Archives de Tag: pleine attention

Une journée de pleine attention (méditation) à l’école, ou comment et quand placer des temps de pleine attention et de calme dans un emploi du temps?

Depuis que je forme des équipes pédagogiques à intégrer des temps de pleine attention dans l’emploi du temps scolaire, j’ai pu observer ce qui semblait être le plus efficient dans la durée et avait les meilleurs effets pour les enfants et pour les adultes.

Illustration de la vidéo

Je rappellerai quelques principes de base et proposerai ensuite un exemple d’emploi du temps d’une journée avec les temps de pleine attention qui la jalonne (journée de classe dans le contexte culturel français de l’école primaire).

1. Les principes de base sur lesquels s’appuient mes interventions.

  • Des temps courts (de 1 à 5mn) qui se répètent formellement chaque jour de classe de 3 à 5 fois dans la journée, voire plus. Il s’agit d’instaurer un rituel.
  • Une systématique, commencer et finir la journée par un temps de pratique de pleine attention.
  • Une situation par jour est réalisée en déplacement ou mouvement, quand les conditions d’espace le permettent.
  • Un temps plus long de pratique peut être proposé après la pause méridienne, à la reprise de la classe l’après midi, sous la forme d’un temps calme non dirigé.
  • Des situations différentes dans la journée, mais qui se répètent chaque jour (cf l’exemple de l’emploi du temps en point 2).
  • Des situations qui sont adaptées aux caractéristiques des enfants et notamment de la maturité cognitive (cf le développement du néo-cortex).
  • Multiplier des temps informels très courts de quelques secondes (une dizaine) à une minute (maximum), quand le besoin se fait sentir à tout moment de la journée. Les enfants habitués à la pratique de la pleine attention depuis plusieurs années, n’hésitent pas à les réclamer.

2. Exemple d’un emploi du temps intégrant les pratiques de pleine attention (méditation) dans une journée classique de classe à l’école primaire. Cet exemple s’appuie sur ce qui est réalisé concrètement depuis plusieurs années dans des classes et des écoles qui ont intégré la pratique de la pleine attention comme priorité du projet d’école. Les enfants sont de ce fait habitués à avoir quotidiennement ces temps dans presque toutes les classes. Les horaires ne sont là qu’à titre indicatif et ont à être adaptés au regard du contexte de l’établissement.

  • 8h45 à 9h00 / Premier temps de pleine attention – Se mettre à l’écoute de sa respiration (3mn) suivi d’un temps sur les ressentis émotionnels de l’instant, « je me sens comment ? »  (météo émotionnel).
  • 9h00 à 9h40 / Premier temps d’activité en lien avec les disciplines d’enseignement des programmes officiels.
  • 9h40 à 9h45 / Deuxième temps très court de pleine attention (1minute en réel). D’abord un temps de pause dans le calme permettant le passage d’une activité à l’autre et se terminant par une minute de silence en écoutant un bâton de pluie, par exemple.
  • 9h45 à 10h25 / Deuxième temps d’activité en lien avec les disciplines d’enseignement dans les programmes officiels.
  • 10h25 à 10h30 / Troisième temps très court de pleine attention (1minute en réel). Temps de pause se terminant par une visualisation de la matinée…Ce que je retiens du début de matinée.
  • 10h45 à 10h50 / Temps de pleine attention en retour de récréation (3mn)– Fixer son regard sur une objet et ne pas le quitter des yeux pendant le temps de l’exercice. Exercice spécifique de développement de l’attention-concentration.
  • 11h00 à 11h55 / Troisième temps d’activité en lien avec les programmes officiels.
  • 11h55 à 12h00 / Cinquième temps de pleine attention (temps réel 3minutes) – par exemple, attention à sa respiration avec soit déplacement en marchant (si l’espace le permet), soit en faisant des mouvements avec les bras rythmés sur la respiration. le temps d’expiration est plus long que le temps d’inspiration.
  • 13h30 à 14h00 Reprise après la pause méridienne / Temps de calme libre dans lequel peut être intégré  un temps de pleine attention guidée (sixième temps de pleine attention de 5 à 10-15mn en fonction de l’âge). C’est un temps de pause qui se fait dans le calme et où il est laissé liberté aux enfants de choisir, de faire une micro-sieste, de lire, de dessiner, le tout dans le calme et le silence. Une musique douce peut servir de support durant ce temps. Certains enseignant-e-s guident une partie de ce temps en proposant une séance de pleine attention à visée de détente, par exemple le scan corporel.
  • 14h00 à 14h45 / Quatrième temps d’activité en lien avec les programmes officiels.
  • 14h45 à 15h50 /Temps très court de pleine attention (1minute en réel). D’abord un temps de pause dans le calme permettant le passage d’une activité à l’autre. 
  • 14h50 à 15h30 / Cinquième temps d’activité en lien avec les programmes officiels.
  • 15h45 à 15h50 / Temps de pleine attention en fin de récréation (3 mn)– par exemple, une activité en mouvement avant le retour en classe, marche lente ou marche avec temps d’expiration plus long que le temps d’inspiration.
  • 15h50 à 16h30 / Sixième temps d’activité
  • 16h30 à 16h35 / Temps de pleine attention avec identification des « kiffs » de la journée. Se souvenir des petits moments de bonheur de la journée. En fonction des niveaux de maturité des enfants, demander à revivre mentalement ces petits moments et en ressentir les émotions. Dans les classes de cycle 3, il peut être demandé de les écrire (cahiers de kiffs).

Sur une journée de classes, les enfants peuvent passer de 15 à 25mn en état de pleine attention en positionnant des temps courts aux différents moments de la journée. Cela rejoint une proposition du pédagogue Antoine De La Garanderie qui préconisait de positionner par heure de classe trois temps de silence d’une minute..soit un total de dix huit minutes pour une journée de classe.

Dans cet exemple nous n’avons pas signalé d’objet précis concernant les thématiques des temps de pleine attention guidée. Il va de soi que lorsque qu’un travail sur les émotions est réalisé ou qu’un atelier philo est proposé, ces temps sont propices à une proposition de pleine attention adaptée.

Raymond Barbry, le 18 octobre 2018

 

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Développer le bien être à l’école, c’est nécessaire et indispensable ! Oui mais comment ?

Le mercredi 24 octobre le réseau CANOPE d’Amiens propose une matinée sur la question du bien être à l’école.

9h00 à 10h30, J’introduirai cette journée par une conférencej’exposerai les pratiques qui favorisent le bien être à l’école et les effets observés sur l’apprentissage et les relations. A la suite de cette conférence j’animerai l’atelier pleine attention à l’école.

La conférence sera suivie de trois ateliers qui seront proposés deux fois, j’animerai l’atelier pleine attention à l’école.

Ateliers (de 11h00 à 12h00 ou de 12h00 à 13h00)

  • Apprentissage et Sophrologie. Découvrez et apprenez des pratiques simples de sophrologie à réutiliser au quotidien pour soi et/ou en classe, pour installer un climat propice aux apprentissages. 
  • La pleine attention à l’école. Expérimenter la méditation de pleine conscience au travers d’une série d’exercices et apprenez à exploiter ces situations en classe. Elle favorise le développement de l’attention-concentration, de l’intériorité, de la conscience réflexive et de la conscience réflexive lucide.
  • Mettre en place un atelier yoga en classe. Comment mettre en œuvre un atelier de yoga en classe afin d’apaiser les tensions, gérer l’énergie des enfants et favoriser la concentration ?

Voir le lien suivant pour plus d’information :

https://www.reseau-canope.fr/service/developper-le-bien-etre-a-lecole-cest-necessaire-et-indispensable-oui-mais-comment.html

Raymond Barbry, le 7 octobre 2018

 

Pratiques de pleine attention et effets de la méditation – Cahiers pédagogiques / Des alternatives à l’école ?

La revue « Cahiers pédagogiques » dans son dernier numéro 547 de septembre-octobre 2018 – Des alternatives à l’école– vient de mettre en ligne un article que j’ai co-écrit avec Florent Pasquier (Maître de conférence à Paris-Sorbonne) sur les effets des pratiques de pleine attention et de la méditation à l’école….Une reconnaissance de plus de ces pratiques qui rentrent de plus en plus dans les classes.
Voici le lien direct avec l’article :

 

 

Grandir avec ses émotions de Clarisse Gardet

Nous avons déjà plusieurs fois fait référence aux travaux et aux outils que Clarisse Gardet met à notre disposition pour exploiter dans le cadre éducatif la sophrologie, la méditation et toutes les pratiques dites de pleine attention. C’est avec plaisir que nous vous présentons son dernier ouvrage publié ce jour, Grandir avec ses émotions.

Colère, peur, tristesse, jalousie…  Les émotions des enfants, petits ou  grands, nous  laissent souvent démunis. Si la santé  physique est fondamentale,  la santé émotionnelle est primordiale pour un bon équilibre.  Cet ouvrage aide parents et enseignants à  comprendre les enfants et à  adopter la bonne posture. Il montre aux adultes combien leurs états  affectifs interfèrent dans leurs relations avec les plus jeunes.  Forte de plusieurs années d’accompagnement de familles, Clarisse  Gardet livre des clés pour apprendre à  tenir compte des émotions,  sans culpabilité, et agir en toute bienveillance.  Elle offre la possibilité  aux enfants, par la pratique de la méditation,  d’exprimer et de mieux connaître leurs émotions.

Ce livre contient :
– les connaissances de base sur les émotions et le développement
de l’enfant ;
– des témoignages et des expériences ;
– des jeux, des histoires et des méditations guidées pour entrer  progressivement dans la pratique.
En complément : un CD de 14 exercices lus par l’auteur.

Raymond Barbry, le 13 septembre 2018

La pleine attention à l’école…phénomène qui s’amplifie pour l’année 2018/2019

Le développement et les demandes de formation sur la pleine attention ou pleine présence ou méditation de pleine conscience à l’école s’amplifient en ce début d’année scolaire….

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Pour ma part, dés ce début d’année, ce sont déjà plus d’une quinzaine d’établissements scolaires publics et privés sous contrat qui ont validé une demande de formation pour une partie, voire la totalité de l’équipe pédagogique (écoles, collèges et lycées). Pour certains, c’est un engament dans un suivi (deuxième année) de l’équipe.

A cela se rajoutent les stages proposés pour des enseignants en formation continue 1er et 2nd degrés (Hauts De France, Occitanie..) et les interventions auprès d’associations de parents d’élèves.

Au fur et à mesure de l’année je ferai échos des avancées de ces établissements.

Raymond Barbry, le 04/09/2018

Où votre esprit va, tout suit ! De la nécessité de développer la concentration optimale..

Cet article est inspiré des travaux et de l’expérience d’un collègue américain,Terry Orlick, spécialiste mondialement reconnu en psychologie sportive. Il a conseillé de nombreux sportifs au plus haut niveau international et dans de multiples spécialités sportives. Une de ses priorités en matière de préparation mentale consiste à développer la connexion concentrée ou concentration optimale ou pleine attention.

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Terry Orlick parle de connexion concentrée pour définir la concentration totale ou connexion ininterrompue entre deux choses. C’est l’exemple classique du chat qui poursuit la souris, de jeunes enfants qui jouent, ou d’un athlète qui est totalement dans son effort, plus rien ne compte alors !

Cette connexion concentrée, ciblée est certainement l’une des compétences les plus importantes dans la vie parce qu’elle affecte tout. Personnellement j’emploie le terme de « méta-compétence » quand je fais référence à ce qu’il appelle cet état optimal de concentration aussi appelé état de pleine attention. Elle est déterminante pour l’apprentissage, pour la performance, pour nos relations humaines. C’est parce que nous sommes capable d’être dans cet état de concentration que nous pouvons donner le meilleur de nous et que tout peut devenir possible. C’est souvent la différence entre une grande et une petite performance en matière sportive, entre vivre pleinement notre vie et juste glisser d’un jour au suivant. De nombreuses opportunités sont perdues parce que les personnes sont présentes physiquement, mais absentes mentalement. Elles ne peuvent pas profiter des possibilités d’apprentissage, des possibilités de performance et des possibilités de relations, de vivre les joies simples de tous les jours parce que la connexion (leur présence) à la situation est absente.

Tout est dans la concentration – dans la vie et dans les poursuites de performance. Une concentration positive canalise notre engagement en une série d’actions positives, ce qui nous permet d’aller vers notre excellence dans notre engagement. Ce niveau de concentration nous libère de tout ce qui est inutile et nous connecte à notre expérience dans l’instant (être dans le moment présent). C’est un état d’esprit où rien n’existe en dehors de ce dans quoi nous sommes engagés ou de ce que nous vivons à ce moment là.

La base de la préparation mentale est le développement de cette concentration optimale. La qualité de notre concentration va affecter chaque apprentissage, chaque performance et chaque relation. Elle détermine le rythme et la qualité de l’apprentissage, la qualité de la performance et la qualité de la vie. En étant capable de guider notre connexion concentrée de manière positive (concentration optimale), nous pouvons mieux contrôler l’intensité, la direction, la durée, la constance et le joie de nos expériences, de nos actions.

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Le témoignage d’un archer plusieurs fois champion du monde décrit bien cet état de concentration optimale. L’objectif d’un archer de classe mondiale est de frapper le centre de la cible à chaque flèche. Il s’entraîne à trouver le milieu du milieu, de voir un seul centre. Dans cet état de concentration totale, l’archer ne connaît aucune distraction. Il tire chaque flèche comme une entité distincte, en se concentrant pleinement pendant la courte période nécessaire pour libérer le coup. Les périodes entre chaque tir sont des moments de relâchement, dans lequel toutes les tensions, musculaires et mentales sont dissipées et l’esprit est libéré de la dernière flèche et se prépare pour la prochaine. « Je bloque tout dans mon monde, sauf moi et ma cible. L’arc devient un prolongement de moi-même. Toute l’attention se concentre sur le centre de la cible. A ce moment-là, c’est tout ce que je vois, entends, ressens. Avec l’arc tendu et ma vision sur la cible, un scan rapide du corps peut me dire si quelque chose n’est pas bon. Si tout semble bon, je maintiens tout simplement ma concentration et laisse la flèche partir. Elle trouvera la cible. Si quelque chose n’est pas bon, je baisse l’arc et recommence ».

Quand un archer s’est entraîné pendant des années pour tirer une flèche au centre d’une cible, théoriquement, il doit être en mesure de réussir à chaque fois. Mais alors qu’est-ce qui l’empêche de faire cela ? Comme pour tout un chacun, ce sont les pensées parasites, celles qui nous distraient, et les inquiétudes souvent liés à des soucis extérieurs, des angoisses, des peurs. L’inquiétude est l’un des grands inhibiteurs de l’action et de la performance. Apprendre à réguler les effets de l’inquiétude est déterminant pour simplement vivre et profiter des moments tels qu’ils sont.

Apprendre à réguler les pensées parasites, s’apprend, même si nous ne sommes pas égaux en ce domaine. Il s’agit d’apprendre à réduire les effets des pensées liées aux attentes extérieures ou aux pensées d’échec possible. Lorsque nous nous concentrons sur l’étape à venir, comme l’archer la flèche suivante, et savons que nous continuerons à être une personne de valeur indépendamment des résultats, l’inquiétude empiétera moins sur notre performance ou notre vie. Notre concentration se fera plus naturellement.

Faire une priorité d’apprentissage de la concentration optimale dans tous les domaines de notre vie. C’est un processus interne qui se développe et s’acquiert par des entraînements quotidiens et l’intention d’être présent à l’expérience, au moment, à la situation telle qu’elle est. Une connexion concentrée ou concentration optimale est quelque chose que nous sentons et vivons dans notre esprit et notre corps. Cette pleine attention est quelque chose que les autres en notre présence peuvent sentir et parfois voir (posture, regard, présence). Sentir cette présence et cette connexion à la situation est source d’inspiration pour soi et pour les autres.

Raymond Barbry le 7 août 2018.

Bilan d’une année d’intervention sur les pratiques de pleine attention à l’école.

Ce que nous avions annoncé lors d’un entretien avec une journaliste de l’INREES (Audrey Mouge) il y a de cela maintenant six ans se concrétise dans le système éducatif français officiel (public comme privé sous contrat), à savoir que proposer des temps de méditation (pleine attention) est de plus en plus accepté, toléré, voire réclamé.

Voir le lien avec l’article publié en 2012  http://www.inrees.com/articles/Mediter-a-l-ecole/

Illustration de la vidéo

La pleine attention, aussi appelée, méditation de pleine conscience, englobe de mon point de vue toutes les pratiques qui ont la même visée, à savoir apprendre à être dans l’attention au moment présent tel qu’il est. C’est ainsi que nous pouvons y associer d’autres méthodes qui ont les mêmes racines et visent le même but, développer la conscience de soi (le corps, les émotions, les pensées) pour être en conscience de l’autre et ainsi entrer dans la conscience de l’environnement.

Parmi toutes les pratiques de pleine attention, nous pouvons lister les méthodes ou approches suivantes : la méthode Vittoz, la gestion mentale, la sophrologie, la relaxation, la méditation de pleine conscience, le yoga….

L’année scolaire qui vient de s’écouler a été caractérisée par une demande exponentielle sur cette thématique de l’attention-concentration et du bien être à l’école. Les effets de ces pratiques sont de plus en plus reconnues, validées et acceptées alors qu’elles n’apparaissent pas explicitement dans les programmes officiels. Cependant des rencontres et des échanges avec des responsables institutionnels montrent que des avancées sont bien réelles et qu’il devient possible explicitement de s’engager dans cette voie pour d’une part développer les capacités attentionnelles des enfants, des pré-ados, des ados et des jeunes et favoriser un mieux être pour tous dans les établissements scolaires.

En chiffre sur cette année scolaire pour cette thématique et sur les régions suivantes, Hauts de France, Grand Est, Auvergne-Rhône-Alpes, Occitanie, ce sont plus de 1500 personnes de formées ou informées ou sensibilisées (enseignement public et privé sous contrat)  :

  • Formations en interne dans les établissements pour des équipes pédagogiques.
  • Formations dans le cadre des plans de formation continue pour enseignants volontaires.
  • Formation pour des parents.
  • Conférences pour des parents dans le cadre des associations de parents d’élèves.
  • Conférences pour des enseignants et du personnel éducatif.

Depuis sept ans que je propose et développe à titre personnel cette approche, ce sont plus de 5000 personnes de formées, sensibilisées. Il en est de même pour les personnes, associations, organismes de formation qui œuvrent et développent cette même thématique.

Raymond Barbry le 18 juillet 2018