A quoi doit ou devrait s’engager une fédération sportive dans le contexte de la crise sanitaire que nous traversons.

Cet article est écrit suite à la durée prolongée des décisions politiques et fédérales qui réduisent drastiquement les possibilités d’entraînement collectif en extérieur de par le couvre feu à 18h00 et l’interdiction de proposer des compétions à tous les athlètes licenciés. C’est en tant qu’entraîneur que je pose cet avis qui est personnel et n’implique en rien les autres licenciés de la fédération française d’athlétisme.

Ce que j’attends d’une fédération sportive dans le contexte actuel.

La fédération a son mot à dire quant aux choix fait depuis bientôt un an sur le plan sanitaire, quitte à être en désaccord avec le gouvernement et les décisions administratives lorsqu’il en va de la santé de ses adhérents, sinon à quoi sert-elle ? ​

Certes, une prise de position à l’encontre des décisions n’est pas politiquement correcte.  C’est accepté de rentrer en opposition, voire en conflit avec le gouvernement. Mais justement c’est cela la démocratie, c’est le débat, la contradiction et la volonté et capacité de s’opposer quand les décisions prises remettent en question et la vie démocratique, et la santé des personnes, parce c’est bien de cela qu’il s’agit in fine !

Nous ne mesurons pas les effets dramatiques à moyen et long terme, par déni ou aveuglement ou manque de courage, des décisions prises chez nous, mais aussi ailleurs dans le monde. Une peur irrationnelle a envahi nos décideurs et une bonne partie des populations pour un virus qui a un taux de létalité aussi faible. C’est stupéfiant et hallucinant.

Tout cela parce dans la plupart de nos pays dit « avancés » :

  • nous avons réduit drastiquement depuis 20 ans les capacités d’accueil dans les hôpitaux, pour des raisons économiques (soi-disant) ;
  • nous avons laissé se développer la mal-bouffe ;
  • nous avons abruti une bonne partie de la population de publicité pour consommer et encore consommer, et ne plus bouger ce qui a déclenché une autre pandémie bien plus sournoise, la sédentarité ;
  • nous avons laissé se développer la sédentarité avec son corolaire des effets délétères sur la santé (diabète type 2, obésité, maladies cardio-vasculaires, baisse des défenses immunitaires, augmentation du mal être, perte du lien social…). Cet état de sédentarité et la porte d’entrée qui a séduit le covid ! tu parles, il rentre comme dans du beurre chez des sujets aussi fragilisés ;
  • nous avons réduit la capacité de penser et de réfléchir d’une bonne partie de la population par une exploitation non raisonnée et irréfléchie du numérique et laisser le pouvoir au big data (voir toutes les études à ce sujet et notamment, les pathologies à l’ère du numérique de Manfred Spitzer).

Nous sommes pilotés par les peurs !

Les effets nous éclatent  à la figure et nous ne pouvons les ignorer. Une grande partie de la population se laisse envahir par les peurs, d’où le  stress chronique, d’où l’inflammation de l’organisme, d’où l’épuisement, d’où la baisse des défenses immunitaires…tout bon pour le virus et autres maladies !

Tout est lié et interagi sur la santé globale et plus particulièrement le besoin de mouvement et d’activité physique.

 Alors oui j’attends de nos responsables fédéraux une capacité à penser et à agir en systèmie.  C’est à dire, d’être capable d’exposer le fait que la pratique sportive et toutes les activités physiques sont déterminantes pour la santé globale qui plus est dans le contexte de notre époque. Que plus les gens bougeront, feront de l’activité physique, plus ils auront de bonnes défenses immunitaires, mieux ils iront, moins ils déprimeront, moins ils « choperont » ce virus ou un autre qui ne manquera pas d’arriver ! (parce que nous n’en sommes qu’au début ! voir à ce sujet la remarquable synthèse de Marie Monique Robin in  » La fabrique des pandémies »).

Nous sommes en train de sacrifier notre jeunesse.

Et enfin comment pouvons nous accepter ce que nous imposons actuellement à notre jeunesse ? C’est lamentable et dramatique. Le niveau de mal être n’a jamais été aussi élevé à ce jour dans la population en général et plus particulièrement chez les jeunes (aujourd’hui il est estimé à 50% le taux de jeunes qui vont mal). Depuis quelques mois, l’augmentation des suicides est exponentielle et touche des jeunes de moins de quinze ans.  Avec les décisions actuelles (depuis un an), nous leur volons leur jeunesse et ce qui participe à structurer leur vie d’adulte et nous allons le payer « cher » au plan sociétal dans les années qui viennent.

Où est la priorité ?

Alors oui, j’attendais et j’attends toujours  que nos différents responsables fédéraux agissent à tous ces niveaux ! Et entre nous on s’en fout des médailles olympiques dans ce contexte, l’enjeu et le défi à relever ne sont pas là. La priorité est ailleurs, sur l’essentiel, le développement de la santé globale via les pratiques sportives et dans des structures organisées et compétentes. C’est un défi de société !

Raymond Barbry, le 18 /02/2021

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