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La pleine attention pour des athlètes

Depuis six ans j’intègre tout au long de l’année, pour les athlètes du groupe demi-fond que j’entraîne, des temps de pleine attention ou méditation de pleine conscience. Ces temps sont intégrés soit en début, soit en cours, soit en fin d’entraînement. Ce sont le plus souvent des temps brefs (d’une dizaine de secondes à quinze minutes au maximum) qui varient en fonction de leur positionnement dans la séance d’entraînement.

A la demande d’entraîneurs d’autres spécialités de l’athlétisme du même club (RCArras) je propose, une fois par semaine lors de la saison estivale un temps de quinze minutes ouvert aux athlètes volontaires du club en tout début d’entraînement.

Qu’y faisons nous :

– Apprendre à développer son attention,

– Apprendre à maintenir son attention pendant une durée déterminée sur un objet neutre,

– Apprendre à observer ses pensées et les émotions associées,

– Apprendre à réguler et laisser passer les pensées,

– Apprendre à visualiser,

Comment le faisons nous :

– Un engagement volontaire

– Un temps de quinze minutes,

– Une situation nouvelle à chaque rencontre. Situation qui peut être travaillée individuellement chaque jour par chacun.

Dans quel but cette proposition ? d’abord leur apprendre à développer l’attention !

La motivation première de nombre d’athlètes et plus particulièrement des jeunes (catégories cadettes, cadets, juniors, espoir) est d’apprendre à réguler leur stress et plus particulièrement l’état de sur-stress. Les effets des pratiques de la méditation de plus en plus connus via les médias, mettent en avant cet argument « massue ». Aussi ils sont surpris et étonnés que nous n’évoquions pas cet aspect lors de nos temps de méditation, voire que nous leur proposons de faire avec, de l’accepter et de ne plus lutter contre !

Un changement de posture.

C’est essentiellement un changement à l’intérieur qui se produit, une manière d’être à soi qui peu à peu s’installe et développe la conscience de soi, améliore la relation à l’autre et à l’environnement. C’est un changement radical dans la manière d’aborder les événements, « Je ne suis plus en lutte contre, mais je fais avec », « Je ne cherche pas à être plus que fort que x, y, z, mais à donner le meilleur de moi »,  » Je ne cherche pas à me valoriser, mais à me foutre la paix – pour reprendre l’expression de Fabrice Midal »,  » Je ne cherche plus à tout contrôler, mais j’apprends à apprécier les moments agréables et accepter les moments désagréables »….

Des effets au delà de la pratique sportive.

Assez rapidement, les jeunes athlètes (16 à 22-23 ans) constatent que les temps de pleine attention peuvent être exploités à tout moment et en dehors de la pratique sportive. Un entraînement régulier à la pleine attention participe à être plus dans le présent des événements, à les accepter et les apprécier. Ce qui n’est pas sans effet sur les autres temps de vie, lycéen, universitaire, professionnel, personnel.

Raymond Barbry, le 14 avril 2018

Cet article a été publié aussi sur le bog : http://sportenpleineconscience.over-blog.com/2018/04/temps-de-pleine-attention-meditation-integree-en-debut-d-entrainement-pour-des-athletes.html

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Effets d’une formation à la pleine attention (méditation) pour des enseignants et le personnel d’un collège.

Les pratiques dites de pleine conscience sont en développement exponentiel dans les différents milieux de notre société, la santé, le social, le carcéral, le sport, l’entreprise. L’école pourtant encore en retrait au plan officiel (niveau institutionnel, ministère et rectorat) n’en avance pas moins au plan local. Pour ma part cela fait maintenant huit ans qu’explicitement je présente, développe des actions d’information et de formation à destination des enseignants, des chefs d’établissement et du personnel des établissements scolaires (public comme privé sous contrat) et aussi des parents sur cette thématique. L’outil que j’ai élaboré et affiné au fur et à mesure des avancées et de mes recherches croisent plusieurs approches dites de pleine conscience que je préfère dénommer pleine attention, comme le propose du reste Fabrice Midal.

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Je viens de clôturer dans un collège public de la région des Hauts de France  une formation à la pleine attention. Avec les responsables de l’établissement en charge du dossier – Principale Adjointe, Infirmière – nous avons évalué le dispositif et les effets de cette formation sur les participants eux-mêmes (adultes) et les retombées observées sur les élèves et notamment l’exploitation des outils de pleine attention dans le contexte professionnel.

C’est à l’initiative de l’infirmière de l’établissement, Anne Marie Davière, que cette formation a pu prendre forme. C’est sous son impulsion qu’un groupe de volontaires a pu bénéficier de cet atelier qui, comme dans l’expérience du collège d’Hellemmes (déjà présentait sur ce blog), regroupait des enseignants, du personnel de direction, de l’administration et de la maintenance, l’assistante sociale, la psychologue et l’infirmière. C’est un groupe d’une bonne quinzaine de volontaires qui s’est réuni à raison de huit rencontres de deux heures pendant cinq mois.

Cette formation visait deux objectifs prioritaires :

  1. Donner des outils aux adultes pour réguler leur propre état émotionnel, leur niveau de stress professionnel et améliorer leur capacité de présence en situation professionnelle.
  2. Exploiter les outils dans le contexte professionnel auprès des jeunes du collège pour leur apprendre à réguler en temps réel leur niveau attentionnel, leur état émotionnel et leur niveau de stress.

Le cadre des rencontres comportaient trois temps bien distincts :

  1. Un temps « Quoi neuf » où chaque personne pouvait apporter une remontée d’expérience, une question, une remarque, le partage d’information(s) sur le thème de la formation.
  2. Un temps de mise en pratique en rapport avec le cheminement du groupe dans le programme proposé (cf les huit étapes du programme Pleine attention – AGEPS Raymond Barbry). Les temps de mise en pratique pouvaient être enregistrés.
  3. Un temps d’échange sur l’exploitation des situations de mise en pratique du jour au plan personnel (entraînement) et dans le contexte professionnel (pédagogie en classe, entretien individuel, management…). Nous insistons sur le fait que ces pratiques n’auront d’effets pertinents que si un entraînement régulier est réalisé.

Évaluation de la formation :

  1. Ce que j’ai appris, découvert, renforcé tout au long de cet atelier. : Des données sur l’attention-concentration des jeunes, Le renforcement des connaissances que j’avais sur l’attention.  L’observation et l’acceptation des pensées récurrentes, envahissantes. La découverte de la pollution que pouvaient représenter nos pensées et des pistes pour lutter contre cette pollution mentale. J’ai appris à me re-focaliser sur le moment présent dés que j’y prends conscience. Le renforcement de la faculté à prendre de la distance par rapport aux pensées, à les observer et les laisser partir. Éviter de me gâcher la vie sur un « si j’avais su….j’aurais fait ça ». Le besoin de silence et La redécouverte des moments de calme.  Le renforcement des acquis concernant le travail sur la respiration. Les exercices de respiration permettent de faire le vide et de se re-concentrer.  Les exercices respiratoires pour se calmer.  Le breathplay (respiration en déplacement et à l’effort). La possibilité d’exploiter les exercices de pleine attention dans différentes positions, lieux, espaces : assis, debout, allongée, en mouvement. La prise de conscience de l’importance de mon positionnement dans l’instant présent. L’inutilité de vouloir changer le passé et de ne pas appréhender le futur avec des certitudes et des plans « tout fait ». Le renforcement de mes facultés à être présente à mon corps, à mon environnement, à l’instant présent. La possibilité d’exploiter les outils et apports de cette formation lors des entretiens individuels que je mène. J’ai renforcé la méthode que j’avais mis en place pour me protéger des agressions de la vie et de comprendre pourquoi le les avais mises en place.

Nous retrouvons ici tout ce que les différentes recherches et publications remontent en matière d’apport pour les personnes des pratiques de pleine conscience : le développement des capacités attentionnelles, la régulation des pensées et des émotions, la capacité à être plus dans le présent, l’idée que la pleine conscience peut se pratiquer partout et à tout moment, le besoin pour l’être humain d’avoir des temps de calme.

  1. Ce que j’ai pu exploiter pour moi. J’essaye de me dire davantage « Fous toi la paix », ce qui n’est pas fait aujourd’hui pourra se faire demain ! Prendre du temps pour soi et ne pas culpabiliser. L’apport personnel est considérable. Je me sens apaisée, plus sereine. Une meilleure qualité d’écoute. Étant recentrée sur l’instant présent j’arrive à être plus attentive à l’autre, à être complètement disponible lors de la relation à l’autre. Aller plus clairement dans l’objectivité et mieux cerner les paroles et les actes qui sont de l’ordre du ressenti et du subjectif. Lors de situations difficiles, je respire plusieurs fois pour éviter d’envenimer la situation. La prise de recul sur les événements. La mise à distance des personnes et des événements qui peuvent me nuire. La priorisation de mes actions. Arrêter de tout vouloir contrôler. La régulation du sur-stress du à certaines situations. Poursuivre le travail de prise de conscience de ses émotions. Se mettre au calme avant le coucher.

Pour quels effets  :

  • Compréhension de mes réactions, mon agressivité.

  • La capacité à se poser quand la tension monte trop.

  • L’apaisement mental et physique.

  • La diminution du stress.

  • Un coucher plus serein et un meilleur endormissement.

  • Amélioration de la régulation des émotions.

Les effets observés montrent et prouvent que les participants ont su prendre du temps régulièrement (même bref) pour  passer en mode « pleine attention » soit de manière formelle, sous la forme de rituel – par exemple un temps déterminé chaque matin et/ou soir – ou de manière informelle dans le quotidien – des prises conscience se réalisent et permettent aux personnes de réguler leur état émotionnel, de se remettre dans le présent de la situation. Les effets sur la régulation du stress sont aussi à noter (meilleur endormissement).

Je défends l’idée que si les adultes en responsabilité d’éducation sont mieux en eux, de fait les élèves iront mieux. Cet aspect est encore trop minoré dans la formation des enseignants et des éducateurs. La question du « bien être » et de la stabilité émotionnelle des adultes est déterminante, surtout quand ils ont à enseigner, à éduquer et à accompagner des jeunes en instabilité émotionnelle.

  1. Ce qui a été exploité avec les élèves.  Aider les élèves stressés, angoissés par des exercices respiratoires simples. En situation d’entretien et quand l’élève est agité, je prends le temps de l’inviter à se « poser ». En classe, la pratique des micro-pauses avec les élèves pour un retour à l’attention. Lors de l’entrée en classe, lors d’un moment de tension, quelques inspirations-expirations conscientes permettent un recentrage avant l’installation. La satisfaction de constater que les élèves adhèrent aux exercices proposés. Je pense à ouvrir un club détente le midi pour les élèves.

Pour quels effets observés :

  • Les exercices respiratoires aident à calmer les crises d’angoisse. Les élèves sont soulagés et cela permet bien souvent de libérer la parole.

  • Concentration favorisée chez les jeunes.

  • Les élèves se prêtent au jeu. Les effets sont immédiats : renforcement du calme et transition sereine pour la mise en activité.

  • Je constate que l’élève s’apaise très vite quand on lui propose un exercice de calme en début d’entretien.

L’un des objectifs de la formation était le transfert et l’exploitation des pratiques de pleine attention auprès des élèves. Il a été atteint. Chaque adulte à son rythme en fonction de son parcours, de ses aptitudes, de son envie, de la confiance en soi, de la présence ou non de peurs, a proposé des situations et fait passer cette posture de pleine attention dans la classe ou dans les temps de rencontre. Faut-il rappeler que nous préconisons des temps brefs de quelques secondes à quelques minutes (3 à 5mn au grand maximum) en contexte de classe.

  1. Si vous deviez en parler à l’extérieur, en une ou deux phrases que diriez vous de cette expérience ?

  • De très bons moments partagés avec les collègues.

  • C’est une amorce pour aborder l’enseignement, le rapport aux élèves de façon différente afin d’obtenir un climat plus apaisé en cours et dans la cour.

  • Expérience à vivre ! Avec un formateur qui s’y connaît et bienveillant.

  • Une formation indispensable pour tenir dans les métiers de l’humain où les relations humaines deviennent de plus en plus complexes et imprévisibles.

  • Une formation enrichissante pour « se » découvrir ou se « re »découvrir !

  • J’ai appris à gérer mon stress et à relativiser.

  • Bienveillance et écoute au rendez-vous. Une vraie formation constructive (la connaissance et la sagesse de l’intervenant sont des atouts majeurs).

Au delà des objectifs visés, nous constatons que d’autres sont atteints et qu’ils ont de l’importance dans la dynamique du collectif au sein de l’établissement. Dans l’implicite, les participants partagent une aventure commune qui tisse et renforce des liens.

  1. Ce que vous souhaitez rajouter…….

  • Cette formation devrait se faire dans tous les établissements scolaires.

  • Il me reste du chemin à parcourir ! Merci d’avoir fait un petit bout de chemin avec moi et avec nous !

  • Merci, j’ai découvert un domaine qui pour moi restait attaché à une connotation spirituelle et presque religieuse. Il n’en est rien.

  • Les pistes conseillées m’ont fait beaucoup de bien et à leur lecture, je me réconcilie un peu chaque jour avec moi même.

  • Un cycle s’est engagé et va me permettre d’envisager certaines périodes de ma vie future avec moins de fatalisme et de pessimisme.

  • A titre personnel, je compte bien poursuivre dans cette voie.

Pour ma part, en tant qu’intervenant, je tiens à rajouter qu’un des éléments déterminants à la réussite de ce dispositif, est le lien avec une ou des personnes ressources sur l’établissement qui permet un suivi sur place au quotidien. Lien qui facilite la régulation entre chaque rencontre et a pour effet d’adapter avec pertinence et justesse le contenu de la formation aux besoins des personnes. C’est ainsi que pour ce collège j’ai abordé plus précisément les questions liées au lâcher prise – le « foutez vous la paix » de Fabice Midal- , à la confiance en soi, et  que nous avons réalisé une séance où nous avons inclus des postures de yoga.

En conclusion :

Une formation qui dépasse les aspects purement techniques des outils de la pleine attention. C’est la personne dans toutes ses dimensions qui se trouvent impliquées tant au plan professionnel que personnel. Il est intéressant de noter que les représentations aussi évoluent. Le mot même de méditation a été plusieurs fois employés lors de nos rencontres, nous avons eu des échanges sur la dimension spirituelle de l’être humain détaché des aspects religieux. Or c’était inenvisageable il y a moins de cinq ans dans le contexte franco-français de l’éducation nationale.

Il y a dix ans, alors que nous commencions tout juste à parler de méditation de pleine conscience en France, et surtout pas à l’école, j’avais annoncé que d’ici une petite dizaine d’années cela ne poserait plus de problème, même dans les établissements scolaires. Je pense que dans moins de cinq ans, ce sont tous les enseignants qui auront des bases suffisantes pour mener dans leur classe des temps spécifiques de pleine attention.

Raymond Barbry le 13 mars 2018

Le flow (flux ou zone), un état de conscience modifié similaire à la transe et à l’extase !

Il en va dans le sport de haut niveau comme dans d’autres domaines, le chant, la danse, la créativité, le théâtre, la marche, l’apnée, la musique…Cet état particulier appelé le flux ou le flow ou la zone est devenu une quête et un objet de recherche qui nous apporte son lot de découvertes qui confirment et renforcent les ressentis d’expérience.

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En état de flow le sujet est en absorption totale dans la situation. La personne est complétement dans l’activité. La concentration est si intense que tout le reste disparaît. La créativité et la motivation s’améliorent grandement (d’après certaines recherches jusque 400%) et les performances physiques et mentales augmentent considérablement.

Au plan neurophysiologique c’est un état de conscience modifiée qui se caractérise par des taux spécifiques de neurotransmetteurs:

l’épinéphrine et la dopamine augmentent l’attention et la concentration,

– le taux d’endorphine qui s’élève ensuite durant l’activité, diminue la perception de la douleur,

– l’anadamide contribue à l’installation d’un état d’extase,

– les taux de sérotonine et d’ocytocine montent et renforcent le bien être, la confiance et  l’empathie.

De part cette pleine présence à la situation, l’activité du cortex préfrontale diminue ce qui a pour effet de faire cesser le bavardage intérieur et les logiques planificatrices. C’est l’intuition qui prend le pas sur le rationnel. Faut-il rappeler que cette intelligence intuitive est devenue un concept scientifique appelé « conscience intuitive extraneuronale » (cf Prof J.J Charbonnier). Cette conscience  est maintenant étudiée en médecine, en neurosciences, en psychologie, en physique quantique et dans le cadre de recherches interdisciplinaires telles que la psycho-physique, la bio-physique, l’épigénétique…

L’état atteint est semblable à celui des transes mystiques et se définit par les aspects suivants:

Selflessness, disparition de l’ego,

Timelessness, disparition de la sensation du temps,

Effortlessness, disparition de la notion d’effort,

Richness, accès à une réalité plus large et plus riche (augmentation des perceptions).

Une forme de paradoxe se dégage ici. Plus le sportif va rencontrer des états de flow est plus il sera performant et donnera le meilleur de lui même. Or pour que ces états de flow adviennent de manière naturelle et spontanée, le sportif se doit d’être dans un état de pleine présence, détaché de l’ego, détaché de la stratégie. Faut-il rappeler que ces états ne peuvent pas se programmer, ils adviennent parce que le sujet bascule en mode intuitif dans le moment présent (plus cerveau droit que cerveau gauche).

Si nous souhaitons que les sujets que nous entraînons rencontrent plus souvent cet état de manière naturelle, encore faut-il dans le cadre de nos entraînements, mettre en place les principes suivants :

– Placer des temps spécifiques de pleine attention ou pleine conscience dans l’effort.

– Proposer des temps spécifiques de pleine attention ou méditation de pleine conscience, de sophrologie, d’hypnose et auto-hypnose dans le cadre de la préparation mentale.

– Placer des situations où la spontanéité pourra émerger et la laisser se développer.

– Valoriser la confiance en soi, la simplicité et l’humilité pour réguler l’ego souvent surdimensionné chez les sportifs de haut niveau.

– Bannir dans le temps d’entraînement les outils qui favorisent la déconcentration (smartphone…).

– Pratiquer des temps d’activités en pleine nature.

– Identifier et reconnaître les différents niveaux de conscience que nous traversons tous dans notre vie et dans les temps d’entraînement : la conscience de type 1 qui contrôle et régule les grandes fonctions biologiques (respiration, rythme cardiaque etc…), la conscience de type 2,dite conscience réflexive (c’est par elle que nous sommes conscients d’être conscients) et la conscience de type 3, dite réflexive lucide (celle qui permet l’état de flow).

Ces principes d’entraînement sont préférables à certaines pratiques émergentes qui peuvent être questionnantes au plan éthique parce que s’apparentant à des pratiques dopantes (micro-dose de psychédéliques, stimulation cérébrale…).

Pour en savoir plus sur ce niveau de conscience de type 3 « réflexive lucide » qui participe à développer l’état de flow, voici une liste de chercheurs parmi quelques spécialistes français et étrangers de la question, J.F Houssais (chercheur en biologie cellulaire et moléculaire-CNRS), J.J Charbonnier (Docteur anesthésiste-réanimateur-CHU de Toulouse), M.Beauregard (Prof Neurosciences – Université de Pennsylvanie), D.Radin (Directeur centre de recherche noétique de Pétaluma -Californie), O.Chambon (Psychiatre et Responsable DU faculté de médecine de Lyon), S.Déthiollaz et C.C Fourrier (Docteur en biologie moléculaire et psychothérapeute – Centre de recherche Noétique- Genéve), M. Le Van Quyen (Chercheur INSERM et Institut du cerveau et de la moelle épinière – Paris), E.Ransford (épistémologue et physicien quantique), P.Guilleman (Ingénieur I.A et physicien – CNRS), l’INREES (Institut de Recherche sur les événements extraordinaires et inexpliqués), R.Sheldrake (Biochimiste – Université de Harvard et Cambridge), F.Varela (+) (Chercheur en psychologie cognitive – Université d’Orsay), C.André (Psychiatre – hôpital Ste Anne à Paris), F.Midal (Philosophe), B.Nicolescu (Physicien – Prof honoraire CNRS) ……

Raymond Barbry le 04/01/2018

Cet article a été aussi publié sur le lien suivant : http://sportenpleineconscience.over-blog.com/

Un projet d’école centré sur le développement de l’attention-concentration et du bien être, description.

Nous avons déjà fait référence dans quelques précédents articles de ce qui se réalise à l’école maternelle-primaire « La Providence » (école rurale sous contrat d’association de trois classes) à Pas-en-Artois, village du Pas-De-Calais.

Illustration de la vidéo

Compte tenu du nombre de demandes de description au sujet du projet mené par cette école que j’accompagne, je présente dans cet article l’ensemble des actions menées par l’équipe pédagogique qui a posé comme axe prioritaire du projet d’école pour les trois ans qui viennent, l’attention-concentration et le bien être à l’école.

Les actions menées pour cette année scolaire 2017-2018

Formation des enseignants à la pleine attention par le programme de l’AGEPS-Raymond Barbry. Un programme modulable qui s’adapte aux enfants, aux adolescents et aux adultes. Il croise les outils de la méditation de pleine conscience, de la gestion mentale et de la visualisation mentale.  Une formation-accompagnement qui s’appuie sur l’expérience de deux enseignantes antérieurement formées à ce programme et ayant déjà une pratique avec leur classe depuis trois ans. De ce fait, la formation prend la forme d’une supervision portant sur les pratiques exploitées dans la journée de classes et de nouveaux apports adaptés aux besoins spécifiques de l’équipe. Le programme des rencontres s’étale sur l’année scolaire à raison de deux heures tous les mois.

Formation des parents volontaires à la question de l’attention-concentration à la maison ou comment être partenaire de l’école. C’est avec l’accord du conseil d’établissement qu’une action de formation à destination des parents a été proposée. Il s’agit de quatre rencontres de deux heures. Durant ces rencontres sont proposées des situations concrètes qui peuvent être exploitées dans le contexte familial et qui participent à développer les capacités attentionnelles, des enfants, mais aussi des adultes ! 60% des familles ont répondu présentes à cette initiative.

L’intervention d’une sophrologue stagiaire auprès des élèves de CM2. L’école bénéficie pour cette année d’une personne en deuxième année de formation de sophrologie et qui vient animer un atelier adapté aux enfants du niveau CM2 (soit six élèves). La participation sur temps scolaire est une proposition et n’est pas à caractère obligatoire. Tous les parents ont donné leur autorisation.

Un atelier bi-hebdomadaire de yoga pour les élèves dans le cadre des Ateliers Pédagogiques Complémentaires. Cet atelier est animé par l’une des enseignantes qui en même temps fait partager à ses deux collègues son expérience. Cet atelier est proposé aux enfants des niveaux Grande section à CM2. La participation se fait sur le volontariat.

La pratique systématique et ritualisée de temps de pleine attention (méditation de pleine conscience) et de calme quotidiennement pour tous les élèves. Cette pratique prend des formes différentes en fonction des classes et de l’âge des enfants : soit des temps brefs de une à cinq minutes qui se répètent de trois à cinq fois dans la journée de classes, soit un temps de calme plus long (jusque 30 mn) positionner à la reprise de la pause méridienne, soit un mixage de temps courts et un temps long à la pause méridienne.

C’est le travail collaboratif avec les parents d’élèves qui caractérise la démarche de l’équipe pédagogique.

La méditation acceptée, réclamée à l’école et dans les autres champs de la société française.

Une bascule et un changement de paradigme s’instaurent dans la société française en ce qui concerne les pratiques méditatives et leur vulgarisation dans différents champs de la société.

Illustration de la vidéo

Les interventions, rencontres, échanges et débats que j’ai eus ces deux derniers mois dans trois régions différentes confirment cette impression que j’ai depuis un ou deux ans. Je constate et observe dans les contacts directs l’engouement, la curiosité, le questionnement sur les pratiques méditatives et plus particulièrement la méditation dite de pleine conscience. Ce que j’avais pressenti, et bien d’autres avec moi, depuis maintenant près de dix ans arrive. Il y a une accélération du phénomène « méditation » et pour toutes les pratiques dites contemplatives et d’intériorité, comme si au delà d’un effet de mode un besoin impérieux s’imposait aux femmes et hommes de notre époque. Sont aussi concernés par cet engouement, la sophrologie, la méthode Vittoz, la marche contemplative, les temps de silence et autres approches visant au développement de la conscience de soi.

Le mot « méditation » lui même n’est plus du tout tabou et peut être employé maintenant depuis quelques mois sans retenue même dans des contextes institutionnels et officiels initialement plutôt en retrait  quant aux pratiques méditatives tels que les établissements scolaires, les inspections académiques, les directions diocésaines, les associations de parents d’élèves publiques comme privées, les syndicats, et même le ministère de l’EN – sur ce dernier aspect, voir le travail réalisé par le philosophe et Inspecteur Générale de l’EN, Abdenour Bidar (voir son livre, « Les Tisserands »). Certes il existe encore ici et là des réticences, voire de la suspicion et des peurs, mais elles ne sont plus majoritaires. Les personnes et les responsables institutionnels sont en demande d’explications, de présentations d’expérimentations et de découvertes par des mises en pratique.

En deux mois (mi août à mi octobre) , ce sont plus de 600 personnes de rencontrées sur cette question des pratiques méditatives et de pleine conscience à l’école : parents, enseignants, éducateurs, responsables institutionnels (Inspecteurs, Animateur Pédagogique, Directeurs Diocésain et Adjoints, Responsables de syndicat ou d’association, Chefs d’établissement ) soit en réunions d’information, en conférences ou en actions de formation. Mais aussi des rencontres dans d’autres sphères que l’Éducation Nationale avec des entraîneurs, des sportifs, des journalistes.

Les raisons de cette évolution, telle que je la perçois de là où je suis, de ce que j’entends, de ce qui m’est dit et écrit, de ce que j’observe, de ce que je lis.

  • D’abord une question de besoins.

Le besoin d’intériorité que perçoivent les enfants, les jeunes comme les adultes, indispensable à leur santé, à leur mieux être et au vivre ensemble !

Le besoin de trouver ou retrouver du calme et du non connecté.

Le besoin d’être soi, autrement dit, le besoin d’Être plutôt que de paraître.

Le besoin de relations humaines plutôt authentiques et vraies.

Le besoin de spiritualité au delà de l’aspect strictement religieux. Je fais un lien à ce sujet avec un des courants de recherche de pointe actuellement en neurosciences qui travaille sur la question de la conscience et de ses différents niveaux. Là aussi, un changement de paradigme se met en place (cf les travaux de l’épigénétique, de la physique quantique, de la biologie quantique…. – En France : Inserm, CNRS, INREES, le diplôme universitaire de Strasbourg dans le domaine de la santé.

  • Ensuite, une appropriation par les médias de cette question de la méditation.

Les émissions de télévision ou grands médias (télé, radio..) avec des interlocuteurs tels que Christophe André, Matthieu Ricard, Fabrice Midal, A.Lutz et bien d’autres. Cf sur Arte « les étonnantes vertus de la méditation ».

Les reportages tel que celui réalisé récemment par l’INREES et mis en ligne en accès libre sur youtube. Cf « En lotus à l’école », https://www.inrees.com/Video/meditation-lotus-ecole-education/

La publication exponentielle de livres, cd, articles de presse et autres outils mis à disposition sur le net. Il n’y a pas une semaine, sans un article, un ouvrage, un cd qui ne paraissent sur cette question.

  • Les justifications scientifiques et d’expériences.

Certainement l’argument « massue » comme je le constate à chaque fois que des remises en question sur le bien fondé de ces pratiques et des effets sont posés. Les éléments et preuves avancés en matière d’effets positifs sont aujourd’hui  indiscutables tant au plan scientifique que de l’expérience.  D’autant que les personnes qui réagissent tout d’abord en opposition aux pratiques méditatives le font au regard d’une conception qu’ils veulent scientifique et matérialiste ou par dogmatisme soit scientiste, soit religieux. Or dans les deux approches, la science comme le religieux, rien ne va à l’encontre des pratiques méditatives et contemplatives, bien au contraire !

La méditation, d’abord et avant tout une pratique systématique !  J’observe aujourd’hui des experts en connaissance sur la « méditation » des érudits qui ne pratiquent pas ou trop peu pour en parler d’expérience authentique. Nul besoin de lire une multitude de livres à ce sujet, tous ou presque disent la même chose avec des entrées particulières. Mais le message et les fondamentaux sont les mêmes à peu de choses prêt !

Raymond Barbry le 19 octobre 2017

Une école des parents pour développer la méditation en collaboration avec les enseignantes.

Dans le cadre d’un reportage diffusé par Olivia Sinet pour l’INREES TV, montrant des situations concrètes exploitées quotidiennement par l’enseignante d’une classe triple niveau dans une petite école de campagne de la région arrageoise, école La Providence de Pas en Artois (Hauts de France), nous avons pu expliciter ce que les pratiques méditatives apportées aux enfants en contexte éducatif et en quoi elles avaient toute leur place dans l’école obligatoire publique comme privée sous contrat (pour voir le reportage cliqué sur le lien).

https://www.inrees.com/Video/meditation-lotus-ecole-education/

Cette école a fait de l’attention-concentration et du bien être à l’école l’axe de son projet d’établissement pour les trois ans qui viennent. Les enseignantes de l’école continuent leur formation en ce domaine.

Illustration de la vidéo

Cet axe a été présenté lors du conseil d’établissement qui réunit toutes les parties prenantes de l’établissement. C’est en accord avec l’association des parents d’élèves que  les parents ont souhaité s’associer à ce projet. C’est ainsi que les parents volontaires pourront bénéficier durant cette année scolaire de rencontres où leur sauront présentés les pratiques méditatives que les enseignantes proposent à leurs enfants et ainsi être des relais et des partenaires de ce que les enseignantes mettent en œuvre dans leur classe quotidiennement pour favoriser et développer : l’attention-concentration, le mieux être et le vivre ensemble.

Raymond Barbry le 29 septembre 2017.

Les pratiques de méditatives prennent place dans les écoles françaises.

Quel chemin parcouru en six ans ! Et quelle évolution dans les établissements scolaires français publics comme privés sous contrat avec l’état !

En cette semaine de rentrée scolaire, plusieurs événements vécus m’ont montré combien les attentes et les représentations des acteurs éducatifs, chefs d’établissement, enseignants, parents, avaient évolué sur cette question des pratiques méditatives dans les classes. Employer les mots de méditation, pleine conscience, pleine attention, contemplation ne devient plus tabou dans l’École française !

Illustration de la vidéo

1er événement : La sortie du documentaire de l’INREES « Méditation en Lotus à l’école » réalisé par Olivia Sinet, en accès gratuit sur INREES TV sur le lien suivant :

https://www.inrees.com/Video/meditation-lotus-ecole-education/

L’intérêt de ce reportage est de montrer des situations concrètes exploitées quotidiennement par l’enseignante d’une classe triple niveau dans une petite école de campagne de la région arrageoise, école La Providence de Pas en Artois (Hauts de France). A ces situations sont présentés :

  • l’avis de Antonella Verdiani sur la place et le développement de toutes les pratiques visant au mieux être et au mieux vivre dans les écoles (CNV, méditation, sophrologie, relaxation, médiation, pédagogie coopérative…) ;
  • celui du Chef d’établissement et enseignante, Francine Barbry, qui quotidiennement propose à ces élèves des temps courts de méditation, et décrit les effets observés dans la durée sur les enfants tant au plan du comportement individuel que de la dynamique relationnelle ;
  • et le mien (Raymond Barbry) en tant que consultant-formateur expert sur la question de l’attention-concentration et du bien être, où j’explicite le bien fondé et le sens des pratiques méditatives dans le contexte scolaire de notre époque.

2ème événement : Lors de la journée de pré-rentrée d’un collège de l’arrageois, Le Chef d’établissement, annonçant la création d’un atelier de sophrologie pour tous les élèves de 6ème. A raison d’un cycle de quatre rencontres par groupe d’élèves.

3ème événement : J’ai fait les constats suivants, lors de deux interventions que je viens de réaliser en ce début d’année avec quatre équipes pédagogiques d’écoles primaires du secteur arrageois – Duisans, Arras, Frévent, Auxi-le-Chateau – que je vais former aux pratiques de pleine attention durant cette année scolaire 2017-2018  :

  • Toutes les personnes(enseignants, chefs d’établissement) ont connaissance du développement et de l’émergence de la méditation dans les différents domaines de notre société (santé, social, justice, sport, entreprise et éducatif….).
  • Les effets de la méditation sur la régulation du stress, sur l’attention, sur le bien être sont connus par la plupart des participants.
  • Les enseignants qui ont une pratique personnelle de yoga, sophrologie, relaxation, méditation, n’hésitent pas à se lancer en proposant d’eux mêmes quelques exercices et temps spécifiques avec ou sans support.
  • Employer les mots méditation, pleine conscience n’amène aucun rejet. Il y a encore de cela, un an à la même période, il m’avait fallu repositionné ces notions dans le contexte de notre époque…les mots religieux, dérive sectaire, manipulation, étaient encore associés dans les représentations de quelques participants lors d’une intervention dans une cité scolaire des hauts de France.
  • Proposer dans le cadre de la journée scolaire des temps courts de méditation ou pleine attention est accepté par l’ensemble des enseignants présents, soit en exploitant un média (cd, application, livre..), soit en le menant soi même.

Il y a cinq ans de cela (2012), j’avais annoncé que dans cinq ans, parler de méditation à l’école ne serait plus tabou ! Nous y sommes et c’est bien ce qui se réalise dans l’enseignement obligatoire en France tant dans le secteur public que privé sous contrat. Pour preuve le nombre d’enseignants, de CPE, de Chefs d’établissement qui sont en demande et qui se forment, et ce même si la reconnaissance institutionnelle au niveau académique, rectoral, ministériel, voire SGEC et Direction Diocésaine (enseignement privé sous contrat) tarde encore parfois. Les vrais changements, les durables ne viennent jamais des décisions imposées par les voies hiérarchiques, la preuve en est ! Ce sont les acteurs du terrain, celles et ceux qui au quotidien œuvrent avec les enfants, les adolescents, les jeunes et les parents qui font évoluer le système.

Dans cinq ans les enseignants pour leur grande majorité auront été sensibilisés voire formés à toutes ces pratiques visant le développement de la conscience de soi, de la conscience de l’autre et de la conscience à l’environnement. C’est ainsi que nous irons vers une société plus apaisante, plus respectueuse de la vie dans son ensemble, plus coopérative et tolérante. Développer ces pratiques méditatives n’empêche en rien l’enseignement des savoirs fondamentaux, bien au contraire, elles les facilitent !

Raymond Barbry, le 7 septembre 2017