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A quoi doit ou devrait s’engager une fédération sportive dans le contexte de la crise sanitaire que nous traversons.

Cet article est écrit suite à la durée prolongée des décisions politiques et fédérales qui réduisent drastiquement les possibilités d’entraînement collectif en extérieur de par le couvre feu à 18h00 et l’interdiction de proposer des compétions à tous les athlètes licenciés. C’est en tant qu’entraîneur que je pose cet avis qui est personnel et n’implique en rien les autres licenciés de la fédération française d’athlétisme.

Ce que j’attends d’une fédération sportive dans le contexte actuel.

La fédération a son mot à dire quant aux choix fait depuis bientôt un an sur le plan sanitaire, quitte à être en désaccord avec le gouvernement et les décisions administratives lorsqu’il en va de la santé de ses adhérents, sinon à quoi sert-elle ? ​

Certes, une prise de position à l’encontre des décisions n’est pas politiquement correcte.  C’est accepté de rentrer en opposition, voire en conflit avec le gouvernement. Mais justement c’est cela la démocratie, c’est le débat, la contradiction et la volonté et capacité de s’opposer quand les décisions prises remettent en question et la vie démocratique, et la santé des personnes, parce c’est bien de cela qu’il s’agit in fine !

Nous ne mesurons pas les effets dramatiques à moyen et long terme, par déni ou aveuglement ou manque de courage, des décisions prises chez nous, mais aussi ailleurs dans le monde. Une peur irrationnelle a envahi nos décideurs et une bonne partie des populations pour un virus qui a un taux de létalité aussi faible. C’est stupéfiant et hallucinant.

Tout cela parce dans la plupart de nos pays dit « avancés » :

  • nous avons réduit drastiquement depuis 20 ans les capacités d’accueil dans les hôpitaux, pour des raisons économiques (soi-disant) ;
  • nous avons laissé se développer la mal-bouffe ;
  • nous avons abruti une bonne partie de la population de publicité pour consommer et encore consommer, et ne plus bouger ce qui a déclenché une autre pandémie bien plus sournoise, la sédentarité ;
  • nous avons laissé se développer la sédentarité avec son corolaire des effets délétères sur la santé (diabète type 2, obésité, maladies cardio-vasculaires, baisse des défenses immunitaires, augmentation du mal être, perte du lien social…). Cet état de sédentarité et la porte d’entrée qui a séduit le covid ! tu parles, il rentre comme dans du beurre chez des sujets aussi fragilisés ;
  • nous avons réduit la capacité de penser et de réfléchir d’une bonne partie de la population par une exploitation non raisonnée et irréfléchie du numérique et laisser le pouvoir au big data (voir toutes les études à ce sujet et notamment, les pathologies à l’ère du numérique de Manfred Spitzer).

Nous sommes pilotés par les peurs !

Les effets nous éclatent  à la figure et nous ne pouvons les ignorer. Une grande partie de la population se laisse envahir par les peurs, d’où le  stress chronique, d’où l’inflammation de l’organisme, d’où l’épuisement, d’où la baisse des défenses immunitaires…tout bon pour le virus et autres maladies !

Tout est lié et interagi sur la santé globale et plus particulièrement le besoin de mouvement et d’activité physique.

 Alors oui j’attends de nos responsables fédéraux une capacité à penser et à agir en systèmie.  C’est à dire, d’être capable d’exposer le fait que la pratique sportive et toutes les activités physiques sont déterminantes pour la santé globale qui plus est dans le contexte de notre époque. Que plus les gens bougeront, feront de l’activité physique, plus ils auront de bonnes défenses immunitaires, mieux ils iront, moins ils déprimeront, moins ils « choperont » ce virus ou un autre qui ne manquera pas d’arriver ! (parce que nous n’en sommes qu’au début ! voir à ce sujet la remarquable synthèse de Marie Monique Robin in  » La fabrique des pandémies »).

Nous sommes en train de sacrifier notre jeunesse.

Et enfin comment pouvons nous accepter ce que nous imposons actuellement à notre jeunesse ? C’est lamentable et dramatique. Le niveau de mal être n’a jamais été aussi élevé à ce jour dans la population en général et plus particulièrement chez les jeunes (aujourd’hui il est estimé à 50% le taux de jeunes qui vont mal). Depuis quelques mois, l’augmentation des suicides est exponentielle et touche des jeunes de moins de quinze ans.  Avec les décisions actuelles (depuis un an), nous leur volons leur jeunesse et ce qui participe à structurer leur vie d’adulte et nous allons le payer « cher » au plan sociétal dans les années qui viennent.

Où est la priorité ?

Alors oui, j’attendais et j’attends toujours  que nos différents responsables fédéraux agissent à tous ces niveaux ! Et entre nous on s’en fout des médailles olympiques dans ce contexte, l’enjeu et le défi à relever ne sont pas là. La priorité est ailleurs, sur l’essentiel, le développement de la santé globale via les pratiques sportives et dans des structures organisées et compétentes. C’est un défi de société !

Raymond Barbry, le 18 /02/2021

Sortir de l’application servile des règles sanitaires est devenu vital !

« Face à toute crise, c’est notre humanité qui est sollicitée pour appliquer la règle restrictive. Nous ne sommes pas là pour appliquer servilement les règles sanitaires….C’est confortable, évidemment, d’appliquer la règle, dérangeant de la transgresser. Mais derrière l’application servile, il y a la fois la peur et la paresse » Un Directeur de services funéraires, in Marie De Hennezel, L’Adieu interdit – Pour ne plus jamais vivre ça !

https://medias.liberation.fr/photo/1341392-prodlibe-2020-0521-covid-19-illustration-ecole.jpg?modified_at=1602839007&width=960

Nous y sommes confrontés à cette vague de détresse qui touche tous les milieux professionnels, socio-culturels et jusqu’au cœur des familles. Nous savions que les effets néfastes sur la santé psychique des règles édictées tout au long de cette crise sanitaire allaient se produire dés cet automne.

Des règles dépourvues de sens et de cohérence à appliquer et dictées par la peur. Comment avons nous pu accepter aussi docilement le premier confinement, qui a posé des règles inhumaines plus particulièrement dans tous les métiers dites du « care » (santé, social, éducatif, justice, accompagnement de fin de vie…) ? Avons nous subi à ce point un lavage de cerveau ? L’exemple dramatique de l’interdiction de l’accompagnement de fin de vie, va laisser des traces à vie dans les familles et chez le personnel soignant. Borys Cyrulnik avait cependant mis en garde « Jamais à notre connaissance dans l’histoire de l’humanité, une décision politique n’a empêché un être humain d’honorer un mort, en accomplissant ce rite immémorial qu’est l’enterrement ou la crémation », et c’est ce qui a été imposé ! Celles et ceux qui ont pris ces décisions mesuraient-ils les conséquences néfastes et indélébiles sur la psyché de l’application de cette règle ?

Comment a-t-on pu être à ce point dans l’absurdité ? Nos dirigeants politiques, ceux qui les conseillent (experts), ceux qui les relayent (médias) étaient-ils à ce point dans la peur ? Ce serait donc cette peur qui aurait eu raison de l’humain et qui a dicté des interdits aberrants ? Ou la paresse du questionnement a-telle gagné une part grandissante de nos dirigeants et de nous mêmes ? Ou le manque de courage de s’opposer, d’aller à contre courant, de ce qui semaine après semaine nous était imposé par le plus grand nombre ?

Un autre exemple moins conséquent sur notre psyché, mais non moins délétère sur notre santé physique et aussi révélateur de l’incohérence et du non sens des règles imposées : l’autorisation de sortie pour une durée 1h00 dans un rayon d’1km du domicile pour activité physique. Je me pose toujours cette question, mais comment a-t-on pu édicter et imposer une telle règle et sanctionner d’une amende de 135 euros toute personne ne la respectant pas ? Comment a-t-on pu interdire l’accès à la nature pour s’aérer, stimuler les défenses immunitaires et faire l’activité physique en minimum vital dans un contexte d’isolement ? Les responsables du sport et de la santé en France ont été bien dociles sur ce point. Certes ici et là des voix se sont élevées, certains présidents des fédérations sportives ont réagi, mais ce sont surtout les sportifs de tous les niveaux et les fédérations loisirs (marche, randonnée, cyclotoutrisme…) qui ont donné de la voix. Comme le disait un membre du CNOSF, nous sommes des légalistes, nous appliquerons et feront appliquées ces règles, même si….!

Ces questionnements et interrogations nous avons été et sommes de plus en plus nombreux à nous les poser. C’est l’incompréhension qui règne quand nous posons toutes ces règles les unes à côté des autres, ce qui émerge alors, c’est le non sens et cette question, mais comment est-ce possible ? Comment à notre époque des ministres, responsables, des dirigeants, des journalistes, des médecins avec de l’expérience pourtant formés, surdiplômés peuvent en arriver à ça, à se berner eux mêmes et entraîner avec eux toute la population dans cette dérive et ce non sens ? Comment peut-on vouloir réduire au silence médiatique et faire passer pour des « complotistes » la plupart des personnes et des responsables (chercheurs, médecins, philosophes, citoyens tout simplement etc…) qui ont questionné, émis des doutes, voire se sont opposés à cette « folie » sanitaire et sécuritaire ? Il y a aussi de la sidération de ce côté. Oui, comment est-ce possible ?

Qui sont les personnes, les équipes, les organisations qui ont su garder de l’humanité ? Or de semaine en semaine au gré des enquêtes, recherches et publications (livres, presse..) qui sortent sur cette période de mars à mai 2020 (confinement stricte), nous constatons que sur le terrain dans les EHPAD, les entreprises, les établissements scolaires, les clubs sportifs, les services funéraires etc… l’obéissance stricte aux règles n’a pas été de mise partout et que la nécessité, le possible, l’intelligence et avant tout l’humanité ont repris leur droit et se sont imposés dans le réel de la vie.

A titre d’exemples :

  • Marie de Hennezel, dans cet essai que nous devrions tous lire (voire étudier dans les collèges et lycées) « L’adieu interdit-Plon », donne une multitude d’exemples de Directeurs d’EHPAD, d’aides soignantes, d’infirmières, de médecins, de personnes accompagnantes des malades et mourants qui ont osés s’opposer aux règles strictes imposées. Ils ont maintenu une posture éthique et ont intentionnellement transgressé et fait transgresser par nécessité. Nombre de services hospitaliers ont mis en avant l’humanité dans l’application des règles, et ont permis aux familles d’être présentes dans les derniers moments et de tenir simplement la main du proche en train de partir (ce qui était strictement interdit par les règles sanitaires).
  • Dans les organisations publiques comme privées (entreprises etc….), une enquête a révélé que les équipes qui ont le mieux passé cette période avaient été accompagnées et managées par des responsables qui tout en faisant respecter les gestes barrières et la sécurité, témoignaient d’humanité, de confiance et adaptaient toutes les règles au contexte du réel. La priorité étant que leurs collaborateurs ne soient pas dans la peur et l’obsession de la sur-protection. Par contre, là où les responsables étaient dans l’application stricte des règles, le sur-stress a gagné et mis en état d’épuisement une bonne partie des salariés. Et quand en plus, le système imposait le maintien d’objectifs comme si de rien n’était, la folie régnait en maître ! Une enquête récente et publiée fin novembre montre qu’un salarié sur deux se dit en état de fatigue excessive, voire d’épuisement professionnel.
  • Dans le milieu sportif et des activités physiques, un nombre grandissant de pratiquants ont enfreint le cadre légal du « 1h00-1 kilomètre »..et se sont autorisées à aller marcher, courir, voire faire du vélo, du roller, nager dans des cadres plus vivifiants et attrayants. C’est ce médecin de la côte du sud-ouest qui s’est opposé au Préfet et qui a émis des autorisations médicales de bains de mer pour les personnes âgées. C’est ce bain de mer quotidien qui maintient en bonne santé les dites personnes depuis plusieurs années. Le stricte confinement sans accès à la mer a vu leur santé se dégradait rapidement. La reprise des bains de mer bien que non autorisée et sanctionnée par les autorités leur a permis de retrouver la santé !
  • Dans le milieu éducatif, nombre de maires, de chefs d’établissements, d’enseignants, voire d’inspecteurs (IEN), de CPE, d’infirmières scolaires ont bien perçu que l’application des règles strictes étaient impossibles et ont mis de la souplesse dans les protocoles pour que les relations humaines favorables et indispensables au vivre ensemble et aux apprentissages puissent se faire. Ce qui a parfois créé des tensions au sein des équipes de par la valse des protocoles venant du ministère.

Entrer en résistance, une nécessité quand le sens même de notre humanité est en danger. Désobéir s’impose quand les directives, les orientations sont dépourvues de sens et de cohérence et peuvent nous mettre en danger (la balance risque/sécurité). N’est ce pas cela qu’être citoyen ? N’est ce pas cela que nous apprenons aussi dans nos systèmes d’éducation-enseignement-formation ?

Il ne s’agit d’entrer en opposition systématique aux décisions politiques et hiérarchiques, mais d’être en posture de réflexion et d’intelligence et résister, voire s’opposer ouvertement, si l’éthique l’impose aux décisions prises dans l’urgence et la précipitation. Il en va de même actuellement pour le vaccin. Alors que des médecins et des chercheurs, spécialistes en ce domaine, sont en train de nous dire que nous n’avons à l’heure actuelle aucune preuve sérieuse (validation autre que les laboratoires) de l’efficience des dits vaccins et de leur non dangerosité à moyen et long terme (balance risque/sécurité), que les matières premières pour la fabrication en grande quantité des vaccins manquent, nos politiques et dirigeants achètent et élaborent des stratégies de campagne de vaccination contre un virus qui a ce jour a un taux de létalité de 0,05% !

Raymond Barbry, le 05/12/2020.

La vague de déprime est bien là, alors que faire ?

Nous y sommes dans cette vague dépressive, nous la redoutions, nous savions qu’elle arriverait durant ces mois de novembre-décembre. Et nul besoin d’être un spécialiste de la santé mentale (psychiatre, psychologue, médecin…) pour le savoir, le pressentir et ne pas être surpris, voire étonné !

Le confinement stricte est un enfermement

Des « expert » médiatiques et politiques surpris ! Depuis hier (le 18/11) et la publication de deux résultats d’enquêtes qui montrent que l’état psychique d’une bonne partie des français se dégrade (1 personne sur 2 qui travaille se dit épuisée – > 20% de la population en état de dépression, soit 1français sur 5), les médias, les politiques et la haute administration semblent découvrir le phénomène, comme si cela ne pouvait se produire ! Mais comment pouvaient-ils ignorer ce qui arrive ?

Des évidences ignorées ou refoulées ? Depuis le mois de mai nous savions que ce phénomène allait se produire à grande ampleur, si aucune anticipation n’était faite concernant la santé mentale d’une partie de la population et notamment des plus fragiles, mais pas que !

La convergence de facteurs bien connus qui dégradent la santé mentale de tout à chacun à des degrés divers:

  • La classique phase de déprime saisonnière automnale qui arrive tous les ans de par la réduction de la lumière du jour. A ce sujet le confinement et la réduction du temps de déplacement (cf les attestations à produire) pour une partie de la population n’arrangent rien en réduisant le temps passé à l’extérieur à la lumière du jour !
  • L’effet du stress post-traumatique du confinement 1 de mars à mai. Il faut se rappeler qu’un confinement strict est un enfermement, certes chez soi. Mais c’est un état d’emprisonnement à résidence avec toutes les conséquences sur la santé globale et plus particulièrement psychique. De plus a été posée la symbolique de la punition qui est prégnante mais pas conscientisée. Si vous ne respectez pas, vous êtes punie (amende, fermeture du commerce etc…)
  • L’angoisse et les peurs alimentées au quotidien par cette crise du corona avec toutes les incertitudes concernant l’avenir (cf les discours politiques et une bonne partie des médias classiques). C’est certainement un des éléments majeurs qui a accentué le phénomène de cette crise dépressive qui touche la population. C’est ce que certains médecins du reste (peu écoutés et même décriés !) ont tenté de désamorcer sans relais suffisant. Ils pointaient cette dérive anxiogène qui a été et est encore véhiculée par des experts, des politiques, des journalistes qui du matin au soir inondent d’informations déprimantes en oubliant le caractère relatif de cette crise. Il faut faire du « buzz ». Mais pas que, une partie des médecins, des politiques pensent, et ils ont pris des décisions dans ce sens, qu’il faut faire peur, qu’il faut sidérer la population pour que les gestes barrières soient respectés, pour que les personnes restent chez elles et ne sortent plus. Vision à court terme et dont on mesure les effets délétères, infantilisation d’une partie de la population, repli sur soi avec perte du lien social, augmentation de la sédentarité avec les conséquences sur la santé globale, augmentation des conduites de dépendance, augmentation des violences intra-familiales, augmentation des tentatives de suicide !

Certes une bonne partie de la population n’est pas touchée par cette « vague » dépressive (4/5ème des français se portent plutôt bien). Par contre les données au sujet de la santé psychique au travail sont très inquiétantes 1 salarié sur 2, se dit épuisé et en a les symptômes objectifs (lassitude – insomnie – procrastination – augmentation de la prise de médicaments – augmentation des consommations d’alcool, de tabac….- difficulté à réguler les émotions telles que colère, peur, tristesse). Ces données remontées et ce que nous observons sur le « terrain » sont insuffisamment prises en compte au plan des décisions et orientations politiques, et le phénomène prend de l’ampleur semaine après semaine, là aussi la courbe risque de faire une belle exponentielle !

Mon champ d’action professionnel et associatif touchent deux domaines, l’éducation et le sport, voici ce que j’observe depuis septembre.

  • Dans les établissements scolaires, la fatigue puis l’épuisement gagnent de semaine en semaine et tous les acteurs quelle que leur mission sont concernés (direction, enseignement, éducatif, santé, social….). Je n’ai jamais vu un tel niveau de fatigue à tous les niveaux et ce même chez des personnes qui d’habitude sont plutôt optimistes et en bonne santé. Et de mon point de vue, cet indicateur est interpellant à plus d’un titre. Voici quelques faits observés depuis cette rentrée. Faire cours devient de plus en plus difficile. Les incidents critiques se développent. Les arrêts de maladie augmentent et ce même si les personnes tardent à s’arrêter, ce qui augmente le problème et en conduit une partie au burn-out. La visibilité sur le moyen terme est impossible à envisager ; c’est le brouillard complet me disait une équipe de lycée quant aux examens, quant aux contenus à prioriser, nous sommes dans du pilotage à vue ! Les élèves (surtout dans les classes de début de primaire) ont perdu une bonne partie de leur « métier d’élève » avec la phase de confinement 1. Nous devons réapprendre les routines de base indispensables au vivre ensemble et aux apprentissages et ‘est chronophage. Les personnels doivent aussi réguler une partie de l’angoisse des parents, des enfants et des jeunes. Et nous savons combien c’est énergivore de devoir écouter, prendre en compte cet état anxiogène ; certains CE sont épuisés par le temps passé à devoir se justifier, rassurer. Dernier point et non des moindres, la coupure hiérarchique et la perte de confiance de la base envers leur ministère. Alors qu’il importerait d’être solidaire, de soutenir, de faire confiance dans les compétences et l’investissement des personnes, la logique descendante reste de mise et renvoie le sentiment de non reconnaissance et d’infantilisation.
  • Dans le milieu du sport. La colère gronde ! Il faut toute la persuasion du CNOSF (comité national olympique et sportif français), des fédérations, des ligues, des présidents de club qui sont plutôt légalistes, pour que la situation ne dégénère. mais jusque quand ? Les décisions prises sont incompréhensibles et vont contre le développement et le maintien en bonne santé des sportifs et de la population en général. Plusieurs dirigeants, entraîneurs, médecins du sport me disaient, c’est stupéfiant, hallucinant et incompréhensible les décisions ! Alors qu’il faudrait autoriser, encourager la pratique de l’activité physique pour des raisons sanitaires, (régulation du stress, maintien des défenses immunitaires…), c’est le contraire qui est imposé. On marche sur la tête. La limitation à une heure d’activité par jour dans un rayon d’un kilomètre n’a pas de sens. Il faut libérer la distance, et laisser les personnes allaient marcher, courir, faire du vélo à l’extérieur et dans la nature sans restriction aucune. De plus ce n’est pas là que les contaminations se font, nous le savons maintenant. Nous constatons aussi que de plus en plus de sportifs sont atteints du syndrome de sédentarité et ce même s’ils utilisent quotidiennement leur heure d’activité physique et d’entraînement ! En effet, rester chez soi, assis toute la journée devant un écran (télé travail, télé enseignement) conduit dans la durée à la sédentarité. Je connais nombre d’étudiants par ailleurs sportifs de bon niveau qui actuellement ne peuvent sortir de chez eux qu’une heure pour leur activité physique, le reste du temps se passe dans une chambrée de quelques mètres carrés sans contact réel avec d’autres personnes et sans bouger !

Alors que faire pour arrêter cette vague ? Une fois ce constat réalisé, il importe de trouver des solutions, d’agir….Voici quelques pistes et rappels généraux, bien connus, qu’il s’agit de mettre en œuvre quotidiennement. Cependant, Souhaitons que des décisions politiques et sanitaires pertinentes soient prisse à ce sujet. La balle est dans le camp du gouvernement et des décideurs politiques.

  • Acceptation de la réalité actuelle, c’est le lâcher prise ! Accepter ne signifie pas, se laisser aller, ne rien faire, se replier sur soi. C’est reconnaître que des choses nous dépassent et que ne nous pouvons agir sur. Mais c’est identifier ce sur quoi à mon niveau et là où je suis, je peux agir. Cet article que j’écris participe de cela.
  • Organiser ses temporalités. C’est déterminant et c’est simple à comprendre, mais plus difficile à mettre en œuvre. Par exemple, définir les heures de lever, de coucher, de repas, de travail, d’activité physique, sur les réseaux sociaux… Si le contexte de vie le permet, changer d’espace (un espace pour le travail, un espace pour la vie commune……). Faire plusieurs fois par jour des temps d’activité physique à l’intérieur, même brefs, et au delà de la sortie extérieure.
  • Pratiquer une activité quotidienne (même brève) qui apprend à calmer, réguler les émotions, réguler les pensées. Il existe une multitude de méditations en ligne et en accès gratuit aujourd’hui. par exemple, la cohérence cardiaque est un outil simple et pertinent d’utilisation et peu être fait plusieurs fois par jour. Christophe André a mis en ligne 3 minutes pour méditer. Une liste de 40 temps courts de méditation guidée, une mine.
  • Se couper ou réduire au strict minimum les médias qui alimentent l’état anxiogène de la société. Nous savons très bien comment ce processus se met en place dans notre psyché. C’est un vrai poison mental qui est instillé quotidiennement et insidieusement.
  • S’engager, prendre position, réfléchir, questionner, échanger et sortir d’une acceptation policée est aussi un moyen de ne pas subir cet envahissement dépressif.

Comme tout un chacun nous souhaitons sortir de cette situation de crise qui par nombre d’aspects est délirante, voire folle. Personnellement je n’ai jamais de ma vie rencontré une telle panique pour une crise sanitaire qui certes est bien réelle, mais qui ne décime pas la population ! Nous avons eu le sida, la vache folle….et là le niveau de létalité pour celles et ceux qui en étaient atteints étaient bien au delà de ce corona. pour rappel avec le sida c’était pratiquement 100% de létalité. Pour certains cancers, nous sommes toujours sur des données de létalité élevées (cf le pancréas par exemple).

Le problème majeur est devenu notre incapacité à accepter, regarder, appréhender notre finitude. Nous ne savons plus regarder la mort et nous en oublions de vivre. Plus inquiétant pour moi, une bonne partie du corps médical est ignorant en ce domaine. Quant à nos décideurs politiques et haute administration, ils n’ont pas ou pratiquement jamais entamé une réflexion sur ce sujet durant leur parcours de formation. Nous avons produit dans nos systèmes de formation, des techniciens, des machines à penser le rationnel et le contrôlable, voire des scientistes pour certains, mais la dimension humaine et anthropologique a été minorée si ce n’est pas ignorée. cette crise est pour moi révélatrice de cet aspect. Nous avons un besoin prioritaire de réinvestir cette dimension comme le souligne si justement André Comte Sponville, Marie De Hennezel, Thierry Janssen, Fabrice Midal, Cynthia Fleury et bien d’autres que nous n’entendons pas assez sur les grands médias.

Raymond Barbry le 19 novembre 2020.

Apprenez à gérer vos émotions et celles de vos élèves – Un dossier complet de CANOPE

CANOPE met à disposition libre, des outils, des apports d’experts pour aider les équipes éducatives en cette période particulière.

Le confinement, l’isolement, puis le retour à l’école et les précautions sanitaires qu’il nécessite peuvent être sources de stress, voire d’angoisse, pour les enfants. Comment aider vos élèves à gérer leurs émotions et leur apprendre à lâcher prise dans ce contexte si particulier ?

Ci joint le lien direct avec le dossier « apprenez à gérer vos émotions avec celles de vos élèves« .

Raymond Barbry, le 04 juin 2020.

 

Retour en classe : Le stress, un vrai défi pour l’école de demain / Une table ronde du réseau CANOPE

Une réalisation de Aurélie Dulin et Fanny Milhe-Poutingon

Atelier Canopé 38- Grenoble - Ressources numériques - Grenoble ...

Autour de cette table ronde, deux professionnels partagent avec nous leur expertise sur la gestion du stress sous l’angle du sport et de la médecine.
Pour pouvoir aborder sereinement le retour en classe au troisième trimestre, ainsi que la rentrée de septembre, la communauté éducative aura à gérer la question sensible du stress des élèves. Nous avons invité deux spécialistes du sujet, Martine Orlewski, médecin, et Raymond Barbry, formateur pour faire le tour de la question et, pourquoi pas, en tirer un bénéfice pour l’école de demain.

Réouverture des écoles… Vigilance quant au sur-stress, ou comment faire avec les peurs et ne pas sur-ajouter ?

Dans cette crise, nombre de personnes ont ressenti, ressentent et ressentiront pour le moins, du stress, de l’inquiétude, puis de l’angoisse, et voire de l’anxiété. Un sondage sorti ce vendredi en France estime que 41% des français sont en état de mal être et d’angoisse quant à cette phase de confinement et sa sortie. Les peurs sont là, bien présentes : peur du covid, peur de la crise économique, peur d’une crise politique majeure, peur des changements climatiques et surtout la peur de l’incontrôlable, de l’imprévisible et de l’incertitude.

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Concernant les établissements scolaires la France a fait le choix de la réouverture progressive dés le 11 mai en fonction des niveaux et des régions. D’autres pays ont pris la décision de clore l’année scolaire 2019/2020 et de reprendre à la rentrée de septembre. A chacun et chacune de se positionner, d’autant que les parents ne sont pas tenus de remettre leurs enfants. La possibilité de la continuité pédagogique reste de mise. Le cadre des conditions de réouverture des établissements est drastique (cf le document du MEN) et questionne fortement les enseignants quant à sa mise en œuvre concrète. Les semaines qui viennent nous éclairerons quant à la faisabilité !

Une reprise à nulle autre pareille !

Au delà du cadre qui pose les conditions de reprise et qui marque une rupture totale avec les conditions normales de classe à jamais connues à ce jour (distanciation, nombre d’élèves, restriction des activités collaboratives, conditions sanitaires….),  les chefs d’établissements, les enseignants et le personnel éducatif auront à faire en sorte que les élèves qui reprendront se sentent au mieux dans les classes et l’établissement. Mais comment faire ? Comment faire preuve de la sérénité nécessaire dans un contexte sociétal anxiogène qui impacte aussi les adultes en charge d’éducation dans l’école ? Comment faire en sorte  que, malgré toutes les contraintes, les enfants et les jeunes se sentent dans un espace sécuritaire et bienveillant ?

Les conséquences sur les enfants, les adolescents du confinement et de la pandémie.. (document issu de l’Académie de Lille)

Au plan scolaire :

  • le décrochage et les difficultés en lien avec l’absence ou l’insuffisance d’aides, d’accompagnement, d’accès au numérique.
  •  le peu ou pas d’accompagnement spécifique pour les enfants présentant des troubles d’apprentissages.

Au plan physique : 

  •  la fatigue en lien avec à la surexposition aux écrans.
  • la dérégulation du rythme veille/sommeil.
  • l’apparition ou aggravation de la surcharge pondérale et de l’obésité (grignotage, sédentarité, absence d’activité physique).
  • l’amaigrissement et carences alimentaires dues aux difficultés financières des familles.
  • les conduites addictives (écrans, produits).
  • les interruptions des soins médicaux et de rééducation (dentaires, dermato, orthophonistes…).
  • la négligence et/ou interruption des suivis et prises en charge des maladies chroniques.
  • la maltraitance physique.

Au plan psychique, les répercussions psychiques des épidémies et des confinements sont connus en voici les principales :

  • la peur d’être contaminé, de mourir et de contaminer les autres.
  • l’ isolement social qui entraîne frustration, ennui, solitude non désirée.
  • la durée du confinement et l’incertitude quant aux suites.
  • l’angoisse, les phobies (microbes), les obsessions et toc (nettoyage des mains), les troubles du sommeil, la perte de l’appétit, la fatigue et l’irritabilité, les troubles de l’attention, la morosité voire la dépression.
  • le syndrome du stress post traumatique (inscription dans la durée), perte des routines structurantes de l’école, les parents anxieux et moins protecteurs rendent les enfants vulnérables.
  • le confinement a mis un arrêt à certains suivis psychologiques.
  • le contexte de pandémie peut réactiver des événements de la vie antérieure telles que, la maladie, la mort.
  • le renforcement d’autres problématiques, cyberharcèlement, maltraitance, violences conjugales.

Une société de la Peur !

Cette crise pandémique mondiale n’a fait que raviver les peurs et la Grande Peur de l’être humain, celle de la mort qui est tue et cachée dans notre modèle matérialiste et consumériste qui nous a conditionnés à tout vouloir contrôler ! Cette pandémie nous rappelle cette réalité fondamentale, la vie, la mort ne se contrôlent pas. L’imprévisible et l’incertitude restent de mise ! Notre modernité immature refusent que les choses viennent d’ailleurs, de l’autre, des autres, ce que Lacan dénommait le grand « Autre ». Elle veut que tout vienne d’elle ! Le transhumanisme est la concrétisation et la forme abouties de cette immaturité.

Cette peur commentée à longueur de journée et alimentée par la plupart des médias s’est décuplée ces dernières semaines. Elle laisse entrevoir un monde de contrôle, de surveillance, de prévention et de sécurité qui  envahit tout et en devient excessif et maladif ! Cette peur ne tolère plus la vie avec ses aléas, ses épreuves, ses confrontations, ses échecs,  dévitalise les êtres humains, les rend frileux, peureux, méfiants, anxieux, hagards, tristes, exsangues , aigris…

Comme le souligne avec force Marie de Hennezel et Bertand Vergely (in une vie pour se mettre au monde) l’être humain a une vocation, celle de devenir. Devenir signifie que l’homme a un avenir. Il a comme vocation la vie. De plus en plus de vie !

Relativiser et remettre à sa juste place cette crise sanitaire !

Certes cette pandémie du covid 19 a quelque chose de dramatique. Il suffit d’entendre les témoignages des personnels de santé de réanimation ou ceux des personnes atteintes du covid qui en sont sorties. Mais est-ce que nous n’en faisons pas trop dans la dramaturgie ?

Je partage le point de vue d’André Comte-Sponville  qui nous met en garde contre la tentation de faire de la santé une valeur suprême au delà de toutes les autres et aux dépens de la justice et de la liberté. « Je respecte strictement le confinement, mais ça ne veut pas dire qu’on doit entrer dans ces discours qu’on entend sans arrêt à la télévision ».

De quelques rappels :  depuis le début de la pandémie, des crises graves comme la guerre en Syrie et le réchauffement climatique sont absentes des informations. « Tous les ans, 9 millions de gens meurent de malnutrition, dont 3 millions d’enfants dans le monde. Neuf millions de morts, c’est quand même plus grave que les 270 000 morts actuels de la COVID-19! ».

Par-dessus tout, les médecins ont pris le pouvoir dans nos sociétés, ce qu’on appelle le « panmédicalisme », soit de « faire de la santé la valeur suprême, et donc soumettre toute notre vie, nos sociétés,  à l’unique exigence   de la médecine ».

L’interview complet de A.Comte-Sponville sur radio canada : https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/bien-entendu/segments/entrevue/168386/andre-comte-sponville-philosophe-sante-medecins-covid-19?fbclid=IwAR0iJ1snDd61x0-ES55n6FCNpduwqwnKMdPlid6CBwwxWsNyKA_GBCvnUsA

Alors quoi faire ? Comment se positionner ? Comment ne pas sur-ajouter du stress à l’état d’angoisse latent ?

D’abord travailler ses propres peurs d’adultes, les conscientiser, les accepter (cf l’article précédent : https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2020/05/03/reouverture-des-ecoles-faire-temporairement-son-deuil-de-la-pedagogie/).

Ensuite être, autant que faire ce peut, en confiance en soi et dans l’équipe. Nous connaissons par l’expérience et par les recherches, le phénomène de contagion émotionnelle. Il s’agit de l’influence inter-relationnelle des émotions et des effets sur la dynamique collective. Cette influence joue dans les deux sens, négatif comme positif. Cette contagion émotionnelle, par son influence directe sur les émotions, les jugements et les comportements des adultes comme des enfants et des jeunes, peut provoquer des effets d’entraînement subtils et cependant importants dans les groupes, les classes et les établissements. Plus nous serons dans l’angoisse et plus cette dernière va se répandre. Plus nous serons dans le calme et plus ce dernier gagnera ! C’est d’abord et avant tout une posture intérieure qui s’entretient par la conscience que nous avons de nos pensées, de nos émotions.

Enfin travailler les priorités pédagogiques qui ne peuvent être celles d’avant la crise. Cela paraît évident..mais encore faut-il le rappeler ! Ce qui va prévaloir durant ces deux mois et peut être même certainement à la rentrée de septembre ce sont les compétences dites psycho-sociales. Faire en sorte que les enfants, les jeunes et les adultes vont élaborer du sens à ce qui arrive dans une appropriation collective.

Et qu’en sera-t-il de l’accompagnement des équipes éducatives durant cette fin d’année scolaire ? Depuis le début du confinement les enseignants, les chefs d’établissements, les CPE et l’ensemble du personnel éducatif ont déployé beaucoup d’énergie dans la continuité pédagogique. La reprise avec le cadre sanitaire va provoquer une tension supplémentaire, d’autant que nous n’avons aucune expérience en la matière ! Souhaitons que les tutelles, les hiérarchies seront à la hauteur de l’accompagnement. Il en va de la santé mentale des équipes éducatives.

Raymond Barbry le 9 mai 2020.

 

Réouverture des écoles….Faire temporairement son deuil de la pédagogie ?

Dans cet article il n’est pas question de porter un jugement sur le bien fondé de la réouverture des établissements scolaires. Je laisse à chacune et chacun se faire son opinion sur cet aspect. D’autant que sur ce sujet, nous observons dans le monde des réponses très différentes en fonction de la culture, de la doctrine sanitaire et des priorités politiques avouées et cachées du pays. De plus en France, et plus particulièrement pour les écoles maternelles et primaires, un nombre conséquent de maires s’opposent actuellement à la réouverture des écoles le 11 mai, les conditions sanitaires imposées au plan gouvernemental ne pouvant être assurées dans les établissements. Il en est ainsi dans les Hauts de France où plusieurs dizaines de communes ont pris cette position.

Je me permets simplement de dire, que la réouverture des établissements scolaires en septembre eut été la plus simple des réponses. Était elle pertinente ? Je n’en sais rien, et seul l’avenir nous le dira.

https://photos.lci.fr/images/613/344/la-premiere-ministre-danoise-en-discussion-avec-les-eleves-pour-la-reouverture-de-leur-ecole-a-copenhague-le-15-avril-29d96b-0@1x.jpeg

A mon sens, une question prioritaire doit guider les acteurs éducatifs de l’école :  comment dans le quotidien de la classe,  ne pas en rajouter quant à l’état d’angoisse persistant qui règne dans le pays au sujet de cette épidémie ? Autrement dit, comment faire en sorte que cette dernière période de l’année scolaire, à nulle autre pareille, se passe au mieux pour tout le monde, adultes, enfants, pré-ado, ado et jeunes (si toutefois les lycées ré-ouvrent) ?

De quelques principes à avoir en tête pour guider

1/ Ce qui est premier en ce contexte si particulier, ce sont deux priorités qui doivent être le fil conducteur de toutes les décisions et actions  qui en découleront :

  • Le souci de la santé de tous, élèves comme adultes. Par santé nous entendons la dimension holistique (globale) de l’être humain dans les aspects bio-psycho-socio. La santé n’est pas qu’une question de « bonne » santé physique et d’absence de maladie. Elle implique un équilibre et une dynamique entre le corps, les pensées (l’esprit) et les affects (émotions). Nous savons aujourd’hui et cela nous est confirmé maintenant par les recherches scientifiques que tout est en interaction en continue dans notre corps. Notre état émotionnel influe directement sur nos défenses immunitaires. Nos pensées agissent directement sur notre état émotionnel. Toutes les cellules de notre corps communiquent entre elles en temps réel !
  • Le maintien et le renforcement du lien social. L’être humain quelle que soit son âge est un être social. Il se développe et se construit par l’interaction avec l’autre. La dimension socio-affective est des plus déterminante dans les premières années de notre vie (cf l’enfant sauvage au 19ème siècle, les enfants isolés de Roumanie etc…). Nous ne sommes pas faits pour vivre dans l’isolement total. Même celles et ceux qui décident de vivre en retrait de la société de leur époque le font en collectif (monastère, ashram…) ou ne s’isole que temporairement (ermitage) pour mieux revenir au contact des autres.  Ce lien aux autres est indispensable quelle que soit notre âge. Il suffit de voir ce qui s’est passé dans les EHPAD en France ces dernières semaines où le confinement imposé a eu pour effet d’augmenter le nombre de personnes touchées par le « syndrome du glissement ».

De fait, les apprentissages purement scolaires, les programmes passent au second plan. Ils ne sont aucunement prioritaires en cette période ! Un des bons côtés de cette crise aura été de mettre en exergue que la vie c’est l’incertitude, qu’elle ne se contrôle pas et qu’un tout petit virus peut bloquer le monde ! Nous en vivons tous l’expérience actuellement. Une belle leçon d’humilité que la terre nous a envoyée en quelques sorte !

2/ La question de la peur est aussi première et n’est pas à éluder !

La peur est normale. Elle est une de nos émotions de base. Nous en connaissons les effets tant au plan physique que psychique. Le fait est que depuis maintenant deux mois, elle est là installée dans la durée, alimentée par des médias qui en jouent pour augmenter leur audience, par des orientations  politiques et de santé publique (cf les moyens, masques, tests) qui ne rassurent pas et augmentent le doute et la perte de confiance dans les dirigeants (cf les sondages européens en ce domaine).

Il suffit d’observer actuellement les comportements d’une bonne partie des personnes dans les lieux autorisées pour la percevoir au travers des postures, des regards. Elle est là présente continuellement, usante et épuisante parce que non acceptée, non régulée.

Alors comment faire avec ? Comment vivre avec cette peur ? Comment en réduire ses effets néfastes pour notre santé et celle des élèves ? Comment ne pas la communiquer inutilement ?

  • D’abord, une peur s’accepte. C’est la première des choses à faire. Je reconnais que j’ai peur…Je reconnais que l’autre a peur. Cette acceptation en réduit l’impact émotionnel et les effets sur notre corps et notre santé. Nous savons que vivre dans un état de peur constant, épuise l’organisme, l’affaiblit. C’est comme laisser une  porte ouverte à nombre de pathologies physiques comme mentales.
  • Ensuite, une peur se dit, se déclare. Nous avons un conditionnement culturel et éducatif à déjouer à ce sujet. Dire, déclarer voire expliciter sa peur en réduit l’impact émotionnel négatif. On se sent mieux une fois que nous avons pu dire ce que cette peur faisait en nous.
  • Puis, une peur se relativise. Dans la plupart des situations nous augmentons par notre mental (nos pensées et nos ruminations) nos peurs. Il y a ce que nous pensons qui pourrait nous arriver…Il y a ce qui pourrait nous arriver…..et il y a ce qui nous arrive vraiment. Mais arriver à cet état nécessite de prendre le temps de la distance, de la compréhension et de la mise en sens sur ce qui nous arrive.
  • Enfin, agir sur ce qui est en mon pouvoir, autrement dit, sur quoi ai je prise ? L’acceptation de la situation, de l’incertitude, du non contrôle est une première phase. Vouloir agir sur ce dont je n’ai aucune prise est contre productif, épuisant et va augmenter les peurs et les effets néfastes sur la santé. L’action et l’engagement sont déterminants. Le collectif et sa cohérence prennent toute leur dimension dans cette période de déconfinement. L’action peut être dans le contexte de la réouverture des écoles, la réorganisation des espaces, l’adaptation du temps, les modalités de déplacement etc… Mais ce peut être aussi l’opposition, le refus, la désobéissance, voire le combat si besoin, quand les seules portes de sortie sont de ce registre. Henri Laborit (médecin chirurgien et neurobiologiste, mort en 1995) a travaillé cette question tout au long de sa vie de chercheur. Il en a fait un film qui explique bien ces phénomènes (Mon oncle d’Amérique), voir aussi son ouvrage « Éloge de la fuite ».
  • Ne pas communiquer son stress aux enfants, mais témoigner de calme et de tranquillité intérieurs. Nous savons que tout est en interaction que tout est relié (cf les travaux en physique de l’information, en biologie quantique, en épigénétique…). L’état émotionnel de l’adulte comme celui des enfants vont interagir. Ça signifie que je suis impacté par tout ce qui se passe autour de moi, mais que moi j’interagis avec mon environnement ! De la joie ça se communique, mais de la peur aussi ! Le problème est que si le stress devient répétitif, il ne peut plus être géré par le système de défense de notre corps qui est conçu pour ne traiter que l’urgence en priorité. Dés lors que le stress environnemental et celui du à notre mental (nos pensées qui amènent : peur, angoisse, honte, culpabilité) sont permanents, cela active une sur-augmentation des hormones du stress. Il devient alors impossible de se relâcher. Et c’est la porte ouverte à l’épuisement, au burn-out, à la  dépression. La seule réponse possible pour éviter cette tension constante : être dans des conditions de sécurité sanitaire dans la classe et l’établissement (extériorité), en tant qu’adulte être en état de calme intérieur (intériorité) dans les temps passés en contact avec les enfants. Ce dernier point nécessite une connaissance et conscience de soi très développées et travaillées.

3. Faire le deuil temporaire des méthodes pédagogiques facilitant les inter-relations.

Et bien oui..temporairement, et je pense plus particulièrement aux classes maternelles et primaires, il ne sera plus possible de pratiquer toutes les approches interactives et coopératives qui sont de mises ces dernières décennies. Les conditions sanitaires strictes et notamment la distanciation physique en interdisent l’exploitation.

Les enseignantes et enseignants des classes maternelles ainsi que les atsem (personne qui seconde l’enseignant sur le plan matériel et éducatif ) savent combien cette distanciation sera des plus difficiles à faire respecter qui plus est dans notre culture pédagogique française (surtout en maternelles). Et nous ne savons pas aujourd’hui comment les enfants vont réagir à ce cadre très stricte imposé qui va à l’opposé des habitudes et des routines pédagogiques. Il faut s’attendre de ce côté et dans les premières semaines à un état de fatigue conséquent des enfants et des adultes ! Un tel changement est des plus coûteux en matière d’énergie psychique et de force vitale. C’est du reste en grande partie pour cette raison que les pays qui ne ré-ouvrent pas les écoles maternelles et primaires ont pris cette décision ; parce que c’est tout simplement très difficile, voire impossible d’appliquer les normes sanitaires de  distanciation.

4. Retour au behaviourisme, au conditionnement, dans sa forme basique et parfois caricaturalle.

Les vidéos, les images qui nous montrent ce qui est pratiqué dans certaines cultures effraient une bonne partie des enseignants !

Il ne s’agit pas de rejeter en bloc cette forme d’apprentissage qui dans certains contextes a toute sa pertinence. Il y a des situations pédagogiques qui pour des raisons de sécurité vont imposer l’apprentissage par conditionnement. On ne pratique pas l’essai-erreur, le socio-constructivisme quand les conditions de sécurité objectives ne peuvent être assurées.

Mais la forme caricaturalle qui nous est montrée par certains médias inquiètent, et à juste raison, nombre d’éducateurs !

Le cadre sécuritaire imposé par les normes sanitaires induit l’exploitation de cette forme d’apprentissage qui va être chronophage dans sa première phase. C’est à dire de trois à quatre semaines, le temps nécessaire à l’acquisition des nouvelles routines de distanciation par le collectif.

5. Qu’en est-il de la responsabilité des enseignants, des personnels, des chefs d’établissement ?

Cette question est actuellement débattue entre les différents partenaires. La démarche descendante à la jacobine française est toujours de mise, à savoir que l’état (le ministère de l’EN) a posé un cadre sanitaire avant toute négociation avec les partenaires. Or le contexte de judiciarisation qui gagne aussi notre pays n’est pas sans inquiéter à juste raison les acteurs éducatifs. Qui serait responsable en cas de « closter » partant d’une école ?

A ce sujet, le média « médiapart » a posé la question à un avocat pénaliste, voir cet article très explicite : Profs, directeurs, AED, AESH, agents, responsabilité pénale en jeu.

https://blogs.mediapart.fr/liligaby/blog/010520/profs-directeurs-aed-aesh-agentsresponsabilite-penale-en-jeu?fbclid=IwAR0BFc1kGd0FiK7AJlyYIB6lhZ1ym0b8_8sgLhJZnOI73UDnbwi–A6Pczc

En conclusion, voici ce que nous dit Laurent Hazan : « Il m’apparait que la seule protection contre d’éventuelles poursuites est de rester serein, de respecter strictement les obligations sanitaires et de sécurité et surtout, en cas de difficultés ou d’insuffisance des mesures mises en place pour garantir la sécurité des élèves, d’alerter immédiatement la hiérarchie et, en dernier recours, de suspendre les cours. L’important est que les enseignants soient toujours capables de justifier leurs décisions au regard de l’intérêt supérieur des élèves. »

6. Faire confiance aux enseignants, aux personnels, aux chefs d’établissement.

Et si nous faisions confiance aux acteurs eux-mêmes ? Si le temps leur était laissé de réfléchir, d’imaginer comment reprendre et refaire classe en toute sécurité objective et subjective ? Comment faire en sorte que l’école reste ce lieu où les adultes et les enfants s’y sentent bien ?

Les mieux placés pour imaginer cette reprise se sont quand même celles et ceux qui pratiquent ce lieu !

Raymond Barbry le 3 mai 2020.

Déconfinement et réouverture des établissements scolaires, et si on faisait confiance aux enseignants, aux personnels et aux chefs d’établissement !

La date du déconfinement est posée au 11 mai en France. Il se fera nous dit-on de manière progressive. Les établissements scolaires vont ré-ouvrir peu à peu à partir de cette date. Ici et là dans les médias, via les informations qui filtrent du ministère, des rectorats ou de différents experts en santé publique, un cadre semble émergé.

https://photos.lci.fr/images/613/344/deconfinement-et-retour-a-l-ecole-en-nouvelle-caledonie-20200423-1455-b76577-0@1x.jpeg

La question ici n’est pas de savoir s’il est pertinent ou non de ré-ouvrir les établissements scolaires ou d’attendre la rentrée de septembre. Les avis entre les différents pays qui ont confinés divergent à ce sujet. De même que je ne pose pas la question des contenus des quelques jours de classe en réel présentiel qu’auront effectivement les élèves entre mi-mai et fin juin (si peu en fait !).  Ni même, quelles sont les motivations premières à la ré-ouverture :  la reprise économique, la lutte contre le décrochage, le maintien du lien entre l’école comme lieu de construction du lien social et les familles, la poursuite des programmes… ? Peut être un peu de tout cela à la fois !

Qu’est ce que nous devrions attendre des dirigeants, du gouvernement, des experts en santé publique au sujet de cette ré-ouverture ?

Nous attendons qu’ils puissent poser des cadres qui ont été travaillés, discutés, critiqués en amont de leur publication avec les différents partenaires de l’école (représentations professionnelles, syndicales, associatives…). C’est de l’intelligence collective et de la démocratie en acte. Dans un contexte de crise, les solutions les plus pertinentes émergent de l’échange, du débat, de la confrontation des idées, c’est mettre en œuvre concrètement cette intelligence collective qui va faire penser « out of the box ».

Un dirigeant se doit d’être un expert en intelligence collective !

Une posture qui se définit ainsi :

  • Faire prévaloir le fond sur la forme.
  • Se fier au travail et à la probité intellectuelle plutôt qu’aux apparences et à la réputation.
  • Se risquer à la vraie réflexion plutôt que de s’abandonner aux fausses sécurités des procédures.

Le cadre se doit de libérer les initiatives et permettre la réalisation sur le terrain des possibles. Il n’y a que les acteurs du terrain, ici en l’occurrence celles et ceux qui travaillent dans les établissements scolaires qui pourront nous dire ce qu’il est judicieux et possible de faire au regard du contexte (locaux, espace, situation géographique, type d’établissement, personnes disponibles, nombre d’élèves etc….). La réalité d’un établissement n’est pas celle d’un autre. Il suffit d’en visiter plusieurs pour se rendre compte de la diversité.  Ce qui pourra être mis en œuvre dans l’un, sera tout bonnement impossible dans l’autre !

Qu’en est-il de la parole des enseignants, du personnel et des chefs d’établissement dans l’espace institutionnel, politique et médiatique?

Actuellement on pourrait dire pas grand chose ! Ils sont pourtant les mieux placés pour dire ce qu’il est préférable, judicieux, pertinent de faire.  Et ils sont capables, à condition de le permettre, d’inventer, d’imaginer et de donner du sens au comment faire !

Le mal français, la logique descendante des « sachants-décideurs » qui imposent aux « faisants-acteurs ».

C’est le problème majeur ! Et plus particulièrement, chez nous en France, cette incapacité des dirigeants et des cadres intermédiaires de prendre en compte l’avis de celles et ceux qui font !

Nous avons un problème dans la formation de nos dirigeants de tous les niveaux hiérarchiques. Ils sont conditionnés et formatés à être des « sachants » qui décident pour les « faisants ». Logique pyramidale et descendante. C’est très profond et inscrit dans notre culture et notre système d’éducation et de formation. Quand E.Macron a osé parler des premiers de cordée, il a explicitement fait référence à cette vision et conception du management, des décideurs, des « sachants »…et l’incapacité à écouter ce que les « faisants » (les acteurs du quotidien) font et disent de leur pratique, vécu.

Dans cette crise qui impacte tous les niveaux de notre société, nous voyons bien que les « authentiques » premiers de cordée ne sont pas les « sachants » mais les « faisants » du quotidien.  Il en est de même dans l’école. Les mieux placés pour dire ce qu’il est préférable de faire, ce sont celles et ceux qui au quotidien sont dans les établissements, dans les classes, au contact des enfants, des ados, des jeunes, des parents.

Les responsables institutionnels et politiques (du ministre, au conseiller du ministre, au recteur, à l’inspecteur d’académie, au secrétaire général de EC, au directeur diocésain, aux maires, aux conseillers départementaux et régionaux) devraient être là en cette période de crise pour aider, accompagner et donner les moyens de l’action à celles et ceux qui sont sur le terrain.

Et d’abord pouvoir dire et partager explicitement ce qui est prioritaire pour la santé et le maintien du lien social. Il en va de notre devenir.

Raymond Barbry, le 27 avril 2020

 

Confinement, continuité pédagogique, une épreuve d’endurance !…Comment tenir la distance – Un podcast de Canopé

C’est à l’initiative d’Aurélie Dulin du Réseau Canopé Amiens que j’ai été contacté pour témoigner et proposer des outils afin d’aider les parents, les enseignants et les élèves à traverser au mieux cette période de confinement-continuité pédagogique.Atelier Canopé 38- Grenoble - Ressources numériques - Grenoble ...L’interview a été réalisé par Fanny Milhe-Poutingon avec l’appui de  Simon Gattegno comme ingénieur du son.

Tenir sur la longue distance

Coureur Longue Distance De Remise - Photo gratuite sur Pixabay

Fort de son expérience dans le sport de haut niveau, Raymond Barbry nous propose son point de vue de formateur et de préparateur mental sur la période que nous sommes en train de vivre. Il nous apporte des éléments de réflexion sur l’articulation entre le présentiel et le distanciel, et plus particulièrement sur le rythme à adopter, les contenus à enseigner et l’évaluation. Il donne aussi des conseils pour « tenir sur la durée » de la façon la plus sereine possible. Comme pour un marathon !

https://www.reseau-canope.fr/extra-classe…

Vous trouverez aussi dans l’EXTRA-CLASSE trois autres podcasts :

Je revois les bases en aidant mes enfants

Et si l’école à la maison profitait aussi à certains parents d’élèves ?
Dans ce témoignage Mélanie Colin, mère de deux enfants scolarisés dans une école d’éducation prioritaire, porte un regard original sur sa situation. Malgré les difficultés quotidiennes pour organiser le travail scolaire, cette mère de famille qui n’était pas une bonne élève se réconcilie avec l’école, les maths et le français…

Maintenir les liens, oui mais comment ?

Nous retrouvons Claire pour la troisième semaine consécutive afin de un point au sujet du lien avec les élèves et les familles, à travers des outils et dispositifs mis en place pour l’entretenir et le consolider.

Quand les parents ont rendez-vous avec la continuité pédagogique – 21 avril 2020

Que l’on ait fait l’expérience de l’école à la maison lors d’un tour du monde ou que cette situation soit totalement inédite, c’est un quotidien familial qu’il faut adapter, de nouveaux repères qu’il faut construire pour accompagner son enfant dans ces apprentissages.
Avec honnêteté, Catherine Herrero et Sabine Turri, nous racontent leur quotidien de parents. Et si finalement cette situation offrait l’opportunité de redécouvrir son enfant et peut-être aussi de se découvrir soi-même ?

Raymond Barbry, le 23 /04/2020

S’entretenir…se maintenir en « bonne » santé…vivre, en période de confinement !

Pour celles et ceux qui ne peuvent se rendre au travail ou dans les établissements scolaires, qui sont tenus à rester chez eux avec comme seule autorisation, celle de pouvoir sortir une heure/jour pour marcher, courir ; guette insidieusement la sédentarité, le laisser aller avec les conséquences néfaste pour la santé (bio-psycho-socio): surpoids, baisse des défenses immunitaires, déprime, lassitude, perte de motivation et d’engagement, repli sur soi, désocialisation etc…

https://unric.org/fr/wp-content/uploads/sites/2/2020/03/maison-confinement-696x463.jpg

Le confinement est une situation stressante très forte qui n’est pas sans conséquence sur la santé globale, d’autant qu’elle est imposée, subie et non désirée par la plupart des personnes.  Elle est une  marque de privation de la liberté. C’est un enfermement imposé chez soi.

Alors que faire ? Comment maintenir, entretenir, voire développer cet état d’esprit d’engagement et cette dynamique de vie qui maintiennent nos défenses immunitaires à un haut niveau dans ce contexte d’enfermement ?

Voici quelques pistes concrètes et simples qui sont à adapter à chacun en fonction de son âge, de sa maturité de son parcours de vie et de ses aptitudes. Les valeurs en temps données sont relatives. Il importe que soient pratiquées, quotidiennement pour certaines et hebdomadairement pour d’autres, des situations proposées ci dessous.

1/ Pratiquer un ou plusieurs temps d’activité physique dans la journée.

C’est en développant une bonne condition physique que nous renforçons notre capacité de réponse immunitaire. C’est une des thérapies dont nous disposons actuellement et c’est la plus importante. Aussi en respectant les distances de sécurité (plus de 3 mètres) aller courir, marcher, prendre cette heure de sortie autorisée est nécessaire et vitale !

Dans l’idéal, trois temps d’activité physique quotidienne vont participer à lutter efficacement contre la sédentarité imposée par le confinement. Par exemple pour des enfants (plus de 7 ans), adolescents, jeunes et adultes :

– 20mn en début de matinée des étirements ou du yoga.  Nous trouvons sur internet (YouTube) une multitude de séances adaptées à tout un chacun.

– 20mn en fin de matinée des exercices plus toniques à base de gainage, d’ateliers dynamiques qui peuvent être réalisés chez soi. La fédération Française d’athlétisme entre autre a mis en ligne des séances type qui peuvent être réalisées par des enfants comme des adultes qui plus est de manière ludique. (voir le site de la FFA)

– de 20mn à 1h00 d’une activité dite d’endurance en extérieur en respectant les distances de sécurité, soit un effort plus long  continu sollicitant la filière aérobie, de la marche, de la course à pieds, une alternance de marche-course à pieds…La durée est fonction de  l’âge, des aptitudes initiales…Un principe de base ne pas être en essoufflement, rester en maîtrise ventilatoire.

Pour celles et ceux qui disposent d’un jardin, aller passer un moment dans le jardin, l’entretenir, se baisser, se relever, se déplacer participent de ces temps d’activité physique !

Un autre repère pour éviter les longs moments en position assise ou semi-allongée (canapé), toutes les heures se lever, marcher dans l’habitation faire quelques étirements. Ce qui est néfaste est la situation de rester sans bouger plusieurs heures !

2/ Pratiquer des temps de silence.

Cela peut paraître paradoxal en période de confinement de proposer cette activité et pourtant elle est indispensable à notre équilibre psychique. Nous avons besoin de calme, de silence. Le bruit est une des causes du stress si élevé de notre vie moderne ! « Nous savons aujourd’hui que lorsque nous favorisons le silence acoustique, mais aussi attentionnel, visuel ou méditatif, notre cerveau bascule dans un état particulier. C’est cette déconnexion qui l’aide à  se régénérer, à évacuer les toxines conduisant aux maladies neurovégétatives. Mieux le silence sous toutes ses formes est bénéfique pour la créativité, la mémorisation, voire la construction de notre « moi ». Michel Le Van Quyen – Voir Cerveau et silence.

Concrètement, il s’agit pendant un temps donné de ne pas parler, et si possible de couper toutes les sources de bruit dans l’habitation. Ce temps est défini au préalable. Cela peut aller de quelques minutes (1 à 3mn notamment avec des enfants) à plusieurs heures, voire une journée entière (par exemple pour des adultes une fois/mois, une journée en silence !).  A chacun de se définir ses objectifs en fonction du contexte de vie (nombre et âge des personnes vivant sous le même toit).

Pour les personnes habituées aux pratiques de contemplation, de pleine attention, de méditation, de zazen,  de sophrologie, de relaxation, vous pouvez profiter de ce temps  de silence pour pratiquer de vous mêmes sans guidance extérieure.

3/ Placer des temps de méditation, de cohérence cardiaque, de sophrologie, de yoga, de relaxation guidés dans votre journée.

Depuis plus de trente ans maintenant, nous connaissons et avons les preuves des effets bénéfiques de ces pratiques sur notre santé psychique, physique et sur nos défenses immunitaires (cf les travaux de E.Blackburn – Nobel de médecine 2009). Depuis moins d’une petite dizaine d’années en France, ces résultats et effets sont enfin  reconnus du grand public et de plus en plus recommandées par les milieux de la santé. Ce qui était considéré par méconnaissance culturelle comme des pratiques soit ésotériques, soit « farfelues », voire sectaires est maintenant valorisé ! Alors pourquoi s’en priver, d’autant que nous trouvons une multitude de supports via l’internet.

Nul besoin d’être un expert en méditation pour s’y mettre. Il suffit dans un premier temps de se programmer dans la journée des temps courts de quelques minutes en s’aidant d’une des multiples applications en accès libre.

Pour commencer la cohérence cardiaque est un bon support. Voici trois liens…

https://www.youtube.com/watch?v=22deFxgJF4Q – Classique

https://www.youtube.com/watch?v=BYPu_6nDU7o&t=169s – Pour Stressés

https://www.youtube.com/watch?v=0ShmcJo66Mc&t=45s – Pour enfant

Je ne vais pas recommander une pratique plus qu’une autre. Elles reposent sur les mêmes bases et ont à peu près les mêmes effets dans la durée. L’important, avoir une pratique régulière, comme pour l’activité physique ! Dans le contexte du confinement actuel, trois temps de 5mn/jour (pour les adultes) est une bonne base de départ. Pour les enfants en dessous de 10 ans, commencer par des temps plus courts(vous trouvez des applications pour les enfants). Cela peut se pratiquer en famille. Pour celles et ceux qui souhaitent des séances plus longues de plus de 5mn et jusqu’à 1h00, vous trouvez sur internet en accès libre des séances toutes faites. Pour donner quelques exemples parmi tant d’autres vous pouvez trouver sur internet, Clarisse Gardet, Christelle Ringeval, Marine Locatelli, Christophe André, Frédéric Lenoir, Fabrice Midal, Ilios Kitsous mais aussi Sofrocay, Petit Bambou, Yupsi le petit dragon, Calme et attentive comme une grenouille,  etc….

3/ Couper la télévision, les écrans et les infos.

Note époque est marquée au plan médiatique par des chaînes d’informations qui fonctionnent en continu et qui ressassent heure par heure, les mêmes nouvelles souvent défaitistes, démoralisantes parce que nous sommes attirées par ce type d’informations ! C’est ainsi.

Nous savons qu’en moyenne nous passons beaucoup de temps devant la télévision, et l’état de confinement va augmenter ce temps. Au delà de trois heures par jour pour les adultes et une heure pour les enfants, des effets néfastes ont été observés sur notre santé (augmentation de la sédentarité, obésité etc…). Le confinement augmente de fait ce temps devant les écrans et participe à un effet anxiogène accru via des informations communiquées en boucle.

S’en tenir à des temps courts d’infos.  Privilégier les émissions ou film provoquant de la joie, des rires.

Et pourquoi pas de temps en temps, la journée sans télé et sans écran !

4/ Savoir couper le smartphone et aussi l’exploiter pour le maintien du lien social.

Nous passons beaucoup de temps sur nos smartphones et ordinateur. En moyenne en France nous le consultons plus de 400 fois/jour !  Nous avons de plus en plus de mal à nous en détacher. Les effets néfastes sur la santé et sur nos capacités cognitives d’une sur-exploitation et sur-exposition à ces outils sont bien connus aujourd’hui. Voir à ce sujet les travaux de Manfred Spitzer (Ulm – Les ravages des écrans), ceux de Michel Desmurget (Lyon – Inserm – Les dangers des écrans pour nos enfants) et  l’ouvrage de Neil Postam (EU) Technopoly ou comment la technologie détruit la culture.

Il ne s’agit pas de ne pas utiliser ces outils qui nous permettent en cette période de confinement de maintenir le lien social déterminant à notre santé psychique et donc à augmenter nos défenses immunitaires.

Il s’agit de savoir s’en détacher quelques minutes, voire quelques heures, voire une journée. En tous les cas, ne pas le consulter durant la nuit ! A ce jour plus de 50% des français le consultent la nuit et perturbent ainsi leur sommeil.

5/ le sommeil ! déterminant….

Le confinement à la maison dérègle la vie sociale et agit sur nos rythmes. Certes certains et certaines peuvent bénéficier de temps de sommeil plus longs. C’est le cas notamment de tous les élèves de l’école au lycée qui n’ont plus à  se lever pour certains très tôt (parfois 5h30-6h00 du matin).

Il ne s’agit pas de reproduite les horaires de lever et de coucher du temps hors confinement. Mais surtout de maintenir une qualité et quantité de sommeil suffisants. L’occasion de retrouver le temps de sommeil nécessaire à notre équilibre. Nous avons perdu au fur et à mesure des années et depuis trente années des heures de sommeil. Or le sommeil est le premier facteur de la « bonne » santé !

6/ Oser l’esprit du débat philosophique (dés l’age de 5-6 ans).

Cette pratique de l’échange, du partage et du débat peut être exploitée dans le contexte familial. De quoi s’agit-il ?

Il s’agit à partir d’un mot, d’un thème, d’une image, d’une lecture d’un texte court d’échanger suivant les principes suivants :

– Une personne parle à la fois.

– On n’émet pas de jugement de valeur.

– On peut demander la clarification d’une idée.

– On peut alimenter, enrichir une idée qui a été émise.

– On ne contredit pas l’idée d’une autre personne. Chaque personne a le droit de penser ce qu’elle pense. Ce n’est qu’une idée. Chaque personne a de bonnes raisons de penser ce qu’elle pense.

– Une conclusion peut être émise par chaque personne…ce que je retiens de ce moment.

A ne faire que dans un contexte familial apaisant. Il ne s’agit aucunement de vouloir avoir raison, de convaincre, mais de s’enrichir chacun par l’apport des idées des autres. C’est la construction de l’intelligence collective.

7/ Jouer !

C’est l’occasion de ressortir les jeux de cartes, de sociétés qui sont facteurs de lien social et affectif. Notre temporalité moderne a réduit ces temps de « jeu » qui ont pratiquement disparu de nos cadres de vie. Et pourtant ils sont porteurs d’une grande richesse et développent au delà du plaisir de jouer en lui même, l’acceptation des règles, l’acceptation de la frustration, le développement de la collaboration, le développement de l’intelligence globale.

8/ Partager chaque jour les bons moments vécus.

Nous avons tendance en tant qu’être humain à ne nous souvenir que des moments désagréables, et à les ressasser ! Ce qui est facteur de stress excessif (sur-stress). Cet état de stress constant et latent déclenché par des pensées négatives tournées vers le passé (regret, culpabilité) ou le futur (peur, angoisse) épuise l’organisme et fait chuter drastiquement nos défenses immunitaires. C’est en grande partie ce qui nous rend plus fragile face à la maladie.

Aussi, il importe de conscientiser, de mémoriser et de partager les bons moments vécus. On ne mesure pas combien cette simple démarche réalisée quotidiennement agit sur notre bien être intérieur et réduit notre niveau de stress latent !

Et maintenant, comment faire ?

Avant tout, accepter la situation sanitaire de confinement qui est la notre. Cet état d’acceptation va de fait réduire l’effet de mal être latent qui s’installe insidieusement et durablement. Ensuite,  à chacun de se fixer  ses propres objectifs et petits défis quotidiens et hebdomadaires qui vont permettre de se maintenir dans cette dynamique de vie qui permet de maintenir et renforcer naturellement nos défenses immunitaires.

Raymond Barbry le 17/04/2020