Une pratique sportive régulière associée à de la relaxation améliore la sérénité.

Dans le cadre d’un mémoire de Master 2 – STAPS d’Amiens- Méthodologie de l’entraînement sportif –  Alexis Barbry a mesuré les effets sur la condition physique et le bien être d’une pratique sportive régulière (trois fois par semaine) associée à de la relaxation.

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Cet étudiant a effectué son stage professionnel à l’IRFO (Institut des rencontres de la forme), association située au CREPS de Wattignies et rattachée à la ligue des Hauts de France d’athlétisme. C’est dans le cadre de ce stage et avec le partenariat du Racing Club d’Arras d’athlétisme que cette étude a été réalisée. Il a été accompagné dans ce travail par Annie Carton (maître de conférence – STAPS-Université d’Artois).

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Le thème de la recherche :

« La place de l’activité physique dans le bien-être est aujourd’hui un enjeu sociétal. Dans notre étude, nous avons couplé des mesures physiques et psychologiques ».

« L’objectif de l’étude est de voir l’effet d’un programme de condition physique couplé à de la relaxation sur les manifestations et les outils de régulations du bien-être ».

Population étudiée

« Notre population est composée de 3 groupes. Ces 3 groupes ont été constitués par rapport au nombre de séances que les participants ont pu vivre sur la durée de l’expérimentation (c’est-à-dire 10 semaines). Ceci correspond aussi à une régularité dans l’engagement des participants. Le critère d’inclusion était premièrement d’être volontaire, ce qui correspond à un engagement autodéterminé. Deuxièmement, d’être salarié ».

  • Le groupe « Sédentaire » ou groupe témoin. Aucun membre du groupe ne pratique une activité physique régulière, c’est-à-dire 30 minutes par jour ou 1h30 par semaine. Les participants de ce groupe ont un quotient de forme faible ou moyen, c’est-à-dire inférieur à 50 pour tous (sachant que le maximum est de 100). Ce groupe est composé de 11 personnes : 3 hommes et 8 femmes. L’âge moyen de ce groupe est de 46,1 ans et l’écart-type de 14,18.

  • Le groupe « moyennement présent » a effectué 5 séances de condition physique et/ou d’accompagnement running couplés avec des exercices de relaxation à la fin de la séance (10 minutes) en 10 semaines. Ce groupe est composé de 11 personnes : 2 hommes et 9 femmes. L’âge moyen est de 38,45 ans et l’écart-type 6,8.

  • Le groupe « fortement présent ». Les membres de ce groupe ont effectué au minimum 8 séances de condition physique et/ou d’accompagnement running couplés avec des exercices de relaxation (10 minutes) à la fin de la séance en 10 semaines de temps. Ce groupe est composé de 11 personnes : 3 hommes et 8 femmes. L’âge moyen de ce groupe est de 46,18 ans avec pour écart-type 10,4.

Deux instruments de mesure ont été utilisés, tous deux sont la propriété intellectuelle de l’IRFO. Le premier : DIAGNOFORM actif  permet de mesurer les 5 grandes qualités physiques (Endurance – Force – Vitesse – Coordination – Souplesse). Le second : Le DIAGNOFEEL a pour objectif de mesurer les manifestations ainsi que les éléments de régulation du bien-être (relations sociales, activités de loisir, joie, sérénité).

voici en résumé  les conclusions de l’étude

« Dans notre étude, un programme de condition physique couplé à des exercices de relaxation a des effets sur le niveau de condition physique des participants (quotient de forme), et sur la manifestation du bien-être et plus particulièrement « la sérénité ».

Une étude de plus qui confirme ce que nous identifions tant par l’expérience de la pratique que par les recherches dans un cadre universitaire, à savoir que la pratique d’une activité physique régulière associée à des temps de pratique d’intériorité (conscience de soi) tels que, la relaxation, le yoga, la méditation, la sophrologie,  participe à améliorer le bien être des personnes.

Si vous souhaitez en savoir plus sur cette recherche, me contacter par message (commentaires). Je vous mettrai en contact avec l’auteur.

Raymond Barbry, le 19 juillet 2019

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Effets d’un atelier de pleine attention (méditation) en collège.

C’est à l’initiative de Mélanie Decool (infirmière) et Sylvie Ponavoy (professeur) au collège de Flandre à La Madeleine (Hauts de France) que j’ai animé pour tous les élèves des classes de cinquième  un atelier de pleine attention. Nous avons pu mesurer les effets de cet atelier sur les capacités attentionnelles  au travers d’un test pratique d’attention-concentration. C’est cette expérimentation que je vais vous décrire ainsi que les résultats observés entre la première et la dernière  séance.

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1. Intitulé de l’atelier.

 « Développer un cerveau de champion « 

2. Cadre des rencontres.

  • Toutes les classes du niveau 5ème (12 à 14 ans) ont bénéficié de sept rencontres entre les mois de mars et de juin 2019. Soit une centaine d’élèves.
  • Tous les élèves participaient à l’atelier
  • Le temps de l’atelier était de 30mn/classe.
  • Un ou des adultes (enseignants, éducateurs, infirmière…) ont participé à l’atelier avec les élèves.
  • Les temps d’atelier se déroulaient sur temps de cours.

3. Contenus des ateliers.

Les contenus s’appuient sur le programme (Raymond Barbry-AGEPS). Ils sont adaptés aux caractéristiques des collégiens de cette tranche d’âge. En voici les grands points,

  • Identifier ce qu’est un état d’attention-concentration.
  • Connaître le fonctionnement de base du cerveau attentif.
  • Apprendre à réguler sa respiration.
  • Apprendre à percevoir les sensations venant du corps (relâchement-contraction).
  • Apprendre à observer et réguler ses pensées (métacognition).
  • Apprendre à construire une image mentale.
  • Apprendre à ressentir et réguler les émotions.
  • Apprendre à faire silence.
  • Apprendre à fixer son attention dans le cadre d’une situation neutre.
  • Apprendre à réguler son niveau de stress.
  • Apprendre à visualiser une situation à venir (mise en projet).
  • Apprendre à se remémorer un événement passé.
  • Apprendre à se déplacer sans les repères visuels.
  • Apprendre à maintenir un équilibre sans les repères visuels.

4. Entraînements entre les temps d’atelier.

J’ai pour habitude dans ce type d’intervention de rapprocher les temps de rencontre (au maximum toutes les deux semaines), ceci pour une meilleure appropriation des outils. Dans le cadre de ce dispositif, cela n’a pas été possible. Aussi, la présence d’adultes avec les élèves s’est révélé déterminante. Elle a permis la réappropriation des situations proposées dans l’atelier dans le cadre de temps de classe. C’est ainsi que certains enseignants-es ont repris régulièrement sous forme de temps très courts des situations de pleine attention. Une routine s’est ainsi installé dans certaines classes.

5. Effets observés sur le temps d’attention-concentration sur une tâche neutre.

Nous avions convenu d’évaluer les effets de cet atelier sur tous les participants. Pour ce faire nous avons retenu le test classique de fixation d’un objet neutre qui permet de mesurer instantanément les progrès ou non des sujets. Ce test, qui est exigeant, s’appuie sur deux principes : la vitalité et l’entraînement spécifique. C’est ainsi que s’entraînent mentalement, la plupart des sportifs de haut niveau et toutes les personnes qui ont à intervenir dans des contextes à haut de niveau de vigilance.

Description du test :

– En position assise sur une chaise, pieds au sol.

– Fixer un objet neutre, balle, ballon etc…qui est positionné à peu près à hauteur d’homme (1.70).

– Le regard ne doit pas quitter l’objet pendant un temps déterminé.

– La durée du test est de 20mn.

– Les sujets ont l’autorisation de bouger les pieds et les bras, mais le haut du corps (la tête) se doit de rester immobile.

– Dés que le sujet quitte du regard l’objet neutre, le test est terminé et nous notons le temps de soutien du regard sur l’objet neutre.

Résultats observés lors de la première rencontre avant le début du programme.

Lors de la première rencontre et dés son début, nous avons fait réaliser le test décrit précédemment sur une période de 3mn. En voici les résultats :

  • 50% des élèves décrochaient avant la première minute. Pour certains d’entre eux, soit 10% de la totalité, le décrochage attentionnelle s’est fait avant l’atteinte de la quinzième secondes.
  • Moins de 20% des élèves ont réussi à maintenir l’attention pendant trois minutes.

Résultats observés lors de la dernière séance – le test des 20minutes.

La dernière séance a consisté à la fixation de l’attention sur un point fixe pendant 20mn, voici les résultats de ce test réalisé par 94 élèves

  • 56% maintiennent leur attention pendant  20mn
  • 3% maintiennent leur attention au delà de 15mn (<20mn)
  • 11% maintiennent leur attention au delà de 10mn (<15mn)
  • 11% maintiennent leur attention au delà de 5mn (<10mn)
  • 19% ne maintiennent pas leur attention au delà  5mn (<5mn)

Nous observons une différence entre les garçons et les filles. Ces dernières sont 60% à réussir le test dans sa durée totale pour 44% des garçons.

Un seul élève obtient un score de moins de 1mn (36 secondes de temps de soutien).

Discussion sur les résultats.

les progrès sont indéniables quant à la réalisation du test retenu. Ceci confirme toutes les recherches faites ces deux dernières décennies qui mettent en avant le bénéfice retiré des pratiques de pleine attention sur les capacités attentionnelles.

Un entraînement spécifique s’avère efficace et a tout son sens dans le contexte éducatif actuel. Notre époque dite « hyper-moderne » est  marqué par une chute drastique des capacités attentionnelles de l’être humain (temps de maintien de l’attention à 9 secondes). Or il n’est pas possible d’apprendre, de réfléchir, de mémoriser si l’attention est absente ou réduite à un temps trop bref (zapping attentionnel).

Des exercices de pleine attention peuvent être proposés dans le cadre de l’enseignement obligatoire. Ils ne prennent pas beaucoup de temps (de quelques secondes à quelques minutes).  C’est la systématisation qui est déterminante. Il s’agit d’instaurer un rituel.

Exploitation de la pleine attention en dehors du temps d’atelier.

Nous avons fait une enquête quant à l’exploitation que font les collégiens de cet outil de pleine attention en dehors du temps d’atelier , voici ce qu’il en ressort :

Près de 50% déclarent s’entraîner personnellement en reprenant plus ou moins régulièrement (de une fois par semaine à chaque jour) un ou des exercices proposés durant le temps d’atelier.

Certains jeunes déclarent exploiter cet outil dans d’autres contextes de leur vie et plus particulièrement celles et ceux qui ont une pratique sportive ou culturelle (musique, chant, théâtre) ou pour une meilleure qualité de vie (amélioration du sommeil).

Raymond Barbry – le 25 juin 2019

 

 

 

 

 

 

Méditation de pleine conscience à l’école, état de la recherche scientifique et de la recherche action

Dans le cadre d’une formation nationale pour des enseignants spécialisés à Arras, et à la demande de Bénédicte Dubois (responsable enseignement spécialisé à l’Ifp de Lille), l’AGEPS-Raymond Barbry a fait un état des lieux des recherches sur la méditation de pleine conscience et l’ensemble des pratiques méditatives à l’école et dans les autres  champs de la société (santé, social, sport, entreprise, armée, religieux….).

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Voici en résumé les grands points que j’ai abordés lors de cette journée.

1. Histoire, définition et sens.

Les pratiques méditatives ont plus de 2600 ans ! Elles traversent l’histoire de notre humanité, des différentes civilisations, des différentes religions, des différentes cultures. Pour plus de détails sur les aspects historiques , voir les travaux de Francesco Varela Fabrice Midal,  Frédéric Lenoir. L’historien Pierre Hadot a montré dans ses travaux de recherche, l’importance des « exercices spirituels » dans les différentes écoles philosophiques de l’Antiquité grecque et romaine. Frédéric Lenoir dans son ouvrage « Méditer à cœur ouvert » fait un résumé synthétique qui croise, les apports des écoles philosophiques de l’Antiquité, les apports des religions monothéistes, les apports de l’Asie via le yoga et le bouddhisme et les apports modernes de l’approche laïque et scientifique.

Depuis une cinquantaine d’années et plus particulièrement depuis ces dix derniers années, la méditation connaît un essor sans précédent dans le monde occidental, tout d’abord via l’apport du bouddhisme zen et de manière fulgurante par le développement de la mindfulness, forme laïque de méditation, focalisée sur le souffle, les perceptions sensorielles. Pratique qui permet de réduire de manière significative le stress et les états anxieux qui sont considérés comme les « maladies chroniques » de notre époque hyper-moderne.

La définition est simple, je m’inspire plus particulièrement sur les écrits et les paroles de Thich Nhat Hanh  (un des premiers à écrire en langue française sur ce sujet de la méditation de pleine conscience). La méditation dite de pleine conscience, aussi appelée pleine attention ou pleine présence consiste à apprendre à vivre pleinement chaque instant de la vie que ce soit en mangeant, en étudiant, en jouant, en faisant du sport, en travaillant, en écoutant de la musique, en parlant, etc…

In fine, le sens ultime des pratiques méditatives est de nous rendre pleinement humain en mettant en harmonie notre esprit, notre corps, notre cœur dans la présence à soi, à l’autre et au monde (Frédéric Lenoir). Nous voyons ainsi que méditer ne se résume pas à être assis en tailleur en position du lotus ! Mais qu’à chaque moment de la vie quotidienne, il nous est possible d’être dans cette posture intérieure de la pleine présence à ce qui est.

Les pratiques méditatives visent à nous rendre libres et non soumis à une idéologie quelconque. Elles nous invitent à explorer notre propre expérience en rendant notre esprit plus clair, à faire naître en nous une intelligence de la situation où nous nous trouvons, à nous faire découvrir que notre esprit colore le monde et qu’il est possible de travailler sur notre manière de voir les choses. Que nous ne sommes au fond jamais prisonniers de nos émotions, de nos affects et de notre histoire. Elles nous permettent de toucher la racine de notre être et la vie qui nous anime. Elles sont une invitation à nous ouvrir pleinement à ce que nous sommes (Fabrice Midal).

De fait si nous nous basons sur cette définition et le sens de la méditation, nous faisons le constat qu’il n’existe pas une seule et unique pratique de la méditation, mais que nous avons bien à faire actuellement à des pratiques méditatives, qui ont la même base de départ et la même intentionnalité.

2. Un phénomène scientifique, médiatique et pédagogique exponentiel.

Fin des années 90 et début des années 2000, dans la littérature scientifique il était dénombré par an une dizaine d’articles faisant état de recherches sur ce sujet. Les premières photos de moines (cf Mathieu Ricard) avec des capteurs sur le crâne remonte à cette époque. A compter des années 2008, la courbe s’infléchit et de plus en plus de recherches sont menées sur les effets des pratiques méditatives. Depuis 2015, nous sommes à plus de quatre cents articles scientifiques par an ! Pour ma part, depuis cinq ans, il n’y pas un mois où je ne suis pas sollicité par des étudiants de master (psycho, sciences de l’éducation, socio, staps, philo, écoles d’ingénieurs, écoles de commerce, école de journalisme…) ou des doctorants qui ont pour sujet de mémoire ou de thèse la place des pratiques méditatives en contexte éducatif ou sportif !

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Des noms et des repères scientifiques : Voici une liste de noms qui servent actuellement de référence. Elles et Ils ont participé à leur manière à être des promoteurs scientifiques du développement de la méditation. Ils ont participé à donner une justification scientifique de la méditation dite de pleine conscience, Jon Kabat-Zinn (Biologiste moléculaire EU), Francisco Varela +(Biologiste-Chili/Paris Orsay-France), Mathieu Ricard (moine et chercheur en génétique moléculaire-France), Zindel Segal (Psychologue cognitiviste-canada), Antoine Lutz et Jean Philippe Lachaux (Neurosciences – Inserm Lyon France), Richard Davidson (Neurosciences – EU), Christophe André (Psychiatre – France), Wolf Singer (Neurobiologiste-Allemagne), Paul Ekman (Psychologue EU),  Robert Levenson ( Psycho-physiologue-EU), Stephen Kosslyn – (Psychologue-EU), Michel Le Van Quyen (Neurosciences – Inserm Paris), Helen Mayberg (Psychiatre et neuro – EU), Père Thomas Keating (Philosophe des sciences – EU), Jack Kornfield (Psychologue – EU), Esther Sternberg (Neuroscientifique – Canada), John Teadsdale (Psychologue – UK), Alan Wallace (Philosophe des sciences – EU), Ilios Kotsou et Alexandre Heeren (Psychologues – Université de Louvain Belgique), Alfonso Caycedo (Psychiatre et fondateur de la sophrologie – Espagne), Antoine De Lagaranderie (Fondateur de la gestion mentale) et bien d’autres que je ne peux citer mais qui travaillent sur cette question.

L’influence du réseau Mind and Life est déterminante quant à l’état des recherches actuelles. Ce réseau a pris forme au milieu des années 80-90, sous l’instigation de Francisco Varela, le penseur et neuroscientifique chilien (Professeur des universités à Paris Orsay), l’avocat américain Adam Engle et le Dalaï-lama. Mind and Life à développer un type d’approche « universel » des bénéfices potentiels induits par les pratiques méditatives. Il y a, pour les fondateurs, un caractère d’urgence lorsque nous savons la prévalence de la dépression, de l’angoisse et des déséquilibres posttraumatiques, ainsi que les niveaux de stress et de violence particulièrement élevés qui caractérisent notre ère hyper-moderne.

Au plan sociétal et médiatique, il en est de même ! Au début des années 2010, quelques apparitions dans les médias « grand public ». Par exemple, en 2012 Europe 1 dans une matinale fait une référence aux pratiques méditatives à l’école (https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2012/10/26/la-meditation-a-lecole-on-en-parle-dans-les-medias/). Plus récemment, l’hebdomadaire  « Femmes actuelles » (jan 2017), « On attend quoi pour…méditer en classe ! » La revue les cahiers pédagogiques (n°547) met en ligne et en accès libre et gratuit un article co-écrit par Florent Pasquier (Paris-Sorbonne) et Raymond Barbry (formateur indépendant),  » Pratiques de pleine attention et effets de la méditation à l’école » : http://www.cahiers-pedagogiques.com/Pratiques-de-pleine-attention-et-effets-de-la-meditation

Aujourd’hui, il ne se passe pas une semaine sans que dans les médias, une émission, un reportage, un article ne fassent référence à la méditation. Il y a bien un phénomène de société qui est révélateur, d’un besoin, d’un engouement voire d’une mode.

Au delà et en appui des scientifiques, des acteurs du terrain et de la pratique que je qualifie comme des innovateurs et des scientifiques de l’action (recherche-action) ont participé au développement des pratiques. Elles et ils sont celles et ceux qui dans le quotidien font vivre ce qu’est la méditation. Ils viennent donner du sens aux pratiques méditatives dans le quotidien de nos vies. En voici quelques uns-unes qui, en France et dans les pays francophones, ont participé au développement des pratiques méditatives,  Fabrice Midal (Philosophe et fondateur de l’école française de méditation laïque), Frédéric Lenoir Philosophe-sociologue (fondation Seve, ancien Directeur du monde des religions), Thierry Janssen (Médecin, psychothérapeute), Thich Nhat Hanh (Moine boudhiste /les Pruniers – fondation Wake up),  André Comte Sponville (Philosophe), Abdenour Bidar (Philosophe – IGEN en charge de la question du vivre ensemble et de la spiritualité à l’EN), Alexandre Jollien (Philosophe), Jacques Vigne (Médecin psychiatre), Gérard Bloch (Médecin rhumatologue – Responable du DU, méditation à l’Université de Strasbourg), Et bien d’autres...Yvan Amar+, Annick de Souzenelle, Marc De Smedt, Patrice Van Eersel, Olivier Chambon, Anne Ducrocq, Christophe Fauré,  Jean Yves Leloup, etc….

Les innovateurs dans le domaine éducatif en France (début des années 2010). Elles et ils sont nombreux qui dans l’ombre, d’abord, puis de plus en plus à découvert, ont osé s’affranchir, proposer dans le contexte éducatif des temps de pratiques méditatives et former des enseignants (méditation de pleine conscience, sophrologie, yoga, gestion mentale…). Parmi celles et ceux qui ont publié leurs pratiques (livres, blogs), voici en France les précurseurs  :Eline Snel (Calme et attentive comme une grenouille- Pays Bas), Jeanne Siaud Fachin (Psychologue), Clarisse Gardet (Sophrologue et Psychologue) , David Dewulf (Belgique),  Susan Kaiser Greenland (EU), Marine Locatelli (Productrice et auteur), Brigitte Gamby-Cerf (Psychologue), David et Anne Rycroft (association mind with heart), Patrick Bobichon (Formateur et promoteur de la méthode Vittoz), Antonela Verdiani (Formatrice et chercheur indépendant – fondatrice du Printemps de l’Éducation et ex-responsable éducation à l’UNESCO), Max Deloor (ONG paix et bienveillance en paix) Florent Pasquier (Universitaire et formateur Espe), Antoine De La Garanderie + (fondateur de la gestion mentale), Raymond Barbry (Formateur indépendant)…et bien d’autres qui les ont rejoints par la suite (Emmanuel et Sophie Faure – intructeurs MBSR, Christelle Ringeval – CPE et sophrologue etc…), et tous les enseignants et éducateurs qui quotidiennement proposent des temps méditatives à leurs élèves. Autour de ces personnes se sont développés des associations ou des outils qui sont aisément accessibles (réseau Seve,  Mind with heart, Wake up,  enfance et attention, calme et attentive comme une grenouille, petit Bambou, Yupsi le dragon, Vittoz Lyon, Yoga pour les enfants, Yoga éducation-RYE etc…..)

Pour ma part (AGEPS-Raymond Barbry), depuis 2011, ce sont plus de 4000 personnes dans le domaine éducatif (enseignants, personnel éducatif, personnel de direction, syndicats, infirmières, associations de parents d’élèves) de sensibiliser, de former aux pratiques de pleine attention en France (enseignement public et privé sous contrat). Si nous extrapolons, nous pouvons faire l’hypothèse que depuis au moins dix ans en France, ce sont pas moins d’une centaine de milliers d’enseignants ou de personnels éducatifs qui ont été sensibilisés ou formés aux pratiques méditatives.  (voir les différents associations et organismes privées ou publiques qui proposent des formations, Séve, Snel, Mind with Heart, mais aussi les centres de formation d’enseignants les Espe, les Ifp, les Universités etc….)

3. Les domaine où se pratiquent et se développent les pratiques méditatives. Nous sommes face à un phénomène sociétal d’ampleur. Il n’y a pas un domaine où les pratiques méditatives ne sont pas proposées actuellement.

  • Tout d’abord, La santé. C’est de là que les pratiques méditatives se sont développées. Nous devons beaucoup en France à des médecins psychiatres comme Gérard Vigne et Christophe André d’avoir proposé le yoga et la méditation comme outils thérapeutiques contre le mal être et les maladies de l’âme. Au delà du domaine de la psychiatrie, ce sont tous les services hospitaliers qui s’intéressent aux pratiques méditatives. Je suis moi même intervenu récemment auprès d’un service du CHU de Lille pour témoigner des effets de ces pratiques pour le personnel comme pour les patients (octobre 2018).
  • Dans certains pays (et même en France), c’est dans le milieu carcéral que des psychologues ont proposé aux volontaires des ateliers de méditation ou autres pratiques méditatives (sophrologie, yoga, relaxation dynamique etc…). Pour ma part, en tant que professeur d’EPS intervenant en milieu carcéral à une époque de ma vie professionnelle, j’ai proposé et animé quotidiennement pour des volontaires des temps méditatifs (années 1993-1995).
  • Le monde de l’entreprise publique comme privée, s’est bien entendu intéressée à ces pratiques. Plus particulièrement pour réduire les effets du stress négatif sur les salariés et augmenter leur productivité.  Nous reviendrons sur ce point par la suite et plus particulièrement sur l’instrumentalisation  de ces pratiques, par trop dénaturées !
  • Le milieu du sport a de longue date exploité les outils de la pleine attention pour la régulation du stress et l’augmentation de l’état de vigilance. Par exemple, les cyclistes, Greg Lemond, Fabian Cancelara, Christopher Fromm, Cadel Evans (pour les plus connus), le judoka Teddy Riner, le basketteur Mickaël Jordan, le skieur Jean Claude Killy (un précurseur dans les années 1960 de la gestion mentale sans le savoir!), les tennismen Nadal, Federer, Djokovic, les Soeurs Williams, le biathlète Martin Fourcade, le trailer Kilian Jornet, les apnéistes (ces derniers ont pratiquement quotidiennement les mêmes temps de pratique que les moines), les guides haute montagne etc…..J’ai moi même personnellement mis à profit ma pratique méditative dans le cadre d’épreuves d’ultra-distance en cyclisme dans les années 2005-2009. Du reste de plus en plus d’entraîneurs intègrent des temps de pleine attention dans les temps d’entraînement. Sur ce plan, je suis intervenu auprès de jeunes footballeurs (section sport études) et de jeunes athlètes (horizon 2024 et 2028), et de cyclistes.
  • Le milieu des arts et du spectacle. Je ne prendrai qu’un seul exemple, celui du groupe de rock « The Beatles » qui dans les années 60-70 ont participé à faire connaître en Europe la méditation zen. Je suis pour ma part, intervenu auprès de chanteurs lyriques.
  • L’armée, les troupes  » commandos », la patrouille de France, le GIGN, outillent leur personnel aux pratiques de pleine attention d’une part pour stimuler la vigilance et d’autre part développer les capacités méta-cognitives.
  • Et même le milieu politique s’y attelle. Il y a dans le cadre de l’assemblée nationale un groupe de méditation qui s’est récemment mis en place .

4. Des effets validés qui participent à la reconnaissance des pratiques méditatives. Voici les grandes tendances qui se dégagent de plusieurs méta-analyse de ces vingt dernières années sur les effets de la méditation,

– Épaississement de la région centrale du cerveau.
– Modification durable du fonctionnement du cerveau.
– Augmentation de la matière grise dans la partie gauche de l’hippocampe.
– Amélioration du système hormonal, vasculaire et musculaire.
– Amélioration du sommeil.
– Augmentation de la force musculaire.
– Augmentation des défenses immunitaires.
– Modification des chromosomes par augmentation des télomères et donc réduction du vieillissement cellulaire.
– Diminution de la perception de la douleur
– Amélioration des capacités attentionnelles et mémorielles.

Ce sont ces recherches et plus particulièrement l’exploration du cerveau en action qui ont participé à donner ces « lettres de noblesse » aux pratiques méditatives qui étaient auparavant ignorées, décriées, voire considérées comme de la pratique sectaire.

Sur ces dix derniers années les travaux en épigénétique (voir E.Blackburn – Prix Nobel de médecine 2007) ont participé à mettre en valeur l’impact des pratiques méditatives sur nos chromosomes et notre vieillissement (télomères).

Une efficience reconnue à 80-85% dans les milieux de la santé psychique. Les effets des pratiques méditatives régulières ont des effets favorables pour au moins 80% des participants au bout de deux mois de pratique régulière et systématique (45mn quotidiennement). Ce qui est un résultat remarquable, voire très encourageant. Rares en effet sont les programmes de formation ou thérapeutiques qui obtiennent de tels scores d’amélioration. Pour les personnes qui n’observent pas d’amélioration de leur état, nous ne constatons pas d’effet négatif de la pratique méditative.

Quant aux effets à long terme, nombres d’études mettent en exergue que le cerveau peut se transformer par la pratique méditative (plasticité cérébrale). Voir à ce sujet les travaux de Dean Radin (centre de recherche noétique-EU), Mario Beauregard (Neurosciences – Université de l’Arizona), Antoine Lutz (Inserm Lyon) etc….

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5. Le piège de la dénaturation et de l’instrumentalisation des pratiques méditatives.

Comme tout nouveau engouement nous ne sommes pas sans observer des dérives et de l’instrumentalisation quant à l’exploitation de ces pratiques dans les différents domaines où elles sont proposées, en voici quelles unes :

– La perte du sens premier, à savoir la reconnaissance et l’ouverture à la dimension spirituelle de l’être humain. Il y a deux conceptions majeures de l’humain, soit nous ne sommes que de la matière et tout va s’expliquer par l’observation de cette dernière – l’esprit, la conscience, voire l’âme n’existent pas, puisque nous ne pouvons les observer – (courant matérialiste) ; soit nous sommes plus que de la matière et ce qui caractérise l’humain, voire le vivant, n’est pas visible matériellement mais est bien réel. De plus en plus de recherches osent s’aventurer de ce côté (courant spiritualiste), notamment certains physiciens quantiques, biologistes et neuroscientifiques. Voir de ce côté les travaux de Sylvie Dethiollaz et Claude Charles Fourrier (centre noétique de Genéve), l’INREES en France (Institut nationale de recherche sur les événements extraordinaires), Philippe Guilleman (Physicien CNRS), Jean François Houssais (Biologie moléculaire CNRS), François Gros (Secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences et professeur collège de France), Dean Radin et Mario Beauregard (déjà cités), Emmanuel Ransford (Chercheur physique et neurosciences), Olivier Chambon (médecin psychiatre), Jean Jacques Charbonnier (médecin anesthésiste-Toulouse), Ervin Laszlo (philosophe des sciences), Jean Staune (Philosophe des sciences), Eben Alexander (neurologue) et bien d’autres qui publient dans des revues à reconnaissance scientifique avec validation (Nature etc…).

Fondamentalement et quelles que soient les orientations culturelles, religieuses, dans toutes les époques depuis que nous avons des traces des pratiques méditatives, l’essence et le but portaient sur le développement de la dimension spirituel de l’être humain par un travail d’intériorité. Et les temps de méditation participent à ce développement de l’esprit et de la conscience de soi, des autres et de l’environnement et des interconnexions entres ces trois espaces.

Or dans une approche purement utilitariste nous constatons que cette dimension invisible de l’être humain est totalement absente de la pratique et du sens qui y est donné.

– Recherche de l’efficacité, de la performance, du rendement sans prise en compte de la dimension humaine.

Cette dérive nous la constatons dans le monde de l’entreprise publique comme privée, du sport, de l’armée, voire de l’éducation. Notre modèle économique, basé sur la rentabilité, la performance épuise les êtres humains. Il suffit de voir combien l’épuisement professionnel est en augmentation exponentiel. Voir sur ce sujet cet article : https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2019/05/04/la-derive-du-modele-gestionnaire-dans-le-monde-du-travail/

Aussi, dans ce contexte proposer des temps de médiation sans interroger les modalités d’organisation et de management est de mon point de vue une instrumentalisation et un dévoiement du sens fondamental de la méditation. Voir sur ce sujet l’excellent article de Patrick Légeron, un des spécialistes du stress au travail, « Burn-out : Il y a un gros problème avec le management à la française » https://www.challenges.fr/entreprise/vie-de-bureau/burn-out-alerte-rouge-sur-le-management-a-la-francaise_655248?fbclid=IwAR3-ATGBkjYPPcxB6QhqHvLhYF1fsTzrFb33-nfPUR_s2FgYq7z6uP7ysXc.

Dans le contexte éducatif proposer des temps de méditation dans le temps scolaire pour améliorer les capacités attentionnelles et rendre plus calmes les enfants et les jeunes, sans réinterroger les rythmes (emploi du temps), les activités proposées et les modalités relationnelles, ressort d’une même posture que le dirigeant qui propose de la méditation sans travailler les dimensions relationnelles dans l’entreprise.

6. Sur le sens des pratiques méditatives à l’école (écoles, collèges, lycées).

Un constat partagé partout et quels que soient les contextes (écoles, collèges, lycées), la perte des capacités attentionnelles de l’être humain en moins d’une décennie. Les données les plus récentes indiquent un temps de maintien de la concentration à neuf secondes maximum pour la génération des millenials, celles et ceux qui sont nés avec la connexion permanente et ont grandi avec un écran tactile sous les doigts. (voir à ce sujet les recherches réalisées par le big data – Google). D’où la métaphore du poisson rouge exploitée actuellement, pour faire comprendre l’état de la situation. Nous aurions une capacité attentionnelle tout juste supérieure à celle d’un poisson rouge ! Au delà de neuf secondes, le cerveau décroche. il lui faut alors un nouveau stimulus, un nouveau signal, une nouvelle alerte. Question comment faire pour capter les regards d’une génération « distraite de la distraction par la distraction » ? Voir à ce sujet le livre de Bruno Patino « La civilisation du poisson rouge » petit traité sur le marché de l’attention ».

Le premier niveau des pratiques méditatives, consiste à développer l’attention-concentration par l’apprentissage de la fixation à un objet, à sa respiration, à son corps, aux sons, aux goûts (différents sens), aux émotions et à l’observation des pensées qui nous arrivent. Il s’agit d’apprendre à être dans le présent tel qu’il est. Or nous savons que sans niveau attentionnel suffisant, il est impossible d’apprendre puisque nous ne pouvons capter les informations si notre mental est ailleurs  (nos pensées sont ailleurs, soit dans le passé, soit dans le futur). Voir le livre, de Serge Marquis, « on est foutu, on pense trop ». Voir aussi chez Antoine de Lagaranderie, l’ouvrage « l’attention ».

Le deuxième niveau des pratiques méditatives consiste à fixer son esprit et ses pensées intentionnellement. C’est ce que les pédagogues appellent la métacognition, la capacité à observer et réguler ses pensées et y ramener l’esprit à chaque fois que le décrochage mental se réalise. C’est ainsi que se développe ce que  Jean François Houssais appelle la conscience réflexive. C’est l’apprendre à penser, à réfléchir, à rêver, à imaginer etc….Or pour que cette conscience réflexive se développe et puisse entrer en action il nous faut un certain temps, bien au delà des neuf secondes !

Le troisième niveau des pratiques méditatives est celui de l’expansion de conscience, ce que Jean François Houssais dénomme, la conscience extra-lucide. L’état du présence du sujet est telle qu’il perçoit des choses qu’il ne peut percevoir en état de conscience dite normale . C’est aussi ce que nous appelons, l’état de flow ou de flux qui est un état de pleine vigilance et d’aisance dans la réalisation. Les sportifs, les chanteurs, les musiciens, les peintres, les marcheurs, les alpinistes, les plongeurs, vivent parfois spontanément dans la réalisation de leur action cet état, quand le mental s’est coupé. Il n’y plus de pensées parasites, tout devient claire, les réponses sont spontanées l’intelligence intuitive fonctionne à 200%. Ce sont les « insight » qui surviennent plus fréquemment. Mais cela peut aussi se traduire par ce que nous appelons une sotie du corps (25% de la population vit au moins une fois dans sa vie cet état), le sujet a la perception d’avoir une vision et une perception à 360°. Des sportifs décrivent assez régulièrement ce phénomène. C’est aussi ce que certains appellent l’état d’éveil dans les milieux religieux.  C’est dans cet état de conscience que  se produisent les pré-cognition, les visions à distance etc…(phénomènes qui sont maintenant étudiées par la science avec rigueur et sérieux).

Il est bien entendu que la recherche de ce niveau de conscience extra-lucide n’est pas du rôle de l’école ! Il n’a pas à être un objectif ni une nécessité dans le contexte des pratiques éducatives. Mas il est toutefois bon d’en avoir connaissance, en effet, un enfant comme un jeune peuvent, notamment, si les temps de méditation proposés se prolongent (plus de 20mn) entrer dans cet état de conscience extra-lucide. Il n’y  a rien de surnaturel, il n’y a aucune pathologie psychique. Mais encore faut-il pouvoir le savoir, l’expliquer et rassurer si besoin. C’est du reste une des raisons pour lesquelles je prône en contexte éducatif des temps assez courts de pleine attention (grand maximum de 7mn) dans le temps de classe. Voir à ce sujet l’article suivant, Une journée de pleine attention (méditation) à l’école. Comment et quand placer des temps de méditation et de calme dans un emploi du temps ? https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2018/10/18/une-journee-de-pleine-attention-meditation-a-lecole-ou-comment-et-quand-placer-des-temps-de-pleine-attention-et-de-calme-dans-un-emploi-du-temps/

7. Exemples et témoignages d’expérimentation des pratiques méditatives en contexte scolaire.

Vous trouverez ci jointe une liste de lien avec des articles, des vidéos qui exemplifient le sens éducatif de ces pratiques dans le cadre de la scolarité.

– Film réalisée par Olivia  Sinet de l’INREES « en Lotus à l’école ».  https://www.youtube.com/watch?v=g2Tm2iQPz_I&t=117s.

– Présentation et analyse d’une expérimentation dans le cadre de la lutte contre le décrochage scolaire dans un lycée des Hauts de France. https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2019/02/24/un-atelier-de-pleine-attention-meditation-pour-lutter-contre-le-decrochage-scolaire-en-lycee

– Présentation d’une expérimentation en ULIS par Elsa Karamucki (enseignante spécialisée) : https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2018/08/22/bien-etre-pour-apprendre-apprendre-le-bien-etre/

– Article des cahiers pédagogiques en ligne : Pratiques de pleine attention et effets de la médiation http://www.cahiers-pedagogiques.com/Pratiques-de-pleine-attention-et-effets-de-la-meditation

– Article de l’Inrees en 2012, méditez à l’école :   http://www.inrees.com/articles/Mediter-a-l-ecole/

– La vitalité, la clef de l’attention, vidéo de Serge Augier : https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2018/03/27/la-vitalite-la-clef-de-lattention/

–  Effets d’une formation à la pleine attention pour les enseignants et le personnel d’un collège : https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2018/03/13/effest-dune-formation-a-la-pleine-attention-meditation-pour-des-enseignants-et-le-personnel-dun-college/

Conclusion et perspective. Cette journée auprès d’enseignants spécialisés venant de toute la France sur cette thématique de la méditation à l’école n’est pas neutre. Elle marque de mon point de vue un tournant et confirme les évolutions au sein des institutions de l’EN (tant public que privé sous contrat). Le mot même de méditation n’est plus tabou. Il aura fallu moins de dix ans pour que les représentations changent et que les à priori négatifs s’estompent. En 2011 j’avais déclaré à une journaliste de l’INREES, il est encore trop tôt pour parler sans retenue de méditation à l’école, dans cinq ans (2016) nous pourrons et dans dix ans les pratiques méditatives seront reconnues, valorisées et de plus en plus d’enseignants de formés. Nous y sommes en huit ans !

Un grand merci à Bénédicte Dubois, Maud Agasse, Jean François Bayart de l’Ifp Lille de m’avoir soutenu dans le développement de la pleine attention à l’école. Il en est de même pour Bruno Grave de l’Ifp Montpellier et Sophie Llinas Rouden de l’Ifp de Lyon, le réseau CANOPE et plus particulièrement le centre d’Amiens qui a proposé en 2018 une journée d’étude et des ateliers.  Concernant les enseignants, les CPE, les infirmières, les chefs d’établissement des écoles, collèges, lycées publics et privés sous contrat..Merci à vous toutes et tous pour votre engagement, votre confiance. Une mention spéciale pour les établissements en REP ou engagés dans la lutte contre le décrochage scolaire, je suis admiratif de ce que vous entreprenez dans le quotidien et qui est si peu mis en valeur à mon goût.

Raymond Barbry, le 23 mai 2019.

 

 

 

 

La dérive du modèle « gestionnaire » dans le monde du travail

Voir cet excellent interview de Christophe Dejours au sujet de la souffrance au travail et de son évolution dans ces dernières décennies (depuis 1980)…

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Psychiatre et psychanalyste, Christophe Dejours est professeur au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM, Paris), titulaire de la chaire Psychanalyse-Santé-Travail et directeur de recherche à l’Université Paris V. Auteur d’une œuvre abondante sur le monde du travail et les pathologies associées, il dénonce l’avènement des « gestionnaires » dans les années 1980, qui a, dit-il, eu des effets catastrophiques sur la qualité du travail et les pathologies qui en découlent. « En entreprise, si l’exigence de performance devient insoutenable, le risque d’effondrement collectif existe », prévient-il.

Une nouvelle forme d’organisation du travail apparaît dans les années 1980, celle des gestionnaires. Jusque-là, l’organisation du travail était l’apanage des gens du métier. Les directeurs d’hôpitaux, par exemple, étaient médecins.

Mais ils ont été remplacés par des gestionnaires qui ne connaissent rien des métiers. Ils réduisent le travail à un ensemble de tâches purement quantifiables et dont la performance est chiffrable. À travers ces dispositifs, ils ont instauré ce que le juriste Alain Supiot appelle la « gouvernance par les nombres« . Celle-ci détruit tout ce qui était vital au travailleur: les règles et valeurs propres de son métier. Cette méthode gestionnaire détruit aussi volontairement toute coopération. Ce qui a pour conséquence une dégradation de la qualité et de l’efficacité.

Ces gestionnaires ont inventé des techniques nuisibles pour la santé psychique. C’est le cas de l’évaluation individualisée des performances qui introduit la compétition entre les travailleurs et détruit la solidarité. C’est le cas aussi de la précarisation de l’emploi: partout des contrats durables sont remplacés par des CDD et l’intérim. Cette précarité qui augmente développe aussi un sentiment de précarisation chez ceux qui ont une position stable: ils comprennent qu’ils sont menacés eux aussi.

Et donc ce « tournant gestionnaire » comme vous dites génère de nouvelles pathologies?

Oui, les impacts psychopathologiques sont colossaux, jusqu’au suicide sur le lieu de travail. Ca n’existait pas avant. Il y en a même dans le secteur public, y compris à l’Inspection du Travail! Ils existent partout dans le monde et sont en croissance mais ils font l’objet d’une conspiration du silence.

Le suicide représente le stade ultime de la souffrance au travail mais les pathologies liées au travail sont devenues très nombreuses et variées…

De fait. On assiste à l’explosion des pathologies de surcharge. En France, plus de 500. 000 personnes sont indemnisées pour troubles musculo-squelettiques. Mais il y a aussi le burn-out; ou encore le karôshi, « la mort subite par surcharge de travail« . Il s’agit d’une hémorragie cérébrale chez des gens qui n’ont aucun facteur de risque. Ils meurent à 35-45 ans, sur le lieu de travail, le plus souvent par rupture d’anévrisme ou accident vasculaire cérébral. C’est fréquent.

Parallèlement, le dopage s’est considérablement développé. Cocaïne et amphétamines sont utilisées dans de très nombreux métiers, y compris chez les avocats d’affaire, les banquiers, les cadres. Beaucoup ne peuvent tenir qu’en se dopant. Sur les chaînes de montage, des ouvriers sniffent devant tout le monde pour tenir les cadences. Et personne ne dit rien.

article complet sur : https://www.lecho.be/opinions/carte-blanche/la-domination-au-travail-est-beaucoup-plus-dure-qu-avant/10060958.html

Raymond Barbry le 4 mai 2019

Effondrement de nos capacités attentionnelles (8-9 secondes maxi)!

Voici le résumé du dernier ouvrage de Bruno Patino, « La civilisation du poisson rouge – petit traité sur l’économie de l’attention ». Où comment les industries du web nous rendent addict à leurs outils et les conséquences sur nos capacités attentionnelles.

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«  Le poisson rouge tourne dans son bocal. Il semble redécouvrir le monde à chaque tour. Les ingénieurs de Google ont réussi à calculer la durée maximale de son attention  : 8 secondes. Ces mêmes ingénieurs ont évalué la durée d’attention de la génération des millenials, celle qui a grandi avec les écrans connectés  : 9 secondes. Nous sommes devenus des poissons rouges, enfermés dans le bocal de nos écrans, soumis au manège de nos alertes et de nos messages instantanés.
Une étude du Journal of Social and Clinical Psychology évalue à 30 minutes le temps maximum d’exposition aux réseaux sociaux et aux écrans d’Internet au-delà duquel apparaît une menace pour la santé mentale. D’après cette étude, mon cas est désespéré, tant ma pratique quotidienne est celle d’une dépendance aux signaux qui encombrent l’écran de mon téléphone. Nous sommes tous sur le chemin de l’addiction  : enfants, jeunes, adultes.
Pour ceux qui ont cru à l’utopie numérique, dont je fais partie, le temps des regrets est arrivé. Ainsi de Tim Berners Lee, «  l’inventeur  » du web, qui essaie de désormais de créer un contre-Internet pour annihiler sa création première. L’utopie, pourtant, était belle, qui rassemblait, en une communion identique, adeptes de Teilhard de Chardin ou libertaires californiens sous acide.
La servitude numérique est le modèle qu’ont construit les nouveaux empires, sans l’avoir prévu, mais avec une détermination implacable.  Au cœur du réacteur, nul déterminisme technologique, mais un projet qui traduit la mutation d’un nouveau capitaliste  : l’économie de l’attention. Il s’agit d’augmenter la productivité du temps pour en extraire encore plus de valeur. Après avoir réduit l’espace, il s’agit d’étendre le temps tout en le comprimant, et de créer un instantané infini. L’accélération générale a remplacé l’habitude par l’attention, et la satisfaction par l’addiction.  Et les algorithmes sont aujourd’hui les machines-outils de cette économie…
Cette économie de l’attention détruit, peu à peu, nos repères. Notre rapport aux médias, à l’espace public, au savoir, à la vérité, à l’information, rien n’échappe à l’économie de l’attention qui préfère les réflexes à la réflexion et les passions à la raison. Les lumières philosophiques s’éteignent au profit des signaux numériques. Le marché de l’attention, c’est la société de la fatigue.
Les regrets, toutefois, ne servent à rien. Le temps du combat est arrivé, non pas pour rejeter la civilisation numérique, mais pour en transformer la nature économique et en faire un projet qui abandonne le cauchemar transhumaniste pour retrouver l’idéal humain…  ». Bruno Patino

Raymond Barbry le 30 avril 2019.

L’école des parents..levier de partenariat enseignants/parents autour du projet d’école

Deux établissements des Hauts de France (St Omer* et Villeneuve d’Ascq*) que j’accompagne depuis deux ans sur la mise en place de leur projet d’école portant sur le développement de l’attention-concentration et du bien être dans la classe et dans l’établissement ont décidé d’associer sur cette année scolaire les parents d’élèves en leur proposant des rencontres bi et tri-annuel sur la thématique du projet de l’école.

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Ces rencontres aussi appelées « école des parents » visent à proposer des temps de mises en situation permettant aux parents d’identifier les priorités éducatives des équipes pédagogiques et de pouvoir s’inscrire en tant que partenaires des enseignants et ainsi développer la cohérence éducative entre l’école et la maison.

D’abord des mises en situation.

Ces rencontres qui se déroulent en soirée ont une durée de deux heures et partent de mises en situation qui permettent aux parents d’identifier leur propre niveau d’attention, les ressentis corporels des différentes émotions, la mémorisation de situations passées et la visualisation d’un projet à venir. C’est l’occasion pour les adultes d’identifier (le plus souvent de manière ludique) par eux mêmes à la fois leur ressources attentionnelles mais aussi les difficultés rencontrées pour maintenir l’attention sur une tâche donnée.

Puis des échanges sur le vécu des situations proposées.

C’est un temps indispensable pour amener les parents à comprendre la complexité de ce qu’est l’attention et que de comprendre qu’elle nécessite un véritable apprentissage qui s’intègre dans notre rythme de vie. Il en est de même pour l’éducation émotionnelle qui est un des déterminants du mieux être et du bien vivre ensemble.

Enfin des pistes pour exploiter des situations à la maison et mettre en place un cadre de vie permettant le mieux être de l’enfant.

L’occasion de rappeler les fondamentaux de base à un niveau de vigilance satisfaisant chez l’enfant comme chez l’adulte :

  • Le temps de sommeil,
  • La régulation du temps passé devant les écrans,
  • Du temps pour l’activité physique,
  • Des temps de calme, voire de silence,
  • Une alimentation équilibrée et peu chargée en produits transformés,
  • Du temps de présence.

A l’heure où dans le quotidien les enseignants comme les médias se font l’écho de la difficulté grandissante à mettre en place un partenariat entre l’école et les parents, ces initiatives montrent qu’il est possible de l’initier.

Les écoles concernées, à Saint Omer deux écoles se sont associées : Notre Dame D’enclos et Notre Dame Griffon ; à Villeneuve d’Ascq, l’école Notre Dame.

Raymond Barbry le 25 avril 2019

 

La préparation mentale des jeunes athlètes (Ligue des Hauts de France)

Une première  dans le cadre du stage régional (horizon 2028) regroupant une centaine de jeunes athlètes de toutes les spécialités de l’athlétisme des Hauts de France à Liévin les 8, 9 et 10 avril, un atelier de préparation mentale.

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C’est à la demande de Yann Vaillant CTS à la ligue des Hauts de France et responsable du suivi horizon 2028 que j’ai proposé et animé un atelier de pleine attention lors de ce stage.

Qu’est ce que la pleine attention ?

Aussi appelé pleine présence, méditation de pleine conscience, elle est une pratique millénaire (2500 ans) qui a été adaptée à notre époque et à notre contexte sociétal. Elle répond a un besoin prioritaire de l’être humain, être dans le présent du moment vécu.  Notre époque qui est caractérisée par la sur-sollicitation mentale, le sur-activisme a mis à mal cette capacité de l’être humain, à être simplement dans le présent. Les jeunes générations sont les plus impactées par ce phénomène de surcharge mentale de part la constitution de leur cerveau qui est en cours de maturation et plus particulièrement les lobes frontaux, aussi apprendre à fixer son attention sans tension devient une priorité éducative et de formation.

La pleine attention, pour quelle raison ?

Une des conditions de l’engagement et de la réussite d’un athlète est sa capacité à être pleinement dans l’effort qu’il réalise et ce quelle que soit sa spécialité. Or nous savons que nos capacités attentionnelles, de part notre mode de vie actuelle, sont à renforcer, développer et entretenir et ce même chez les sportifs de haut niveau. Il devient déterminant à côté du développement des qualités physiques et techniques du jeune athlète d’intégrer spécifiquement des temps de développement de l’attention-concentration.

L’expérience au RCArras section athlétisme.

Cela fait plusieurs années que les athlètes arrageois bénéficient de temps spécifiques à la pleine attention intégrés aux entraînements réguliers dans certaines spécialités, ou lors des regroupements en stage, ou lors d’un atelier spécifique dans le programme sport-santé-bien être du club (le samedi matin). Cet aspect de la préparation globale de l’athlète a permis à certaines et certains des athlètes arrageois d’atteindre un bon niveau national (podiums et finalistes à des championnats de France), et d’intégrer l’équipe de France (nous pensons actuellement à un des espoirs français au lancer de marteau).

Une approche globale, équilibrée et systémique de la formation  de l’athlète.

L’intégration de temps de pleine attention s’inscrit dans une visée globale de la formation du jeune athlète et vient en complément des autres dimensions que sont le développement des qualités physiques, techniques et stratégiques.

Par la pleine attention nous intervenons sur les aspects cognitifs et bio-émotionnels de la personne en lui donnant des outils de régulation des émotions, de régulation du stress, de visualisation et de mise en projet. Mais surtout nous permettons à chacun d’avancer un peu plus sur la connaissance de soi qui est au delà de l’aspect sportif un déterminant de notre engagement dans la vie et du dépassement de soi.

Raymond Barbry, le 15 avril 2019