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Et si on parlait d’accompagnement et de suivi pédagogique…Plutôt que de continuité !

En fonction des académies nous en sommes à trois ou quatre semaines de fermeture des établissements scolaires, confinement oblige. Ce n’est pas terminé. A ce jour nous n’avons aucune visibilité quant à la réouverture des établissements scolaires. Et toutes les hypothèses peuvent être posées (début mai ? mi mai ? début juin ? mi juin ? rentrée de septembre ?).

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Passer la surprise et l’engagement tout azimut, force est de reconnaître que nous nous engageons dans une épreuve d’endurance et que nous devons nous préparer à ce que cette phase se prolonge pendant plusieurs semaines, voire des mois.

Les vacances de Printemps viennent bien à propos pour se poser, analyser, réfléchir sur ce qui a été vécu, expérimenté depuis la mi mars en matière de continuité pédagogique et poser le cadre de ce qui semble le plus pertinent à mettre en œuvre dans la suite de cette phase de fermeture des établissements scolaires.

1/ Un engagement de l’ensemble du personnel éducatif.

C’est ce qui ressort de la plupart des enseignants, de tout le personnel éducatif, des directions d’établissement et des remontées tant des représentations syndicales, que des associations de parents, que des rectorats et des directions diocésaines.

Cet engagement a cependant manqué de cohérence du fait d’un déficit de cadrage de la continuité pédagogique au départ de la mise en confinement, mais aussi aux difficultés techniques inhérentes à des systèmes non adaptés et non préparés. Mais pouvait-il en être autrement ? C’est la première fois de notre histoire contemporaine que nous sommes confrontés à une telle situation qui impacte le monde en son entier.

Vous avez dit continuité ? Ce terme a induit l’idée de poursuite des enseignements. On continue la classe à la maison. On poursuit sur les programmes. Même si très rapidement, le ministère, les rectorats, le secrétariat de l’enseignement catholique pour le privé sous contrat on définit le cadre de cette continuité, à savoir :

  • Pas d’avancée sur les programmes.
  • Pas dévaluation à caractère sommatif. A savoir que toutes les évaluations durant la phase de fermeture des établissements ne peuvent être prises en compte dans le contrôle continu. Elles ne peuvent avoir qu’un caractère formatif.
  • Entretenir les acquisitions tant disciplinaire que méthodologique.
  • Maintenir du lien avec les élèves et éviter le décrochage scolaire.

Pas étonnant qu’ici et là dans certains établissements ce soit produit quelques dérives qui ne prennent pas en compte ce cadrage et les principes de base de l’enseignement et de la formation à distance, c’est ainsi que les dérives suivantes ont été observées :

  • Un volume d’heures de connexion en distanciel égal aux emplois du temps, via les classes virtuelles.
  • Une avancée sur les programmes.
  • Des évaluations sur les DM (devoir maison) prises en compte dans le contrôle continu ou annoncées ainsi aux élèves.
  • Une obligation de se connecter sous peine d’être considéré comme « absent ».

La « continuité pédagogique » est comme l’horizon, plus on avance, plus il s’éloigne. Faire croire que l’école à la maison, c’est comme l’école en classe est une aberration, ce n’est même pas l’école ou l’enseignement à distance.

2/ La classe à la maison, un oxymore (un mot chasse l’autre) !

Je reprends ici l’idée du psycho-pédagogue belge, Bruno Hombeeck.  On ne mélange pas école et maison !
 » Une classe c’est un groupe d’élèves mais c’est aussi un endroit et ce n’est pas chez soi ».
Les deux espaces, la maison et la classe, sont distincts et doivent le rester. »

LES PARENTS NE SONT PAS DES PROFS ! Mais dès lors que beaucoup d’élèves continuent de recevoir du travail à distance, les parents doivent-ils aider et accompagner leurs enfants scolairement ? « C’est compliqué » pour Bruno Humbeeck. Le co-enseignement doit être réservé à des acteurs qui n’ont pas de lien affectif fort avec l’enfant : « C’est la grande difficulté de l’école à la maison. Même les enseignants qui enseignent à leurs propres enfants s’énervent en faisant les devoirs alors que ce sont d’excellents enseignants dans leur classe. Il y a une angoisse d’imaginer que son enfant puisse ne pas savoir« .

OUBLIER LA PERFORMANCE. En cette période particulière l’école ne peut donc pas continuer comme si de rien n’était en comptant sur la disponibilité des parents. Elle doit pouvoir s’adapter et être à l’écoute des élèves. C’est vraiment important que les enseignants parlent du ressenti de cette période avec leurs élèves. C’est vraiment important que les enseignants se donnent ce mandat. Le fantasme de la continuité pédagogique tend à effacer la réalité : l’école, essentiellement, ce sont des élèves avec un prof. Et plus ils sont petits, plus l’importance de ce lien direct est primordiale.

Un sondage de la FCPE dans les Pyrénées orientales, a montré que 50% des parents d’écoliers peuvent suivre sans difficulté le travail de leur enfant, 40% des collégiens, 30% des lycéens, et que 12 % des élèves ont décroché dans ce département !

3/ Prise de conscience de la fracture sociale et de la fracture numérique.

« Selon les définitions et les études, il y aurait entre 5 et 18 millions de Français éloignés, voire exclus, du numérique en France. Ce qui crée à l’intérieur des familles et entre elles des facteurs multiples d’inégalités vis-à-vis du numérique ayant des conséquences éducatives majeures dans la période de confinement. Si on prend l’estimation ministérielle, à 6,5 %, de la population scolaire aujourd’hui « perdue », cela fait tout de même 806 000 élèves sur le bord de la route. »

« Sur le terrain : tous âges confondus, les plus lésés sont les élèves fragiles. Pas seulement ceux qui n’ont pas internet ou d’ordi, comme on le résume un peu trop facilement , mais ceux qui ont besoin de l’enseignant à leur côté. Elle est là, la faille, la béance : dans cette absence de relation qui seule permet de maintenir, au quotidien, les plus fragiles sur le chemin. On a beau, de chez nous, différencier, donner de l’aide, des indices, renvoyer à des capsules vidéo, renseigner et guider par message, par mail, par téléphone, au final l’élève est seul devant son travail et les élèves pour une bonne partie ne savent pas tous être seuls face à la tâche. »

5/ l’enseignement à distance ne s’improvise pas !

L’enseignement en distanciel n’est pas la duplication du présentiel, qui plus est dans un contexte de confinement qui impose une charge psychologique conséquente chez nombre d’enfants, d’adolescents et de jeunes. Nous sommes dans une phase particulière où n’existe que le distanciel. Or nous savons que le distanciel est d’autant plus efficient qu’il s’articule au présentiel.

L’enseignement à distance requiert de l’apprenant : de l’autonomie et de l’engagement. Et cette autonomie ne se décrète pas, ne s’improvise pas. Elle s’apprend. Demander à un élève de collège, seul toute la journée de se connecter à la classe virtuelle sans interaction directe avec ses pairs et ses enseignants n’est possible que pour une minorité d’entre eux.

Il nous faut mesurer la charge psychique et le degré de motivation (engagement) que demande cet enseignement à distance dans le contexte particulier du confinement.

6/ Acceptation de l’incertitude.

Nous ne pouvons ignorer que le contexte de pandémie participe à augmenter le caractère angoissant de la période. Sans compter que la non visibilité sur les mois à venir, date de reprise des classes, date de la fin du confinement, la clarification sur les conditions de validation de l’année scolaire génèrent une incertitude grandissante.

Comment se mettre en projet sur les semaines et mois à venir ? Vaste problématique que nombre d’adultes ont du mal appréhender eux mêmes. Accepter de vivre dans l’incertitude n’est pas dans les habitudes de notre culture et du fonctionnement de notre système éducatif conditionnés aux logiques programmatiques, procédurales et de contrôles où tous les éléments du système  s’enchaînent logiquement et rationnellement. Et là nous voilà brutalement dans l’incapacité de contrôler, le temps, les activités, les examens même. La logique implacable et immuable de l’année scolaire et des enchaînements logiques, emplois du temps, examens, dossiers explosent. Et nous voilà projetés dans l’improvisation, dans l’expectative, mais aussi en pleine innovation et créativité.

7/ Apprendre le lâcher prise.

Nous voilà jetés pour une bonne partie de la population dans le non contrôle des événements. Nous dépendons de décision qui nous dépassent. Et du reste même les responsables politiques, les responsables de la santé publique, les dirigeants d’entreprises publiques comme privées, les chercheurs, les scientifiques, les prospectivistes et autres experts sont dans l’incapacité aujourd’hui d’avoir une vision claire des mois à venir.

Dans ce contexte de non visibilité et de non contrôle, nous avons dans les métiers de l’éducation et de la formation à témoigner par notre posture de l’acceptation de cette réalité et de l’engagement dans nos missions. Les personnels de santé, de l’entretien, de l’alimentaire, de la terre, du transport nous montrent combien cette posture est aujourd’hui déterminante et nécessaire. Ils nous montrent combien ils ont de la valeur aujourd’hui et que notre société tient parce qu’ils tiennent !

Le lâcher prise, n’est pas le laisser faire, le laisser aller ou le non agir. C’est l’agir dans l’acceptation de l’incertitude. C’est permettre à l’intelligence collective d’agir en mutualisant les intelligences intuitives et rationnelles de chacun.

Pour conclure…

Et si on parlait plutôt de suivi et d’accompagnement que de continuité ?

Ce dont les enfants, les adolescents, les jeunes ont besoin encore plus aujourd’hui, ce sont d’adultes capables de les écouter, de les accompagner, de les soutenir, de les rassurer.  Les enseignants et l’ensemble des personnels de l’éducation ont à y répondre dans le cadre qui leur est imparti, à savoir :  maintenir les liens, réduire les décrochages, entretenir les acquis, agir contre la sédentarité galopante en cette période de confinement…

Faut-il rappeler que les enseignants n’ont pas besoin qu’on leur dise comment ils doivent faire. Ce dont ils ont besoin, c’est d’accompagnement, d’écoute, de partage sur leurs pratiques et leur engagement, de mise en liens entre eux. C’est sur ce point que les instances de tutelle doivent mettre leur énergie et leur priorité qui plus est en cette période.

Raymond Barbry le 14 avril 2020.

Une année 2019/2020, pleine de projets pour l’AGEPS-Raymond Barbry

A l’image des années précédentes, cette année 2019/2020 s’annonce pleine de projets de formation, d’accompagnement d’équipes et de collaboration avec les partenaires.

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En voici les grandes lignes avec les thématiques :

  • Formations et accompagnements d’équipe d’enseignants et du personnels éducatif aux pratiques de pleine attention à l’école, au collège et au lycée dans les régions des Hauts de France (Lille, Arras, Amiens, Aire sur la Lys, Hénin Beaumont), de l’Occitanie (Montpellier, Nîmes), de Rhône Alpes (l’Arbresle).
  • Formation sur réflexivité et métacognition en classe dans la région d’Occitanie (Montpellier).
  • Accompagnement d’une équipe pédagogique aux pratiques philosophiques et méditatives en classe primaire, dans la région d’Occitanie (Nîmes).
  • Formations et accompagnements d’équipe sur la question du bien être à l’école, au collège et aux lycées et dans les associations dans les régions des Hauts de France (Willems, Lille, Amiens, CREPS de Wattignies).
  • Conférences sur les effets des pratiques méditatives dans le contexte scolaire dans le cadre d’une formation nationale pour expertise en neurosciences des enseignants spécialisés (Arras).
  • Formations à la régulation du stress, des conflits et des crises pour les chefs d’établissements (Montpellier, Lyon), pour les enseignants spécialisés (Arras), pour les experts auprès des tribunaux (Lyon).
  • Formations à la bienveillance et à l’intelligence collective dans le management pour les chefs d’établissement (Montpellier, Lyon).
  • Formations à la lutte contre le décrochage scolaire dans les régions des Hauts de France (Lille, Amiens), Occitanie (Montpellier).
  • Formation au partenariat Enseignants/Parents dans la région de l’Occitanie (Montpellier)
  • Accompagnement de jeunes lycéens dans le cadre du programme persévérance scolaire (Arras). « Osons le prépa mentale au Lycée » !
  • Journées d’étude sur le climat scolaire à Arras et les nouveaux comportements d’élèves à Amiens.
  • Atelier de méditation hebdomadaire à Arras dans le cadre de mon activité d’entraîneur au RCArras d’athlétisme.
  • Membre de la cellule de crise d’un collège de l’Arrageois (Hauts de France).

Les partenaires et collaborateurs proches pour cette année 2019/2020

IFP Hauts de France (Lille-Arras-Amiens), IFP Occitanie (Montpellier), IFP Rhône Alpes (Oratoire Lyon), Perseval (Rectorat Lille –  Hauts de France), IRFO (Institut des rencontres de la forme-Lille), CREPS de Wattignies,  RCArras section athlétisme,

et les personnes suivantes : Maud Agasse (responsable de formation IFP), Mélanie Auribault (CPE en Lycée – Arras), Alexandra Brunbrouck (psychopédagogue et formatrice), Priscille Courtin (Responsable formation BPJEPS -CREPS de Wattignies), Bénédicte Dubois (responsable formation enseignement  spécialisé – IFP Lille), Sophie Linas-Rouden (responsable de formation IFP Lyon), Christelle Ringeval (CPE, sophrologue et formatrice), Betty Vanuxem (CE en collège), Alexis Barbry (Formateur IRFO), Jean François Bayard (Directeur Adjoint IFP-Lille), Yves Blouin (Président du RCA athlétisme), Thibault Deschamps (CTS athlétisme – Ligue des Hauts de France et IRFO), Bruno Grave (Directeur IFP Montpellier), Régis Guiot (Responsable technique du RCA athlètisme), Henri Lacroix-Durand (Expert cour d’Appel de Lyon).

Raymond Barbry le 17 septembre 2019

Formation d’un groupe « ressources » académique de lutte contre le harcèlement scolaire

C’est à la demande de plusieurs acteurs institutionnels de l’EC des Hauts de France que l’AGEPS-Raymond Barbry , associée  à Alexandra Brunbrouck (en-quête formation)  et Alain Pirard (psychopédagogue de Mons – Belgique), intervient sur cette année scolaire à la formation d’un groupe de personnes ressources dans les établissements scolaires du premier et du second degré.

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Au niveau académique ce sont les responsables de la DD de Lille  qui ont impulsé cette démarche en y associant l’IFP des Hauts de France (Institut de formation pédagogique) et le CNFETP  (centre national de formation de l’enseignement technique et professionnel).

Ils sont une cinquantaine de personnes venant d’établissements des départements du Pas-De-Calais et du Nord à s’être engagées dans un parcours de formation de trois jours sur cette année scolaire.

Trois jours pour :

  • Identifier les caractéristiques du harcèlement scolaire.
  • Apporter des réponses adaptées au contexte et à la spécificité de la situation rencontrée (analyse de situation, réponses, outils, accompagnement…).
  • Collaborer avec les partenaires (services du rectorat et des directions diocésaines, service d’aide psychologique, médecine scolaire, parents, justice…).
  • Identifier les pratiques pédagogiques et organisationnelles qui favorisent le développement du vivre ensemble par l’éducation à la conscience de soi et la conscience de l’autre. C’est une approche qui se veut préventive.

Raymond Barbry, le 30 novembre 2018.

Favoriser l’intégration scolaire et agir contre le décrochage scolaire

C’est à l’initiative du bassin Artois-Ternois (Hauts de France) et avec l’aide du réseau Perseval et de financement européen que l’AGEPS-Raymond Barbry a formé pour la deuxième année consécutive une vingtaine de personnes volontaires et missionnées pour agir contre le décrochage scolaire (enseignant, conseiller principal d’éducation, infirmière).

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La première année était centrée sur la dimension ÉCOUTE. Nous avons du reste réalisé un article qui résumait cette première intervention, https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2017/04/11/effets-dune-formation-a-lecoute-active-pour-les-referents-decrochage-scolaire/

Cette deuxième année avait comme fil conducteur la dimension ACCOMPAGNEMENT-COACHING. Voici en quelques points les effets observés de cette action de formation.

1. Ce qui a été renforcé et développé au cours de cette deuxième année :

  • La capacité à prendre du recul et à identifier ce qui est de mon ressort et ce qui dépend plus du jeune et du système. C’est déculpabilisant et de ce fait nous sommes plus efficients. Notre posture apprend au jeune à se responsabiliser.
  • L’acceptation de ne pas attendre de résultat immédiat et de laisser faire le temps pour observer des résultats concrets en matière d’engagement du jeune accompagné.
  • Le non surinvestissement qui permet d’avoir une présence « juste » auprès du jeune accompagné.
  • Une posture de présence à soi et aux autres qui aide dans nos différents domaines d’intervention professionnelle.

2. Ce qui a été mis en œuvre dans les pratiques professionnelles :

  • Des temps de rencontres structurées et organisés dans le temps.
  • La mise en place d’un espace de rencontre favorisant l’écoute.
  • La reconnaissance au plan institutionnel (dans l’établissement) de cet accompagnement.
  • Une augmentation conséquente de jeunes accompagnés et du nombre d’entretiens par jeune (le nombre dépend bien entendu du contexte de l’établissement et des caractéristiques des jeunes).

3. Mais encore…

  • Une formation qui « re-booste » et nous donne les moyens d’accompagner les jeunes en rupture.
  • Une formation qui apportent des outils professionnels et au delà. Ces outils nous permettent de prendre de la distance avec nos pratiques (approche réflexive).
  • La conviction que nous sommes des « maillons », que notre engagement a un sens mais que avons à nous protéger de la culpabilité.
  • Les jeunes accompagnés se rendent compte que le temps qui leur est accordé est une preuve de respect et d’intérêt pour leur personne.
  • La prise de conscience que nous sommes régulièrement en situation paradoxale. Cette formation nous a donné les moyens d’agir dans ce contexte en nous protégeant.

En conclusion,

Il faut bien deux années pour incarner cette posture d’accompagnement.  Cependant, ce dispositif ne pourrait à lui seul suffire à réduire le décrochage scolaire, et je reste toujours impressionné par l’investissement de ces personnes « référents décrochage » qui quotidiennement réalisent dans l’ombre des miracles et permettent à des jeunes de ne pas sombrer. L’efficience de ce dispositif dans les établissements reste très dépendante de la priorisation qui en est faite dans chaque établissement et de la reconnaissance de la mission des « référents décrochage ».  Face à la morosité ambiante, elles et ils sont des « Tisserands » qui œuvrent à réparer chez le jeune, le lien à soi et à son moi profond, le lien de fraternité et de coopération avec les autres.

Raymond Barbry le 16 mai 2018

Les actions de formation et d’accompagnement pour l’année 2017/2018

Mise en perspective des thèmes et des actions de formation que je vais mener dés la rentrée de septembre 2017 sur tout le territoire français

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Sur le thème de l’attention-concentration.

  • Formation continue des enseignants du 1er degré de l’enseignement privé sous contrat des Hauts de France et de la région de Montpellier.
  • Formation en interne d’équipes pédagogiques de trois écoles privées sous contrat du secteur nîmois.
  • Formation en interne d’équipes pédagogiques de sept écoles primaires privés sous contrat des hauts de France.
  • Formation en interne d’un ensemble scolaire privé sous contrat de la région lyonnaise.
  • Formation en interne d’équipes pédagogiques de trois collèges publics des Hauts de France.

Sur le thème de la régulation du stress.

  • Enseignants spécialisés en formation initiale de la région des Hauts de France.
  • Intervention auprès de Lycéens d’un lycée professionnel public du centre.

Sur le thème du bien être en contexte professionnel.

  • Secteur de Narbonne et Perpignan (journée pour les établissements du 1er degré de l’enseignement privé sous contrat).
  • Accompagnement d’un groupe de pilotage d’un ensemble scolaire d’Alsace.

Sur le thème du management bienveillant (approche humaniste du management)

  • Formation continue de chefs d’établissements du 1er et du 2nd degré de la région lyonnaise.

Sur le thème de l’intelligence collective.

  • Formation initiale des chefs d’établissement du 1er degré de la région de Montpellier.

Sur le thème de la régulation de conflit et de crise.

  • Chefs d’établissement en formation initiale du 1er degré de la région lyonnaise et de la région de Montpellier.

Sur le thème du décrochage scolaire

  • Formation à l’écoute active et à la posture d’accompagnement pour les référents « décrochages » du bassin Arras/Saint-Pol-Sur-Ternoise de l’enseignement public (réseau Perseval)

Sur le thème du harcèlement scolaire.

  • Formation continue des enseignants du 1er et du 2nd degré du secteur de Montpellier (enseignement privé sous contrat).
  • Formation continue des enseignants du 1er et du second degré des Hauts de France (enseignement privé sous contrat).

Sur le thème de la pleine attention ou méditation de pleine conscience.

  • Atelier hebdomadaire ouvert pour les licenciés d’un club sportif Arrageois (RCA)

Sur le thème de la préparation mentale.

  • Intervention auprès d’élèves d’un sport étude de la région des Hauts de France.
  • Intervention auprès des athlètes d’un club d’athlétisme des Hauts de France.

Raymond Barbry le 13 juillet 2017.

Effets d’une formation à l’écoute active pour les référents « décrochage scolaire ».

Lors d’un article précédent nous avions présenté cette formation à destination d’enseignants, de conseillers principaux d’éducation du bassin Arras- Saint Pol : https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2017/01/21/formation-a-lecoute-active-des-referents-decrochage-scolaire-du-secteur-arras-saint-pol/

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Ce dispositif de formation mené par Raymond Barbry-AGEPS sous la responsabilité du réseau Perseval Persévérance scolaire de l’Académie de Lille avec l’aide de fonds européens  s’est étalé sur près de trois mois. Nous avons fait le bilan en fin de formation afin d’identifier ce qu’une telle formation à caractère innovant dans le cadre de l’Éducation Nationale avait eu comme effets chez les participants et dans l’engagement contre le décrochage scolaire. Voici un résumé de ce bilan…

Ce qui a été appris, découvert.

  • La prise de recul professionnelle dans le suivi et l’accompagnement des jeunes « décrocheurs ».
  • Les principes  de base de l’écoute active et les mises en pratique de ces principes lors de situation de simulation. Nous avons fait de l’écoute active à chacune de nos rencontres et lors de nos échanges en grand groupe.
  • Un lien constant entre théorie et pratique et les échanges autour de situations amenées par l’intervenant et par les participants.
  • Comment mettre en confiance l’autre par une posture adaptée (non jugeante).
  • La notion de bienveillance indispensable à la construction du lien avec les jeunes en rupture.
  • La patience et l’acceptation ! nécessaire et indispensable dans le suivi et l’accompagnement des jeunes en rupture avec le système éducatif.
  • Nous avons appris la présence et la vigilance sans tension.
  • La disponibilité à l’autre lors du temps d’entretien. Nous avons appris à  couper le « mental ». A ne plus penser à la place de l’autre.
  • L’acceptation des émotions les nôtres, celles de l’autre..sans jugement. Une émotion ça circule !
  •  Prendre du temps et reconnaître les différentes temporalités, la nôtre, celle du jeune et celle de l’Institution qui ne sont pas sur les mêmes rythmes et contraintes.
  • Un entretien d’écoute active se cadre, ce n’est pas le laisser faire..c’est laisser être et laisser venir, les mots, les gestes, la parole.
  • L’acceptation de l’échec et des limites de notre action. Il n’est pas possible de prendre des décisions à la place de l’autre. Nous pouvons accompagner, nous pouvons guider, mais nous ne pouvons pas décider pour l’autre.
  • La régulation de notre niveau de stress et plus particulièrement comment apprendre à faire le calme en soi pour être présent à l’autre.
  • Pour certains (plus particulièrement les CPE) nous avons mis des mots et conscientisé des pratiques que nous avions déjà.

Ce qui a été mis en œuvre dans les pratiques professionnelles.

  • La prise de recul nécessaire que nous n’avions pas avant cette formation.
  • Être plus à l’écoute et disponible lors du temps d’entretien.
  • Laisser l’autre s’exprimer.
  • Laisser faire le temps.
  • Cette formation a permis d’aborder différemment les situations de conflit par une meilleure régulation et une approche plus positive des situations.
  • Mise en place d’un lieu spécifique calme (sans téléphone, sans ordinateur) pour les entretiens de ce type.
  • Le soin à apporter au cadre, à l’environnement et la disposition spatiale.
  • L’acquisition d’une posture qui dépasse le cadre des entretiens d’écoute active et qui facilite les relations humaines dans nos établissements.
  • Proposer et non imposer un entretien.
  • Laisser le temps de la réflexion chez l’autre en ne répondant pas spontanément à une attente.
  • La reformulation est devenue naturelle et non l’interprétation.
  • L’exploitation dans différents types d’entretien de temps de silence, de temps de rien.
  • Ménager un temps de calme personnel avant de mener un entretien afin d’être présent à ce temps de l’entretien et à l’autre.

Mais aussi…

  • L’intérêt d’une formation à caractère interdisciplinaire regroupant des CPE, des enseignants de matières différentes et intervenant dans des établissements différents  (collège, lycées G et T, Lycée Professionnel).
  • Avoir une formation qui sort des cadres habituels de l’EN.
  • Une formation qui au delà des contenus et des apports a été un temps de « respiration », dans un quotidien professionnel très sollicitant.
  • Une formation centrée sur le professionnel mais qui est aussi très riche au plan personnel.
  • La contrainte paradoxale du système qui attend des résultats sur lesquels nous n’avons aucune prise !
  • Humanité, bienveillance, échange..les trois mots clefs qui résument ce que nous avons vécu.
  • Des effets positifs constatés dans les rencontres avec les élèves, tant les décrocheurs que les autres.
  • La dynamique collective durant les journées de formation. Des temps d’échanges et de partages avec les participants dans l’écoute..Nous avons appliqué dans le temps de formation les principes de l’écoute active naturellement, comme un allant de soi.
  • Les pistes, les pratiques échangées lors des temps d’écoute collective cadrés.
  • Plus nous serons dans les établissements à être dans cette posture de l’écoute et mieux seront les relations entre les personnes dans les établissements.

Au plan quantitatif nous avons estimé qu’en moyenne sur les trois mois les participants avaient mené une petite dizaine d’entretiens formels du type écoute active auprès d’élèves « décrocheurs ». Mais au delà de cet aspect pour un public spécifique, c’est l’intégration d’une posture qui favorise les échanges, la communication avec toutes les personnes d’un établissement scolaire, certainement un des effets les plus conséquents de cette formation.

Des questions à aborder et des suites à donner. Il ressort des échanges avec les participants et de l’analyse de leur engagement, la nécessité de développer pour ce public d’enseignants et de conseillers principaux d’éducation missionnés sur la lutte contre le décrochage, des temps d’échange des pratiques sur la base de l’écoute-active où la parole est libérée des contraintes institutionnelles. C’est un des principes de tous les dispositifs d’accompagnement :  Qui accompagne doit être aussi accompagné. D’autant plus lorsque les dispositifs sont institutionnalisés et formalisés. Il en va de la compétence et de l’efficience, de la pérennité de l’engagement et de la santé des personnes en charge de l’accompagnement. Mais aussi un développement des compétences sur d’autres types d’entretien exploités pour accompagner le jeune dans l’élaboration d’un projet scolaire et d’orientation intégrant son projet de vie, l’un ne va pas sans l’autre. C’est bien l’articulation de cette dynamique qui va recréer une dynamique d’évolution chez le jeune. C’est bien la question de l’éducation au sens qui est ici posée.

Quelle efficacité du dispositif sur le décrochage ? Il n’est pas possible d’isoler cette seule variable écoute active. La lutte contre le décrochage scolaire est au cœur de la complexité éducative et interroge tout le système d’éducation et de formation. C’est par une action conjuguée de plusieurs dispositifs que le décrochage diminuera. Les entretiens de type écoute-active vont y participer à leur juste mesure. Ils participent à re-créer du lien entre un adulte et un jeune, à re-construire une confiance en soi longtemps absente, voire inexistante. Et déjà en soi, cela est d’une importance capitale dans le parcours du jeune.

Raymond Barbry – le 11 avril 2017.

Formation à l’écoute active des référents-décrochage scolaire du secteur Arras / Saint Pol

Le réseau « Perseval-persévérance scolaire » de l’académie de Lille en charge du dossier « décrocheurs » a retenu l’AGEPS-Raymond Barbry pour monter et mener une action de formation à l’écoute active à destination des « référents-décrochages » qui sont des enseignants et des Conseillers pédagogiques d’éducation dont la mission est d’accompagner les jeunes de collèges et de lycées en situation de décrochage scolaire et de le prévenir par un accompagnement des élèves à risque. Cette action de formation a été rendue possible grâce à l’apport de fonds européens.

Ce sont deux groupes d’une vingtaine de personnes chacun venant des établissements du secteur arrageois (Arras, saint Pol, Avesnes, Bapaume …..). Cette action de formation qui vient de débuter ce mois de janvier va se poursuivre jusqu’en fin mars.

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Pourquoi une formation à l’écoute active ?

Dans le rapport de l’Inspection Générale (Anne Arman) sur le décrochage scolaire il est mis en avant le besoin d’une « véritable » écoute. Dans le cadre d’entretiens d’écoute active menés auprès de jeunes scolarisés au lycée de la deuxième chance, ces derniers ont remonté que « c’est la première fois qu’on nous écoute ».

Les professionnels de l’accompagnement exploitent cette forme d’entretien mis en exergue par C.Rogers depuis plus de cinquante ans. Dans de nombreux milieux professionnels proposer ce type d’entretien est un incontournable pour aider et permettre à l’autre (le patient, l’accompagné etc.. ) de se comprendre, de comprendre la situation, de dédramatiser, de mettre du sens, d’identifier ses ressources, de se remettre en dynamique, d’accepter la réalité de la situation etc…

De plus et compte tenu du contexte spécifique de cette formation à destination d’enseignants, de conseillers pédagogiques d’éducation en charge du suivi d’élèves en mal avec le système scolaire, l’entretien d’écoute active est l’un des outils les plus pertinents pour recréer du lien, pour favoriser les prises de conscience, pour instiller les bases de la confiance en soi et en l’autre, dans le but de faire émerger chez le jeune des ressources et potentialités qui sont enfouies et dont il n’a plus conscience.

L’écoute active et les principes de base de cette formation :

D’abord, une posture qui se caractérise par les points suivants :

  • La pleine présence à l’instant. Il s’agit pour l’écoutant d’être dans la présence pleine et entière à l’autre. Il n’y a que ce moment de l’entretien qui a de l’importance à cet instant. Cela nécessite de la part de l’écoutant de maîtriser son « mental » pour ne pas se projeter dans le futur ou de ressasser le passé. C’est un moment de pleine attention à soi et à l’autre. C’est parce que je suis en tant qu’accompagnant dans cette disposition que je suis de fait dans l’empathie, la bienveillance et l’authenticité. C’est très facile à comprendre intellectuellement mais « bougrement » difficile à  réaliser. Mais ça s’apprend par un entraînement quotidien !
  • Se mettre dans un lieu approprié où il n’y aura pas de dérangement (téléphone, télévision, bruit, passage etc…). Ce lieu se doit d’être agréable et le cadre de la rencontre se doit d’être différent de toutes les autres rencontres (entretien de recadrage, etc…).
  • De ne pas anticiper sur les pensées de l’autre (l’écouté)..de laisser l’autre exister tel qu’il est, et non pas tel que je voudrais qu’il soit.
  • De laisser aller l’entretien là où il doit aller et d’abandonner les stratégies d’anticipation et de contrôle. Il n’y a pas d’objectif à atteindre, si ce n’est que de laisser et permettre à l’autre (l’écouté) de s’exprimer tel qu’il est à cet instant. C’est certainement dans le milieu éducatif français, le défi majeur. Culturellement nous sommes conditionnés à tout penser, tout organiser, tout contrôler et tout objectiver (cf, les programmes, la didactique des disciplines avec les contenus à organiser dans le temps, les planifications, les programmations, etc..). Or l’entretien d’écoute active est à l’opposé de cette intention de programmation et d’objectivation. Il s’agit de placer un temps de rencontre qui est structuré par le laisser faire et le laisser être, sans autre intention.

Ensuite de la patience.

  • Accompagner des jeunes en risque de décrochage ou en décrochage implique à tous les niveaux du système éducatif, de mettre comme valeur première la PATIENCE ! Or c’est ce que nous manquons le plus dans le contexte de notre époque qui réclame des changements rapides..comme si un être humain, qui plus est, un jeune pouvait se transformer parce que nous proposons de nouveaux dispositifs. Quelle illusion et quelle erreur de penser que des dispositifs vont régler en quelques mois des problèmes de fond qui dépassent le plus souvent l’école parce qu’inscrits au plus profond de l’histoire de vie du jeune. Tout professionnel de l’accompagnement sait combien les changements peuvent être longs, émaillés d’avancées, de reculs, de chutes, de ruptures et de ces moments de grâce où la résilience provoque l’évolution . C’est pour l’accompagnateur la confiance en soi et en l’autre, même dans les moments les plus délicats et compliqués, qui est déterminante.

Laisser faire le temps, une priorité même dans le sport de haut niveau.. Ces deux dessins montrent bien s’il en est que l’évolution d’une personne ne se fait jamais linéairement. Il importe que l’accompagnateur ait bien en tête cette réalité de la « vraie vie » et que sa présence à côté de l’accompagné est d’autant plus nécessaire que ce dernier est dans un de ces moments délicats qu’immanquablement il doit traverser !

  • L’acceptation que je n’ai aucune prise sur l’autre ! Une autre illusion à abandonner. Je peux créer les conditions qui vont faire que l’autre va s’engager, décider de se mobiliser, de se motiver..mais je ne peux pas décider pour lui ! C’est toujours l’autre qui en dernier ressort décide, consciemment ou inconsciemment, de se mettre en mouvement.

Puis de la collaboration. Qui accompagne doit être accompagné. C’est le principe de base de toute action d’aide.

  • La rencontre avec des pairs facilite le partage d’expériences et permet la mutualisation des compétences. L’isolement, la solitude sont les deux pièges à éviter pour un accompagnateur quel que soit son domaine professionnel (santé, psychothérapie, éducatif, social, justice..).
  • La supervision  par un « expert » de l’accompagnement facilite la mise à distance, permet la relecture et la compréhension de situations non élucidées et participe à construire du sens à l’engagement. Il en va de l’efficacité du dispositif et de la santé des personnes qui s’engagent dans de tels dispositifs de suivi.
  • La partage avec les collègues non engagés dans le dispositif et avec les Chefs d’établissement (Principaux) et les Adjoints est à penser et à structurer. Il est illusoire de penser pouvoir « raccrocher » un jeune si tous les maillons du système ne collaborent pas. Cela pose la question de comment partager, échanger et communiquer entre professionnels sur cette question du décrochage ?

Enfin de la persévérance et de la confiance. Certainement le point prioritaire. C’est parce que l’accompagnateur incarne ces deux intentions qu’il va les concrétiser dans la relation qu’il construit au jour le jour avec le jeune en rupture. Elles ne s’objectivent qu’indirectement. Elles se perçoivent et s’incarnent lorsque l’accompagnateur est en cohérence entre sa posture physique, son état émotionnel et la conscience de son état intérieur.

Raymond Barbry le 21 janvier 2017.