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Formation à la pleine attention pour des enseignants du 1er et du 2nd degré.

L’AGEPS-Raymond Barbry poursuit et développe dans de plus en plus de lieux et pour des publics différents la formation à la pleine attention à destination d’enseignants et du personnel éducatif.

 

A cette rentrée de janvier 2017, c’est dans le cadre d’un partenariat avec l’ISFEC de Montpellier que j’ai débuté une formation regroupant des professeurs des écoles, des professeurs de collège, de lycée et un formateur de l’ISFEC (centre de formation d’enseignants).

Cela fait maintenant six ans que je propose ce thème de formation qui a évolué au fur et à mesure des expériences et des rencontres avec les enseignants qui intègrent dans leur temps de classe des temps spécifiques de développement de l’attention-concentration en appui sur les pratiques de pleine conscience.

Il y a six ans, proposer de former les enseignants à ces pratiques n’étaient pas forcément  admis et accepté par une bonne partie des représentants officiels de l’éducation nationale (tant public que privé sous contrat). Il n’y avait pas vraiment d’interdit formel mais une tolérance très distanciée. Pour preuve, au début des années 2010 certains chefs d’établissements et enseignants ont pu ici et là rencontrer des soucis avec leur hiérarchie.

J’avais l’intime conviction depuis plus d’une quinzaine d’années qu’une des réponses au mal être dans les établissements scolaires tant des élèves que des adultes en charge de leur éducation-enseignement passait par la mise en pratique dans le temps scolaire de temps de calme institutionnalisé (poser dans l’emploi du temps). Il a fallu la rencontre avec quelques enseignants, chefs d’établissements, conseillers pédagogiques d’éducation, infirmières  au fait des pratiques de méditation de pleine conscience, de yoga, de sophrologie, de méthode Vittoz, de gestion mentale pour les initier et leur permettre de proposer aux élèves des temps de pratique. Nous n’étions alors en France  que quelques uns à prendre position pour le développement des pratiques de pleine conscience en contexte scolaire. Nous nous comptions sur les doigts d’une main ! Quel chemin parcouru depuis six ans.

Je suis de fait bien placé pour constater l’évolution dans le système éducatif français d’une part, des représentations des personnes quant à ces dites pratiques de  pleine conscience et d’autre part de l’exploitation pédagogique qui en est faite à l’heure actuelle. Voici quelques remarques à ce sujet

  • Parler de méditation, de pleine conscience ne fait plus peur aujourd’hui. Le mot de méditation lui même est accepté. Pour preuve dans le cadre d’une formation pour les publics décrocheurs, j’ai pu aborder cette question sans aucune réticence avec les enseignants et les conseillers pédagogiques d’éducation.
  • Une demande d’informations accrue. De plus en plus d’enseignants, d’éducateurs dans le premier comme le second degré sont demandeurs d’outils au sujet de la méditation de pleine conscience.
  • Une augmentation exponentielle des initiatives personnelles. Les enseignants, cpe, éducateurs et chefs d’établissements prennent des initiatives en ce domaine, soit en sollicitant des formations comme je peux le faire, soit en exploitant des compétences personnelles acquises dans un autre contexte de vie personnel ( parcours de yoga ou de méditation de pleine conscience ou de zazen ou de relaxation ou de sophrologie etc…).
  • Des parents en demande. Les parents sont de plus au fait de ces pratiques, le livre d’Eline Snel vendu en France a plus de 500 000 exemplaires a été un formidable accélérateur. Il traduit bien la réalité de la demande et du besoin.
  • Des responsables institutionnels de plus en plus concernés. Même si ici et là des résistances sont bien ancrées pour des raisons qui se comprennent au regard des aspects, politiques, idéologiques et personnelles, il n’en reste pas moins que de plus en plus s’interrogent, vont rencontrer ceux qui innovent dans le domaine. Par exemple, je suis impressionné par le nombre d’IEN qui s’intéressent à cette question parce qu’observant dans les classes les effets bénéfiques des pratiques de pleine conscience sur les élèves et les enseignants.
  • Des médias qui en parlent de plus en plus. Il ne se passe pas une semaine sans que dans la presse quotidienne il est fait écho de ces pratiques dans les différents domaines de vie :personnel, professionnel, éducatif…

D’ici quelque temps, ce sont dans les centres de formation initiale des enseignants que seront initiés ces pratiques. Pour preuve des formateurs des ESPE (enseignement public) et des ISFEC (enseignement privé) sont demandeurs.

Raymond Barbry le 14 janvier 2017

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Une collaboration école-association de parents sur l’attention-concentration et le bien être à l’école.

 

C’est dans le cadre d’une formation-accompagnement de longue date (début de l’accompagnement 2011) de l’équipe pédagogique et du personnel éducatif de l’école maternelle et primaire Saint Charles de Saint martin-les-Boulogne (Pas-De-Calais-France), que j’ai réalisé le mardi 18 octobre une rencontre à la demande de l’association des parents d’élèves et du conseil d’établissement. Cette rencontre qui a pris la forme d’une conférence-atelier avait deux objectifs prioritaires :

  • expliciter l’axe prioritaire du projet d’école – attention-concentration et bien être,
  • donner des outils simples, pratiques et concrets aux parents pour développer l’attention-concentration dans leur quotidien familial.

Voici en résumé les grands points abordés lors de cette soirée où étaient présentes plus de 120 personnes et toute l’équipe pédagogique (une quinzaine d’enseignants).

 

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Développer l’attention concentration, des enfants, des jeunes….et des adultes, une priorité éducative !

L’attention est la capacité d’être dans la présence à l’instant tel qu’il se présente…la concentration est la focalisation intentionnelle sur un élément de ce présent. Être attentif et concentré c’est être capable de se maintenir intentionnellement dans le présent et se mettre à distance des pensées qui nous renvoient dans le passé ou nous projettent dans le futur.

Pourquoi apprendre et développer cette métacompétence (l’attention-concentration) à l’école..mais aussi dans le sport, la musique, le travail et la vie personnelle ? Nous observons une baisse conséquente des capacités attentionnelles chez l’être humain et plus particulièrement ces dernières années. Quelques données chiffrées qui interpellent quant à la réduction de nos capacités attentionnelles

 

  • Durée totale d’attention sur 60mn : Il y a trente ans elle était de 20mn, il y quinze ans :15mn, en 2015 : 3mn.
  • Durée de concentration soutenue sur une tâche donnée, début des années 2000 : 3mn, en 2012 : 1mn15 sec, en 2016 : 45 secondes.

 

Les causes essentielles de cette baisse exponentielle de nos capacités attentionnelles sont maintenant bien identifiées.

  • La sur-sollicitation informationnelle. Nous vivons dans un monde qui sans arrêt nous « bombarde » d’informations via les différents médias (télé, réseaux sociaux, smartphone etc….). Nous sommes dans un environnement hyperconnecté.
  • Un mental en ébullition constante..Nous avons de moins de moins de temps de « rien »..Nous sommes tout le temps en activité mentale, ce qui épuise nos capacités de vigilance et génère des états d’épuisement..Une des raisons de l’augmentation des « burn-out » chez les adultes est en partie lié à cet aspect. Nous observons à l’heure actuelle des enfants de 5 ans en état de « burn-out ». Une enquête récente de l’OCDE montre combien les élèves français sont parmi les plus en état de stress et d’épuisement psychique !
  • Un modèle de vie compétitif survalorisé et marqué par une obsession à l’évaluation. Nous avons mis en exergue la logique compétitive. Elle imprègne tous les niveaux de la société. Il y des injonctions à être dans le toujours « plus », d’efficacité, de rendement, de performance, de mesure et de contrôle etc…Nos enfant ont baigné dans ce modèle sociétal occidental qui épuise et rend moins efficient l’apprentissage. Or pour apprendre il faut en priorité, patience, acceptation des tâtonnements et des erreurs.
  • Un contexte social de plus en plus anxiogène. Les événements qui marquent notre pays et l’Europe depuis quelques années ne sont pas sans conséquence sur nos états psychiques. Nous vivons dans un monde de peur alimenté par les médias et par certains politiques. Nos enfants sont des éponges, nous ne les protégeons pas assez de cet environnement médiatique qui pollue les esprits. Il ne s’agit pas de minimiser les événements sociétaux actuels (enchaînement de crises en tout genre, emploi, conflits armés, attentats, immigration, montée des xénophobies, violence, épuisement des ressources de la planète, changement climatique…) mais il ne sert en rien de les surestimer et d’en surexposer les enfants.
  • Une perte du temps d’activité  physique ! Plusieurs études très récentes en France et dans d’autres pays occidentaux montrent combien l’activité physique est déterminante pour notre santé, mais aussi pour notre attention-concentration. Les enfants qui ont au moins 30mn d’activités  physiques par jour, obtiennent de meilleurs résultats au test d’attention-concentration ! Par activité physique il faut entendre tous les temps de motricité, et tous les jeux extérieurs qui mettent en mouvement le corps ! En outre, avant que l’enfant ne sache lire, les seuls jeux possibles sont sensori-moteurs et basés sur la stéréotypie motrice
  • Un temps chronophage passé devant des écrans en tout genre ! Télévision (4h00/jour en moyenne pour un enfant français !), utilisation non raisonnée des ordinateurs, tablettes et smartphone, temps passé sur les réseaux sociaux. Il peut être bon de se rappeler la loi des 3, 6, 9, 12. Pas d’écran avant 3 ans, ou tout au moins les éviter le plus possible. Parce que de nombreux travaux montrent que l’enfant de moins de trois ans ne gagne rien à la fréquentation des écrans. Pas de console de jeu portable avant 6 ans. Aussitôt que les jeux numériques sont introduits dans la vie de l’enfant, ils accaparent toute son attention, et cela se fait évidemment aux dépens de ses autres activités. Pas d’Internet avant 9 ans, et Internet accompagné jusqu’à l’entrée en collège. L’accompagnement des parents sur Internet n’est pas seulement destiné à éviter que l’enfant y soit confronté à des images difficilement supportables. Il doit lui permettre d’intégrer trois règles essentielles : tout ce que l’on y met peut tomber dans le domaine public, tout ce que l’on y met y restera éternellement, et tout ce que l’on y trouve est sujet à caution parce qu’il est impossible de savoir si c’est vrai ou si c’est faux. Internet seul à partir de 12 ans, avec prudence. Là encore, un accompagnement des parents est nécessaire. Il faut définir avec l’enfant des règles d’usage, convenir d’horaires prédéfinis de navigation, mettre en place un contrôle parental…
  • Mais aussi, la qualité de notre alimentation et du sommeil. Ce que nous mangeons n’est pas sans effet sur toutes les capacités de notre corps. Il est prouvé qu’une alimentation trop riche en sucre altère les capacités de vigilance. Une augmentation des perturbateurs endocriniens dans notre alimentation ne serait pas sans effet sur nos comportements et nos capacités de vigilance (augmentation de la suractivité et de l’hyperactivité notamment). Nous constatons une baisse conséquente du temps de sommeil chez les enfants. A la question posée à des spécialistes du cerveau (neurologue), quel est l’élément déterminant pour avoir un « cerveau » en forme ?  Leur réponse unanime : bien dormir en qualité et quantité (l’aspect quantitatif est dépendant de chaque personne).

Comment améliorer nos capacités attentionnelles ?

  • Des fondamentaux et du bons sens qu’il est toujours bon de rappeler ! Une qualité et quantité de sommeil suffisantes (cf point précédent)….une alternance des temps de repos, d’activités physiques, d’activités intellectuelles, et de temps d’ennui. Il importe de susciter et de provoquer des temps de rien, voire d’ennui. Ils sont nécessaires au développement de notre bien être et de notre imagination….Une régulation du temps passé devant les écrans….La reconnaissance des temps de fatigue.Il ne sert à rien d’exiger de l’engagement, de l’attention et de la performance quand le sujet est fatigué, qui plus est un enfant.
  • La connaissance des moments propices de vigilance accrue dans la journée, la semaine et l’année. Nous savons quels sont ces temps qu’il est judicieux d’exploiter…dans le cadre de la journée, le matin entre 9h00 et 11h00 et dans l’après-midi entre 15h00 et 17h00-18h00…dans le cadre de la semaine, le début et la fin de semaine sont marqués par une vigilance réduite le lundi et une fatigue conséquente le vendredi…les saisons rythment notre état de « forme » et de vigilance, lors des changements de saison et en automne et hiver nous sommes plus fatigables et moins vigilants, le déficit de lumière en serait la cause essentielle.

Mais aussi, proposer des temps courts de pratique de pleine attention aussi appelé pleine présence, voire pleine conscience. Ces pratiques se développent  exponentiellement dans nos sociétés occidentales. Elles touchent tous les domaines, la santé, le travail, le social, la justice, le sport, l’école. Au delà d’un effet de mode indéniable, elles n’en sont pas moins une des réponses aux dérives qu’a engendré notre mode de vie moderne (suractivité, surconsommation, surmédiatisation, perte du sens, déficit de l’intériorité et de la conscience de soi etc…). Dans le contexte de l’école elles ont pleinement leur place aujourd’hui pour apprendre aux enfants à réguler eux-mêmes leurs capacités attentionnelles, à muscler leur mental et à apprendre à observer et orienter leurs pensées. Cette capacité est à la base de l’apprentissage, sans attention-concentration suffisante, l’apprentissage est tout simplement impossible. De plus en plus de pays proposent des temps spécifiques d’apprentissage à la pleine attention. La France s’y met peu à peu. Pour ma part, cela fait cinq ans que je forme des enseignants à cette pratique. C’est ce que j’ai fait avec l’ensemble de l’équipe pédagogique de l’école Saint Charles et avec plus de 800 enseignants répartis sur tout le territoire français depuis cinq ans.

  • Quelles sont ces pratiques de pleine attention qui peuvent être exploitées en contexte éducatif ?  Elles sont connues de longue date, nous y trouvons : le yoga, la méthode Vittoz, la méditation de pleine conscience adaptée aux enfants, la sophrologie, la gestion mentale, les temps d’intériorité et de calme, les temps d’écoute en silence….
  • Comment les exploiter dans notre quotidien ? Il suffit de 3mn de pratique par jour pour commencer à développer notre attention-concentration. Il importe de comprendre que c’est par un entraînement quotidien et répétitif que cette dernière va se développer. C’est en faisant que l’on apprend !  Ce peut être, par exemple, lors d’un temps formel qui est posé avant le coucher à la maison ou au retour de récréation à l’école. Mais aussi à tout moment, où percevant la perte de vigilance, nous arrêtons notre activité pour faire du calme en soi en se centrant sur sa respiration par exemple.
  • L’intérêt pédagogique de ces pratiques est bien reconnu et validé. Nous observons, au delà de l’amélioration des capacités attentionnelles, un gain de calme dans les classes, une diminution du niveau de stress et d’angoisse, une qualité du vivre ensemble et de la coopération et un apprentissage plus efficient. Nous avons de plus en plus de recherches et d’expériences qui valident les effets des pratiques de pleine attention auprès des enfants, des adolescents et des jeunes.

Mise en situation proposée aux parents. Après avoir présenté l’outil que j’ai élaboré et amélioré depuis six ans avec l’aide et la participation des enseignants formés à cette approche ; j’ai proposé, en guise de découverte, plusieurs situations qui peuvent être exploitées à la maison comme dans la classe. C’est ainsi que les parents ont effectué des exercices :

    • d’attention à sa respiration,
    • d’attention aux sons,
    • d’attention au corps,
    • d’attention aux pensées.

L’outil que je propose s’appuie sur cinq approches complémentaires : la gestion mentale, la méditation adaptée aux enfants, la métacognition, la visualisation mentale, le  breathplay (respiration du yoga adapté à l’effort). Il est bâti en huit étapes qui s’inscrivent dans une complexité croissante. en voici la présentation :

  • Étape 1 : Attention à la respiration.
  • Étape 2 : Attention aux sons, aux silences et au goût.
  • Étape 3 : Attention aux sensations du corps.
  • Étape 4 : Attention à la respiration tout en marchant, tout en courant…
  • Étape 5 : Attention aux émotions.
  • Étape 6 : Attention aux pensées.
  • Étape 7 : Faire le calme en soi et se mettre en projet.
  • Étape 8 : Remplacer une pensée obsédante (par exemple, peur d’échouer) par une pensée positive.

Cette approche prend son sens à compter de l’âge de 6-7 ans. Pour les âges précédents (de 3 à 5/6 ans), l’éveil des sens, l’activité motrice, les activités artistiques, suffisent amplement à développer l’attention-concentration.

Raymond Barbry le 2/11/2016

 

 

Mis en valeur dans l’ouvrage de Abdennour Bidar « Les Tisserands… Réparer ensemble le tissu déchiré du monde »

Abdenhnour Bidar, Docteur en Philosophie, auteur de nombreux ouvrages, Inspecteur Général de l’Education Nationale en philosophie et en vie scolaire, vient de publier un ouvrage mettant en valeur  les « Tisserands », ceux qui œuvrent dans la discrétion à réparer ce qu’il nomme le grand tissu déchiré du monde (fractures sociales, conflits religieux, guerres économiques, divorce entre l’homme et la nature etc…).

L’intention de cet ouvrage au delà de la mise en valeur de personnes et d’organisations (le plus souvent  méconnues des médias traditionnels, des politiques, du grand public) et de « relier tous ces relieurs » qui réparent et construisent le monde de demain.

J’ai l’honneur d’être nommé dans cet ouvrage dans la partie consacrée aux tisserands du lien intérieur.  » Je commence par les Tisserands du lien intérieur parce que la vocation ultime et convergente de tous les liens – à soi, à autrui, à la nature et à la vie – est de nous faire grandir en humanité. ces Tisserants-là ont pris conscience que nous n’avions plus guère de nouvelles de nos « âmes », c’est à dire plus assez de relations avec notre intériorité……..Des précurseurs comme Raymond Barbry se font entendre d’un public plus large et plus réceptif qu’auparavant. Ces Tisserands ont commencé à ouvrir dans la cité humaine des lieux consacrés aux pratiques du retour à soi, notamment des centres consacrés à la découverte de la méditation. Celle ci fait un spectaculaire retour en force dans nos sociétés, y compris sous les formes et les lieux les plus inattendus. A l’école…… » voir P 69 à 75.

Cette reconnaissance je la partage avec tous les enseignants, les chefs d’établissement de l’enseignement public et de l’enseignement privé, les conseillers pédagogiques d’éducation, les infirmières scolaires, les parents d’élèves, qui depuis cinq ans ont osé s’engager avec moi dans cette voie, parfois malgré l’avis contraire de leur institution. A ce jour ce sont plus de 700 personnes qui dans leur quotidien professionnel proposent des temps d’intériorité aux enfants, aux pré-ados, aux ados et aux jeunes dont ils ont la charge éducative. Ce sont  eux les « Tisserands » qui construisent notre humanité. Qu’ils en soient ici remerciés et encouragés à poursuivre leurs actions.

Cette reconnaissance va aussi directement à des associations qui œuvrent dans le même sens et qui m’ont permis la divulgation, lors de congrès ou de conférences, de mon expérience des pratiques de pleine attention ou pleine conscience ou pleine présence en contexte éducatif : Le  printemps de l’éducation (Amiens et Lille), Colibris section d’Arras.

Je pense aussi à d’autres associations et personnes qui développent les mêmes valeurs et proposent des outils similaires et avec lesquelles j’ai déjà à maintes reprises échangé, au delà parfois de quelques  différences techniques, le fond est le même et là est l’essentiel : L’association RYE citée aussi dans le livre (développement du Yoga à l’école), l’association Happy Attention (Marine Locatelli, Brigitte Gamby-Cerf…), Mind with Heart, L’association pour la méthode Vittoz, le réseau Gestion Mentale, Max Delor en Belgique et bien d’autres…

Encore récemment je disais que dans quelques années (cinq ans au maximum), les pratiques dites de pleine conscience seront acceptées et reconnues dans tous les établissements scolaires français (public comme privé). Pourquoi cinq ans ? Par expérience, j’ai constaté qu’il fallait cette temporalité pour que les changements de type 2 (c’est à dire le vrai changement selon l’école de Palo Alto et notamment G.Bateson) se mettent en place. La preuve concernant l’action que je mène depuis cinq ans en matière de développement de ces pratiques en contexte éducatif. Nous avons maintenant atteint la reconnaissance, continuons à tisser et à former des « Tisserands ».

Raymond Barbry le 17 août 2016.

 

 

La vague de la méditation gagne la France, le Point en fait sa une.

Il y a cinq ans quand nous avions commencé à présenter l’approche des pratiques de pleine conscience ou pleine attention en contexte scolaire, nous étions encore considéré comme suspect ! Deux chefs d’établissement d’un ensemble scolaire (1er et 2nd) novateurs dans l’approche ont même du démissionner de leur poste sous la pression d’une partie des parents, et des représentants institutionnels, parce que proposant une formation à cette approche à leurs enseignants volontaires. A l’époque le mot était encore suspect ! Instantanément la plupart entendait « secte, gouroux »…et pourtant nous avions déjà à l’époque les arguments scientifiques et l’expérience qui montraient combien cette approche était bénéfique, et que plus tôt on pratiquait et plus vite nous avions des effets sur l’attention-concentration, sur la régulation des tensions relationnelles, sur un mieux être en soi global etc….Tous ces effets favorisent l’engagement, la motivation et l’envie pour tout apprentissage. Ils en sont la base.

Quel chemin parcouru en cinq ans ! Merci encore à ces deux chefs d’établissement, Francine Dufour et Bruno Pérard (qui sont redevenus enseignants aujourd’hui) d’avoir été innovateurs, d’avoir osé s’engager et engager les volontaires de leur équipe pédagogique dans cette démarche. Certes ils n’ont pas été reconnus, voire ont été « détruits » professionnellement par leur propre institution, comme souvent, les avants-gardistes ne sont pas reconnus. Ils font peur. N’oublions que ces deux personnes sont les initiateurs de ce qui se développe aujourd’hui en France tant l’enseignement public que dans l’enseignement privé. J’aimerais qu’ils ne soient pas oubliés ! Pour en savoir plus sur l’une de ces toutes premières expérimentations menée en France et connue à ce jour, voir les liens suivants et publiés dans la presse nationale :

1.Matinale d’Europe 1 : https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2012/10/26/la-meditation-a-lecole-on-en-parle-dans-les-medias/

2. Le site du Nouvel Observateur : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1158204-education-depoussierons-nos-ecoles-en-osant-la-meditation-en-classe.html

3. Le site de l’INREES. la journaliste de l’Inrees a été interviewée l’un des deux chefs d’établissement ainsi que des enseignants : http://www.inrees.com/articles/Mediter-a-l-ecole/

4. Voir aussi la revue « Regard Boudhiste »de janvier et février 2015  sur le thème 1pprendre, Recevoir, Transmettre : L’article « Pour des enseignants connectés » P 25 à 28.

 

Comment accompagner avec bienveillance les enfants actuels ? (R)évolutionnons l’éducation

Conférence Colibris à Arras, (R)évolutionnons l’éducation

Le jeudi 2 avril à Arras à l’IFP 17 avenue Michonneau

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L’AGEPS-Raymond Barbry  participera à cette conférence en compagnie de Marie Aline Echterbille (accompagnatrice d’enfants à haut potentiel).

Lors de cette conférence nous répondrons et débattrons sur les questions suivantes :

-Qui sont les enfants actuels ?
-Ont-ils des comportements particuliers ?
-Comment l’éducation peut-elle s’adapter à leur différence ?
-Qu’en est-il du respect de l’enfant dans l’éducation ?
-Montessori, Freinet, Steiner… Quelles sont les méthodes qui fonctionnent ?
-Qu’est-il possible de faire dans un cadre scolaire classique ?
-Quelle association possible entre parents et enseignants ?
-Le bien-être des enfants passe-t-il par celui des adultes ?
-L’école à la maison, est-ce une bonne idée ?

Lien avec le réseau colibris d’Arras

https://www.facebook.com/events/1710735889143467/?acontext=%22ref%22%3A3%2C%22ref_newsfeed_story_type%22%3A%22regular%22%2C%22feed_story_type%22%3A17%2C%22action_history%22%3A%22null%22

Que nous apporte la méditation aujourd’hui ?

Que nous apporte la méditation aujourd’hui, à un niveau individuel et collectif ? Comment expliquer l’ampleur qu’a pris ce phénomène dans nos sociétés occidentales ?
Débat et réflexion avec des intervenants phares de ce domaine.Voir ce reportage sur le site de l’INREES.

http://www.inrees.com/Video/sagesses-societes-1-meditation/

Pour faire suite à deux articles écrits sur ce blog il y a de cela quelques années :

 

Témoignage d’une expérimentation de pleine conscience en classe primaire en Belgique

Voir ce reportage sur la RTBF d’une action menée par Sophie Raynal. Une preuve que les pratiques de pleine conscience ont bien leur place dans le contexte éducatif actuel.

http://www.rtbf.be/info/societe/detail_enfants-stresses-la-pleine-conscience-a-l-ecole-comme-solution?id=9260192

Contenu de l’article écrit par Aurélie Didier.

Les enfants sont de plus en plus stressés. Pour les psychologues, le burn-out ne concerne plus seulement les adultes, mais aussi désormais les enfants. Très jeunes, beaucoup d’entre eux ont des objectifs de performance comparables à ceux des adultes, sont sous pression pour avoir un beau bulletin et ont un rythme de vie trop rapide. Difficile de chiffrer l’ampleur du problème, mais les spécialistes s’accordent pour dire que le phénomène va grandissant. Face à cela, il y a diverses solutions, dont le recours aux médicaments. Mais cette dernière solution a ses limites, et beaucoup de parents cherchent d’autres voies.

Parmi les alternatives, il y a la pleine conscience. La formatrice Sophie Raynal propose des séances dans des écoles. Elle applique aux enfants un cursus mis en place par le professeur de médecine américain Jon Kabat-Zinn. Il s’agit d’une formation en huit séances, données une fois par semaine pendant deux mois. Sophie Raynal travaille dans plusieurs écoles et affirme qu’elle obtient des résultats très positifs à court et à long terme. Dès lors, pour comprendre comment les enfants peuvent évoluer avec la pleine conscience, une de nos équipes de tournage a suivi une de ces formations pendant deux mois. Elle a été donnée en octobre et en novembre 2015 à l’école Sainte-Lutgarde à Lasne.

Le premier jour de formation

Il est 10 heures, Sophie Raynal accueille une classe de 5° primaire dans une salle de l’école de Lasne. La formatrice avait précédemment déposé des petits coussins en rond au sol pour chacun. Les enfants s’assoient et dès le départ, la formatrice installe avec eux une ambiance apaisante. Les enfants reviennent de la cours de récréation, ils sont encore sur le qui-vive, en pleine activité.  » Alors on inspire, on ferme les yeux. »  Un « ding » retentit, et  « on va apprendre à écouter son corps… Un peu bizarre hein d’écouter son corps ! Le corps ne parle pas vraiment mais il envoie des petits messages, des petits signes « . Les enfants commencent à comprendre ce qu’est la méditation en pleine conscience : « vivre l’instant présent ».

Cette formatrice affirme qu’elle pourra les aider à vivre de manière plus épanouie, à mieux réussir leurs contrôles et à réduire leur stress. Ces enfants connaissent la signification du stress alors qu’ils sont encore très jeunes. Une des élèves affirme qu’elle sent son corps quand elle est inquiète : « Quand je stresse fort, je le sens dans mon ventre « .

Le cursus de pleine conscience de Jon Kabat Zinn est validé scientifiquement. Plusieurs études ont démontré ses effets positifs sur le cerveau. Sophie Raynal continue la séance, les enfants sont désormais allongés, les yeux fermés. « Tu pourras apprendre à mieux le connaitre, à mieux sentir quand il est fatigué, quand il a besoin de repos ». Les enfants sont invités à sentir toutes les parties de leur corps, qu’elles soient tendues, détendues ou encore douloureuses. Ce qui est important, selon Sophie Raynal, c’est de sentir et d’accepter ce qui se passe dans l’instant présent. En cela, la pleine conscience se distingue largement de la simple relaxation.

Le retour en classe

Parmi les élèves, Amélie Cattoor, 9 ans, qui se demande si la pleine conscience peut réellement l’aider à être plus apaisée en classe, mais aussi dans sa vie personnelle.  » Moi quand je serai stressée, est-ce que je serai moins stressée ? « 

Elle et d’autres élèves sont parfois tendus. Certains ont des difficultés à se concentrer, font des crise de colère. Chacun a son problème. Alors l’institutrice Catherine Devezeaux va désormais appliquer tous les jours en classe des exercices proposés par la formatrice.

Il y a par exemple l’exercice de la tirette :  » On va tous imaginer qu’on a devant notre ventre une tirette. Donc votre main va soit fermer, soit ouvrir la tirette « . Les élèves font semblant d’ouvrir et fermer la tirette, ce qui les aide mentalement à commencer l’exercice d’inspiration et d’expiration. Dans la classe, c’est le silence, ou presque : on entend simplement une vingtaine d’enfants respirer profondément.

Le retour à la maison

Amélie a l’air d’apprécier les exercices. De retour chez elle, elle a bien l’intention de les partager avec le reste de la famille. Son frère Simon est trisomique. Elle se dit que cela peut l’aider lui aussi à gérer ses émotions. Elle tente de l’initier à l’exercice de la tirette :  » Quand tu es stressé, ou que tu es fâché, tu peux respirer. Quand tu ouvres la tirette, tu inspires, quand tu fermes la tirette, tu relâches…Pff… OK ?  » Simon se prête au jeu. Sa mère, Rossana Tricoli, lui demande son avis après l’exercice :  » Tu te sens comment ? Tu te sens bien ou tu te sens énervé ? « . Simon :  » Je me sens bien ! Merci Amélie ! « 

Mais Amélie fait aussi de la nage synchronisée. Aujourd’hui, elle stresse déjà pour une épreuve importante qui aura lieu dans plus d’un mois.

Un mois plus tard

Nous la retrouvons donc pour ce moment crucial, une compétition nationale à Zwevegen en Flandre-Occidentale. L’équipe a du se lever tôt, se préparer. Les filles répètent jusqu’au dernier moment.

Entre-temps, Amélie a suivi plusieurs séances de pleine conscience à l’école et le fait découvrir à son équipe. Avant le début de la compétition, toutes les filles prennent quelques minutes pour méditer dans les vestiaires de la piscine sous le regard étonné de quelques personnes. Mais difficile pour la coach de résister à faire les dernières retouches alors que les nageuses méditent.

Puis c’est le grand moment, il faut tout donner en quelques secondes pour le show et la compétition. A la sortie de la piscine, Amélie est contente :  » Au départ, j’étais super stressée ! Puis quand j’ai été dans l’eau, je me suis calmée, et j’ai commencé. « 

Cette fois, l’équipe d’Amélie n’a pas emporté de médaille, mais elle est heureuse d’avoir pu vivre sa compétition plus sereinement que d’habitude.

Après deux mois de formation

Après deux mois, la classe de 5° primaire de Sainte-Lutgarde arrive à la fin de la formation. Les élèves ont appris à décoder leurs émotions, à se centrer sur l’instant présent sans ruminer sur le passé ou sans angoisser sur le futur.

En classe, l’institutrice voit clairement la différence :  » Si on fait de la pleine conscience avant un contrôle, la moyenne générale du test peut augmenter de 2 points sur 20. Cela centre les enfants qui ont des difficultés à se concentrer. Par exemple, j’ai un enfant qui a de gros troubles de l’attention, et il réclame la pleine conscience, y compris chez sa logopède. « 

Ce n’est pas tout. Les élèves ont appris à être bienveillants avec eux-mêmes et avec les autres. Désormais il y a une boite à mercis dans la classe, rédigés par les enfants. L’institutrice les lit un à un :  » Merci à Flavie de m’avoir consolée « .

Les élèves sont tous d’accord, ils continueront à faire de la pleine conscience tous les jours. Avec l’institutrice, ils ont d’ailleurs décidé de s’aménager un coin méditation dans la classe.