Apprenez à gérer vos émotions et celles de vos élèves – Un dossier complet de CANOPE

CANOPE met à disposition libre, des outils, des apports d’experts pour aider les équipes éducatives en cette période particulière.

Le confinement, l’isolement, puis le retour à l’école et les précautions sanitaires qu’il nécessite peuvent être sources de stress, voire d’angoisse, pour les enfants. Comment aider vos élèves à gérer leurs émotions et leur apprendre à lâcher prise dans ce contexte si particulier ?

Ci joint le lien direct avec le dossier « apprenez à gérer vos émotions avec celles de vos élèves« .

Raymond Barbry, le 04 juin 2020.

 

Retour en classe : Le stress, un vrai défi pour l’école de demain / Une table ronde du réseau CANOPE

Une réalisation de Aurélie Dulin et Fanny Milhe-Poutingon

Atelier Canopé 38- Grenoble - Ressources numériques - Grenoble ...

Autour de cette table ronde, deux professionnels partagent avec nous leur expertise sur la gestion du stress sous l’angle du sport et de la médecine.
Pour pouvoir aborder sereinement le retour en classe au troisième trimestre, ainsi que la rentrée de septembre, la communauté éducative aura à gérer la question sensible du stress des élèves. Nous avons invité deux spécialistes du sujet, Martine Orlewski, médecin, et Raymond Barbry, formateur pour faire le tour de la question et, pourquoi pas, en tirer un bénéfice pour l’école de demain.

Réouverture des écoles… Vigilance quant au sur-stress, ou comment faire avec les peurs et ne pas sur-ajouter ?

Dans cette crise, nombre de personnes ont ressenti, ressentent et ressentiront pour le moins, du stress, de l’inquiétude, puis de l’angoisse, et voire de l’anxiété. Un sondage sorti ce vendredi en France estime que 41% des français sont en état de mal être et d’angoisse quant à cette phase de confinement et sa sortie. Les peurs sont là, bien présentes : peur du covid, peur de la crise économique, peur d’une crise politique majeure, peur des changements climatiques et surtout la peur de l’incontrôlable, de l’imprévisible et de l’incertitude.

https://media.ouest-france.fr/v1/pictures/MjAyMDA1N2VkZmQzOTJlMmIwMmU3NDE2MDgzNTFkNTkyNDBmZGM?width=480&height=270&focuspoint=50%2C25&cropresize=1&client_id=bpeditorial&sign=7f688a4218e5735337ec6677962d0536167289dd16963bb9c27541ad7bbab8c8

Concernant les établissements scolaires la France a fait le choix de la réouverture progressive dés le 11 mai en fonction des niveaux et des régions. D’autres pays ont pris la décision de clore l’année scolaire 2019/2020 et de reprendre à la rentrée de septembre. A chacun et chacune de se positionner, d’autant que les parents ne sont pas tenus de remettre leurs enfants. La possibilité de la continuité pédagogique reste de mise. Le cadre des conditions de réouverture des établissements est drastique (cf le document du MEN) et questionne fortement les enseignants quant à sa mise en œuvre concrète. Les semaines qui viennent nous éclairerons quant à la faisabilité !

Une reprise à nulle autre pareille !

Au delà du cadre qui pose les conditions de reprise et qui marque une rupture totale avec les conditions normales de classe à jamais connues à ce jour (distanciation, nombre d’élèves, restriction des activités collaboratives, conditions sanitaires….),  les chefs d’établissements, les enseignants et le personnel éducatif auront à faire en sorte que les élèves qui reprendront se sentent au mieux dans les classes et l’établissement. Mais comment faire ? Comment faire preuve de la sérénité nécessaire dans un contexte sociétal anxiogène qui impacte aussi les adultes en charge d’éducation dans l’école ? Comment faire en sorte  que, malgré toutes les contraintes, les enfants et les jeunes se sentent dans un espace sécuritaire et bienveillant ?

Les conséquences sur les enfants, les adolescents du confinement et de la pandémie.. (document issu de l’Académie de Lille)

Au plan scolaire :

  • le décrochage et les difficultés en lien avec l’absence ou l’insuffisance d’aides, d’accompagnement, d’accès au numérique.
  •  le peu ou pas d’accompagnement spécifique pour les enfants présentant des troubles d’apprentissages.

Au plan physique : 

  •  la fatigue en lien avec à la surexposition aux écrans.
  • la dérégulation du rythme veille/sommeil.
  • l’apparition ou aggravation de la surcharge pondérale et de l’obésité (grignotage, sédentarité, absence d’activité physique).
  • l’amaigrissement et carences alimentaires dues aux difficultés financières des familles.
  • les conduites addictives (écrans, produits).
  • les interruptions des soins médicaux et de rééducation (dentaires, dermato, orthophonistes…).
  • la négligence et/ou interruption des suivis et prises en charge des maladies chroniques.
  • la maltraitance physique.

Au plan psychique, les répercussions psychiques des épidémies et des confinements sont connus en voici les principales :

  • la peur d’être contaminé, de mourir et de contaminer les autres.
  • l’ isolement social qui entraîne frustration, ennui, solitude non désirée.
  • la durée du confinement et l’incertitude quant aux suites.
  • l’angoisse, les phobies (microbes), les obsessions et toc (nettoyage des mains), les troubles du sommeil, la perte de l’appétit, la fatigue et l’irritabilité, les troubles de l’attention, la morosité voire la dépression.
  • le syndrome du stress post traumatique (inscription dans la durée), perte des routines structurantes de l’école, les parents anxieux et moins protecteurs rendent les enfants vulnérables.
  • le confinement a mis un arrêt à certains suivis psychologiques.
  • le contexte de pandémie peut réactiver des événements de la vie antérieure telles que, la maladie, la mort.
  • le renforcement d’autres problématiques, cyberharcèlement, maltraitance, violences conjugales.

Une société de la Peur !

Cette crise pandémique mondiale n’a fait que raviver les peurs et la Grande Peur de l’être humain, celle de la mort qui est tue et cachée dans notre modèle matérialiste et consumériste qui nous a conditionnés à tout vouloir contrôler ! Cette pandémie nous rappelle cette réalité fondamentale, la vie, la mort ne se contrôlent pas. L’imprévisible et l’incertitude restent de mise ! Notre modernité immature refusent que les choses viennent d’ailleurs, de l’autre, des autres, ce que Lacan dénommait le grand « Autre ». Elle veut que tout vienne d’elle ! Le transhumanisme est la concrétisation et la forme abouties de cette immaturité.

Cette peur commentée à longueur de journée et alimentée par la plupart des médias s’est décuplée ces dernières semaines. Elle laisse entrevoir un monde de contrôle, de surveillance, de prévention et de sécurité qui  envahit tout et en devient excessif et maladif ! Cette peur ne tolère plus la vie avec ses aléas, ses épreuves, ses confrontations, ses échecs,  dévitalise les êtres humains, les rend frileux, peureux, méfiants, anxieux, hagards, tristes, exsangues , aigris…

Comme le souligne avec force Marie de Hennezel et Bertand Vergely (in une vie pour se mettre au monde) l’être humain a une vocation, celle de devenir. Devenir signifie que l’homme a un avenir. Il a comme vocation la vie. De plus en plus de vie !

Relativiser et remettre à sa juste place cette crise sanitaire !

Certes cette pandémie du covid 19 a quelque chose de dramatique. Il suffit d’entendre les témoignages des personnels de santé de réanimation ou ceux des personnes atteintes du covid qui en sont sorties. Mais est-ce que nous n’en faisons pas trop dans la dramaturgie ?

Je partage le point de vue d’André Comte-Sponville  qui nous met en garde contre la tentation de faire de la santé une valeur suprême au delà de toutes les autres et aux dépens de la justice et de la liberté. « Je respecte strictement le confinement, mais ça ne veut pas dire qu’on doit entrer dans ces discours qu’on entend sans arrêt à la télévision ».

De quelques rappels :  depuis le début de la pandémie, des crises graves comme la guerre en Syrie et le réchauffement climatique sont absentes des informations. « Tous les ans, 9 millions de gens meurent de malnutrition, dont 3 millions d’enfants dans le monde. Neuf millions de morts, c’est quand même plus grave que les 270 000 morts actuels de la COVID-19! ».

Par-dessus tout, les médecins ont pris le pouvoir dans nos sociétés, ce qu’on appelle le « panmédicalisme », soit de « faire de la santé la valeur suprême, et donc soumettre toute notre vie, nos sociétés,  à l’unique exigence   de la médecine ».

L’interview complet de A.Comte-Sponville sur radio canada : https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/bien-entendu/segments/entrevue/168386/andre-comte-sponville-philosophe-sante-medecins-covid-19?fbclid=IwAR0iJ1snDd61x0-ES55n6FCNpduwqwnKMdPlid6CBwwxWsNyKA_GBCvnUsA

Alors quoi faire ? Comment se positionner ? Comment ne pas sur-ajouter du stress à l’état d’angoisse latent ?

D’abord travailler ses propres peurs d’adultes, les conscientiser, les accepter (cf l’article précédent : https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2020/05/03/reouverture-des-ecoles-faire-temporairement-son-deuil-de-la-pedagogie/).

Ensuite être, autant que faire ce peut, en confiance en soi et dans l’équipe. Nous connaissons par l’expérience et par les recherches, le phénomène de contagion émotionnelle. Il s’agit de l’influence inter-relationnelle des émotions et des effets sur la dynamique collective. Cette influence joue dans les deux sens, négatif comme positif. Cette contagion émotionnelle, par son influence directe sur les émotions, les jugements et les comportements des adultes comme des enfants et des jeunes, peut provoquer des effets d’entraînement subtils et cependant importants dans les groupes, les classes et les établissements. Plus nous serons dans l’angoisse et plus cette dernière va se répandre. Plus nous serons dans le calme et plus ce dernier gagnera ! C’est d’abord et avant tout une posture intérieure qui s’entretient par la conscience que nous avons de nos pensées, de nos émotions.

Enfin travailler les priorités pédagogiques qui ne peuvent être celles d’avant la crise. Cela paraît évident..mais encore faut-il le rappeler ! Ce qui va prévaloir durant ces deux mois et peut être même certainement à la rentrée de septembre ce sont les compétences dites psycho-sociales. Faire en sorte que les enfants, les jeunes et les adultes vont élaborer du sens à ce qui arrive dans une appropriation collective.

Et qu’en sera-t-il de l’accompagnement des équipes éducatives durant cette fin d’année scolaire ? Depuis le début du confinement les enseignants, les chefs d’établissements, les CPE et l’ensemble du personnel éducatif ont déployé beaucoup d’énergie dans la continuité pédagogique. La reprise avec le cadre sanitaire va provoquer une tension supplémentaire, d’autant que nous n’avons aucune expérience en la matière ! Souhaitons que les tutelles, les hiérarchies seront à la hauteur de l’accompagnement. Il en va de la santé mentale des équipes éducatives.

Raymond Barbry le 9 mai 2020.

 

Réouverture des écoles….Faire temporairement son deuil de la pédagogie ?

Dans cet article il n’est pas question de porter un jugement sur le bien fondé de la réouverture des établissements scolaires. Je laisse à chacune et chacun se faire son opinion sur cet aspect. D’autant que sur ce sujet, nous observons dans le monde des réponses très différentes en fonction de la culture, de la doctrine sanitaire et des priorités politiques avouées et cachées du pays. De plus en France, et plus particulièrement pour les écoles maternelles et primaires, un nombre conséquent de maires s’opposent actuellement à la réouverture des écoles le 11 mai, les conditions sanitaires imposées au plan gouvernemental ne pouvant être assurées dans les établissements. Il en est ainsi dans les Hauts de France où plusieurs dizaines de communes ont pris cette position.

Je me permets simplement de dire, que la réouverture des établissements scolaires en septembre eut été la plus simple des réponses. Était elle pertinente ? Je n’en sais rien, et seul l’avenir nous le dira.

https://photos.lci.fr/images/613/344/la-premiere-ministre-danoise-en-discussion-avec-les-eleves-pour-la-reouverture-de-leur-ecole-a-copenhague-le-15-avril-29d96b-0@1x.jpeg

A mon sens, une question prioritaire doit guider les acteurs éducatifs de l’école :  comment dans le quotidien de la classe,  ne pas en rajouter quant à l’état d’angoisse persistant qui règne dans le pays au sujet de cette épidémie ? Autrement dit, comment faire en sorte que cette dernière période de l’année scolaire, à nulle autre pareille, se passe au mieux pour tout le monde, adultes, enfants, pré-ado, ado et jeunes (si toutefois les lycées ré-ouvrent) ?

De quelques principes à avoir en tête pour guider

1/ Ce qui est premier en ce contexte si particulier, ce sont deux priorités qui doivent être le fil conducteur de toutes les décisions et actions  qui en découleront :

  • Le souci de la santé de tous, élèves comme adultes. Par santé nous entendons la dimension holistique (globale) de l’être humain dans les aspects bio-psycho-socio. La santé n’est pas qu’une question de « bonne » santé physique et d’absence de maladie. Elle implique un équilibre et une dynamique entre le corps, les pensées (l’esprit) et les affects (émotions). Nous savons aujourd’hui et cela nous est confirmé maintenant par les recherches scientifiques que tout est en interaction en continue dans notre corps. Notre état émotionnel influe directement sur nos défenses immunitaires. Nos pensées agissent directement sur notre état émotionnel. Toutes les cellules de notre corps communiquent entre elles en temps réel !
  • Le maintien et le renforcement du lien social. L’être humain quelle que soit son âge est un être social. Il se développe et se construit par l’interaction avec l’autre. La dimension socio-affective est des plus déterminante dans les premières années de notre vie (cf l’enfant sauvage au 19ème siècle, les enfants isolés de Roumanie etc…). Nous ne sommes pas faits pour vivre dans l’isolement total. Même celles et ceux qui décident de vivre en retrait de la société de leur époque le font en collectif (monastère, ashram…) ou ne s’isole que temporairement (ermitage) pour mieux revenir au contact des autres.  Ce lien aux autres est indispensable quelle que soit notre âge. Il suffit de voir ce qui s’est passé dans les EHPAD en France ces dernières semaines où le confinement imposé a eu pour effet d’augmenter le nombre de personnes touchées par le « syndrome du glissement ».

De fait, les apprentissages purement scolaires, les programmes passent au second plan. Ils ne sont aucunement prioritaires en cette période ! Un des bons côtés de cette crise aura été de mettre en exergue que la vie c’est l’incertitude, qu’elle ne se contrôle pas et qu’un tout petit virus peut bloquer le monde ! Nous en vivons tous l’expérience actuellement. Une belle leçon d’humilité que la terre nous a envoyée en quelques sorte !

2/ La question de la peur est aussi première et n’est pas à éluder !

La peur est normale. Elle est une de nos émotions de base. Nous en connaissons les effets tant au plan physique que psychique. Le fait est que depuis maintenant deux mois, elle est là installée dans la durée, alimentée par des médias qui en jouent pour augmenter leur audience, par des orientations  politiques et de santé publique (cf les moyens, masques, tests) qui ne rassurent pas et augmentent le doute et la perte de confiance dans les dirigeants (cf les sondages européens en ce domaine).

Il suffit d’observer actuellement les comportements d’une bonne partie des personnes dans les lieux autorisées pour la percevoir au travers des postures, des regards. Elle est là présente continuellement, usante et épuisante parce que non acceptée, non régulée.

Alors comment faire avec ? Comment vivre avec cette peur ? Comment en réduire ses effets néfastes pour notre santé et celle des élèves ? Comment ne pas la communiquer inutilement ?

  • D’abord, une peur s’accepte. C’est la première des choses à faire. Je reconnais que j’ai peur…Je reconnais que l’autre a peur. Cette acceptation en réduit l’impact émotionnel et les effets sur notre corps et notre santé. Nous savons que vivre dans un état de peur constant, épuise l’organisme, l’affaiblit. C’est comme laisser une  porte ouverte à nombre de pathologies physiques comme mentales.
  • Ensuite, une peur se dit, se déclare. Nous avons un conditionnement culturel et éducatif à déjouer à ce sujet. Dire, déclarer voire expliciter sa peur en réduit l’impact émotionnel négatif. On se sent mieux une fois que nous avons pu dire ce que cette peur faisait en nous.
  • Puis, une peur se relativise. Dans la plupart des situations nous augmentons par notre mental (nos pensées et nos ruminations) nos peurs. Il y a ce que nous pensons qui pourrait nous arriver…Il y a ce qui pourrait nous arriver…..et il y a ce qui nous arrive vraiment. Mais arriver à cet état nécessite de prendre le temps de la distance, de la compréhension et de la mise en sens sur ce qui nous arrive.
  • Enfin, agir sur ce qui est en mon pouvoir, autrement dit, sur quoi ai je prise ? L’acceptation de la situation, de l’incertitude, du non contrôle est une première phase. Vouloir agir sur ce dont je n’ai aucune prise est contre productif, épuisant et va augmenter les peurs et les effets néfastes sur la santé. L’action et l’engagement sont déterminants. Le collectif et sa cohérence prennent toute leur dimension dans cette période de déconfinement. L’action peut être dans le contexte de la réouverture des écoles, la réorganisation des espaces, l’adaptation du temps, les modalités de déplacement etc… Mais ce peut être aussi l’opposition, le refus, la désobéissance, voire le combat si besoin, quand les seules portes de sortie sont de ce registre. Henri Laborit (médecin chirurgien et neurobiologiste, mort en 1995) a travaillé cette question tout au long de sa vie de chercheur. Il en a fait un film qui explique bien ces phénomènes (Mon oncle d’Amérique), voir aussi son ouvrage « Éloge de la fuite ».
  • Ne pas communiquer son stress aux enfants, mais témoigner de calme et de tranquillité intérieurs. Nous savons que tout est en interaction que tout est relié (cf les travaux en physique de l’information, en biologie quantique, en épigénétique…). L’état émotionnel de l’adulte comme celui des enfants vont interagir. Ça signifie que je suis impacté par tout ce qui se passe autour de moi, mais que moi j’interagis avec mon environnement ! De la joie ça se communique, mais de la peur aussi ! Le problème est que si le stress devient répétitif, il ne peut plus être géré par le système de défense de notre corps qui est conçu pour ne traiter que l’urgence en priorité. Dés lors que le stress environnemental et celui du à notre mental (nos pensées qui amènent : peur, angoisse, honte, culpabilité) sont permanents, cela active une sur-augmentation des hormones du stress. Il devient alors impossible de se relâcher. Et c’est la porte ouverte à l’épuisement, au burn-out, à la  dépression. La seule réponse possible pour éviter cette tension constante : être dans des conditions de sécurité sanitaire dans la classe et l’établissement (extériorité), en tant qu’adulte être en état de calme intérieur (intériorité) dans les temps passés en contact avec les enfants. Ce dernier point nécessite une connaissance et conscience de soi très développées et travaillées.

3. Faire le deuil temporaire des méthodes pédagogiques facilitant les inter-relations.

Et bien oui..temporairement, et je pense plus particulièrement aux classes maternelles et primaires, il ne sera plus possible de pratiquer toutes les approches interactives et coopératives qui sont de mises ces dernières décennies. Les conditions sanitaires strictes et notamment la distanciation physique en interdisent l’exploitation.

Les enseignantes et enseignants des classes maternelles ainsi que les atsem (personne qui seconde l’enseignant sur le plan matériel et éducatif ) savent combien cette distanciation sera des plus difficiles à faire respecter qui plus est dans notre culture pédagogique française (surtout en maternelles). Et nous ne savons pas aujourd’hui comment les enfants vont réagir à ce cadre très stricte imposé qui va à l’opposé des habitudes et des routines pédagogiques. Il faut s’attendre de ce côté et dans les premières semaines à un état de fatigue conséquent des enfants et des adultes ! Un tel changement est des plus coûteux en matière d’énergie psychique et de force vitale. C’est du reste en grande partie pour cette raison que les pays qui ne ré-ouvrent pas les écoles maternelles et primaires ont pris cette décision ; parce que c’est tout simplement très difficile, voire impossible d’appliquer les normes sanitaires de  distanciation.

4. Retour au behaviourisme, au conditionnement, dans sa forme basique et parfois caricaturalle.

Les vidéos, les images qui nous montrent ce qui est pratiqué dans certaines cultures effraient une bonne partie des enseignants !

Il ne s’agit pas de rejeter en bloc cette forme d’apprentissage qui dans certains contextes a toute sa pertinence. Il y a des situations pédagogiques qui pour des raisons de sécurité vont imposer l’apprentissage par conditionnement. On ne pratique pas l’essai-erreur, le socio-constructivisme quand les conditions de sécurité objectives ne peuvent être assurées.

Mais la forme caricaturalle qui nous est montrée par certains médias inquiètent, et à juste raison, nombre d’éducateurs !

Le cadre sécuritaire imposé par les normes sanitaires induit l’exploitation de cette forme d’apprentissage qui va être chronophage dans sa première phase. C’est à dire de trois à quatre semaines, le temps nécessaire à l’acquisition des nouvelles routines de distanciation par le collectif.

5. Qu’en est-il de la responsabilité des enseignants, des personnels, des chefs d’établissement ?

Cette question est actuellement débattue entre les différents partenaires. La démarche descendante à la jacobine française est toujours de mise, à savoir que l’état (le ministère de l’EN) a posé un cadre sanitaire avant toute négociation avec les partenaires. Or le contexte de judiciarisation qui gagne aussi notre pays n’est pas sans inquiéter à juste raison les acteurs éducatifs. Qui serait responsable en cas de « closter » partant d’une école ?

A ce sujet, le média « médiapart » a posé la question à un avocat pénaliste, voir cet article très explicite : Profs, directeurs, AED, AESH, agents, responsabilité pénale en jeu.

https://blogs.mediapart.fr/liligaby/blog/010520/profs-directeurs-aed-aesh-agentsresponsabilite-penale-en-jeu?fbclid=IwAR0BFc1kGd0FiK7AJlyYIB6lhZ1ym0b8_8sgLhJZnOI73UDnbwi–A6Pczc

En conclusion, voici ce que nous dit Laurent Hazan : « Il m’apparait que la seule protection contre d’éventuelles poursuites est de rester serein, de respecter strictement les obligations sanitaires et de sécurité et surtout, en cas de difficultés ou d’insuffisance des mesures mises en place pour garantir la sécurité des élèves, d’alerter immédiatement la hiérarchie et, en dernier recours, de suspendre les cours. L’important est que les enseignants soient toujours capables de justifier leurs décisions au regard de l’intérêt supérieur des élèves. »

6. Faire confiance aux enseignants, aux personnels, aux chefs d’établissement.

Et si nous faisions confiance aux acteurs eux-mêmes ? Si le temps leur était laissé de réfléchir, d’imaginer comment reprendre et refaire classe en toute sécurité objective et subjective ? Comment faire en sorte que l’école reste ce lieu où les adultes et les enfants s’y sentent bien ?

Les mieux placés pour imaginer cette reprise se sont quand même celles et ceux qui pratiquent ce lieu !

Raymond Barbry le 3 mai 2020.

Déconfinement et réouverture des établissements scolaires, et si on faisait confiance aux enseignants, aux personnels et aux chefs d’établissement !

La date du déconfinement est posée au 11 mai en France. Il se fera nous dit-on de manière progressive. Les établissements scolaires vont ré-ouvrir peu à peu à partir de cette date. Ici et là dans les médias, via les informations qui filtrent du ministère, des rectorats ou de différents experts en santé publique, un cadre semble émergé.

https://photos.lci.fr/images/613/344/deconfinement-et-retour-a-l-ecole-en-nouvelle-caledonie-20200423-1455-b76577-0@1x.jpeg

La question ici n’est pas de savoir s’il est pertinent ou non de ré-ouvrir les établissements scolaires ou d’attendre la rentrée de septembre. Les avis entre les différents pays qui ont confinés divergent à ce sujet. De même que je ne pose pas la question des contenus des quelques jours de classe en réel présentiel qu’auront effectivement les élèves entre mi-mai et fin juin (si peu en fait !).  Ni même, quelles sont les motivations premières à la ré-ouverture :  la reprise économique, la lutte contre le décrochage, le maintien du lien entre l’école comme lieu de construction du lien social et les familles, la poursuite des programmes… ? Peut être un peu de tout cela à la fois !

Qu’est ce que nous devrions attendre des dirigeants, du gouvernement, des experts en santé publique au sujet de cette ré-ouverture ?

Nous attendons qu’ils puissent poser des cadres qui ont été travaillés, discutés, critiqués en amont de leur publication avec les différents partenaires de l’école (représentations professionnelles, syndicales, associatives…). C’est de l’intelligence collective et de la démocratie en acte. Dans un contexte de crise, les solutions les plus pertinentes émergent de l’échange, du débat, de la confrontation des idées, c’est mettre en œuvre concrètement cette intelligence collective qui va faire penser « out of the box ».

Un dirigeant se doit d’être un expert en intelligence collective !

Une posture qui se définit ainsi :

  • Faire prévaloir le fond sur la forme.
  • Se fier au travail et à la probité intellectuelle plutôt qu’aux apparences et à la réputation.
  • Se risquer à la vraie réflexion plutôt que de s’abandonner aux fausses sécurités des procédures.

Le cadre se doit de libérer les initiatives et permettre la réalisation sur le terrain des possibles. Il n’y a que les acteurs du terrain, ici en l’occurrence celles et ceux qui travaillent dans les établissements scolaires qui pourront nous dire ce qu’il est judicieux et possible de faire au regard du contexte (locaux, espace, situation géographique, type d’établissement, personnes disponibles, nombre d’élèves etc….). La réalité d’un établissement n’est pas celle d’un autre. Il suffit d’en visiter plusieurs pour se rendre compte de la diversité.  Ce qui pourra être mis en œuvre dans l’un, sera tout bonnement impossible dans l’autre !

Qu’en est-il de la parole des enseignants, du personnel et des chefs d’établissement dans l’espace institutionnel, politique et médiatique?

Actuellement on pourrait dire pas grand chose ! Ils sont pourtant les mieux placés pour dire ce qu’il est préférable, judicieux, pertinent de faire.  Et ils sont capables, à condition de le permettre, d’inventer, d’imaginer et de donner du sens au comment faire !

Le mal français, la logique descendante des « sachants-décideurs » qui imposent aux « faisants-acteurs ».

C’est le problème majeur ! Et plus particulièrement, chez nous en France, cette incapacité des dirigeants et des cadres intermédiaires de prendre en compte l’avis de celles et ceux qui font !

Nous avons un problème dans la formation de nos dirigeants de tous les niveaux hiérarchiques. Ils sont conditionnés et formatés à être des « sachants » qui décident pour les « faisants ». Logique pyramidale et descendante. C’est très profond et inscrit dans notre culture et notre système d’éducation et de formation. Quand E.Macron a osé parler des premiers de cordée, il a explicitement fait référence à cette vision et conception du management, des décideurs, des « sachants »…et l’incapacité à écouter ce que les « faisants » (les acteurs du quotidien) font et disent de leur pratique, vécu.

Dans cette crise qui impacte tous les niveaux de notre société, nous voyons bien que les « authentiques » premiers de cordée ne sont pas les « sachants » mais les « faisants » du quotidien.  Il en est de même dans l’école. Les mieux placés pour dire ce qu’il est préférable de faire, ce sont celles et ceux qui au quotidien sont dans les établissements, dans les classes, au contact des enfants, des ados, des jeunes, des parents.

Les responsables institutionnels et politiques (du ministre, au conseiller du ministre, au recteur, à l’inspecteur d’académie, au secrétaire général de EC, au directeur diocésain, aux maires, aux conseillers départementaux et régionaux) devraient être là en cette période de crise pour aider, accompagner et donner les moyens de l’action à celles et ceux qui sont sur le terrain.

Et d’abord pouvoir dire et partager explicitement ce qui est prioritaire pour la santé et le maintien du lien social. Il en va de notre devenir.

Raymond Barbry, le 27 avril 2020

 

Confinement, continuité pédagogique, une épreuve d’endurance !…Comment tenir la distance – Un podcast de Canopé

C’est à l’initiative d’Aurélie Dulin du Réseau Canopé Amiens que j’ai été contacté pour témoigner et proposer des outils afin d’aider les parents, les enseignants et les élèves à traverser au mieux cette période de confinement-continuité pédagogique.Atelier Canopé 38- Grenoble - Ressources numériques - Grenoble ...L’interview a été réalisé par Fanny Milhe-Poutingon avec l’appui de  Simon Gattegno comme ingénieur du son.

Tenir sur la longue distance

Coureur Longue Distance De Remise - Photo gratuite sur Pixabay

Fort de son expérience dans le sport de haut niveau, Raymond Barbry nous propose son point de vue de formateur et de préparateur mental sur la période que nous sommes en train de vivre. Il nous apporte des éléments de réflexion sur l’articulation entre le présentiel et le distanciel, et plus particulièrement sur le rythme à adopter, les contenus à enseigner et l’évaluation. Il donne aussi des conseils pour « tenir sur la durée » de la façon la plus sereine possible. Comme pour un marathon !

https://www.reseau-canope.fr/extra-classe…

Vous trouverez aussi dans l’EXTRA-CLASSE trois autres podcasts :

Je revois les bases en aidant mes enfants

Et si l’école à la maison profitait aussi à certains parents d’élèves ?
Dans ce témoignage Mélanie Colin, mère de deux enfants scolarisés dans une école d’éducation prioritaire, porte un regard original sur sa situation. Malgré les difficultés quotidiennes pour organiser le travail scolaire, cette mère de famille qui n’était pas une bonne élève se réconcilie avec l’école, les maths et le français…

Maintenir les liens, oui mais comment ?

Nous retrouvons Claire pour la troisième semaine consécutive afin de un point au sujet du lien avec les élèves et les familles, à travers des outils et dispositifs mis en place pour l’entretenir et le consolider.

Quand les parents ont rendez-vous avec la continuité pédagogique – 21 avril 2020

Que l’on ait fait l’expérience de l’école à la maison lors d’un tour du monde ou que cette situation soit totalement inédite, c’est un quotidien familial qu’il faut adapter, de nouveaux repères qu’il faut construire pour accompagner son enfant dans ces apprentissages.
Avec honnêteté, Catherine Herrero et Sabine Turri, nous racontent leur quotidien de parents. Et si finalement cette situation offrait l’opportunité de redécouvrir son enfant et peut-être aussi de se découvrir soi-même ?

Raymond Barbry, le 23 /04/2020

S’entretenir…se maintenir en « bonne » santé…vivre, en période de confinement !

Pour celles et ceux qui ne peuvent se rendre au travail ou dans les établissements scolaires, qui sont tenus à rester chez eux avec comme seule autorisation, celle de pouvoir sortir une heure/jour pour marcher, courir ; guette insidieusement la sédentarité, le laisser aller avec les conséquences néfaste pour la santé (bio-psycho-socio): surpoids, baisse des défenses immunitaires, déprime, lassitude, perte de motivation et d’engagement, repli sur soi, désocialisation etc…

https://unric.org/fr/wp-content/uploads/sites/2/2020/03/maison-confinement-696x463.jpg

Le confinement est une situation stressante très forte qui n’est pas sans conséquence sur la santé globale, d’autant qu’elle est imposée, subie et non désirée par la plupart des personnes.  Elle est une  marque de privation de la liberté. C’est un enfermement imposé chez soi.

Alors que faire ? Comment maintenir, entretenir, voire développer cet état d’esprit d’engagement et cette dynamique de vie qui maintiennent nos défenses immunitaires à un haut niveau dans ce contexte d’enfermement ?

Voici quelques pistes concrètes et simples qui sont à adapter à chacun en fonction de son âge, de sa maturité de son parcours de vie et de ses aptitudes. Les valeurs en temps données sont relatives. Il importe que soient pratiquées, quotidiennement pour certaines et hebdomadairement pour d’autres, des situations proposées ci dessous.

1/ Pratiquer un ou plusieurs temps d’activité physique dans la journée.

C’est en développant une bonne condition physique que nous renforçons notre capacité de réponse immunitaire. C’est une des thérapies dont nous disposons actuellement et c’est la plus importante. Aussi en respectant les distances de sécurité (plus de 3 mètres) aller courir, marcher, prendre cette heure de sortie autorisée est nécessaire et vitale !

Dans l’idéal, trois temps d’activité physique quotidienne vont participer à lutter efficacement contre la sédentarité imposée par le confinement. Par exemple pour des enfants (plus de 7 ans), adolescents, jeunes et adultes :

– 20mn en début de matinée des étirements ou du yoga.  Nous trouvons sur internet (YouTube) une multitude de séances adaptées à tout un chacun.

– 20mn en fin de matinée des exercices plus toniques à base de gainage, d’ateliers dynamiques qui peuvent être réalisés chez soi. La fédération Française d’athlétisme entre autre a mis en ligne des séances type qui peuvent être réalisées par des enfants comme des adultes qui plus est de manière ludique. (voir le site de la FFA)

– de 20mn à 1h00 d’une activité dite d’endurance en extérieur en respectant les distances de sécurité, soit un effort plus long  continu sollicitant la filière aérobie, de la marche, de la course à pieds, une alternance de marche-course à pieds…La durée est fonction de  l’âge, des aptitudes initiales…Un principe de base ne pas être en essoufflement, rester en maîtrise ventilatoire.

Pour celles et ceux qui disposent d’un jardin, aller passer un moment dans le jardin, l’entretenir, se baisser, se relever, se déplacer participent de ces temps d’activité physique !

Un autre repère pour éviter les longs moments en position assise ou semi-allongée (canapé), toutes les heures se lever, marcher dans l’habitation faire quelques étirements. Ce qui est néfaste est la situation de rester sans bouger plusieurs heures !

2/ Pratiquer des temps de silence.

Cela peut paraître paradoxal en période de confinement de proposer cette activité et pourtant elle est indispensable à notre équilibre psychique. Nous avons besoin de calme, de silence. Le bruit est une des causes du stress si élevé de notre vie moderne ! « Nous savons aujourd’hui que lorsque nous favorisons le silence acoustique, mais aussi attentionnel, visuel ou méditatif, notre cerveau bascule dans un état particulier. C’est cette déconnexion qui l’aide à  se régénérer, à évacuer les toxines conduisant aux maladies neurovégétatives. Mieux le silence sous toutes ses formes est bénéfique pour la créativité, la mémorisation, voire la construction de notre « moi ». Michel Le Van Quyen – Voir Cerveau et silence.

Concrètement, il s’agit pendant un temps donné de ne pas parler, et si possible de couper toutes les sources de bruit dans l’habitation. Ce temps est défini au préalable. Cela peut aller de quelques minutes (1 à 3mn notamment avec des enfants) à plusieurs heures, voire une journée entière (par exemple pour des adultes une fois/mois, une journée en silence !).  A chacun de se définir ses objectifs en fonction du contexte de vie (nombre et âge des personnes vivant sous le même toit).

Pour les personnes habituées aux pratiques de contemplation, de pleine attention, de méditation, de zazen,  de sophrologie, de relaxation, vous pouvez profiter de ce temps  de silence pour pratiquer de vous mêmes sans guidance extérieure.

3/ Placer des temps de méditation, de cohérence cardiaque, de sophrologie, de yoga, de relaxation guidés dans votre journée.

Depuis plus de trente ans maintenant, nous connaissons et avons les preuves des effets bénéfiques de ces pratiques sur notre santé psychique, physique et sur nos défenses immunitaires (cf les travaux de E.Blackburn – Nobel de médecine 2009). Depuis moins d’une petite dizaine d’années en France, ces résultats et effets sont enfin  reconnus du grand public et de plus en plus recommandées par les milieux de la santé. Ce qui était considéré par méconnaissance culturelle comme des pratiques soit ésotériques, soit « farfelues », voire sectaires est maintenant valorisé ! Alors pourquoi s’en priver, d’autant que nous trouvons une multitude de supports via l’internet.

Nul besoin d’être un expert en méditation pour s’y mettre. Il suffit dans un premier temps de se programmer dans la journée des temps courts de quelques minutes en s’aidant d’une des multiples applications en accès libre.

Pour commencer la cohérence cardiaque est un bon support. Voici trois liens…

https://www.youtube.com/watch?v=22deFxgJF4Q – Classique

https://www.youtube.com/watch?v=BYPu_6nDU7o&t=169s – Pour Stressés

https://www.youtube.com/watch?v=0ShmcJo66Mc&t=45s – Pour enfant

Je ne vais pas recommander une pratique plus qu’une autre. Elles reposent sur les mêmes bases et ont à peu près les mêmes effets dans la durée. L’important, avoir une pratique régulière, comme pour l’activité physique ! Dans le contexte du confinement actuel, trois temps de 5mn/jour (pour les adultes) est une bonne base de départ. Pour les enfants en dessous de 10 ans, commencer par des temps plus courts(vous trouvez des applications pour les enfants). Cela peut se pratiquer en famille. Pour celles et ceux qui souhaitent des séances plus longues de plus de 5mn et jusqu’à 1h00, vous trouvez sur internet en accès libre des séances toutes faites. Pour donner quelques exemples parmi tant d’autres vous pouvez trouver sur internet, Clarisse Gardet, Christelle Ringeval, Marine Locatelli, Christophe André, Frédéric Lenoir, Fabrice Midal, Ilios Kitsous mais aussi Sofrocay, Petit Bambou, Yupsi le petit dragon, Calme et attentive comme une grenouille,  etc….

3/ Couper la télévision, les écrans et les infos.

Note époque est marquée au plan médiatique par des chaînes d’informations qui fonctionnent en continu et qui ressassent heure par heure, les mêmes nouvelles souvent défaitistes, démoralisantes parce que nous sommes attirées par ce type d’informations ! C’est ainsi.

Nous savons qu’en moyenne nous passons beaucoup de temps devant la télévision, et l’état de confinement va augmenter ce temps. Au delà de trois heures par jour pour les adultes et une heure pour les enfants, des effets néfastes ont été observés sur notre santé (augmentation de la sédentarité, obésité etc…). Le confinement augmente de fait ce temps devant les écrans et participe à un effet anxiogène accru via des informations communiquées en boucle.

S’en tenir à des temps courts d’infos.  Privilégier les émissions ou film provoquant de la joie, des rires.

Et pourquoi pas de temps en temps, la journée sans télé et sans écran !

4/ Savoir couper le smartphone et aussi l’exploiter pour le maintien du lien social.

Nous passons beaucoup de temps sur nos smartphones et ordinateur. En moyenne en France nous le consultons plus de 400 fois/jour !  Nous avons de plus en plus de mal à nous en détacher. Les effets néfastes sur la santé et sur nos capacités cognitives d’une sur-exploitation et sur-exposition à ces outils sont bien connus aujourd’hui. Voir à ce sujet les travaux de Manfred Spitzer (Ulm – Les ravages des écrans), ceux de Michel Desmurget (Lyon – Inserm – Les dangers des écrans pour nos enfants) et  l’ouvrage de Neil Postam (EU) Technopoly ou comment la technologie détruit la culture.

Il ne s’agit pas de ne pas utiliser ces outils qui nous permettent en cette période de confinement de maintenir le lien social déterminant à notre santé psychique et donc à augmenter nos défenses immunitaires.

Il s’agit de savoir s’en détacher quelques minutes, voire quelques heures, voire une journée. En tous les cas, ne pas le consulter durant la nuit ! A ce jour plus de 50% des français le consultent la nuit et perturbent ainsi leur sommeil.

5/ le sommeil ! déterminant….

Le confinement à la maison dérègle la vie sociale et agit sur nos rythmes. Certes certains et certaines peuvent bénéficier de temps de sommeil plus longs. C’est le cas notamment de tous les élèves de l’école au lycée qui n’ont plus à  se lever pour certains très tôt (parfois 5h30-6h00 du matin).

Il ne s’agit pas de reproduite les horaires de lever et de coucher du temps hors confinement. Mais surtout de maintenir une qualité et quantité de sommeil suffisants. L’occasion de retrouver le temps de sommeil nécessaire à notre équilibre. Nous avons perdu au fur et à mesure des années et depuis trente années des heures de sommeil. Or le sommeil est le premier facteur de la « bonne » santé !

6/ Oser l’esprit du débat philosophique (dés l’age de 5-6 ans).

Cette pratique de l’échange, du partage et du débat peut être exploitée dans le contexte familial. De quoi s’agit-il ?

Il s’agit à partir d’un mot, d’un thème, d’une image, d’une lecture d’un texte court d’échanger suivant les principes suivants :

– Une personne parle à la fois.

– On n’émet pas de jugement de valeur.

– On peut demander la clarification d’une idée.

– On peut alimenter, enrichir une idée qui a été émise.

– On ne contredit pas l’idée d’une autre personne. Chaque personne a le droit de penser ce qu’elle pense. Ce n’est qu’une idée. Chaque personne a de bonnes raisons de penser ce qu’elle pense.

– Une conclusion peut être émise par chaque personne…ce que je retiens de ce moment.

A ne faire que dans un contexte familial apaisant. Il ne s’agit aucunement de vouloir avoir raison, de convaincre, mais de s’enrichir chacun par l’apport des idées des autres. C’est la construction de l’intelligence collective.

7/ Jouer !

C’est l’occasion de ressortir les jeux de cartes, de sociétés qui sont facteurs de lien social et affectif. Notre temporalité moderne a réduit ces temps de « jeu » qui ont pratiquement disparu de nos cadres de vie. Et pourtant ils sont porteurs d’une grande richesse et développent au delà du plaisir de jouer en lui même, l’acceptation des règles, l’acceptation de la frustration, le développement de la collaboration, le développement de l’intelligence globale.

8/ Partager chaque jour les bons moments vécus.

Nous avons tendance en tant qu’être humain à ne nous souvenir que des moments désagréables, et à les ressasser ! Ce qui est facteur de stress excessif (sur-stress). Cet état de stress constant et latent déclenché par des pensées négatives tournées vers le passé (regret, culpabilité) ou le futur (peur, angoisse) épuise l’organisme et fait chuter drastiquement nos défenses immunitaires. C’est en grande partie ce qui nous rend plus fragile face à la maladie.

Aussi, il importe de conscientiser, de mémoriser et de partager les bons moments vécus. On ne mesure pas combien cette simple démarche réalisée quotidiennement agit sur notre bien être intérieur et réduit notre niveau de stress latent !

Et maintenant, comment faire ?

Avant tout, accepter la situation sanitaire de confinement qui est la notre. Cet état d’acceptation va de fait réduire l’effet de mal être latent qui s’installe insidieusement et durablement. Ensuite,  à chacun de se fixer  ses propres objectifs et petits défis quotidiens et hebdomadaires qui vont permettre de se maintenir dans cette dynamique de vie qui permet de maintenir et renforcer naturellement nos défenses immunitaires.

Raymond Barbry le 17/04/2020

Et si on parlait d’accompagnement et de suivi pédagogique…Plutôt que de continuité !

En fonction des académies nous en sommes à trois ou quatre semaines de fermeture des établissements scolaires, confinement oblige. Ce n’est pas terminé. A ce jour nous n’avons aucune visibilité quant à la réouverture des établissements scolaires. Et toutes les hypothèses peuvent être posées (début mai ? mi mai ? début juin ? mi juin ? rentrée de septembre ?).

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Passer la surprise et l’engagement tout azimut, force est de reconnaître que nous nous engageons dans une épreuve d’endurance et que nous devons nous préparer à ce que cette phase se prolonge pendant plusieurs semaines, voire des mois.

Les vacances de Printemps viennent bien à propos pour se poser, analyser, réfléchir sur ce qui a été vécu, expérimenté depuis la mi mars en matière de continuité pédagogique et poser le cadre de ce qui semble le plus pertinent à mettre en œuvre dans la suite de cette phase de fermeture des établissements scolaires.

1/ Un engagement de l’ensemble du personnel éducatif.

C’est ce qui ressort de la plupart des enseignants, de tout le personnel éducatif, des directions d’établissement et des remontées tant des représentations syndicales, que des associations de parents, que des rectorats et des directions diocésaines.

Cet engagement a cependant manqué de cohérence du fait d’un déficit de cadrage de la continuité pédagogique au départ de la mise en confinement, mais aussi aux difficultés techniques inhérentes à des systèmes non adaptés et non préparés. Mais pouvait-il en être autrement ? C’est la première fois de notre histoire contemporaine que nous sommes confrontés à une telle situation qui impacte le monde en son entier.

Vous avez dit continuité ? Ce terme a induit l’idée de poursuite des enseignements. On continue la classe à la maison. On poursuit sur les programmes. Même si très rapidement, le ministère, les rectorats, le secrétariat de l’enseignement catholique pour le privé sous contrat on définit le cadre de cette continuité, à savoir :

  • Pas d’avancée sur les programmes.
  • Pas dévaluation à caractère sommatif. A savoir que toutes les évaluations durant la phase de fermeture des établissements ne peuvent être prises en compte dans le contrôle continu. Elles ne peuvent avoir qu’un caractère formatif.
  • Entretenir les acquisitions tant disciplinaire que méthodologique.
  • Maintenir du lien avec les élèves et éviter le décrochage scolaire.

Pas étonnant qu’ici et là dans certains établissements ce soit produit quelques dérives qui ne prennent pas en compte ce cadrage et les principes de base de l’enseignement et de la formation à distance, c’est ainsi que les dérives suivantes ont été observées :

  • Un volume d’heures de connexion en distanciel égal aux emplois du temps, via les classes virtuelles.
  • Une avancée sur les programmes.
  • Des évaluations sur les DM (devoir maison) prises en compte dans le contrôle continu ou annoncées ainsi aux élèves.
  • Une obligation de se connecter sous peine d’être considéré comme « absent ».

La « continuité pédagogique » est comme l’horizon, plus on avance, plus il s’éloigne. Faire croire que l’école à la maison, c’est comme l’école en classe est une aberration, ce n’est même pas l’école ou l’enseignement à distance.

2/ La classe à la maison, un oxymore (un mot chasse l’autre) !

Je reprends ici l’idée du psycho-pédagogue belge, Bruno Hombeeck.  On ne mélange pas école et maison !
 » Une classe c’est un groupe d’élèves mais c’est aussi un endroit et ce n’est pas chez soi ».
Les deux espaces, la maison et la classe, sont distincts et doivent le rester. »

LES PARENTS NE SONT PAS DES PROFS ! Mais dès lors que beaucoup d’élèves continuent de recevoir du travail à distance, les parents doivent-ils aider et accompagner leurs enfants scolairement ? « C’est compliqué » pour Bruno Humbeeck. Le co-enseignement doit être réservé à des acteurs qui n’ont pas de lien affectif fort avec l’enfant : « C’est la grande difficulté de l’école à la maison. Même les enseignants qui enseignent à leurs propres enfants s’énervent en faisant les devoirs alors que ce sont d’excellents enseignants dans leur classe. Il y a une angoisse d’imaginer que son enfant puisse ne pas savoir« .

OUBLIER LA PERFORMANCE. En cette période particulière l’école ne peut donc pas continuer comme si de rien n’était en comptant sur la disponibilité des parents. Elle doit pouvoir s’adapter et être à l’écoute des élèves. C’est vraiment important que les enseignants parlent du ressenti de cette période avec leurs élèves. C’est vraiment important que les enseignants se donnent ce mandat. Le fantasme de la continuité pédagogique tend à effacer la réalité : l’école, essentiellement, ce sont des élèves avec un prof. Et plus ils sont petits, plus l’importance de ce lien direct est primordiale.

Un sondage de la FCPE dans les Pyrénées orientales, a montré que 50% des parents d’écoliers peuvent suivre sans difficulté le travail de leur enfant, 40% des collégiens, 30% des lycéens, et que 12 % des élèves ont décroché dans ce département !

3/ Prise de conscience de la fracture sociale et de la fracture numérique.

« Selon les définitions et les études, il y aurait entre 5 et 18 millions de Français éloignés, voire exclus, du numérique en France. Ce qui crée à l’intérieur des familles et entre elles des facteurs multiples d’inégalités vis-à-vis du numérique ayant des conséquences éducatives majeures dans la période de confinement. Si on prend l’estimation ministérielle, à 6,5 %, de la population scolaire aujourd’hui « perdue », cela fait tout de même 806 000 élèves sur le bord de la route. »

« Sur le terrain : tous âges confondus, les plus lésés sont les élèves fragiles. Pas seulement ceux qui n’ont pas internet ou d’ordi, comme on le résume un peu trop facilement , mais ceux qui ont besoin de l’enseignant à leur côté. Elle est là, la faille, la béance : dans cette absence de relation qui seule permet de maintenir, au quotidien, les plus fragiles sur le chemin. On a beau, de chez nous, différencier, donner de l’aide, des indices, renvoyer à des capsules vidéo, renseigner et guider par message, par mail, par téléphone, au final l’élève est seul devant son travail et les élèves pour une bonne partie ne savent pas tous être seuls face à la tâche. »

5/ l’enseignement à distance ne s’improvise pas !

L’enseignement en distanciel n’est pas la duplication du présentiel, qui plus est dans un contexte de confinement qui impose une charge psychologique conséquente chez nombre d’enfants, d’adolescents et de jeunes. Nous sommes dans une phase particulière où n’existe que le distanciel. Or nous savons que le distanciel est d’autant plus efficient qu’il s’articule au présentiel.

L’enseignement à distance requiert de l’apprenant : de l’autonomie et de l’engagement. Et cette autonomie ne se décrète pas, ne s’improvise pas. Elle s’apprend. Demander à un élève de collège, seul toute la journée de se connecter à la classe virtuelle sans interaction directe avec ses pairs et ses enseignants n’est possible que pour une minorité d’entre eux.

Il nous faut mesurer la charge psychique et le degré de motivation (engagement) que demande cet enseignement à distance dans le contexte particulier du confinement.

6/ Acceptation de l’incertitude.

Nous ne pouvons ignorer que le contexte de pandémie participe à augmenter le caractère angoissant de la période. Sans compter que la non visibilité sur les mois à venir, date de reprise des classes, date de la fin du confinement, la clarification sur les conditions de validation de l’année scolaire génèrent une incertitude grandissante.

Comment se mettre en projet sur les semaines et mois à venir ? Vaste problématique que nombre d’adultes ont du mal appréhender eux mêmes. Accepter de vivre dans l’incertitude n’est pas dans les habitudes de notre culture et du fonctionnement de notre système éducatif conditionnés aux logiques programmatiques, procédurales et de contrôles où tous les éléments du système  s’enchaînent logiquement et rationnellement. Et là nous voilà brutalement dans l’incapacité de contrôler, le temps, les activités, les examens même. La logique implacable et immuable de l’année scolaire et des enchaînements logiques, emplois du temps, examens, dossiers explosent. Et nous voilà projetés dans l’improvisation, dans l’expectative, mais aussi en pleine innovation et créativité.

7/ Apprendre le lâcher prise.

Nous voilà jetés pour une bonne partie de la population dans le non contrôle des événements. Nous dépendons de décision qui nous dépassent. Et du reste même les responsables politiques, les responsables de la santé publique, les dirigeants d’entreprises publiques comme privées, les chercheurs, les scientifiques, les prospectivistes et autres experts sont dans l’incapacité aujourd’hui d’avoir une vision claire des mois à venir.

Dans ce contexte de non visibilité et de non contrôle, nous avons dans les métiers de l’éducation et de la formation à témoigner par notre posture de l’acceptation de cette réalité et de l’engagement dans nos missions. Les personnels de santé, de l’entretien, de l’alimentaire, de la terre, du transport nous montrent combien cette posture est aujourd’hui déterminante et nécessaire. Ils nous montrent combien ils ont de la valeur aujourd’hui et que notre société tient parce qu’ils tiennent !

Le lâcher prise, n’est pas le laisser faire, le laisser aller ou le non agir. C’est l’agir dans l’acceptation de l’incertitude. C’est permettre à l’intelligence collective d’agir en mutualisant les intelligences intuitives et rationnelles de chacun.

Pour conclure…

Et si on parlait plutôt de suivi et d’accompagnement que de continuité ?

Ce dont les enfants, les adolescents, les jeunes ont besoin encore plus aujourd’hui, ce sont d’adultes capables de les écouter, de les accompagner, de les soutenir, de les rassurer.  Les enseignants et l’ensemble des personnels de l’éducation ont à y répondre dans le cadre qui leur est imparti, à savoir :  maintenir les liens, réduire les décrochages, entretenir les acquis, agir contre la sédentarité galopante en cette période de confinement…

Faut-il rappeler que les enseignants n’ont pas besoin qu’on leur dise comment ils doivent faire. Ce dont ils ont besoin, c’est d’accompagnement, d’écoute, de partage sur leurs pratiques et leur engagement, de mise en liens entre eux. C’est sur ce point que les instances de tutelle doivent mettre leur énergie et leur priorité qui plus est en cette période.

Raymond Barbry le 14 avril 2020.

Paroles de collégiens en période de confinement et d’accompagnement pédagogique

C’est une expérience particulièrement intéressante que Mesdames Christelle Ringeval et Annie Poirrier,  les deux Conseillères Principales d’Education du collège Henri Wallon à Méricourt dans les Hauts de France, ont réalisé dans le cadre de la continuité pédagogique.

Un nouveau principal au collège - Site de Méricourt

Continuité et accompagnement pédagogique

Ce qui est remarquable dans ce témoignage, c’est l’option de l’accompagnement qui est intégré à la continuité. Le choix des mots n’est pas neutre, en effet dans continuité il y a l’idée de continuer à avancer et dans l’accompagnement celle d’être à « côté de ». L’un n’exclut pas l’autre.

Cette démarche éducative vise plus particulièrement à amener les jeunes à se questionner, à percevoir les effets de cet événement particulier qui impacte nos vies à tous. Il est aussi question de susciter le questionnement, la réflexion et l’introspection sur l’expérientiel de chacun.

Voici ce qui a été demandé aux collégiens

par

Mesdames Ringeval et Poirrier

« Durant cette période, vos habitudes de vie ont changé… les mesures de confinement nous amènent à organiser et occuper nos journées autrement… mais cette « parenthèse » nous amène également à réfléchir sur nos modes de vie, sur la personne que nous sommes, sur la personne que nous souhaiterions être, sur le sens de notre vie ou sur le sens que nous voudrions donner à notre existence….

Peut être avez-vous déjà pris conscience de certaines choses? Peut être avez-vous découvert ou redécouvert certaines choses? Peut être vous êtes-vous rendu compte que certaines choses étaient plus essentielles et importantes que d’autres?

Nous vous proposons de nous faire partager vos « prises de conscience ». »

Voici l’essentiel de  ce qui est remonté en matière d’écrits par les collègiens.

J’ai repris tel que le document synthétique réalisé par les deux CPE.  Certains collégiens ont remonté sous forme de dessin, de BD qui n’apparaissent pas dans ce résumé de l’expérience.

« Mes amis me manquent, le terril pour aller rider me manque, je n’aime pas du tout le télétravail. »

 » La liberté, le partage et la solidarité sont très importants ».

« L’école me manque énormément, surtout me camarades de classe à qui je porte beaucoup d’affection. Mais surtout parce que l’on comprend mieux les cours en présence des professeurs. »

« J’ai appris beaucoup de choses avec mon père : le bricolage, la cuisine, la mécanique…Comme cela plus tard je pourrai être indépendante et tout faire moi-même. Je pense à mon avenir. J’apprends… »

« Je fais du sport tous les jours, mais je préfère aller en cours. C’est plus facile pour les leçons. »

« Je me rends compte que dans mon ancien quotidien (avant le confinement), je passais à côté de ceux que je ne peux plus voir et des activités que je ne peux plus faire aujourd’hui ».

« J’aime trop mes amies. L’école est un rituel ».

« L’avis des autres ne m’importe plus. Le principal, c’est que je me plaise ».

 » Malgré le stress et la peur d’attraper le covid-19, mes parents et moi continuons à rire et vivre ».

 » Ceux qui sont seuls durant le confinement doivent se sentir isolés et tristes. Heureusement, internet permet de communiquer, avec eux et cela les aide à aller mieux ».

 » L’école est importante. L’école à la maison c’est très difficile sans les sans les professeurs. »

 » Mes vrais potes sont ceux qui continuent à prendre de mes nouvelles. »

 » Je peux vraiment prendre le temps de faire mes devoirs en prenant soin des détails ».

« Il faut faire attention ».

« Le codid-19 st une maladie grave qui infecte tout le monde et qui est transmissible…et cela me fait peur ».

« Il est important d’être solidaire »

« C’est nul qu’il n’y ait plus d’école car on y apprend beaucoup de choses ».

« Sortir me manque ».

« L’école me manque énormément. J’ai toujours aimé l’école, mais là, la routine habituelle et mes activités sportives me manquent. C’est une partie de moi qui s’est envolée ».

 » J’ai changé ma façon de vivre ».

« Le virus est vraiment dangereux. Il faut rester à la maison. Certaines personnes ne respectent pas le confinement alors que d’autres personnes meurent ».

« Cela fait du bien de se lever plus tard de temps en temps ».

« La liberté me manque ».

« Avant le confinement je n’avais pas réagi que j’avais plein d’activités extra-scolaires. Aujourd’hui j’essaie de m’occuper comme je peux : je cuisine, je passe du temps avec ma famille, je dessine ».

« Respecter les règles sanitaires est très important pour nous, pour nos proches et pour les autres ».

« Je vis bien le confinement, mais je pense beaucoup aux autres, et je suis bouleversée à l’idée de perdre un proche ».

« J’arrive à être autonome ».

« Il est important de faire attention à soi et à ses proches et de ne pas sortir. »

« Je me soucie de la santé de mes grands parents. J’ai gagné en autonomie pour faire mes devoirs. J’ai développé le sens de l’entraide en participant aux tâches ménagères ».

« Je sais m’occuper quand même sans sortir, mais c’est important pour moi de voir d’autres personnes ».

 » C’est grave ce qu’il se passe actuellement. C’est très dangereux et contagieux. Il y a beaucoup de morts ».

 » Les professeurs sont hyper-utiles. je vais essayer d’être plus sympa à l’école et de mieux travailler ».

« On ne peut pas sortir et aller au collège  travailler avec les professeurs ».

« Je n’ai pas beaucoup de temps pour profiter de ma famille car je fais mes devoirs. cela me prend une bonne partie de la journée ».

 » L’école est importante. Je suis perdue sans les professeurs. Je préfère aller à l’école plutôt que de rester à la maison. Après les devoirs, je m’ennuie ».

« J’organise mes journées autrement : j’alterne temps de travaux scolaires, activités sportives avec ma sœur et mes parents dans le jardin, puis un moment en famille en fin de journée : un film ou un jeu de société. »

« Je peux devenir la personne que je souhaiterais être si je travaille dur et que je fournis les efforts pour parvenir au résultat voulu. Avant le confinement je me concentrai peut être un peu trop sur le collège et je n’avais pas trop de temps pour mes loisirs et ma famille. Mais j’ai finalement compris qu’avec une bonne organisation tout est possible. »

« Ma famille est très importante et cela me manque de les serrer dans mes bras (Amour et famille). J’ai envie de partager tous les devoirs sur snap avec tous les élèves de ma classe, même si avec certains nous n’étions pas amis. Ils me manquent tous (partage). »

A la lecture nous percevons bien à la fois les points de convergence et les différences dans la manière de vivre cette phase de confinement. Lors de la réouverture des établissements, il sera nécessaire et indispensable de prendre un temps pour permettre les expressions des uns et des autres.  ll y aura là aussi comme d’autres domaines de nos vies, un après cette crise qui imposera des changements.

Raymond Barbry le 10 avril 2020

STOP, la continuité (acharnement) pédagogique…des drames arrivent !

Combien de drames faudra-t-il comme celui de Douai, pour comprendre !

Ci jointe l’information…

INFO ACTU17. C’est le petit frère de la victime qui a fait la terrible découverte ce mardi peu après 15 heures. Un adolescent âgé de 13 ans s’était pendu dans sa chambre, au domicile familial. L’alerte a été donnée mais les secours n’ont rien pu faire pour sauver le jeune garçon qui a été déclaré mort sur place selon une source policière.

Le médecin légiste qui a examiné le corps du jeune défunt a délivré un certificat de décès sans obstacle médico-judiciaire. En d’autres termes, la piste du suicide par pendaison a été confirmée.

Une enquête a été ouverte afin de déterminer dans quelles circonstances cet adolescent, qui était scolarisé en 5ème, a mis fin à ses jours. Ses parents, sous le choc, ont expliqué aux policiers qu’il avait été submergé par la masse de travail scolaire à la maison, depuis le début des mesures de confinement.

Quand on vous dit STOP ! On se calme..une seule priorité la santé psychique des enfants, des ados et de nos jeunes…
Le contexte est lourd et pesant. Personnellement tous les jours je reçois des témoignages de parents, de jeunes, de profs qui n’en peuvent plus !

On arrête la CONTINUITÉ pédagogique et on fait du SUIVI, de l’ACCOMPAGNEMENT…

Et de grâce..Mais on s’en fout des programmes !!!

La santé des enfants, des adolescents et des jeunes est la priorité des priorités !