La peur….cette mauvaise conseillère !

Notre époque plus que jamais est submergée par les peurs. Les peurs liés au monde extérieur tels que la peur de la maladie, celle du chômage, celle de manquer de nourriture, celle de manquer de revenus, celle de perdre les biens matériels, celle de perdre notre statut, celle des conflits, et en cette période de crise sanitaire due à l’émergence de la COVID 19, la peur d’attraper ce virus qui a cependant un taux de létalité très faible au regard d’autres maladies ou accidents de la vie. Ces peurs ont un lien avec nos peurs intimes plus profondes, de ne pas exister, de ne pas réussir, de la solitude, de ne pas être aimé, de nos ennuyer, mais surtout la peur de mourir.

La peur nous fait perdre notre liberté de pensée, d’agir ! Cette liberté psychologique dont parle si bien ce philosophe indien KRISHNAMURTI, un des rares à croiser la culture orientale avec l’occidentale. Et si notre principal problème, le seul qui soit essentiel, était de nous libérer de la peur.

Notre problème, la peur psychologique.

Cesser d’avoir peur est une des choses les plus difficiles, car nous n’en avons pas conscience ou nous ne savons pas vraiment de quoi nous avons peur et si nous le savons plutôt que de s’y confronter nous le fuyons, ce qui en augmente son effet. Notre système d’éducation nous a appris à développer toute une série d’échappatoires pour ne pas regarder en face nos peurs et s’y confronter et les accepter.

L’origine de la peur.

La peur est une mise en branle de la pensée au sujet du futur ou du passé. J’ai peur de demain, de ce qui pourrait arriver. J’ai peur de la mort, elle est encore à bonne distance mais j’en ai peur. Alors qu’est ce qui la provoque ? On a peur du lendemain ou de ce qui s’est passé, ou de ce qui va arriver. Ce sont bien nos pensées qui déclenchent la plupart de nos peurs. Or une pensée n’est qu’une pensée et rien d’autre, elle va, elle vient !

Il est bon de penser et d’être conscient de ses pensées pour réguler nos peurs.

La pensée est essentielle et déterminante, mais quand elle se projette psychiquement en tant que futur ou passé, elle crée le plus souvent la peur. Et c’est ainsi que notre esprit perd de son efficacité, il s’ankylose jusqu’à se mettre au ralenti ou à tourner en boucle avec cette pensée liée à la peur.

Ainsi, la pensée crée la peur. Je pense que je vais perdre mon emploi, ou que je pourrais le perdre et c’est ainsi que naît la peur qui modifie ma manière d’agir, de comprendre, d’analyser, d’être en relation. La pensée se projette invariablement dans le temps car elle est le temps. Je pense à cette maladie que j’ai eue, je déteste la douleur et j’ai peur que cette douleur revienne. J’ai eu l’expérience de la douleur, j’y repense, je n’en veux plus. La peur surgit et s’installe.

Dans le contexte de la crise sanitaire actuelle de plus en plus de personnes n’osent plus sortir, aller à la rencontre des autres, par peur d’attraper le covid. Cette pensée d’attraper le covid déclenche la peur qui génère le repli sur soi avec toutes les conséquences néfastes sur leur santé.

Il n’est pas possible de ne pas penser et comment apprendre à penser que lorsque la pensée est requise et pas autrement ? Dans la plupart des actes de notre vie nous avons la nécessité de penser, pour parler, pour écrire, pour discuter, pour travailler etc…La pensée est nécessaire et indispensable. Elle doit fonctionner avec précision, de manière impersonnelle, sans se laisser guider par une tendance ou un penchant.

La pensée, c’est la mémoire qui réagit, notre mémoire qui accumule depuis le début de notre existence (et même dans la phase intra-utérine!) l’expérience, le savoir, la culture, les conditionnements. Notre mémoire est le fruit du temps et c’est sur cet arrière-fond que nous réagissons.

La pensée est donc essentielle, mais quand elle se projette psychiquement en tant que futur ou passé, elle crée le plus souvent la peur. Pris dans ce processus mécanique, l’esprit s’ankylose et nous entrons peu à peu dans l’inaction et l’incapacité à agir.

L’attention, la clef.

Lorsque nous sommes pleinement plongés dans ce que nous faisons, les pensées bloquantes n’existent plus. Être dans le présent, être totalement plongé dans ce que nous faisons (état de pleine présence ou pleine attention) il n’y a plus d’observateur et donc de penseur. Le mental se calme. Lorsque nous sommes dans cet état de total attention, le « moi », le « je », « l’ego », s’apaise et il n’y a aucune pensée et paradoxalement l’esprit (la conscience) fonctionne à plein « régime ». Tout ceci s’acquiert avec le temps, avec de l’entraînement.

Se libérer des dépendances

Dépendre par trop des choses, des gens ou des idées fait naître les peurs. La crise actuelle en est un bon exemple. La dépendance provient pour une bonne part de l’ignorance, du déficit de connaissance de soi, et d’une pauvreté intérieure. La peur nous plonge dans l’incertitude, elle nous interdit de comprendre et de communiquer.

C’est en prenant conscience de soi que l’on commence à découvrir et comprendre la cause de la peur : la peur superficielle, mais aussi la masse des peurs enfouies au tréfonds de notre mémoire.

La peur est à la fois innée et acquise, elle est liée au passé. Pour nous en délivrer nous avons à apprendre à saisir le passé dans le présent. Un passé qui veut enfanter le présent qui n’est plus que la reproduction du passé, qui n’est plus que la mémoire identifiée du « moi », du « je », de « l’ego ».

C’est bien l’ego qui est à la racine de toute peur.

Raymond Barbry, le 21 juillet 2021.

Texte inspiré par le livre « Que faites vous de votre vie ? Krishnamurti » p 85 à 167 – La connaissance de soi, clé de la liberté – la peur p 85-92.

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