Développer le « bien être » dans les établissements scolaires, c’est possible ! (regard sur sept années d’intervention)

Présentation, analyse des actions menées depuis sept ans autour d’une thématique globale du bien être à l’école

« Agir et apporter des réponses préventives au mal être qui se développe »

 » Soigner notre mal-être permet de nous montrer meilleurs pour autrui »

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L’objet de cet article consiste à expliciter en quoi cette question du bien être à l’école des adultes comme des élèves devient prioritaire et pourquoi la prévention s’impose.  Je m’appuie sur les actions que je mène depuis sept ans :

  • Actions d’information, de formation que je mène auprès d’établissements scolaires (public et privé sous contrat) du 1er degré, de collèges et lycées et principalement pour les régions : Hauts de France, Midi (Montpellier, Narbonne, Perpignan) Alsace, Lyonnais, Centre…

  • Actions en formation initiale et continue de chef d’établissements (privé sous contrat) pour les régions suivantes : Lyon et Montpellier.

  • Actions auprès de deux syndicats, CFTC pour le privé sous contrat et Unsa infirmières pour le public.

  • Action d’information lors d’un colloque réalisé à la Sup de Co de Paris (2013) / la confiance et la liberté au travail.

  • Colloque annuel du printemps de l’éducation (2014, 2015, 2016, 2017) du secteur Lillois.

  • Actions d’accompagnement individuel et d’équipe (coaching) de responsables institutionnels, Chef d’établissement (privé et public), Directeur diocésain, Animateur institutionnelle, Conseiller pédagogique,  Inspecteur de l’Éducation Nationale.

  • État des recherches sur ce sujet du « bien être au travail » et des effets des approches dites humanistes (les personnes sont la ressource première d’une organisation).

Introduction :

Je ne vais pas vous faire une liste exhaustive des arguments qui montrent en quoi cette question du bien être au travail est devenue une priorité dans toutes les organisations. La littérature et les recherches en ce domaine sont suffisamment alimentées. Il suffit simplement de prendre en compte la dernière enquête de la CNAM (janv 2018) qui montre combien la santé psychique au travail se détériore et qu’il devient prioritaire de prendre en compte cet aspect. Mais aussi, une recherche menée pendant quatre ans vient de mettre en exergue cet état de fait dans le contexte général du travail en France avec notamment 50% des salariés tout poste confondu identifiés en état d’anxiété latent et constant au travail, 25% en état de sur-stress, l’étape suivante étant l’épuisement professionnel pour plus de 10% de la population salariée.

Le milieu éducatif est un des plus touchés, puisque des enquêtes spécifiques (MGEN, Rectorat, Inserm) montrent que 35% du personnel de l’éducation est en état de sur-stress et que de 13 à 16% sont en état d’épuisement professionnel.

Aussi, c’est avant tout sur mon expérience de plus de quinze ans autour de cette question que je vais m’appuyer et surtout mettre en exergue ce que certaines organisations (privé comme public) dans le cadre de l’éducation ont mise en œuvre pour rendre le contexte de travail plus positif, plus efficient et in fine répondre à leur mission, favoriser les conditions d’apprentissage les plus pertinentes.

Point 1 : Le niveau de stress professionnel

Des niveaux de stress très élevés dans tous les métiers de l’éducation, Chef d’établissement, enseignants, Conseiller Principal d’Éducation, personnel de santé, administratif et de maintenance…

Depuis plus de quinze ans j’exploite le test de Légeron, que j’ai adapté au contexte éducatif. Ce test donne une mesure assez précise du niveau de stress professionnel global et des facteurs les plus déterminants (six facteurs : pression, changement, frustration, relation, violence, environnement). A partir du niveau 3 sur une échelle de 5, nous considérons que nous sommes dans des métiers à haut niveau de stress.

Sur ces sept dernières années et plusieurs milliers de passation de tests, je peux remonter les points suivants :

  • Moins de 2% des personnes à un niveau 1 ou 2.

  • Une répartition globale : 50% à 3 – 25% à 4 – entre 20 et 25% à 5.

  • Les chefs d’établissements du 1er degré obtiennent les plus hauts niveaux de stress ainsi que les conseillers principaux d’éducation (4 et >)

  • Les enseignants ont une augmentation constante d’année en année. Le contexte de l’établissement a un impact conséquent (mode de management, type de population, dynamique d’équipe….).

  • Les chefs d’établissement du second degré (privé comme public) ont comparativement aux autres statuts une moyenne plus basse, et donc un stress professionnel globalement moins élevé.

  • Les facteurs les plus déterminants sur le niveau de stress professionnel sont globalement : la pression, la frustration…Les autres facteurs ne peuvent être généralisés, ils dépendent du contexte de l’établissement.

Point 2 : Les remontées des entretiens individuels hors discours officiels (la voix off).

Les accompagnements individuels (coaching) sont un espace où les personnes se livrent sans la retenue officielle et institutionnelle de mise et où l’authenticité et la réalité du vécu des personnes émergent, sans bien entendu faire de ces remontées une généralité et surtout une vérité absolue. Cependant ils sont révélateurs d’une face cachée bien réelle et vécue comme telle par les personnes.

Il en ressort cependant les grandes tendances suivantes, quel que soit le niveau hiérarchique, enseignant, conseiller principal d’éducation, chef d’établissement, adjoint, directeur diocésain, inspecteur éducation nationale :

  • Un écart entre le terrain et des décisions prises à un niveau hiérarchique sans prise en compte de la réalité du terrain (la classe, l’établissement, l’académie…).
  • Des injonctions impossibles à tenir.

  • Une surcharge administrative à tous les niveaux du système qui est dépourvu de sens (logique de contrôle !), qui éloigne du cœur des différents métiers, qui est mangeuse de temps (temps perdu pour le prioritaire).
  • Une non-prise en compte des réalités professionnelles et des contraintes.

  • Une non-reconnaissance des compétences des acteurs de terrain qui réalisent des prodiges quotidiennement.

  • Une méconnaissance au niveau de la formation de certaines réalités de terrain.

  • Un manque en formation tant initiale que continue concernant le travail sur soi.

  • Une dérive techniciste de la formation (didactisme).

Je terminerai par ces remarques phrase qui m’ont été répétées presque à l’identique et par plusieurs responsables institutionnelles chef d’établissement et adjoint, directeur diocésain et inspecteur éducation nationale….  « Ce qui est questionnant, c’est que nous exigeons des enseignants, des choses que nous serions bien incapables de faire nous mêmes !  Bref nous leur demandons l’impossible, et nous ne sommes même pas capable de les valoriser comme il le faudrait ». Mais aussi, cette principale adjointe « Je suis admirative de ce que réalisent chaque jour les enseignants et l’ensemble du personnel éducatif ».

Mais passés ces constats, que faire ! La suite vise à vous présenter divers , dispositifs qui tous à leur manière ont comme intention première de créer les conditions pour un mieux être dans les établissements scolaires.

Point 3 : Des dispositifs pour témoigner de ce qu’il est possible de faire.

  • Premier exemple : Bassin de Narbonne, Perpignan / partenariat Direction Diocésaine, Ageps-Raymond Barbry / IFP Montpellier

Année 1 / rencontre sous la forme d’une formation pour des enseignants et des chefs d’établissement volontaires avec constitution d’un groupe de travail à la Direction Diocésaine sur cette question. Le pilotage en local est pris en charge par un CE du 1er degré.

Année 2 et 3 /des formations intra et inter sur la question (formations dans les établissements au plus prés des personnes).

Année 4 / deux Journées de travail pour tous les enseignants 1er degré du bassin (Narbonne- Perpignan) avec réalisation d’une vidéo.

Année 5 / association du second degré au dispositif pour le bassin de Narbonne, une journée de travail avec tous les enseignants et le personnel des établissements 1er et 2nd degrés.

Année 6 / 2018-2019…Suivi par des intra-inter (formations en établissement).

  • Deuxième exemple : Un projet d’école sur trois ans, développer le bien être et le bien vivre ensemble en partenariat avec les parents.

Départ de l’action, une école en perte d’effectifs et susceptible de fermer (effectif et travaux). Un changement de chef d’établissment et la mise en place d’un projet sur attention-concentration et bien être à l’école sur trois ans.

Année 1 / Formation des enseignants et du personnel éducatif à la question liée à l’attention-concentration et à la stabilité émotionnelle.

Année 2 / Suivi de l’équipe pédagogique et création d’une école des parents où sont abordées les questions de l’attention-concentration, de la fatigue, des outils numériques…

Mais aussi sur cette thématique, plusieurs établissements (près d’une trentaine depuis sept ans – essentiellement 1er degré) des Hauts de France et du Sud (Montpellier) ont engagé des projets sur cette thématique. L’association d’un travail avec les parents permet une meilleure efficience (il s’agit parfois d’une rencontre du type conférence-débat) pour faire prendre conscience aux parents des postures à adopter.

Les projets reposent sur les axes suivants : éduquer à la conscience de soi (base du développement et de l’attention-concentration), puis éduquer à la conscience des autres (vivre ensemble), puis éduquer à la conscience de l’environnement (approche écologique).

  • Troisième exemple : Les formations à destination des chefs d’établissement (FI ou FC). Un levier conséquent d’évolution de mon point de vue. En effet, quels que soient les types d’organisation (privé ou public), la direction donne des orientations à la fois dans l’explicite (le dire) et surtout dans l’implicite (le faire, la posture).

En Formation initiale des CE du 1er degré, dans le cadre du titre de dirigeant (niveau master 2), j’aborde les questions suivantes depuis six ans (Lyon, Montpellier) :

Le management bienveillant.

La liberté au travail, utopie ou nécessité.

La confiance en soi et en l’autre, élément déterminant de la réussite et du développement.

Piloter en situation d’incertitude.

L’intelligence collectif.

La régulation des conflits.

La régulation du stress et du sur-stress.

L’humain, ressource première d’une organisation.

Les nouvelles temporalités.

En FC, des modules de formation sur le management

Le management bienveillant ou mindfull management,

Le pouvoir, l’ego, le sens…Comment apprendre à réguler l’ego et garder le sens.

  • Quatrième exemple : Des actions de formation pour outiller les personnes en situation de tension forte. L’exemple de la formation des référents décrocheurs du bassin Arras-St Pol (public).

La lutte contre le décrochage scolaire est une priorité nationale et rectorale. Mais au delà des dispositifs et des moyens qu’en est-il des personnes qui quotidiennement sont amenées à accompagner les jeunes dans cette situation ?

Le bassin artésien, via le réseau Perseval a mis en place un dispositif de formation pour les référents « décrocheurs » (essentiellement des cpe et des enseignants). Les outils de formation portent sur trois types de contenus, l’écoute active, la confiance en soi et la posture du « coaching ».

  • Cinquième exemple : des temps d’ateliers pour les adultes (enseignants, direction, assistante sociale, infirmière, cpe, personnel éducatif, administratif et d’entretien), apprendre à réguler son stress, favoriser l’attention-concentration, la sienne et celle des élèves.

Cela fait quatre ans que j’interviens auprès de personnes volontaires dans le cadre d’un atelier ouvert dans les établissements publics (collège et lycées). Ce qui caractérise cet atelier : des rencontres de deux heures (8 rencontres) sur une période de six mois au maximum, une participation sur la base du volontariat, un mixage professionnel des participants, le groupe est constitué de personnes d’un même établissement, formation sur temps de travail et dans l’établissement.

Le contenu : des outils pour apprendre à réguler son stress professionnel, des outils pour favoriser le développement de l’attention-concentration, celle de l’adulte d’abord et celle du jeune ensuite.

Les infirmières scolaires et les cpe ont été des initiatrices de ces projets dans les établissements concernés.

Conclusion :

Les exemples proposés sont là pour montrer qu’il est possible de mettre en place des initiatives qui permettent de favoriser le mieux être dans les établissements et par conséquent, le développement des compétences individuelles et collectives des adultes avec pour effet direct sur les élèves, une amélioration des comportements et des apprentissages.

L’aspect technique des dispositifs proposés est simple et ne nécessite pas de transformation didactique. Il s’agit d’outiller les personnes à un changement de regard et de posture. L’aspect financier est aussi réduit (mis à l’échelle d’un établissement), que le coût du temps de la formation.

Pour qu’il y ait apprentissage, nous savons qu’il importe d’être en stabilité émotionnelle et attention-concentration (présence mentale). L’école se doit d’être un lieu qui pose cette stabilité émotionnelle. Les adultes se doivent d’en être des témoins.

Document Raymond Barbry le 27 janvier 2018

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Le flow (flux ou zone), un état de conscience modifié similaire à la transe et à l’extase !

Il en va dans le sport de haut niveau comme dans d’autres domaines, le chant, la danse, la créativité, le théâtre, la marche, l’apnée, la musique…Cet état particulier appelé le flux ou le flow ou la zone est devenu une quête et un objet de recherche qui nous apporte son lot de découvertes qui confirment et renforcent les ressentis d’expérience.

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En état de flow le sujet est en absorption totale dans la situation. La personne est complétement dans l’activité. La concentration est si intense que tout le reste disparaît. La créativité et la motivation s’améliorent grandement (d’après certaines recherches jusque 400%) et les performances physiques et mentales augmentent considérablement.

Au plan neurophysiologique c’est un état de conscience modifiée qui se caractérise par des taux spécifiques de neurotransmetteurs:

l’épinéphrine et la dopamine augmentent l’attention et la concentration,

– le taux d’endorphine qui s’élève ensuite durant l’activité, diminue la perception de la douleur,

– l’anadamide contribue à l’installation d’un état d’extase,

– les taux de sérotonine et d’ocytocine montent et renforcent le bien être, la confiance et  l’empathie.

De part cette pleine présence à la situation, l’activité du cortex préfrontale diminue ce qui a pour effet de faire cesser le bavardage intérieur et les logiques planificatrices. C’est l’intuition qui prend le pas sur le rationnel. Faut-il rappeler que cette intelligence intuitive est devenue un concept scientifique appelé « conscience intuitive extraneuronale » (cf Prof J.J Charbonnier). Cette conscience  est maintenant étudiée en médecine, en neurosciences, en psychologie, en physique quantique et dans le cadre de recherches interdisciplinaires telles que la psycho-physique, la bio-physique, l’épigénétique…

L’état atteint est semblable à celui des transes mystiques et se définit par les aspects suivants:

Selflessness, disparition de l’ego,

Timelessness, disparition de la sensation du temps,

Effortlessness, disparition de la notion d’effort,

Richness, accès à une réalité plus large et plus riche (augmentation des perceptions).

Une forme de paradoxe se dégage ici. Plus le sportif va rencontrer des états de flow est plus il sera performant et donnera le meilleur de lui même. Or pour que ces états de flow adviennent de manière naturelle et spontanée, le sportif se doit d’être dans un état de pleine présence, détaché de l’ego, détaché de la stratégie. Faut-il rappeler que ces états ne peuvent pas se programmer, ils adviennent parce que le sujet bascule en mode intuitif dans le moment présent (plus cerveau droit que cerveau gauche).

Si nous souhaitons que les sujets que nous entraînons rencontrent plus souvent cet état de manière naturelle, encore faut-il dans le cadre de nos entraînements, mettre en place les principes suivants :

– Placer des temps spécifiques de pleine attention ou pleine conscience dans l’effort.

– Proposer des temps spécifiques de pleine attention ou méditation de pleine conscience, de sophrologie, d’hypnose et auto-hypnose dans le cadre de la préparation mentale.

– Placer des situations où la spontanéité pourra émerger et la laisser se développer.

– Valoriser la confiance en soi, la simplicité et l’humilité pour réguler l’ego souvent surdimensionné chez les sportifs de haut niveau.

– Bannir dans le temps d’entraînement les outils qui favorisent la déconcentration (smartphone…).

– Pratiquer des temps d’activités en pleine nature.

– Identifier et reconnaître les différents niveaux de conscience que nous traversons tous dans notre vie et dans les temps d’entraînement : la conscience de type 1 qui contrôle et régule les grandes fonctions biologiques (respiration, rythme cardiaque etc…), la conscience de type 2,dite conscience réflexive (c’est par elle que nous sommes conscients d’être conscients) et la conscience de type 3, dite réflexive lucide (celle qui permet l’état de flow).

Ces principes d’entraînement sont préférables à certaines pratiques émergentes qui peuvent être questionnantes au plan éthique parce que s’apparentant à des pratiques dopantes (micro-dose de psychédéliques, stimulation cérébrale…).

Pour en savoir plus sur ce niveau de conscience de type 3 « réflexive lucide » qui participe à développer l’état de flow, voici une liste de chercheurs parmi quelques spécialistes français et étrangers de la question, J.F Houssais (chercheur en biologie cellulaire et moléculaire-CNRS), J.J Charbonnier (Docteur anesthésiste-réanimateur-CHU de Toulouse), M.Beauregard (Prof Neurosciences – Université de Pennsylvanie), D.Radin (Directeur centre de recherche noétique de Pétaluma -Californie), O.Chambon (Psychiatre et Responsable DU faculté de médecine de Lyon), S.Déthiollaz et C.C Fourrier (Docteur en biologie moléculaire et psychothérapeute – Centre de recherche Noétique- Genéve), M. Le Van Quyen (Chercheur INSERM et Institut du cerveau et de la moelle épinière – Paris), E.Ransford (épistémologue et physicien quantique), P.Guilleman (Ingénieur I.A et physicien – CNRS), l’INREES (Institut de Recherche sur les événements extraordinaires et inexpliqués), R.Sheldrake (Biochimiste – Université de Harvard et Cambridge), F.Varela (+) (Chercheur en psychologie cognitive – Université d’Orsay), C.André (Psychiatre – hôpital Ste Anne à Paris), F.Midal (Philosophe), B.Nicolescu (Physicien – Prof honoraire CNRS) ……

Raymond Barbry le 04/01/2018

Cet article a été aussi publié sur le lien suivant : http://sportenpleineconscience.over-blog.com/

Evolutions des comportement affectifs et sociaux des adolescents américains depuis l’utilisation massive des smartphones.

La psychologue américaine Jean M. Twenge étudie depuis vingt-cinq ans le comportement social et affectif des jeunes. Elle a observé ces dernières années un séisme.

Dans un article intitulé « Les smartphones ont-ils détruit une génération ? », elle explique que tout a changé à partir de 2012.

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Cette année-là, plus d’un ado sur deux était équipé d’un smartphone. Aujourd’hui, c’est quatre sur cinq.

Durant cette période, les évolutions suivantes se sont produites. Elles concernent toutes les classes de la population américaines, riches ou pauvres :

  • les symptômes dépressifs se sont accrus de 50 % chez les filles et de 21 % chez les garçons, de 2012 à 2015 ;
  • le nombre de filles qui se sont suicidées a triplé entre 2007 à 2015, et celui des garçons doublé ;
  • le nombre de jeunes qui voient des amis tous les jours a baissé de 40 % entre 2000 et 2015 ;
  • actuellement, les jeunes de 16 ans sortent moins que ne le faisaient ceux de 12 ans en 2009. Ils sont en train de cesser progressivement de sortir et de se socialiser dans les parcs, squares, etc., et restent seuls chez eux avec leur smartphone ;
  • en 2015, seuls 56 % des élèves de terminale sont « sortis » avec quelqu’un, contre 85 % des jeunes dix ans plus tôt, un chiffre qui était stable depuis les années 1960 ;
  • le nombre d’enfants qui manquent de sommeil a augmenté de 57 % entre 1991 et 2015 ;
  • aux États-Unis, où l’obtention du permis de conduire était le rêve de tous les jeunes autrefois, le passeport pour la liberté, on observe un désintérêt massif des adolescents, qui préfèrent rester dans leur chambre sur leur smartphone et se faire conduire par leurs parents ;
  • concernant la consommation d’alcool, les rencontres amoureuses, les adolescents se comportent comme nous le faisions à 15 ans, et ceux de 15 ans comme nous le faisions à 13 ;

Nous glissons vers une société où le lien direct entre les personnes s’amenuise. Certes, il n’est plus possible de vivre sans ces nouveaux outils. Mais la problématique éducative est bien comment apprendre à ne pas en être dépendant ? Comment maintenir les fondamentaux d’un vivre bien avec soi et les autres (question de santé globale et communautaire) ?

Raymond Barbry le 28 /12 / 2017.

Ces tisserands de l’éducation qui innovent au quotidien dans les établissements scolaires

Il y a moins de deux ans dans son livre « Les Tisserands« , Abdenour Bidar avait mis en valeur le travail que je réalise, depuis six ans, en formation-accompagnement dans les établissements scolaires publics et privés sous contrat, en formation des enseignants, des chefs d’établissements et auprès des parents d’élèves. Il rejoint en ce sens ce que l’INREES a aussi réalisé via un article paru en 2012 (écrit par Réjane Reneau) et dernièrement le reportage d’Olivia Sinet et son équipe sur le thème de la méditation à l’école (méditation : le lotus à l’école). Dernièrement, Antonella Verdiani fait référence à cet engagement dans son dernier ouvrage, « Renouer avec les joies de l’enfance »

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Les effets bénéfiques observés tant pour les adultes que pour les élèves dans les classes et les établissements sont possible parce que sur le « terrain » des enseignants, des chefs d’établissements et leurs adjoints, des CPE, des infirmières, des assistances sociales s’engagent, relaient, s’associent aux dispositifs de formation que je propose. Le plus souvent, ils travaillent dans l’ombre, ne cherchent pas à se mettre en valeur, mais agissent quotidiennement auprès de leurs collègues et collaborateurs pour proposer aux élèves des temps qui participent à créer du mieux être, du mieux vivre ensemble, par des pratiques de pleine attention.

A mon tour de les mettre en valeur et de montrer que l’innovation est possible dans l’éducation nationale publique comme privée sous contrat, et de montrer :

  • Que mettre des temps de pleine attention ou pleine présence ou méditation dans le cadre du temps scolaire n’est pas interdit au plan institutionnel.
  • Que pratiquer des temps de  silence et de calme dans le temps de classe est accepté, voire réclamé par les élèves,
  • Que proposer des ateliers de sophrologie et de yoga c’est possible,
  • Que la collaboration avec les parents c’est possible,
  • Que proposer une formation aux enseignants et à l’ensemble du personnel sur cette question de l’attention-concentration et du stress c’est possible,
  • Que de plus en plus d’adultes en charge d’éducation dans les établissements sont dans une intention de mettre du mieux être dans les classes,
  • Que nombreux sont celles et ceux qui s’engagent au quotidien pour accompagner les enfants, les jeunes et les adultes à se sentir bien dans l’école,
  • Que ces pratiques dites innovantes, qui ne pouvaient jusqu’à présent  avoir leur place officiellement dans les établissements scolaires, facilitent les relations interpersonnelles et participent à favoriser les apprentissages.
  • Que ces pratiques ne rajoutent pas un surcroît de travail pour les enseignants (au contraire),
  • Que les apprentissages se réalisent d’autant mieux que le calme et l’apaisement gagnent l’ensemble de l’établissement,
  • Que la réussite scolaire dépassent les seuls apprentissages scolaires répertoriés dans les programmes et qu’elle concerne la personne dans toutes ses dimensions,
  • Que penser bien être à l’école n’en diminue pas moins les exigences (au contraire),

En voici quelques uns de ces Tisserands que je côtoie depuis quelques années. Il y a bien entendu les chefs d’établissements  et leurs adjoints  qui permettent et facilitent ces initiatives qui restent encore à la marge. Dans le premier degré, le chef d’établissement, aussi souvent enseignant, est impulseur et facilitateur de par ce double statut.  Comme élément initiateur dans les collèges et lycées et pilote des projets nous retrouvons les conseillers principaux d’éducation (cpe), les infirmières et bien entendu des enseignants.

Tout d’abord les CPE, infirmières, enseignants des collèges et lycées  qui animent des temps, stimulent les initiatives, explicitent le sens et le bien fondé de ces pratiques tant pour les adultes que pour les élèves.

  • Nathalie Scol (infirmière), Soraya Bach-Difle (cpe), David Devogel (enseignant) au collège d’Hellemmes. Après que je sois intervenu pendant deux ans, auprès des enseignants volontaires puis des éducateurs de la section football, l’équipe continue à s’auto-former en appui sur ces trois personnes.
  • Sylvie Cabre (infirmière) du collège de Gondecourt et  Anne Marie Davière (infirmière) du collège d’Escaudain qui ont permis de mettre en place dans leur établissement pour les adultes volontaires (une vingtaine de participants pour chaque collège) une formation à la pleine attention.
  • Valérie Boureille (infirmière) du lycée de Lucé, qui a permis depuis deux ans la mise en place d’un atelier régulation du stress pour les élèves des classes terminales.
  • Blandine Roudet (enseignante) de l’ensemble scolaire Champagnat de l’Arbresle, qui impulse et accompagne les enseignants du collège au développement des pratiques de pleine attention dans les classes.
  • Céline Grislain, enseignante dans une école de Saint André les Lille qui a, en appui avec le chef d’établissement, permis la mise en place d’une formation à la pleine attention pour toute l’équipe pédagogique.

Des chefs d’établissement du premier et du second degré qui sont les facilitateurs de la dynamique :

  • Jean Pierre Petit, chef d’établissement d’une école à Narbonne,  depuis trois ans dans son établissement, puis sur l’ensemble du réseau de Narbonne-Lézignan anime une réflexion sur le bien être à l’école qui a débouché cette année sur une journée de travail avec tous les enseignants et le personnel éducatif du bassin (plus de 400 personnes, écoles, collèges et lycées). Journée qui se poursuit par des initiatives concrètes dans chaque établissement.
  • Véronique Pointereau, chef d’établissement de l’ensemble scolaire et internat de Walbourg  avec l’appui de l’équipe de Direction et de volontaires, a entamé une réflexion sur le bien être des adultes.
  • Odile Dambricourt, proviseur du lycée professionnel de Bapaume en charge du suivi des décrocheurs et qui facilitent la formation des « référent-décrocheurs » en leur proposant une formation à l’écoute active et au coaching.
  • Béatrice Chantereaux, chef d’établissement  d’un ensemble scolaire de Nîmes qui a proposé pendant deux jours à  l’ensemble du personnel et des enseignants de l’école et du collège un séminaire sur la question du bien être et de la régulation du stress professionnel.
  • Blandine Vignon chef d’établissement de l’ensemble scolaire Champagnat de l’Arbresle qui a mobilisé les équipes pédagogiques mais aussi les parents autour d’un projet, attention-concentration et bien être.
  • Muriel Chastaing, chef d’établissement de l’école de Chateauneuf en Thymerais où pendant deux ans, les enseignants se sont formés à la pleine attention en y associant les parents.
  • Francine Barbry, chef d’établissement de l’école de Pas-En-Artois, où tous les enseignants se forment et pratiquent la pleine attention en classe, où un atelier yoga est proposé deux fois par semaine pour les élèves volontaires (APC), où une sophrologue intervient auprès des élèves de cm2 et où les parents volontaires bénéficient d’une formation à la pleine attention.
  • Véronique Duprot, chef d’établissement d’une école de Saint Martin les Boulogne qui a permis à ce que toute l’équipe pédagogique et le personnel soient formés à la pleine attention, à la régulation du stress et des conflits. Projet entamé six ans auparavant par Régis Vincent l’ancien chef d’établissement.
  • Mais aussi tous leurs collègues du 1er degré et leur équipe pédagogique qui ont comme axe prioritaire de leur projet d’école, l’attention-concentration et le bien être à l’école : Brigitte Jankielewicz de Villeuneuve d’Ascq, Evelyne Gucia de Arras, Valérie Lardier de Duisans, Grégory Mollet de Saint André les Lille, Madame Legrand de Zutkerque, Christophe Capelle de Lille, Jean Sébastien Léchevin d’Annoeullin, Catherine Vanderhaeghe de Guines, Nathalie Camier d’Halluin, Guillaume Demy d’une école d’Eure et Loir, Marie Christine Maes de l’école de Frévent, Christopher Beharelle de l’école de Fruges, Fabienne Couvreur et ses collègues de l’école de Merville, de Lagorgue, d’Estaires, Vincent Delacaux de l’école de Condette, Frédérique Majorczyk d’une école de Cambrai, Xavier Maïtte et Patrick Cappelle de deux écoles de Lille…

Je n’oublie pas les centres de formation (IFP) avec lesquels je collabore et qui permettent qu’un bon nombre de ces formations puissent se réaliser : Lille, Montpellier, Lyon.Et les quelques deux milles enseignants formés à ce jour depuis sept ans.

Je tenais à montrer et témoigner explicitement de ce qui est en train de se passer actuellement sur le terrain pédagogique dans l’enseignement officiel public comme privé sous contrat. Les initiatives se multiplient pour développer un mieux être et un mieux vivre dans les établissements scolaires. Le changement est en place…il ne prend pas la forme d’une rupture, mais plutôt celle d’une révolution intérieure en douceur qui gagne peu à peu de plus en plus d’établissements.

Raymond Barbry le 7 décembre 2017

L’AGEPS-Raymond Barbry, une semaine de mise en valeur !

Au delà des interventions que j’ai pu réaliser durant ces dernières semaines auprès de parents, d’enseignants, de chefs d’établissement, mais aussi d’entraîneurs sportifs, trois événements marquants cette semaine :

La rencontre avec Jean Philippe Lachaux de l’Inserm Lyon lors de la journée sur l’attention-concentration organisée par l’Ifp des hauts de France à Arras. Cela fait bientôt dix ans que chacun de notre côté nous agissons pour que cette question soit prise en compte en priorité dans les différents domaines de la vie ! Et il semblerait que les prises de conscience se réalisent au plan institutionnel de l’éducation nationale….Il se trouve que le professeur qui a formé J.P Lachaux est Franseco Varela, personne avec laquelle, j’ai pu collaborer dans les années 1990-2000 ! F.Varela a participé au développement du réseau international « mind and life » de recherche entre les sciences cognitives et les sciences de l’esprit. Avec J.P Lachaux, nous développons deux approches complémentaires sur l’éducation et la formation aux capacités d’attention-concentration.

La mise en valeur dans un article de presse locale de l’expérimentation menée par l’école primaire de Pas-En-Artois (La Providence) qui mène sur trois ans un projet sur attention-concentration et bien être. (Cl Voix du Nord du 18/11/2017-Arras / Pas En Artois – Les élèves de l’école La Providence expérimentent la méditation en classe)

Le mot même de méditation n’est plus du tout tabou dans le champ de l’éducation nationale et des différents partenaires. Pour preuve, les formations que je mène actuellement dans plusieurs établissements (écoles et collèges) auprès de l’ensemble personnel (enseignants, direction, personnel). Dire que nous allons proposer et pratiquer de la méditation en classe est accepté, voire réclamé et cela aussi bien dans les établissements publics que privés sous contrat. Quelle évolution en quelques années !

 

Raymond Barbry le 18 novembre 2017

Un projet d’école centré sur le développement de l’attention-concentration et du bien être, description.

Nous avons déjà fait référence dans quelques précédents articles de ce qui se réalise à l’école maternelle-primaire « La Providence » (école rurale sous contrat d’association de trois classes) à Pas-en-Artois, village du Pas-De-Calais.

Illustration de la vidéo

Compte tenu du nombre de demandes de description au sujet du projet mené par cette école que j’accompagne, je présente dans cet article l’ensemble des actions menées par l’équipe pédagogique qui a posé comme axe prioritaire du projet d’école pour les trois ans qui viennent, l’attention-concentration et le bien être à l’école.

Les actions menées pour cette année scolaire 2017-2018

Formation des enseignants à la pleine attention par le programme de l’AGEPS-Raymond Barbry. Un programme modulable qui s’adapte aux enfants, aux adolescents et aux adultes. Il croise les outils de la méditation de pleine conscience, de la gestion mentale et de la visualisation mentale.  Une formation-accompagnement qui s’appuie sur l’expérience de deux enseignantes antérieurement formées à ce programme et ayant déjà une pratique avec leur classe depuis trois ans. De ce fait, la formation prend la forme d’une supervision portant sur les pratiques exploitées dans la journée de classes et de nouveaux apports adaptés aux besoins spécifiques de l’équipe. Le programme des rencontres s’étale sur l’année scolaire à raison de deux heures tous les mois.

Formation des parents volontaires à la question de l’attention-concentration à la maison ou comment être partenaire de l’école. C’est avec l’accord du conseil d’établissement qu’une action de formation à destination des parents a été proposée. Il s’agit de quatre rencontres de deux heures. Durant ces rencontres sont proposées des situations concrètes qui peuvent être exploitées dans le contexte familial et qui participent à développer les capacités attentionnelles, des enfants, mais aussi des adultes ! 60% des familles ont répondu présentes à cette initiative.

L’intervention d’une sophrologue stagiaire auprès des élèves de CM2. L’école bénéficie pour cette année d’une personne en deuxième année de formation de sophrologie et qui vient animer un atelier adapté aux enfants du niveau CM2 (soit six élèves). La participation sur temps scolaire est une proposition et n’est pas à caractère obligatoire. Tous les parents ont donné leur autorisation.

Un atelier bi-hebdomadaire de yoga pour les élèves dans le cadre des Ateliers Pédagogiques Complémentaires. Cet atelier est animé par l’une des enseignantes qui en même temps fait partager à ses deux collègues son expérience. Cet atelier est proposé aux enfants des niveaux Grande section à CM2. La participation se fait sur le volontariat.

La pratique systématique et ritualisée de temps de pleine attention (méditation de pleine conscience) et de calme quotidiennement pour tous les élèves. Cette pratique prend des formes différentes en fonction des classes et de l’âge des enfants : soit des temps brefs de une à cinq minutes qui se répètent de trois à cinq fois dans la journée de classes, soit un temps de calme plus long (jusque 30 mn) positionner à la reprise de la pause méridienne, soit un mixage de temps courts et un temps long à la pause méridienne.

C’est le travail collaboratif avec les parents d’élèves qui caractérise la démarche de l’équipe pédagogique.

Témoigner de l’espérance, une nécessité !

Je reprends mot pour mot ce que Stéphane Allix nous dit de l’espérance dans son dernier livre qui vient de paraître « Lorsque j’étais quelqu’un d’autre », et où il nous conte comment en partant d’une méditation lors d’une retraite en forêt il en arrive à enquêter pendant des mois en Allemagne et en Russie à la découverte de lui même. Tout comme, Laurent Gounelle, Boris Cyrulnik, Fabrice Midal, Amélie Nothomb et bien d’autres, ce témoignage de Stéphane Allix nous interroge, nous émeut, nous étonne, nous surprend, nous passionne et nous entraîne aussi à la découverte de notre soi.

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« L’espérance, c’est la confiance dans le fait que l’adversité ne nous atteindra pas dans nos valeurs et notre éthique, quoi qu’elle impose au quotidien. L’espérance, c’est la certitude que les difficultés de la vie peuvent nous rendre meilleurs, et que c’est en parvenant à être meilleur dans ces circonstances pénibles que nous améliorerons le monde. L’espérance, c’est la confiance. La confiance dans la vie, dans les forces invisibles qui agissent sur le destin de l’homme et de la terre. La certitude que notre avenir sera construit par nos actions du présent.

L’ombre, c’est la peur de perdre nos richesses, notre confort. C’est la facilité avec laquelle on s’accommode des souffrances de ceux qui sont loin, en fermant les yeux. L’ombre, ce sont les discours de haine et de repli, la croyance que si on s’enferme on se protège, et ça ira mieux. Qu’être réaliste, c’est ne penser qu’à soi, être égoïste en ayant bonne conscience.

Pourtant, l’espérance aussi est réaliste car elle se base sur le constat lucide des mutations de notre monde et du pouvoir de l’action de chaque individu. Elle ne se voile pas les yeux face aux difficultés qui nous attendent. Oui, il est réaliste d’être optimiste dans un monde confronté à tant de défis et de menaces. Car être habité par l’espérance, c’est accepter de se remettre en question ; c’est être volontaire, lucide et généreux.

L’ombre et l’enfer sont constamment autour de nous. En nous ; comme des graines qui attendent de germer. En chaque femme, en chaque homme, en chaque enfant, la peur, l’égoïsme, la bêtise ou la paresse peuvent à caque instant éclore et grandir. La force, la confiance, la détermination, la bienveillance et l’amour – surtout l’amour – sont nécessaires pour que l’homme ne glisse naturellement vers ses penchants les plus opaques. parce que renoncer est facile. Très facile même, c’est un mouvement naturel, reposant pour l’esprit. L’être humain penche spontanément vers l’ombre quand il décide que sa vie doit être commode et confortable, avant tout. Or, ce sont les efforts constants et quotidiens qui nous rapprochent de la lumière. »

in Stéphane Allix, « lorsque j’étais quelqu’un d’autre » p 93-94 – Mama Editons.

Raymond Barbry le 26 octobre 2017.