique méditative (plasticité cérébrale). Voir à ce sujet les travaux de Dean Radin (centre de recherche noétique-EU), Mario Beauregard (Neurosciences – Université de l’Arizona), Antoine Lutz (Inserm Lyon) etc….

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5. Le piège de la dénaturation et de l’instrumentalisation des pratiques méditatives.

Comme tout nouveau engouement nous ne sommes pas sans observer des dérives et de l’instrumentalisation quant à l’exploitation de ces pratiques dans les différents domaines où elles sont proposées, en voici quelles unes :

– La perte du sens premier, à savoir la reconnaissance et l’ouverture à la dimension spirituelle de l’être humain. Il y a deux conceptions majeures de l’humain, soit nous ne sommes que de la matière et tout va s’expliquer par l’observation de cette dernière – l’esprit, la conscience, voire l’âme n’existent pas, puisque nous ne pouvons les observer – (courant matérialiste) ; soit nous sommes plus que de la matière et ce qui caractérise l’humain, voire le vivant, n’est pas visible matériellement mais est bien réel. De plus en plus de recherches osent s’aventurer de ce côté (courant spiritualiste), notamment certains physiciens quantiques, biologistes et neuroscientifiques. Voir de ce côté les travaux de Sylvie Dethiollaz et Claude Charles Fourrier (centre noétique de Genéve), l’INREES en France (Institut nationale de recherche sur les événements extraordinaires), Philippe Guilleman (Physicien CNRS), Jean François Houssais (Biologie moléculaire CNRS), François Gros (Secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences et professeur collège de France), Dean Radin et Mario Beauregard (déjà cités), Emmanuel Ransford (Chercheur physique et neurosciences), Olivier Chambon (médecin psychiatre), Jean Jacques Charbonnier (médecin anesthésiste-Toulouse), Ervin Laszlo (philosophe des sciences), Jean Staune (Philosophe des sciences), Eben Alexander (neurologue) et bien d’autres qui publient dans des revues à reconnaissance scientifique avec validation (Nature etc…).

Fondamentalement et quelles que soient les orientations culturelles, religieuses, dans toutes les époques depuis que nous avons des traces des pratiques méditatives, l’essence et le but portaient sur le développement de la dimension spirituel de l’être humain par un travail d’intériorité. Et les temps de méditation participent à ce développement de l’esprit et de la conscience de soi, des autres et de l’environnement et des interconnexions entres ces trois espaces.

Or dans une approche purement utilitariste nous constatons que cette dimension invisible de l’être humain est totalement absente de la pratique et du sens qui y est donné.

– Recherche de l’efficacité, de la performance, du rendement sans prise en compte de la dimension humaine.

Cette dérive nous la constatons dans le monde de l’entreprise publique comme privée, du sport, de l’armée, voire de l’éducation. Notre modèle économique, basé sur la rentabilité, la performance épuise les êtres humains. Il suffit de voir combien l’épuisement professionnel est en augmentation exponentiel. Voir sur ce sujet cet article : https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2019/05/04/la-derive-du-modele-gestionnaire-dans-le-monde-du-travail/

Aussi, dans ce contexte proposer des temps de médiation sans interroger les modalités d’organisation et de management est de mon point de vue une instrumentalisation et un dévoiement du sens fondamental de la méditation. Voir sur ce sujet l’excellent article de Patrick Légeron, un des spécialistes du stress au travail, « Burn-out : Il y a un gros problème avec le management à la française » https://www.challenges.fr/entreprise/vie-de-bureau/burn-out-alerte-rouge-sur-le-management-a-la-francaise_655248?fbclid=IwAR3-ATGBkjYPPcxB6QhqHvLhYF1fsTzrFb33-nfPUR_s2FgYq7z6uP7ysXc.

Dans le contexte éducatif proposer des temps de méditation dans le temps scolaire pour améliorer les capacités attentionnelles et rendre plus calmes les enfants et les jeunes, sans réinterroger les rythmes (emploi du temps), les activités proposées et les modalités relationnelles, ressort d’une même posture que le dirigeant qui propose de la méditation sans travailler les dimensions relationnelles dans l’entreprise.

6. Sur le sens des pratiques méditatives à l’école (écoles, collèges, lycées).

Un constat partagé partout et quels que soient les contextes (écoles, collèges, lycées), la perte des capacités attentionnelles de l’être humain en moins d’une décennie. Les données les plus récentes indiquent un temps de maintien de la concentration à neuf secondes maximum pour la génération des millenials, celles et ceux qui sont nés avec la connexion permanente et ont grandi avec un écran tactile sous les doigts. (voir à ce sujet les recherches réalisées par le big data – Google). D’où la métaphore du poisson rouge exploitée actuellement, pour faire comprendre l’état de la situation. Nous aurions une capacité attentionnelle tout juste supérieure à celle d’un poisson rouge ! Au delà de neuf secondes, le cerveau décroche. il lui faut alors un nouveau stimulus, un nouveau signal, une nouvelle alerte. Question comment faire pour capter les regards d’une génération « distraite de la distraction par la distraction » ? Voir à ce sujet le livre de Bruno Patino « La civilisation du poisson rouge » petit traité sur le marché de l’attention ».

Le premier niveau des pratiques méditatives, consiste à développer l’attention-concentration par l’apprentissage de la fixation à un objet, à sa respiration, à son corps, aux sons, aux goûts (différents sens), aux émotions et à l’observation des pensées qui nous arrivent. Il s’agit d’apprendre à être dans le présent tel qu’il est. Or nous savons que sans niveau attentionnel suffisant, il est impossible d’apprendre puisque nous ne pouvons capter les informations si notre mental est ailleurs  (nos pensées sont ailleurs, soit dans le passé, soit dans le futur). Voir le livre, de Serge Marquis, « on est foutu, on pense trop ». Voir aussi chez Antoine de Lagaranderie, l’ouvrage « l’attention ».

Le deuxième niveau des pratiques méditatives consiste à fixer son esprit et ses pensées intentionnellement. C’est ce que les pédagogues appellent la métacognition, la capacité à observer et réguler ses pensées et y ramener l’esprit à chaque fois que le décrochage mental se réalise. C’est ainsi que se développe ce que  Jean François Houssais appelle la conscience réflexive. C’est l’apprendre à penser, à réfléchir, à rêver, à imaginer etc….Or pour que cette conscience réflexive se développe et puisse entrer en action il nous faut un certain temps, bien au delà des neuf secondes !

Le troisième niveau des pratiques méditatives est celui de l’expansion de conscience, ce que Jean François Houssais dénomme, la conscience extra-lucide. L’état du présence du sujet est telle qu’il perçoit des choses qu’il ne peut percevoir en état de conscience dite normale . C’est aussi ce que nous appelons, l’état de flow ou de flux qui est un état de pleine vigilance et d’aisance dans la réalisation. Les sportifs, les chanteurs, les musiciens, les peintres, les marcheurs, les alpinistes, les plongeurs, vivent parfois spontanément dans la réalisation de leur action cet état, quand le mental s’est coupé. Il n’y plus de pensées parasites, tout devient claire, les réponses sont spontanées l’intelligence intuitive fonctionne à 200%. Ce sont les « insight » qui surviennent plus fréquemment. Mais cela peut aussi se traduire par ce que nous appelons une sotie du corps (25% de la population vit au moins une fois dans sa vie cet état), le sujet a la perception d’avoir une vision et une perception à 360°. Des sportifs décrivent assez régulièrement ce phénomène. C’est aussi ce que certains appellent l’état d’éveil dans les milieux religieux.  C’est dans cet état de conscience que  se produisent les pré-cognition, les visions à distance etc…(phénomènes qui sont maintenant étudiées par la science avec rigueur et sérieux).

Il est bien entendu que la recherche de ce niveau de conscience extra-lucide n’est pas du rôle de l’école ! Il n’a pas à être un objectif ni une nécessité dans le contexte des pratiques éducatives. Mas il est toutefois bon d’en avoir connaissance, en effet, un enfant comme un jeune peuvent, notamment, si les temps de méditation proposés se prolongent (plus de 20mn) entrer dans cet état de conscience extra-lucide. Il n’y  a rien de surnaturel, il n’y a aucune pathologie psychique. Mais encore faut-il pouvoir le savoir, l’expliquer et rassurer si besoin. C’est du reste une des raisons pour lesquelles je prône en contexte éducatif des temps assez courts de pleine attention (grand maximum de 7mn) dans le temps de classe. Voir à ce sujet l’article suivant, Une journée de pleine attention (méditation) à l’école. Comment et quand placer des temps de méditation et de calme dans un emploi du temps ? https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2018/10/18/une-journee-de-pleine-attention-meditation-a-lecole-ou-comment-et-quand-placer-des-temps-de-pleine-attention-et-de-calme-dans-un-emploi-du-temps/

7. Exemples et témoignages d’expérimentation des pratiques méditatives en contexte scolaire.

Vous trouverez ci jointe une liste de lien avec des articles, des vidéos qui exemplifient le sens éducatif de ces pratiques dans le cadre de la scolarité.

– Film réalisée par Olivia  Sinet de l’INREES « en Lotus à l’école ».  https://www.youtube.com/watch?v=g2Tm2iQPz_I&t=117s.

– Présentation et analyse d’une expérimentation dans le cadre de la lutte contre le décrochage scolaire dans un lycée des Hauts de France. https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2019/02/24/un-atelier-de-pleine-attention-meditation-pour-lutter-contre-le-decrochage-scolaire-en-lycee

– Présentation d’une expérimentation en ULIS par Elsa Karamucki (enseignante spécialisée) : https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2018/08/22/bien-etre-pour-apprendre-apprendre-le-bien-etre/

– Article des cahiers pédagogiques en ligne : Pratiques de pleine attention et effets de la médiation http://www.cahiers-pedagogiques.com/Pratiques-de-pleine-attention-et-effets-de-la-meditation

– Article de l’Inrees en 2012, méditez à l’école :   http://www.inrees.com/articles/Mediter-a-l-ecole/

– La vitalité, la clef de l’attention, vidéo de Serge Augier : https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2018/03/27/la-vitalite-la-clef-de-lattention/

–  Effets d’une formation à la pleine attention pour les enseignants et le personnel d’un collège : https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2018/03/13/effest-dune-formation-a-la-pleine-attention-meditation-pour-des-enseignants-et-le-personnel-dun-college/

Conclusion et perspective. Cette journée auprès d’enseignants spécialisés venant de toute la France sur cette thématique de la méditation à l’école n’est pas neutre. Elle marque de mon point de vue un tournant et confirme les évolutions au sein des institutions de l’EN (tant public que privé sous contrat). Le mot même de méditation n’est plus tabou. Il aura fallu moins de dix ans pour que les représentations changent et que les à priori négatifs s’estompent. En 2011 j’avais déclaré à une journaliste de l’INREES, il est encore trop tôt pour parler sans retenue de méditation à l’école, dans cinq ans (2016) nous pourrons et dans dix ans les pratiques méditatives seront reconnues, valorisées et de plus en plus d’enseignants de formés. Nous y sommes en huit ans !

Un grand merci à Bénédicte Dubois, Maud Agasse, Jean François Bayart de l’Ifp Lille de m’avoir soutenu dans le développement de la pleine attention à l’école. Il en est de même pour Bruno Grave de l’Ifp Montpellier et Sophie Llinas Rouden de l’Ifp de Lyon, le réseau CANOPE et plus particulièrement le centre d’Amiens qui a proposé en 2018 une journée d’étude et des ateliers.  Concernant les enseignants, les CPE, les infirmières, les chefs d’établissement des écoles, collèges, lycées publics et privés sous contrat..Merci à vous toutes et tous pour votre engagement, votre confiance. Une mention spéciale pour les établissements en REP ou engagés dans la lutte contre le décrochage scolaire, je suis admiratif de ce que vous entreprenez dans le quotidien et qui est si peu mis en valeur à mon goût.

Raymond Barbry, le 23 mai 2019.

 

 

 

 

Effondrement de nos capacités attentionnelles (8-9 secondes maxi)!

Voici le résumé du dernier ouvrage de Bruno Patino, « La civilisation du poisson rouge – petit traité sur l’économie de l’attention ». Où comment les industries du web nous rendent addict à leurs outils et les conséquences sur nos capacités attentionnelles.

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«  Le poisson rouge tourne dans son bocal. Il semble redécouvrir le monde à chaque tour. Les ingénieurs de Google ont réussi à calculer la durée maximale de son attention  : 8 secondes. Ces mêmes ingénieurs ont évalué la durée d’attention de la génération des millenials, celle qui a grandi avec les écrans connectés  : 9 secondes. Nous sommes devenus des poissons rouges, enfermés dans le bocal de nos écrans, soumis au manège de nos alertes et de nos messages instantanés.
Une étude du Journal of Social and Clinical Psychology évalue à 30 minutes le temps maximum d’exposition aux réseaux sociaux et aux écrans d’Internet au-delà duquel apparaît une menace pour la santé mentale. D’après cette étude, mon cas est désespéré, tant ma pratique quotidienne est celle d’une dépendance aux signaux qui encombrent l’écran de mon téléphone. Nous sommes tous sur le chemin de l’addiction  : enfants, jeunes, adultes.
Pour ceux qui ont cru à l’utopie numérique, dont je fais partie, le temps des regrets est arrivé. Ainsi de Tim Berners Lee, «  l’inventeur  » du web, qui essaie de désormais de créer un contre-Internet pour annihiler sa création première. L’utopie, pourtant, était belle, qui rassemblait, en une communion identique, adeptes de Teilhard de Chardin ou libertaires californiens sous acide.
La servitude numérique est le modèle qu’ont construit les nouveaux empires, sans l’avoir prévu, mais avec une détermination implacable.  Au cœur du réacteur, nul déterminisme technologique, mais un projet qui traduit la mutation d’un nouveau capitaliste  : l’économie de l’attention. Il s’agit d’augmenter la productivité du temps pour en extraire encore plus de valeur. Après avoir réduit l’espace, il s’agit d’étendre le temps tout en le comprimant, et de créer un instantané infini. L’accélération générale a remplacé l’habitude par l’attention, et la satisfaction par l’addiction.  Et les algorithmes sont aujourd’hui les machines-outils de cette économie…
Cette économie de l’attention détruit, peu à peu, nos repères. Notre rapport aux médias, à l’espace public, au savoir, à la vérité, à l’information, rien n’échappe à l’économie de l’attention qui préfère les réflexes à la réflexion et les passions à la raison. Les lumières philosophiques s’éteignent au profit des signaux numériques. Le marché de l’attention, c’est la société de la fatigue.
Les regrets, toutefois, ne servent à rien. Le temps du combat est arrivé, non pas pour rejeter la civilisation numérique, mais pour en transformer la nature économique et en faire un projet qui abandonne le cauchemar transhumaniste pour retrouver l’idéal humain…  ». Bruno Patino

Raymond Barbry le 30 avril 2019.

Les projets d’école sur la pleine attention (méditation) se multiplient, exemple d’une école de Tourcoing.

Ils sont de plus en plus les établissements scolaires du 1er degré à développer des projets d’école portant sur le développement de l’attention. Pour ma part, cela fait maintenant bientôt dix ans que j’accompagne des équipes pédagogiques à la mise en œuvre des pratiques de pleine attention (méditation de pleine conscience) comme support du développement de l’attention concentration. Mais ces pratiques n’ont de pertinence que si nous adaptons l’ensemble des pratiques pédagogiques au développement de l’attention et du bien être. En effet, il ne suffit pas de placer dans la semaine et même dans chaque journée un moment spécifique de pleine attention (méditation) pour obtenir les effets tant désirés et de voir les enfants devenir plus attentifs, plus présents, plus posés, plus bienveillants etc…

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Une approche systémique et globale s’impose pour permettre le développement de l’attention-concentration et du bien être à l’école. C’est cette dernière que je vous présente en appui sur l’exemple de l’école Saint Mathieu de Tourcoing que j’ai accompagnée durant une année à l’élaboration du projet d’école.

Les principes fondamentaux pour développer l’attention concentration et le mieux être à l’école :

  • Mettre des temps quotidiens d’activités physiques. Nous savons qu’un temps de 30mn quotidien est indispensable et nécessaire au bien être et à la santé. De plus l’activité physique induit de fait d’être attentif. Cette activité physique prend forme dans des activités telles que la motricité globale, la motricité fine et les temps consacrés spécifiquement à l’éducation physique et sportive. Les temps de récréation peuvent aussi y participer, si l’espace permet une évolution suffisante et une organisation de l’espace extérieur stimulante (jeux etc…).
  • Penser l’emploi du temps et l’organisation des journées au regard du seuil de vigilance  des enfants. Nous savons que cette vigilance est au plus bas entre 11h00 et 15h00.
  • Mettre des temps de sieste ou de calme (lecture silencieuse, dessin libre, mandala…) avec ou sans fond musicale en reprise de la pause méridienne.
  • Mettre un temps d’accueil le matin avant de commencer les activités pédagogiques.
  • Placer dans chaque journée des temps courts de pleine attention adaptés aux caractéristiques des enfants (âge-maturité). C’est ainsi que les activités de pleine attention ne concernent que les enfants à partir de cinq-six ans (GS/CP). Dans les classes maternelles c’est le yoga pour enfants qui sera privilégié.
  • Varier dans chaque journée les activités en intégrant tout ce qui ressort des arts (musique, chant, théâtre, dessins etc…).
  • Positionner l’éducation émotionnelle comme un axe prioritaire à tous les niveaux de classes.
  • Intégrer l’éducation à l’écoute via les temps de paroles, les ateliers philo.

Intégrer ces principes ne révolutionnent pas les pratiques pédagogiques et didactiques (méthode, traitement des contenus), mais induit de penser la temporalité de la journée de classe autrement par la mise en place d’un rythme  alternant des moments de calme, de tranquillité et des moments de haute intensité.

Sur cette année scolaire, ce sont plus d’une dizaine d’établissements du 1er degré que j’ai formés et accompagnés à cette démarche, principalement dans les Hauts de France et en Occitanie.

Raymond Barbry le 16 mars 2019.

Un atelier de pleine attention – méditation- pour lutter contre le décrochage scolaire en lycée

C’est à Arras au Lycée Guy Mollet qu’a été mis en place à l’initiative de Mélanie Auribault (CPE et référente « lutte contre le décrochage scolaire ») un atelier de pleine attention proposé aux élèves en risque de décrochage scolaire. Cet atelier que j’anime – AGEPS-Raymond Barbry est proposé à trois groupes différents à raison de sept rencontres par groupe.

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Cette innovation à destination d’un public scolaire en besoin d’accompagnement et de remise en confiance a été possible grâce à un partenariat entre le lycée Guy Mollet, Perseval (dispositif PERSERance scolaire de l’académie  de Lille) et l’aide de la Communauté Européenne.

Des élèves volontaires repérés par les enseignants, les infirmières, les cpe. Les élèves qui participent à cet atelier le font sur la base du volontariat avec l’accord des parents. Un entretien préalable  permet de déterminer leur degré d’engagement qui valide leur participation à cet atelier.

Une implication et participation des adultes au dispositif ,cpe , enseignant-e-s, documentalistes, infirmières, Proviseure Adjointe. A chaque rencontre la possibilité est offerte à ce que deux adultes puissent participer à un temps d’atelier afin de découvrir ce qu’est la pleine attention (méditation) et son effet sur la personne.

Cadre de l’atelier. Chaque rencontre est espacée de sept à dix jours. L’ensemble du processus a une durée de deux à trois mois pour un groupe. Les temps de rencontre sont positionnés sur des journées et horaires différents afin de ne pas perturber les enseignements.

Caractéristique des rencontres. Nous proposons le principe de l’atelier, à savoir : des mises en situation d’exercices de pleine attention adaptées aux jeunes dans le contexte scolaire. (Méthode proposée et expérimentée depuis dix ans– AGEPS-Raymond Barbry). Les mises en situation sont reliées au contexte scolaire.

Chaque rencontre a une durée de 2h00 répartie ainsi : 1h30 avec les jeunes et les adultes volontaires suivi de 30mn avec l’équipe d’adultes pour « débriefer » et préparer la rencontre suivante en prenant en compte les observations de la séance du jour et un entretien individuel avec un jeune pour adapter l’entraînement individuel à son besoin spécifique.

Le programme de formation à la pleine-attention que je propose aborde les points suivants :

Être attentif et concentré à sa respiration. Nous proposons une dizaine de situations dont la cohérence cardiaque.

Être attentif et concentré sur les sons, et la re-découverte du temps de silence.

Fixer son regard sur un point fixe (objet neutre) pendant un temps déterminé, puis  reconstruire l’image mentale de cet objet.

Être attentif et concentré aux perceptions du corps. Deux types de mise en situation : des situations en position statique sans mouvement, des situations dynamiques avec mouvement et des contractions-relâchements dirigés.

Être attentif en mouvement et déplacement. De la marche lente à la marche rapide en portant attention à sa respiration (outil BreathPlay qui est exploité dans le domaine du sport, du théâtre, du chant par la régulation de la respiration à l’intensité de l’effort et aux perceptions corporelles).

Être attentif aux émotions. Identification du lien entre perception corporelle et émotions par des exercices de visualisation mentale (position statique). Présentation et exploitation de l’outil TIPI pour apprendre à réguler les débordements émotionnels.

Être attentif au flot de ses pensées pour apprendre à les réguler. Développement de la métacognition. 

Verbalisation consciente sur le rythme de la respiration. Il s’agit de répétition de phrases en cohérence avec la respiration. Par exemple, j’inspire le calme..J’expire les tensions etc…..

Apprendre à faire confiance et à se faire confiance par des mises en situation collective.

Visualisation d’une situation de réussite passée et projection sur un projet à venir.

Faire le calme en soi et se mettre en projet à court terme. A exploiter avant un contrôle, un oral etc…

Maintenir une position immobile le regard fixé sur un objet neutre pendant 20mn (test final). Il est considéré que savoir tenir immobile le regard fixé sur un objet neutre pendant vingt minutes valide un très bon niveau d’attention pour des jeunes (> 16 ans) et des adultes.

Entraînement personnel entre les rencontres. L’efficience de la méthode est dépendante d’un entraînement régulier, voire quotidien entre chaque rencontre. Il s’agit de temps brefs de quelques minutes (1 à 5mn) à répéter à plusieurs moments de la journée et au moins trois jours par semaine. A l’issue de chaque rencontre une fiche « guide d’entraînement » est communiquée à chaque participant. Les séances sont enregistrées sur smartphone si les jeunes le souhaitent.

Des effets mesurés à l’issue du groupe 1. Nous avons pu identifier les effets suivants de cet atelier qui vise avant tout à permettre la reconstruction de la confiance en soi des jeunes lycéens en état de décrochage.

  • Sur 9 jeunes en état  de décrochage en début d’atelier, 8 sont en situation de scolarisation « normale » à l’issue du processus de formation à la pleine attention.
  • Toutes et tous pratiquent au moins trois fois par semaine des entraînements personnels à la pleine attention.
  • 8 sur 9 ont réussi le test final : Rester 20mn en état d’immobilité, le regard fixé sur un objet neutre. En début de formation (séance 1), les résultats obtenus allaient de 8 secondes à 1mn10 !
  • Au niveau scolaire les points suivants sont évoqués. La peur de venir au lycée s’estompe. La diminution du mauvais stress lors des contrôles est identifiée, ce qui en facilite sa régulation. Une amélioration nette de la mémorisation est pointée. Le décrochage attentionnel lors des temps de classe est régulé (conscientisation de son propre état attentionnel). Le travail personnel se réalise plus efficacement (travail à la maison).

  • Au niveau global les points suivants sont évoqués: Je me stresse moins. J’ai plus confiance en moi. Je me sens mieux. Je dors mieux. Cela m’a appris des leçons sur la vie et j’apprends à me canaliser.

Cette expérimentation, novatrice en ce qu’elle cible un public en contexte de décrochage scolaire, montre s’il en est que les pratiques de pleine attention (méditation) répondent à un vrai besoin pour les jeunes et que leurs effets dans le contexte de cette expérimentation sont bénéfiques. Il m’importe de noter que l’implication des adultes en charge de l’enseignement-éducation-formation-accompagnement des jeunes n’est pas neutre et sans effet quant à la réussite du projet. C’est ainsi que la présence systématique de la porteuse du projet à chaque rencontre, celles de la Proviseure Adjointe, des infirmières, d’enseignant-e-s à différentes rencontres et l’implication des documentalistes dans l’affichage et la publicité internes ont participé à donner de la valeur à cet atelier.

Raymond Barbry, le 24 février 2019

La préparation mentale de jeunes footballeurs (section sportive intégrée au collège).

C’est à l’initiative de David Devogel, responsable de la section football au collège Antoine de Saint-Exupéry à Hellemmes-Lille, que j’ai durant le premier trimestre de l’année scolaire 2018/2019 collaboré avec le staff technique (sept séances) pour intégrer des temps de pleine attention dans les temps d’entraînement.

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Le constat à l’initiative de cette expérimentation : Les jeunes footballeurs, comme le reste de la population  du reste, ont tendance à vite « décrocher » et se laisser perturber par des stimulis extérieurs à l’action en train de réaliser. Dans un match de football, les éléments de perturbation attentionnelle sont multiples et constants. Or la réussite dans un sport collectif comme le football au delà des qualités techniques, tactiques et physiques dépend de la capacité du joueur à rester pleinement dans le présent des actions à mener et à constamment s’adapter dans l’instant au contexte du jeu tel qu’il se produit.

Développer la pleine attention dans le temps d’entraînement. En accord avec David Devogel nous avons fait le choix d’intégrer des temps de pleine attention brefs dans les séances d’entraînement. Ces temps étaient placés aux différents moments de la séance et répondaient à un besoin identifié dans l’instant. A savoir qu’il s’agissait de donner les moyens aux jeunes footballeurs de se remettre dans le présent mais aussi d’apprendre à observer, réguler les pensées et les émotions associées à ces dernières sans porter de jugement négatif sur soi ou les autres.

Intégrer la visualisation mentale en début d’entraînement. Lors de séances d’entraînement à thème spécifique et à forte charge mentale avec pression temporelle dans le jeu, nous avons proposé en début de séance dans le vestiaire des temps de visualisation mentale guidés sur le thème de la séance.

Des temps de relaxation en fin de séance. Lorsque les conditions atmosphériques le permettaient, en fin de séance avant le retour aux vestiaires des temps de relaxation guidés ont été proposées. Ils visaient à apprendre à faire le calme en soi et à avoir un outil de récupération pour pouvoir être de nouveau disponible et présent aux situations scolaires qui suivaient les séances d’entraînement.

Intervention individuelle au cas par cas. Lors de situations de test à forte pression émotionnelle, nous sommes intervenus individuellement auprès de certains joueurs pour leur apprendre à réguler le mental durant les temps de récupération, à savoir  en fonction des besoins du joueur : accepter l’état de stress, réguler l’état de fatigue, faire le calme en soi, visualiser la situation à venir etc….

Effets observés sur les comportements en jeu. Il est difficile d’identifier en contexte réel les effets spécifiques de tel ou tel choix pédagogique ou didactique, ici en l’occurrence, les pratiques de pleine attention dans le temps de l’activité. Cependant, les attitudes et les comportements des joueurs entre le début et la fin du trimestre (septembre à décembre) montrent des acquisitions certaines quant à la capacité à rester présent tout le temps du jeu. Lors d’une situation de jeu libre de fin de période, nous avons fait le constat d’une fluidité dans la circulation du ballon, les déplacements, l’anticipation, le replacement en jeu dénotant un état de présence de l’ensemble des joueurs.

L’intention du « staff » technique est déterminante. Au delà des interventions spécifiques du préparateur mental durant  sept séances, c’est l’intention présente et répétée à chaque séance (trois fois par semaine) des éducateurs qui a développé et ancré la pleine attention chez les jeunes joueurs. Le staff technique (David Devogel, Lucien Bellanger, Victor Thélot,  Clément Dewinne, Régis Guillaume) s’est approprié ces outils et a pu les intégrer à chaque séance d’entraînement.

Effets observés dans le cadre de la scolarité. Un suivi personnalisé global (football, scolarité) des joueurs est mis en place par le staff technique, entretien individuel, cahier individuel de réflexivité etc… Il est à noter qu’à l’issue du premier trimestre tous les joueurs de la section sont en réussite scolaire.

Raymond Barbry le 2 janvier 2019.

Cet article a été aussi publié sur : http://sportenpleineconscience.over-blog.com/2019/01/la-preparation-mentale-de-jeunes-footballeurs-section-sportive-integree-au-college.html