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Formation à la pleine attention pour des enseignants du 1er et du 2nd degré.

L’AGEPS-Raymond Barbry poursuit et développe dans de plus en plus de lieux et pour des publics différents la formation à la pleine attention à destination d’enseignants et du personnel éducatif.

 

A cette rentrée de janvier 2017, c’est dans le cadre d’un partenariat avec l’ISFEC de Montpellier que j’ai débuté une formation regroupant des professeurs des écoles, des professeurs de collège, de lycée et un formateur de l’ISFEC (centre de formation d’enseignants).

Cela fait maintenant six ans que je propose ce thème de formation qui a évolué au fur et à mesure des expériences et des rencontres avec les enseignants qui intègrent dans leur temps de classe des temps spécifiques de développement de l’attention-concentration en appui sur les pratiques de pleine conscience.

Il y a six ans, proposer de former les enseignants à ces pratiques n’étaient pas forcément  admis et accepté par une bonne partie des représentants officiels de l’éducation nationale (tant public que privé sous contrat). Il n’y avait pas vraiment d’interdit formel mais une tolérance très distanciée. Pour preuve, au début des années 2010 certains chefs d’établissements et enseignants ont pu ici et là rencontrer des soucis avec leur hiérarchie.

J’avais l’intime conviction depuis plus d’une quinzaine d’années qu’une des réponses au mal être dans les établissements scolaires tant des élèves que des adultes en charge de leur éducation-enseignement passait par la mise en pratique dans le temps scolaire de temps de calme institutionnalisé (poser dans l’emploi du temps). Il a fallu la rencontre avec quelques enseignants, chefs d’établissements, conseillers pédagogiques d’éducation, infirmières  au fait des pratiques de méditation de pleine conscience, de yoga, de sophrologie, de méthode Vittoz, de gestion mentale pour les initier et leur permettre de proposer aux élèves des temps de pratique. Nous n’étions alors en France  que quelques uns à prendre position pour le développement des pratiques de pleine conscience en contexte scolaire. Nous nous comptions sur les doigts d’une main ! Quel chemin parcouru depuis six ans.

Je suis de fait bien placé pour constater l’évolution dans le système éducatif français d’une part, des représentations des personnes quant à ces dites pratiques de  pleine conscience et d’autre part de l’exploitation pédagogique qui en est faite à l’heure actuelle. Voici quelques remarques à ce sujet

  • Parler de méditation, de pleine conscience ne fait plus peur aujourd’hui. Le mot de méditation lui même est accepté. Pour preuve dans le cadre d’une formation pour les publics décrocheurs, j’ai pu aborder cette question sans aucune réticence avec les enseignants et les conseillers pédagogiques d’éducation.
  • Une demande d’informations accrue. De plus en plus d’enseignants, d’éducateurs dans le premier comme le second degré sont demandeurs d’outils au sujet de la méditation de pleine conscience.
  • Une augmentation exponentielle des initiatives personnelles. Les enseignants, cpe, éducateurs et chefs d’établissements prennent des initiatives en ce domaine, soit en sollicitant des formations comme je peux le faire, soit en exploitant des compétences personnelles acquises dans un autre contexte de vie personnel ( parcours de yoga ou de méditation de pleine conscience ou de zazen ou de relaxation ou de sophrologie etc…).
  • Des parents en demande. Les parents sont de plus au fait de ces pratiques, le livre d’Eline Snel vendu en France a plus de 500 000 exemplaires a été un formidable accélérateur. Il traduit bien la réalité de la demande et du besoin.
  • Des responsables institutionnels de plus en plus concernés. Même si ici et là des résistances sont bien ancrées pour des raisons qui se comprennent au regard des aspects, politiques, idéologiques et personnelles, il n’en reste pas moins que de plus en plus s’interrogent, vont rencontrer ceux qui innovent dans le domaine. Par exemple, je suis impressionné par le nombre d’IEN qui s’intéressent à cette question parce qu’observant dans les classes les effets bénéfiques des pratiques de pleine conscience sur les élèves et les enseignants.
  • Des médias qui en parlent de plus en plus. Il ne se passe pas une semaine sans que dans la presse quotidienne il est fait écho de ces pratiques dans les différents domaines de vie :personnel, professionnel, éducatif…

D’ici quelque temps, ce sont dans les centres de formation initiale des enseignants que seront initiés ces pratiques. Pour preuve des formateurs des ESPE (enseignement public) et des ISFEC (enseignement privé) sont demandeurs.

Raymond Barbry le 14 janvier 2017

La « pleine attention » intégrée dans la préparation des jeunes footballeuses et footballeurs

Je mène depuis cette année scolaire une formation de pleine attention pour des jeunes footballeuses et footballeurs d’une section sportive d’un collège de la banlieue lilloise (Hellemmes). Cette formation prend la forme d’un atelier qui consiste à  des temps de rencontre d’une heure par groupe d’une quinzaine de jeunes âgés de 12 à 14 ans.

Avec l’équipe pédagogique de l’établissement et le « staff » technique de la section sportive, nous avons arrêté six rencontres sur une période de deux mois et demi. Les principes de base de cette formation.

Des temps de pleine attention intégrés dans les séances d’entraînement et dans la journée. Le principe clef de cet atelier consiste à présenter une série de situations de pleine attention que les jeunes peuvent exploiter quotidiennement à l’internat sous la responsabilité de Soraya Bach-Difle (Conseillère principale d’éducation)  et de Nathalie Scol (Infirmière). Les « coachs » intègrent systématiquement lors de l’entraînement des temps courts visant le développement de la pleine attention. Quotidiennement nous pouvons estimer que les jeunes pratiquent la pleine attention plus de dix minutes réparties en plusieurs temps de la journée.

Investissement et formation du staff pédagogique et technique. Chaque temps d’atelier est suivi par le staff technique et pédagogique qui pour une bonne partie d’entre eux a déjà suivi une formation à la pratique de la pleine attention. Pour plus de détails sur cette expérience voir le lien avec l’article suivant :

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2016/04/30/la-pleine-attention-en-college-temoignage-dune-experimentation/).

L’atelier est filmé, ce qui en facilite la réappropriation par les responsables pédagogiques dans les temps entre deux ateliers.

Une priorité novatrice du projet d’établissement. Sous l’impulsion de Nathalie Scol, de Soraya Bach-difle – déjà citée plus haut –  et du Principal adjoint, c’est une partie de l’équipe pédagogique (enseignants, éducateurs) qui depuis l’an dernier se forme aux pratiques de pleine attention pour l’intégrer dans les temps de classe ou de vie scolaire (internat).

Raymond Barbry le 24 novembre 2016

La pleine attention en collège, témoignage d’une expérimentation.

Dans le cadre du 3ème forum du printemps de l’éducation Lillois (le 23 avril) Nous avons témoigné avec l’infirmière, Nathalie Scol, et une enseignante représentante de ses collègues, Virginia Lobo Garcia,  de l’expérimentation menée depuis octobre 2015 au collège Antoine Saint Exupéry d’Hellemes dans la banlieue lilloise.

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Voici les grandes lignes de cette communication qui dans un premier temps explicite l’origine de la demande, par Nathalie Scol. Dans un second temps c’est le résumé de l’action de formation menée par Raymond Barbry/AGEPS et pour finir Virginia Loba Garcia, témoigne des expérimentations faites avec les élèves.

Pourquoi cette demande de formation à destination des enseignants, des conseillers pédagogiques d’éducation, des éducateurs et de la direction ?

Le point de départ : des constats faits à l’initiative de l’infirmière et reconnus par l’ensemble des acteurs éducatifs de l’établissement. (constats qui peuvent se généraliser à la plupart des collèges) :

  • Augmentation du mal être physique des collégiens.
  • Augmentation des crises de spasmophilie et d’angoisse.
  • Augmentation des violences  verbales et physiques envers les autres et envers soi.
  • Augmentation du déficit d’attention.
  • Augmentation du mal être psychologique et social qui se traduit par la perte de l’estime de soi et de la confiance en soi, l’augmentation du stress, la difficulté à réguler les émotions, les difficultés relationnelles, l’image du corps dégradée, la perte de sens et d’intérêt  pour l’engagement scolaire.

Une première réponse apportée par l’infirmière :  la relaxation pour les élèves.

  • Mise en place de séances hebdomadaires au sein de l’internat pour les élèves volontaires
  • Les effets observés :  des élèves plus calmes, des élèves qui pratiquent avant d’aller coucher, des demandes d’élèves pour venir pratiquer des temps courts de relaxation (5mn) à l’infirmerie.

Suite à cette mise en place de temps de relaxation, un besoin s’est imposé tant pour les élèves que pour les adultes de l’établissement (enseignants, conseillers d’éducation, direction).

L’action de formation à destination des adultes.

C’est à l’issue du 2ème forum du printemps de l’éducation lillois (2015) où nous avions communiqué sur la question des pratiques de pleine conscience dans le contexte éducatif  français que Nathalie Scol et les responsables du collège (conseiller principal d’éducation, principal adjoint) ont pris contact avec l’AGEPS-Raymond Barbry pour élaborer un projet de formation à destination des adultes volontaires de l’établissement. Le projet d’intervention a été validé par le conseil d’administration de l’établissement.  Voici les grandes étapes de cette formation qui s’est déroulé sur une période de cinq mois d’octobre 2015 à février 2016.

  • Plutôt des pratiques de pleine attention que de pleine conscience. Nous préférons employer  le terme de pleine attention qui se prête plus au contexte éducatif d’une part et, d’autre part, le terme de pleine conscience est actuellement connoté à une approche spécifique aussi appelée « mindfulness ». Or de notre point de vue ces pratiques recoupent une multitude d’approches qui ont toute la même base de départ que nous retrouvons dans toutes les cultures et à toutes les époques et dont le sens premier vise au développement de la conscience de soi et de l’intériorité.
  • Parmi les pratiques de pleine attention les plus courantes en plus de la « mindfulness », nous retrouvons : le yoga, la sophrologie, la relaxation, la méthode Vittoz, la gestion mentale, l’eutonie…. Même si les tenants de ces différentes approches perçoivent des différences entres elles (voire au sein d’une même famille) , il n’en reste pas moins que fondamentalement elles visent les mêmes intentions.
  • Un programme en huit rencontres produit par l’AGEPS-Raymond Barbry et qui s’articule autour de trois approches : la pleine conscience, la gestion mentale et la préparation mentale. Ce programme élaboré depuis cinq ans évolue continuellement au regard des expérimentations mises en place dans différents établissements scolaires en formation interne et en externe lors de formations d’enseignants, de chefs d’établissements (aussi bien enseignement public que privé). A ce jour ce sont plus de six cents professionnels du milieu éducatif qui ont pu bénéficier de ce programme (enseignants, cpe, éducateurs, chefs d’établissements, représentants de parents d’élèves).
  • Un programme d’abord pour les adultes. Même si l’intention est d’exploiter ces temps de pratique dans le temps pédagogique pour les élèves, il n’en reste pas moins que les enseignants, éducateurs et principal adjoint volontaires doivent s’approprier cet outil avant de le proposer aux élèves.  C’est une des conditions déterminantes de la réussite du programme et de l’atteinte des effets visés en matière d’attention-concentration, de calme, de régulation du stress, de régulation des tensions et de l’engagement scolaire.
  • Caractéristiques des temps de formation. Hormis la première séance (durée de trois heures), les autres rencontres avaient une durée de deux heures. Elles étaient réparties de la manière suivante : 1. Un temps d’échange et de partage sur le vécu de la séance précédente, sur les effets de l’entraînement personnel entre chaque rencontre et sur les expérimentations faites par les uns et les autres avec les élèves (temps de paroles 2. Un temps de pratique sur une nouvelle thématique et la proposition d’un guide d’entraînement pour s’approprier les dites pratiques.
  • Les effets observés par les participants à cette formation qui a regroupé près d’une vingtaine de  volontaires. Nous avons réalisé une évaluation du dispositif à l’issue du programme. Voici ce qui s’en est dégagé principalement : Le lien et l’interaction entre le corps, les pensées et les émotions..L’attention à  sa respiration….Des outils concrets, exploitables pour soi et pour les élèves….Avant tout et surtout une pratique…Des bienfaits pour soi, pour nous collectivement et pour les élèves….L’optimisme qui se dégage de ces pratiques….Les bienfaits des exercices réalisés au quotidien sur la régulation du sommeil, notre niveau de stress, notre niveau d’attention…Des outils pour trouver la sérénité, la concentration….Une méthode et des techniques qui nous permettent de mieux réguler les situations professionnelles difficiles.

Le point de vue d’une enseignante qui a suivi le programme de formation.

Virginia Lobo Garcia enseignante en espagnol , a participé à ce programme et témoigne des mises en pratique avec ses élèves dans le cadre de son enseignement. Par ailleurs Madame Garcia a suivi une formation de Yoga et est membre du RYE (réseau pour le yoga éducatif).

  • Cette formation m’a permis d’oser proposer ces pratiques aux élèves dans le cadre de mon enseignement. J’accepte de prendre du temps en début du cours, jusque dix minutes de pratique, pour mettre les élèves en condition d’attention et de calme.
  • J’observe plus de calme et d’attention dans les classes où je commence à proposer ces temps de pratique. ce qui se traduit par une qualité d’engagement accru dans les tâches scolaires.
  • La grande majorité des élèves sont en demande de ces temps de pratique. Ceux qui n’adhèrent pas dans un premier temps, respectent le groupe, puis au bout de quelques semaines s’y engagent.
  • Il importe d’être patient quant aux effets observés. En effet, c’est parce qu’il y a un entraînement régulier, plusieurs fois par semaine, que les élèves acquièrent peu à peu les compétences attendues. Ce n’est pas parce que nous faisons quelques séances que le calme, l’engagement vont gagner toute la classe. Il faut accepter d’attendre quelques semaines pour en voir les effets.

Voici un résumé des pratiques de pleine attention proposées aux élèves par l’ensemble des participants à ce dispositif de formation (éléments recueillis suite au bilan réalisé en fin de formation)

  • Les différents exercices respiratoires à différents moments du cours.
  • Faire faire des respirations profondes quand les élèves arrivent énervés dans le bureau.
  • La fixation attentionnelle sur un point (temps très court pour recentrer).
  • Des micro-temps d’attention-concentration.
  • Des micro-temps de silence.
  • La marche en régulant les temps d’expiration et d’inspiration (breathplay) – voir à ce sujet l’article écrit sur ce blog en allant sur le lien suivant : https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2015/12/21/pour-faciliter-lattention-des-eleves-oser-de-la-marche-en-conscience-temoignage-dune-enseignante-de-college/
  • La cohérence cardiaque.
  • Le scan corporel.
  • Des exercices de yoga.
  • Des temps de relaxation guidée.
  • La régulation des états émotionnels (colère, tristesse, joie).
  • Les kiffs (petits moments de bonheur et de réussite)
  • Des temps de calme guidés en début, fin de journée et dans les moments de tension.
  • Exploitation du CD « calme et attentive comme une grenouille ».

En conclusion, cette expérimentation qui s’est installée comme une pratique régulière dans ce collège, nous amène aux mêmes effets que ceux remontés par les études réalisées à l’étranger. Et c’est aussi ce que nous observons en tant que consultant-formateur lors d’accompagnements et de formations d’autres équipes pédagogiques qui osent systématiser les pratiques de pleine attention dans une intention pédagogique.

  • L’attention-concentration s’améliore.
  • Le calme est plus présent dans les classes.
  • Le niveau de stress des élèves se régulent.
  • La connaissance et la conscience des émotions s’améliorent.
  • Un mieux être s’installe dans les classes.

Cependant, il serait illusoire de penser et de croire que développer les pratiques de pleine conscience ou de pleine attention serait LA SOLUTION MIRACLE.  Il est évident que donner leur juste place à ces pratiques a du sens dans le contexte éducatif. Mais cela n’empêche pas de faire l’économie d’une réflexion plus globale sur le sens de l’école et de la scolarité en période de mutation sociétale.

Merci à Nathalie Scol et Virginia Lobo Garcia pour leur participation à ce témoignage.

Vous pouvez retrouver d’autres articles écrits au sujet de cette expérimentation au collège d’Hellemmes en cliquant sur les liens suivants dans ce même blog.

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2016/03/02/une-experience-de-pratique-de-pleine-attention-ou-pleine-conscience-en-college/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2016/01/12/effets-de-la-regulation-du-stress-des-adultes-sur-la-relation-avec-les-adolescents-en-college/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2015/12/21/pour-faciliter-lattention-des-eleves-oser-de-la-marche-en-conscience-temoignage-dune-enseignante-de-college/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2015/09/17/lattention-concentration-et-le-bien-etre-a-lecole-comme-axe-du-projet-detablissement/

Article réalisé par Raymond Barbry, le 30 avril 2016

 

 

3ème forum du Printemps de l’éducation Lillois, les 23 et 24 avril 2016

Pour la troisième année consécutive, l’AGEPS-Raymond Barbry va participer au Forum du printemps de l’éducation lillois.

A cette occasion nous communiquerons sur deux thématiques liées aux activités d’accompagnement-formation d’équipe pédagogiques (public et privé) que nous menons depuis plusieurs années.

1. Le bien être à l’école, oui, mais comment ? A quelles conditions ?

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Cette conférence s’appuie sur l’accompagnement d’équipes pédagogiques ou d’initiatives individuelles d’enseignants ou de chefs d’établissements qui ont décidé de mettre en priorité dans leur projet d’établissement et pédagogique la recherche et la mise en œuvre d’actions et de dispositifs visant  le bien être de tous, aussi bien pour les adultes intervenant dans les établissements scolaires que pour  les élèves fréquentant les établissements (enfants, pré-ado, adolescents, jeunes). Cette approche rejoint ce qui est développé dans d’autres contextes de la société (travail, association etc…) et qui a été mis en valeur récemment par le film « demain ».

2. Les pratiques de pleine attention en collège.

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Nous communiquerons avec Nathalie Scol (l’infirmière du collège), et Loba Garcia (enseignante) sur l’expérimentation qui est menée dans ce collège depuis octobre 2015