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Violence et harcèlements à l’école, le rapport de l’UNESCO.

Des millions de filles et de garçons subissent des violences dans le cadre scolaire chaque année, selon ce nouveau rapport de l’UNESCO. 34% des élèves entre 11 et 13 ans disent avoir été harcelés au cours des mois précédent l’étude. 8% d’entre eux évoquent des harcèlements quotidiens. C’est ce qu’indiquent des données issues de 19 pays à faibles et moyens revenus analysés dans ce rapport.

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Les auteurs montrent que la violence à l’école naît de rapports de force inégaux souvent renforcés par des stéréotypes et des normes liées au genre, l’orientation sexuelle ainsi que d’autres facteurs qui contribuent à la marginalisation tels que la pauvreté, l’identité ethnique, ou encore la langue. D’après un sondage de 2016 sur le harcèlement réalisé auprès de 100 000 jeunes dans 18 pays, 25% des personnes interrogées indiquent avoir été harcelées du fait de leur apparence physique, 25% en raison de leur genre ou de leur orientation sexuelle et 25% du fait de leur origine ethnique ou nationale.
Le Rapport recommande que des mesures soient prises pour faire face à la violence et au harcèlement à l’école, notamment pour renforcer la capacité de la direction des établissements à agir, améliorer la sensibilisation, impliquer les élèves et les adolescents, renforcer la formation des personnels enseignants, mettre en place des systèmes d’alerte et développer la collecte de données.

Résumé de Marie-Noëlle Rotat
Chargée de mission / Réseau des universités pour l’éducation à la santé  -ESPE Clermont-Auvergne

Prévenir le harcèlement scolaire par l’éducation à l’empathie, la compassion et l’altruisme.

C’est à l’initiative des associations de parents d’élèves de Baudimont-Saint Charles et de Saint Joseph à Arras et devant plus d’une centaine de personnes que j’ai débattu de cette question du harcèlement scolaire.

Voici en résumé les points qui j’ai abordés avec les participants : des parents, des enseignants, des conseillers pédagogiques d’éducation, des chefs d’établissements.

Harcèlement scolaire et contexte sociétal.

  • Le harcèlement scolaire est un révélateur de notre contexte sociétal. Les comportements des enfants, des adolescents et des jeunes sont une caisse de résonance du contexte de notre  époque (valeurs, orientations, modes de vie, mode de relations etc…).
  • Le harcèlement scolaire était en augmentation exponentielle entre 2010 et 2014. Il se serait stabilisé depuis 2015. Il touche actuellement 10% de la population scolaire (fin primaire, collège principalement et début du lycée) dont 5% sont à considérer comme en situation très « grave » (violence avec mise en danger de la vie de la personne, tentative de suicide, dépression profonde, déscolarisation etc….). La prise de conscience de cette réalité depuis deux ans à tous les niveaux du système éducatif semble avoir endigué son extension (numéro vert, actions engagées auprès des élèves, information dans les médias…). Cependant les chiffres n’en restent pas moins élevés et nous ne pouvons nous satisfaire de cette stagnation. C’est la réduction de ce phénomène qui est à imposer.
  • Un contexte sociétal, psycho-dépressive voire cynique qui ne manque pas d’infléchir les comportements des enfants et des jeunes.  L’Organisation Mondiale pour la Santé prévoit que si rien ne change au niveau de notre modèle de société dans les années à venir, c’est la dépression sévère qui sera la première maladie dans nos pays occidentaux (prévision 20é5).
  • On devient « harceleur » par conditionnement éducatif. Personne ne naît « harceleur ». Les gênes de la perversité-narcissique n’existent pas ! Les propos et les comportements des adultes ne sont pas neutres en la matière. C’est ainsi que faire preuve d’égocentrisme (être dans une obsession du paraître, de l’avoir et du superficiel) va induire des comportements peu enclins à la tolérance et à la bienveillance.
  • Une éducation sans cadre produit des enfants »roi’ voire « tyran ». Il n’y a pas d’éducation sans confrontation à l’interdit et à la frustration. Un enfant qui ne les rencontre pas, peut basculer dans la toute puissance et être potentiellement un profil de « harceleur ».
  • Un « harcelé » peut se transformer en « harceleur ». C’est ce qui ressort de plusieurs entretiens que j’ai pu mener avec des jeunes qui ont subi du harcèlement à un moment de leur scolarité et qui pour ne pas reproduire cette situation, ont pris le parti de se transformer en « harceleur ». Notamment lorsque cet enfant ou pré-ado n’a pas été suivi ou accompagné alors qu’il subissait lui même du harcèlement.
  • La dérive de l’hyperconnectivité. C’est une évidence et toutes les enquêtes et recherches faites en ce domaine mettent en exergue ce phénomène. La sur-exploitation des réseaux sociaux a fait exploser le phénomène du « harcèlement ». Nous avons à apprendre à s’en protéger et à se déconnecter (le droit à la déconnexion).
  • La dérive violente des médias. Toutes les recherches montrent que plus je vois de violence et plus celle ci devient « normale ». Il y a comme une insensibilisation liée à une perte d’empathie et de compassion.
  • Parallèlement à l’augmentation du harcèlement scolaire nous observons actuellement hors de l’école : une augmentation des « burn-out » professionnels, des enfants de cinq ans en état de « burn-out », une diminution des capacités attentionnelles de l’être humain et une augmentation des dépendances aux outils numériques.

Qu’est ce que le harcèlement ? A partir de quand peut-on dire que la situation est caractéristique de « harcèlement » et non d’un conflit, comme il peut en exister dans tout groupe humain ?

  • Trois éléments : la violence (physique comme symbolique), la répétitivité de cette dernière, l’isolement de la personne.
  • Rejet des différences et la stigmatisation. Cela porte sur, l’apparence physique, le sexe, l’orientation sexuelle, le handicap physique, les troubles de la communication, l’appartenance à un groupe social ou culturel, des centres d’intérêt différents.
  • Le harcèlement physique : Il se traduit par des coups, des bousculades, des bagarres provoquées, du vol et du racket, l’obligation à des jeux dangereux, des violences à caractère sexuel.
  • Le harcèlement moral : Il est plus discret, plus difficile à identifier et est aussi destructeur psychiquement pour la personne que le harcèlement physique. Il se traduit par des insultes, des gestes déplacés, des remarques à caractère sexuel, des remarques dévalorisantes. Il peut être le fait du ou  de la meilleure ami(e) ! Ce dernier point est toujours déroutant.
  • Le cyber-harcèlement : Messages sur les réseaux sociaux (insultes, menaces, rumeurs, images, création de compte au nom de….). Il est en augmentation exponentielle. Il est un des accélérateurs des situations de harcèlement.

Les effets du harcèlement sur le harcelé et le harceleur.

  • Sur le harcelé les effets les plus observés : les troubles psychiques (anxiété, dépression…),  chute des performances scolaires, perte de l’attention-concentration, troubles alimentaires, trouble du sommeil, changement d’humeur, repli sur soi, augmentation des comportements impulsifs ou violents, désengagement associatif, tendances suicidaires jusqu’au passage à l’acte.
  • Sur le harceleur les effets les plus observés : perte de l’empathie, construction d’un rapport hypertrophié à la violence, répétition de conduite de harcèlement, dérive psychotique vers la perversité narcissique, sentiment d’impunité, marginalisation, échec scolaire, voire délinquance.

Ce qui peut augmenter les situations de harcèlement scolaire dans un établissement.

Au delà du contexte sociétal général et des caractéristiques de la population scolaire de l’établissement, nous pouvons observer que la dynamique spécifique de l’établissement n’est pas neutre quant à l’émergence de situations de harcèlement scolaire. c’est ainsi que les éléments suivants vont participer à en favoriser son développement :

  • Un climat scolaire qui se dégrade entre jeunes d’une part et entre jeunes et adultes d’autre part.
  • Un mal être généralisé, de l’épuisement chez les adultes avec une perte de confiance au sein des équipes.
  • État de crise latent, larvé au sein de l’équipe de direction ou entre l’équipe de direction et  les enseignants, éducateurs et le personnel.
  • Des projets éducatif et d’établissement non explicites.
  • Des écarts entre le dire et le faire dans les pratiques pédagogiques, plus précisément des intentions éducatives déclaratives à caractère hautement humaniste et des pratiques pédagogiques à l’exact opposé.
  • Le déni et le laisser faire de la part des adultes face aux situations de conflit puis de harcèlement rencontrées dans l’établissement.
  • Les postures et les discours laxistes des adultes face à l’intolérance, la xénophobie etc…
  • Les dérives compétitives exacerbant le rejet de ceux et celles qui ne répondent pas aux exigences.

Quelles réponses éducatives à apporter pour endiguer ce phénomène du harcèlement scolaire ?

Un postulat de départ validé par les travaux, observations, enquêtes et recherches contemporaines : Fondamentalement, l’être humain est bienveillant, compatissant et porté à l’entraide et à la collaboration. Spontanément le jeune enfant de 8-10 mois (encore bébé) est porté à la coopération quels que soient sa culture, son pays d’origine, le niveau socio-culturel des parents….

  • Une priorité éducative : l’éducation à l’empathie, à la compassion, à l’altruisme, au bien être et au vivre ensemble à l’école pour les enfants, les adolescents et les jeunes. Mais bien plus que cela, étendre cette priorité aux adultes qui travaillent dans les établissements scolaires auprès des élèves (enseignants, éducateurs, personnel..). Plus les adultes témoigneront d’une posture de bienveillance entre eux et avec les élèves et plus ces derniers intégreront cette bienveillance.
  • Les trois axes d’un projet d’école ou d’établissement pour l’éducation au bien être à l’école : la relation à soi, la relation aux autres et la relation à l’environnement. La relation à soi est première. Elle est à la base des deux autres. je ne peux entrer en relation à l’autre que si je suis déjà capable d’être en relation avec moi même.
  • Poser des cadres explicites dont les adultes sont les garants. Il s’agit des règlements, des codes de vie, des chartes ou tout autre outil qui vont définir le cadre du vivre ensemble.
  • Des connaissances scientifiques et des pratiques validées qui montrent que la bienveillance s’apprend, se renforcent et se partagent : la plasticité cérébrale (mon cerveau peut se transformer) qui permet d’apprendre à identifier ses pensées, ses émotions, ses peurs etc…Les pratiques de pleine conscience qui favorisent l’attention-concentration et l’intériorité …L’interdépendance entre tous les éléments d’un environnement (système)….Les effets d’une posture de bienveillance sur un groupe etc…Les effets positifs sur le développement d’une personne quant elle vit dans un cadre tolérant, bienveillant et équitable…..
  • Développer l’intelligence émotionnelle et l’intelligence intuitive au même titre que l’intelligence rationnelle. L’école est passé maître dans l’éducation de cette dernière (la rationnelle). Or nous savons aujourd’hui que les deux premières ont autant si ce n’est plus d’importance. C’est par l’intelligence intuitive que je vais décoder instantanément un comportement pervers.
  • L’instauration du débat philosophique dés la grande section maternelle (5 ans). C’est dés cet âge que se mettent en place les conditionnements éducatifs. Plutôt je vais apprendre à penser, à dire mon avis, mes ressentis et moins je serai sera un adulte manipulable.
  • La systématisation à l’école dés la grande section maternelle des pratiques de pleine conscience. ll en existe de multiples qui visent la même finalité, développer la conscience de soi. Pour citer les plus connus : le yoga, la méditation de pleine conscience, la méthode Vittoz, la relaxation,  la sophrologie. Elles font toute leur entrée dans l’école, alors qu’elles étaient encore indésirables pour la plupart il y a de cela cinq ans !
  • Les semaines à thème : ce peut être une valeur par semaine qui est mise en exergue (respect, solidarité, courage etc…), la semaine sans télé, la semaine sans écran, la semaine zen, la semaine jeux collaboratifs….
  • Des formations élèves médiateurs à partir du cycle 3. Ce sont les élèves les premiers confrontés au harcèlement. ils sont les premiers à en être témoin. Ils peuvent être les premiers à intervenir. J’ai personnellement constaté, dans plusieurs internats que j’ai accompagnés sur cette question, les effets positifs sur les relations entre les jeunes de telles actions de formations envers les élèves (régulation de conflit, à la communication non violente).
  • Le tutorat pédagogique – le suivi par les adultes d’un nombre d’élèves réduit. Un professeur principal suit une classe entière. dans le tutorat pédagogique nous ne dépassons pas un adulte pour dix élèves. cela favorise les relations entre jeunes et entre jeunes et adultes.
  • Le monitorat ou coaching entre élèves. Une des bases de l’apprentissage coopératif, apprendre avec, par et pour les autres. Quant il est pratiqué régulièrement il facilite le vivre ensemble et réduit de fait les situations de harcèlement.
  • Les rencontres, les débats avec des acteurs de la vie sociale, civile, politique qui portent par leurs actions les valeurs de bienveillance, d’entraide, de coopération.
  • Les projets « nature » dés la maternelle. Les enfants ont perdu pour la plupart le contact avec la nature. Or le contact avec la nature a un effet positif sur le développement cognitif et affectif de l’enfant.
  • Travailler la confiance en soi. Plus spécifiquement quant un enfant ou un adolescent ou un jeune a été harcelé, proposé un accompagnement par un professionnel (extérieur à l’école) qui va lui permettre de travailler la confiance en soi qui a été le plus souvent détruite suite au harcèlement. Il ou elle n’a pas été harcelé par hasard.  Il s’agit concrètement de lui apprendre à adopter une posture qui traduit la confiance en soi (travail sur le corps, la voix, le regard), mais aussi apprendre à se positionner, à savoir répondre, à aller à la rencontre d’un adulte pour expliquer la situation. à fuir le harceleur. C’est souvent dans les prémices d’une situation de harcèlement qu’il est possible de l’arrêter.

Les réponses pédagogiques pour endiguer le harcèlement scolaire existent. Elles sont multiples et variées. Nous en avons énuméré plus d’une dizaine, quatorze exactement. L’expérience d’accompagnement d’établissement sur cette question m’a montré qu’elles sont suivies d’effet à la condition que les adultes en charge d’éducation tendent à maintenir une posture qui est marquée par une intention d’authenticité et de cohérence.

Raymond Barbry le 17 octobre 2016

Conférence sur le harcèlement scolaire à Arras

Le vendredi 14 octobre à Arras, conférence sur le harcèlement scolaire et plus particulièrement sur la question de la collaboration, parents, établissements.

Le harcèlement scolaire : quelles réponses éducatives ?

C’est à la demande de l’association des parents d’élèves du Pas-De-Calais (Apel 62) que nous sommes intervenus à Arras, sur la question du harcèlement scolaire.

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Voici en résumé les points qui ont été abordés lors de cette rencontre/échange avec des représentants du bureau de l’APEL 62.

1er point. Le harcèlement scolaire, un indicateur pertinent du contexte sociétal. Les enfants, les adolescents et les jeunes sont des caisses de résonance. Tout comme le harcèlement au travail, qui est un révélateur des modes de relation entre adultes, le harcèlement scolaire est un révélateur sociétal qui interpelle la qualité des dynamiques relationnelles.

2ème point. Un contexte sociétal « pyscho-dépressif » voire « psycho-destructeur ». Ce contexte est générateur d’angoisse, de peur et de sur-stress, avec comme difficulté majeure l’incapacité  à mettre en exergue ce qui va « bien ». Il y a un conditionnement à insister sur le négatif, à mettre en avant ce qui ne va pas, à être dans la plainte et dans le déni du positif, du beau, des réussites. Parmi les effets négatifs de cette manière d’appréhender le monde, nous identifions :

  • Une montée de l’égocentrisme (survalorisation du moi),
  • Une obsession de l’apparence, du paraître,
  • Une expansion de l’individualisme et du narcissisme
  • Le repli sur soi, chacun pour soi, la défense des intérêts individuels
  • Le passage de l’enfant roi vers l’enfant « tyran » se traduisant par une intolérance à la frustration. C’est le « je veux tout…tout de suite ».
  • La dérive de l’hyper-connectivité via les réseaux sociaux. Il ne s’agit pas de remettre en question l’intérêt et tous les avantages du numérique. C’est l’excès et la survalorisation de ces outils qui sont ici pointés.
  • La dérive violente des médias. Or nous savons aujourd’hui  que plus nous sommes en contact avec des images qui montrent la violence sous toutes ses formes et plus cela induit des comportements violents et une baisse de l’empathie. A l’inverse, plus je visualise des reportages, des émissions, des films, des jeux portant sur la compassion et plus je génère des comportements altruistes !

3ème point. L’être humain est fondamentalement collaboratif, altruiste et porté à la compassion. L’idée véhiculée depuis Darwin, à savoir, que ce qui caractériserait la vie sur terre, c’est le combat pour la survie et la compétition est de plus en plus remise en question aujourd’hui ! Le principe premier qui guide la vie, des plantes et à tous les êtres vivants, c’est la coopération avant tout ! Il n’y aurait guère que chez une minorité d’êtres humains et quelques mammifères que serait identifié un penchant pour le combat, la compétition et la destruction de l’autre (de l’ordre de 1 à 2%).

4ème point. Le harcèlement à l’école a toujours existé, mais il est actuellement en augmentation. D’après la cellule de veille d’Eric De Barbieux, il touche 10% de la population scolaire et 5% des élèves souffrent de harcèlement sévère. Autre donnée intéressante, en 2014, 15% des élèves de collège ne se sentaient pas en sécurité (sécurité subjective).

5ème point. Les indicateurs du harcèlement, ils sont de l’ordre de trois :

  • Violence physique et ou morale,
  • Répétitivité,
  • Isolement de la victime

6ème point. Le harcèlement c’est le rejet de la différence et la stigmatisation sur :

  • L’apparence physique,
  • le sexe
  • l’orientation sexuelle
  • le handicap physique
  • les troubles de la communication
  • l’appartenance à un groupe social ou culturel
  • les centres d’intérêt différents

7ème point. Il se traduit par,

  • Harcèlement physique : coups, bousculades, bagarres, vols et rackets, dégradations matérielles, violence à caractère sexuel, obligation de participation à des jeux dangereux.
  • Harcèlement moral, plus discret et plus difficile à identifier : insultes, gestes déplacées, remarques à connotation sexuelle, chantage émotionnel.
  • Cyber-harcèlement (en augmentation exponentielle). Lancement de rumeur, usurpation d’identité, création de page facebook, mise en ligne de photos et/ou de vidéos dévalorisantes.

8ème point.  Nous avons remarqué qu’il se développait dans les lieux où le climat scolaire est dégradé que ce soit entre jeunes, entre jeunes et adultes, mais aussi entre adultes. De plus la non identification par les adultes des situations de harcèlement participe à son développement. Il n’y a rien de pire que le déni et le laisser faire.

9ème point. Les effets du harcèlement sur le harcelè et sur le harceleur.

  • Sur le harcelé, il est constaté : des troubles de l’anxiété, un état dépressif, chute des performances scolaires, perte de concentration, troubles alimentaires, repli sur soi, tendances suicidaires, comportements violents en réaction (seule réponse possible à ses yeux), troubles de la socialisation, voire troubles psychiques graves.
  • Sur le harceleur : perte de l’empathie, construction d’un rapport hypertrophié à la violence, répétition de conduite de harcèlement, développement de la perversité-narcissique, marginalisation, échec scolaire, décrochage scolaire, délinquance.

10ème point. Développer les compétences relationnelles du harcelé. Les harceleurs ne s’en prennent pas à n’importe qui. Ils exploitent et profitent de la fragilité de l’autre. Nous avons constaté que le harcelé avait un défaut de confiance en soi qui se traduisait dans sa posture. En faisant un travail sur les émotions, sur la posture physique (corps, voix, regard) et sur l’identification des qualités de la personne nous participons à développer cette confiance en soi qui va transparaître physiquement. C’est ce non verbale signe de confiance en soi qui est transmis aux autres.

11ème point. Un défi éducatif, une nécessité et une priorité : l’éducation à l’altruisme, à la compassion, au vivre ensemble et au bien être à l’école. Nous défendons l’idée d’une réponse éducative globale à l’école en complément de la prise en charge des situations individuelles. Des connaissances scientifiques et des expérimentations pédagogiques mettent en avant le bien fondé et les effets sur les personnes du développement de la coopération et de l’intériorité dans le cadre de l’école. Ils existent dans l’arsenal pédagogique une quantité d’outils et de dispositifs qui vont favoriser le vivre ensemble et le bien être. Voici quelques exemples concrets de dispositifs ou d’actions menées dans des établissements que nous avons accompagnés depuis plusieurs années sur cette question du bien être et du vivre ensemble.

  • Des emplois du temps intégrant des temps de pause.
  • Des temps spécifiques et réguliers pour des pratiques de pleine conscience (gestion mentale, mindfulness, yoga, sophrologie….)
  • La pédagogie positive et l’exploitation des « kiffs ».
  • Apprentissage des dynamiques émotionnelles.
  • La communication non violente, la régulation des situations de conflit.
  • Des semaines à thème.
  • Des rencontres avec des témoins.
  • Les ateliers philo.
  • L’explicitation et l’application des cadres : code de vie, règlement,   (rapport à la loi)
  • Le tutorat pédagogique (adulte en accompagnement d’un jeune).
  • Le monitorat (jeune accompagnant un jeune)
  • L’expérience « Racines », rencontre avec des bébés et des personnes âgées dans les classes.
  • Les projets « nature ». Il a été observé que les enfants, jeunes et adultes passant du temps dans la nature sont moins violents, plus altruistes.
  • Les rencontres et le partage avec des animaux.

Il suffit de peu de choses pour changer un climat de classe. Pour avoir aidé des établissements sur cette problématique, nous avons constaté que le simple fait de mettre quelques temps de calme guidés ou non guidés plusieurs fois par jour associé à une exploitation des « kiffs » (petits moments de bonheur) en fin de journée transformaient des ambiances de classe.

En guise de conclusion. Dans le contexte sociétal actuel, ce dont les enfants et les jeunes ont besoin c’est la rencontre avec des adultes cohérents, authentiques. Cela ne passe pas par le discours, mais par le faire et la manière d’être. C’est bien de la posture dont il est ici question.

Article réalisé par Raymond Barbry, le 8 octobre 2015