Attention-concentration et bien être à l’école et au collège, axe prioritaire pour un ensemble scolaire Nîmois

Je viens de passer deux jours avec toute une équipe pédagogique d’enseignants, d’éducateurs, d’assistants de vie scolaire de l’ensemble scolaire de Valsainte à Nimes. Deux jours où nous avons abordé à la fois la question de l’attention-concentration et du bien être des élèves comme des adultes.

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Ce sont prés de quarante personnes qui ont bénéficié à la fois d’un programme de formation leur permettant,  d’une part d’identifier ce qui dans leurs pratiques actuelles favorisent développement de l’attention-concentration et du bien être, et d’autre part d’enrichir ces pratiques par la mise en place quotidienne d’exercices de pleine attention.

D’abord des mises en situations concrètes, c’est ce qui caractérise l’efficience de ces deux journées. Toutes les situations ont été vécues puis analysées par les adultes (cf le programme en huit étapes élaboré par l’Ageps Raymond-Barbry). Les conditions d’un transfert en contexte de classe ont été finalisées par un travail d’équipe par niveau..

Une priorité le bien être à l’école, une intention incarnée par le chef d’établissement ! C’est ce qui se dégage de ces deux journées et qui est partagé par l’ensemble des participants. Au delà du développement des capacités attentionnelles des élèves, la priorité des priorités est de favoriser et de créer les conditions du bien être dans le temps scolaire, tant pour les adultes que pour les élèves. Une condition de réussite pour que cette intention se concrétise dans le quotidien de la vie de l’établissement, la posture du chef d’établissement.

La « pleine attention » intégrée dans la préparation des jeunes footballeuses et footballeurs

Je mène depuis cette année scolaire une formation de pleine attention pour des jeunes footballeuses et footballeurs d’une section sportive d’un collège de la banlieue lilloise (Hellemmes). Cette formation prend la forme d’un atelier qui consiste à  des temps de rencontre d’une heure par groupe d’une quinzaine de jeunes âgés de 12 à 14 ans.

Avec l’équipe pédagogique de l’établissement et le « staff » technique de la section sportive, nous avons arrêté six rencontres sur une période de deux mois et demi. Les principes de base de cette formation.

Des temps de pleine attention intégrés dans les séances d’entraînement et dans la journée. Le principe clef de cet atelier consiste à présenter une série de situations de pleine attention que les jeunes peuvent exploiter quotidiennement à l’internat sous la responsabilité de Soraya Bach-Difle (Conseillère principale d’éducation)  et de Nathalie Scol (Infirmière). Les « coachs » intègrent systématiquement lors de l’entraînement des temps courts visant le développement de la pleine attention. Quotidiennement nous pouvons estimer que les jeunes pratiquent la pleine attention plus de dix minutes réparties en plusieurs temps de la journée.

Investissement et formation du staff pédagogique et technique. Chaque temps d’atelier est suivi par le staff technique et pédagogique qui pour une bonne partie d’entre eux a déjà suivi une formation à la pratique de la pleine attention. Pour plus de détails sur cette expérience voir le lien avec l’article suivant :

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2016/04/30/la-pleine-attention-en-college-temoignage-dune-experimentation/).

L’atelier est filmé, ce qui en facilite la réappropriation par les responsables pédagogiques dans les temps entre deux ateliers.

Une priorité novatrice du projet d’établissement. Sous l’impulsion de Nathalie Scol, de Soraya Bach-difle – déjà citée plus haut –  et du Principal adjoint, c’est une partie de l’équipe pédagogique (enseignants, éducateurs) qui depuis l’an dernier se forme aux pratiques de pleine attention pour l’intégrer dans les temps de classe ou de vie scolaire (internat).

Raymond Barbry le 24 novembre 2016

Le bien être…ça s’apprend !

Le bien être cela s’apprend. Ce n’est pas un hasard si actuellement je suis de plus en plus sollicité pour des demandes de formation ou d’accompagnement (coaching) sur cette question..

Il y a eu la question de l’attention-concentration pendant cinq ans. La suite logique, le bien être. Les publications de Richard Davidson et de bien d’autres chercheurs vont la plupart dans ce sens.

L’attention-concentration étant un des piliers du Bien être avec, la résilience, la générosité, la manière de voir la vie…Pour aller plus loin voir cet article de Richard Davidson (un des spécialistes de cette question..).

http://www.rezozen.com/articles/fiche/195/Le-bien-etre-se-met-en-quatre-par-Richard-Davidson

Formations d’enseignants à l’attention-concentration et à la régulation du stress professionnel

Comme tous les ans depuis six années je poursuis les actions de formation dans deux domaines d’expertise de l’AGEPS-Raymond Barbry, l’attention-concentration et la régulation du stress professionnel.

Suite à quatre jours de formation qui ont regroupé prés d’une cinquantaine d’enseignants, répartis sur les deux sessions, du 1er degré de la région des Hauts de France, voici les observations que j’en retire.

  1. Sur la question de l’attention-concentration
  • Les enseignants sur le terrain font les mêmes constats que ce que les chercheurs identifient actuellement dans les différents domaines de recherche (neurosciences, psychologie, ergonomie, didactique….), à savoir une baisse conséquente des capacités attentionnelles, les leurs  (celles des adultes) et celles des enfants.
  • Développer l’attention-concentration devient une priorité éducative. Les enseignants présents représentaient une dizaine d’établissements. Plus des trois quarts mettent en priorité 1 dans leur projet d’école, le développement de l’attention-concentration.
  • Le besoin d’éduquer et de former à l’exploitation des outils numériques dés le plus jeune âge pour apprendre à en maîtriser l’exploitation et ne pas en être dépendant.
  • Le déficit grandissant des capacités motrices chez les enfants de 3 à 11 ans. Déficit qui se traduit par des problèmes de coordination motrice, de capacité énergétique, de tonicité générale, d’appréciation de trajectoire. Les enseignants font un lien entre la motricité et l’attention-concentration.
  • Le besoin d’instaurer des temps de silence, de calme ou de rien quotidiennement dans l’emploi du temps de la journée.

Ces constats et observations ont été pris en compte dans le dispositif de formation et nous avons proposé des pistes et des outils concrets pour remédier aux difficultés identifiées (cf plusieurs articles à ce sujet dans ce blog).

  2. Sur la question du stress professionnel des enseignants.

  • Il est en augmentation comparativement aux années antérieures. je fais le constat qu’au regard des tests que j’exploite dans le cadre de ces deux jours de formation, les scores augmentent d’année en année. Sur l’échelle de Légeron qui comporte 5 niveaux, le groupe d’une vingtaine d’enseignants obtenait une moyenne supérieure au niveau 4. La moité du groupe étant au niveau 5 ! Niveau qui caractérise un métier à très haut niveau de stress. Une seule personne au niveau 3.
  • Les enseignants au même titre que les autres professions liées à de l’humain (professions de la santé, du social, de l’éducatif, de la justice) ont des niveaux de stress de plus en plus conséquents. Ce qui ce concrétise par une augmentation de l’épuisement professionnel et son contingent de burn-out.
  • La non reconnaissance, la frustration et la pression sont les trois facteurs de sur-stress professionnel les plus élevés. Nous ne constatons pas d’évolution depuis plus de dix ans que nous faisons passer ces tests aux enseignants. L’appartenance au secteur public ou privé n’a pas d’importance en ce domaine.
  • Le non outillage des personnes à la régulation de leur niveau de stress, la difficulté grandissante à réguler les différents temps de vie et à prendre du temps pour soi. Cette problématique n’est toujours pas abordée en formation initiale. Elle semble considéré comme du registre du développement personnel, et être de la seule  responsabilité des personnes. Nous avons en France, à cheminer en ce domaine pour faire reconnaître que la question du stress professionnel et bien une question professionnelle et non personnelle.

Bilan de ces quatre jours par les participants qui résument par les mots et phrases suivants :  incontournable /  indispensable / devrait être proposé à tous les enseignants / devrait être aussi développé en formation d’équipe / des outils concrets et finalement simples à exploiter quotidiennement / prendre du temps pour soi est aussi une compétence professionnelle / A proposer dés la formation initiale…..

Raymond Barbry le 14 novembre 2016

 

 

 

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Une collaboration école-association de parents sur l’attention-concentration et le bien être à l’école.

 

C’est dans le cadre d’une formation-accompagnement de longue date (début de l’accompagnement 2011) de l’équipe pédagogique et du personnel éducatif de l’école maternelle et primaire Saint Charles de Saint martin-les-Boulogne (Pas-De-Calais-France), que j’ai réalisé le mardi 18 octobre une rencontre à la demande de l’association des parents d’élèves et du conseil d’établissement. Cette rencontre qui a pris la forme d’une conférence-atelier avait deux objectifs prioritaires :

  • expliciter l’axe prioritaire du projet d’école – attention-concentration et bien être,
  • donner des outils simples, pratiques et concrets aux parents pour développer l’attention-concentration dans leur quotidien familial.

Voici en résumé les grands points abordés lors de cette soirée où étaient présentes plus de 120 personnes et toute l’équipe pédagogique (une quinzaine d’enseignants).

 

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Développer l’attention concentration, des enfants, des jeunes….et des adultes, une priorité éducative !

L’attention est la capacité d’être dans la présence à l’instant tel qu’il se présente…la concentration est la focalisation intentionnelle sur un élément de ce présent. Être attentif et concentré c’est être capable de se maintenir intentionnellement dans le présent et se mettre à distance des pensées qui nous renvoient dans le passé ou nous projettent dans le futur.

Pourquoi apprendre et développer cette métacompétence (l’attention-concentration) à l’école..mais aussi dans le sport, la musique, le travail et la vie personnelle ? Nous observons une baisse conséquente des capacités attentionnelles chez l’être humain et plus particulièrement ces dernières années. Quelques données chiffrées qui interpellent quant à la réduction de nos capacités attentionnelles

 

  • Durée totale d’attention sur 60mn : Il y a trente ans elle était de 20mn, il y quinze ans :15mn, en 2015 : 3mn.
  • Durée de concentration soutenue sur une tâche donnée, début des années 2000 : 3mn, en 2012 : 1mn15 sec, en 2016 : 45 secondes.

 

Les causes essentielles de cette baisse exponentielle de nos capacités attentionnelles sont maintenant bien identifiées.

  • La sur-sollicitation informationnelle. Nous vivons dans un monde qui sans arrêt nous « bombarde » d’informations via les différents médias (télé, réseaux sociaux, smartphone etc….). Nous sommes dans un environnement hyperconnecté.
  • Un mental en ébullition constante..Nous avons de moins de moins de temps de « rien »..Nous sommes tout le temps en activité mentale, ce qui épuise nos capacités de vigilance et génère des états d’épuisement..Une des raisons de l’augmentation des « burn-out » chez les adultes est en partie lié à cet aspect. Nous observons à l’heure actuelle des enfants de 5 ans en état de « burn-out ». Une enquête récente de l’OCDE montre combien les élèves français sont parmi les plus en état de stress et d’épuisement psychique !
  • Un modèle de vie compétitif survalorisé et marqué par une obsession à l’évaluation. Nous avons mis en exergue la logique compétitive. Elle imprègne tous les niveaux de la société. Il y des injonctions à être dans le toujours « plus », d’efficacité, de rendement, de performance, de mesure et de contrôle etc…Nos enfant ont baigné dans ce modèle sociétal occidental qui épuise et rend moins efficient l’apprentissage. Or pour apprendre il faut en priorité, patience, acceptation des tâtonnements et des erreurs.
  • Un contexte social de plus en plus anxiogène. Les événements qui marquent notre pays et l’Europe depuis quelques années ne sont pas sans conséquence sur nos états psychiques. Nous vivons dans un monde de peur alimenté par les médias et par certains politiques. Nos enfants sont des éponges, nous ne les protégeons pas assez de cet environnement médiatique qui pollue les esprits. Il ne s’agit pas de minimiser les événements sociétaux actuels (enchaînement de crises en tout genre, emploi, conflits armés, attentats, immigration, montée des xénophobies, violence, épuisement des ressources de la planète, changement climatique…) mais il ne sert en rien de les surestimer et d’en surexposer les enfants.
  • Une perte du temps d’activité  physique ! Plusieurs études très récentes en France et dans d’autres pays occidentaux montrent combien l’activité physique est déterminante pour notre santé, mais aussi pour notre attention-concentration. Les enfants qui ont au moins 30mn d’activités  physiques par jour, obtiennent de meilleurs résultats au test d’attention-concentration ! Par activité physique il faut entendre tous les temps de motricité, et tous les jeux extérieurs qui mettent en mouvement le corps ! En outre, avant que l’enfant ne sache lire, les seuls jeux possibles sont sensori-moteurs et basés sur la stéréotypie motrice
  • Un temps chronophage passé devant des écrans en tout genre ! Télévision (4h00/jour en moyenne pour un enfant français !), utilisation non raisonnée des ordinateurs, tablettes et smartphone, temps passé sur les réseaux sociaux. Il peut être bon de se rappeler la loi des 3, 6, 9, 12. Pas d’écran avant 3 ans, ou tout au moins les éviter le plus possible. Parce que de nombreux travaux montrent que l’enfant de moins de trois ans ne gagne rien à la fréquentation des écrans. Pas de console de jeu portable avant 6 ans. Aussitôt que les jeux numériques sont introduits dans la vie de l’enfant, ils accaparent toute son attention, et cela se fait évidemment aux dépens de ses autres activités. Pas d’Internet avant 9 ans, et Internet accompagné jusqu’à l’entrée en collège. L’accompagnement des parents sur Internet n’est pas seulement destiné à éviter que l’enfant y soit confronté à des images difficilement supportables. Il doit lui permettre d’intégrer trois règles essentielles : tout ce que l’on y met peut tomber dans le domaine public, tout ce que l’on y met y restera éternellement, et tout ce que l’on y trouve est sujet à caution parce qu’il est impossible de savoir si c’est vrai ou si c’est faux. Internet seul à partir de 12 ans, avec prudence. Là encore, un accompagnement des parents est nécessaire. Il faut définir avec l’enfant des règles d’usage, convenir d’horaires prédéfinis de navigation, mettre en place un contrôle parental…
  • Mais aussi, la qualité de notre alimentation et du sommeil. Ce que nous mangeons n’est pas sans effet sur toutes les capacités de notre corps. Il est prouvé qu’une alimentation trop riche en sucre altère les capacités de vigilance. Une augmentation des perturbateurs endocriniens dans notre alimentation ne serait pas sans effet sur nos comportements et nos capacités de vigilance (augmentation de la suractivité et de l’hyperactivité notamment). Nous constatons une baisse conséquente du temps de sommeil chez les enfants. A la question posée à des spécialistes du cerveau (neurologue), quel est l’élément déterminant pour avoir un « cerveau » en forme ?  Leur réponse unanime : bien dormir en qualité et quantité (l’aspect quantitatif est dépendant de chaque personne).

Comment améliorer nos capacités attentionnelles ?

  • Des fondamentaux et du bons sens qu’il est toujours bon de rappeler ! Une qualité et quantité de sommeil suffisantes (cf point précédent)….une alternance des temps de repos, d’activités physiques, d’activités intellectuelles, et de temps d’ennui. Il importe de susciter et de provoquer des temps de rien, voire d’ennui. Ils sont nécessaires au développement de notre bien être et de notre imagination….Une régulation du temps passé devant les écrans….La reconnaissance des temps de fatigue.Il ne sert à rien d’exiger de l’engagement, de l’attention et de la performance quand le sujet est fatigué, qui plus est un enfant.
  • La connaissance des moments propices de vigilance accrue dans la journée, la semaine et l’année. Nous savons quels sont ces temps qu’il est judicieux d’exploiter…dans le cadre de la journée, le matin entre 9h00 et 11h00 et dans l’après-midi entre 15h00 et 17h00-18h00…dans le cadre de la semaine, le début et la fin de semaine sont marqués par une vigilance réduite le lundi et une fatigue conséquente le vendredi…les saisons rythment notre état de « forme » et de vigilance, lors des changements de saison et en automne et hiver nous sommes plus fatigables et moins vigilants, le déficit de lumière en serait la cause essentielle.

Mais aussi, proposer des temps courts de pratique de pleine attention aussi appelé pleine présence, voire pleine conscience. Ces pratiques se développent  exponentiellement dans nos sociétés occidentales. Elles touchent tous les domaines, la santé, le travail, le social, la justice, le sport, l’école. Au delà d’un effet de mode indéniable, elles n’en sont pas moins une des réponses aux dérives qu’a engendré notre mode de vie moderne (suractivité, surconsommation, surmédiatisation, perte du sens, déficit de l’intériorité et de la conscience de soi etc…). Dans le contexte de l’école elles ont pleinement leur place aujourd’hui pour apprendre aux enfants à réguler eux-mêmes leurs capacités attentionnelles, à muscler leur mental et à apprendre à observer et orienter leurs pensées. Cette capacité est à la base de l’apprentissage, sans attention-concentration suffisante, l’apprentissage est tout simplement impossible. De plus en plus de pays proposent des temps spécifiques d’apprentissage à la pleine attention. La France s’y met peu à peu. Pour ma part, cela fait cinq ans que je forme des enseignants à cette pratique. C’est ce que j’ai fait avec l’ensemble de l’équipe pédagogique de l’école Saint Charles et avec plus de 800 enseignants répartis sur tout le territoire français depuis cinq ans.

  • Quelles sont ces pratiques de pleine attention qui peuvent être exploitées en contexte éducatif ?  Elles sont connues de longue date, nous y trouvons : le yoga, la méthode Vittoz, la méditation de pleine conscience adaptée aux enfants, la sophrologie, la gestion mentale, les temps d’intériorité et de calme, les temps d’écoute en silence….
  • Comment les exploiter dans notre quotidien ? Il suffit de 3mn de pratique par jour pour commencer à développer notre attention-concentration. Il importe de comprendre que c’est par un entraînement quotidien et répétitif que cette dernière va se développer. C’est en faisant que l’on apprend !  Ce peut être, par exemple, lors d’un temps formel qui est posé avant le coucher à la maison ou au retour de récréation à l’école. Mais aussi à tout moment, où percevant la perte de vigilance, nous arrêtons notre activité pour faire du calme en soi en se centrant sur sa respiration par exemple.
  • L’intérêt pédagogique de ces pratiques est bien reconnu et validé. Nous observons, au delà de l’amélioration des capacités attentionnelles, un gain de calme dans les classes, une diminution du niveau de stress et d’angoisse, une qualité du vivre ensemble et de la coopération et un apprentissage plus efficient. Nous avons de plus en plus de recherches et d’expériences qui valident les effets des pratiques de pleine attention auprès des enfants, des adolescents et des jeunes.

Mise en situation proposée aux parents. Après avoir présenté l’outil que j’ai élaboré et amélioré depuis six ans avec l’aide et la participation des enseignants formés à cette approche ; j’ai proposé, en guise de découverte, plusieurs situations qui peuvent être exploitées à la maison comme dans la classe. C’est ainsi que les parents ont effectué des exercices :

    • d’attention à sa respiration,
    • d’attention aux sons,
    • d’attention au corps,
    • d’attention aux pensées.

L’outil que je propose s’appuie sur cinq approches complémentaires : la gestion mentale, la méditation adaptée aux enfants, la métacognition, la visualisation mentale, le  breathplay (respiration du yoga adapté à l’effort). Il est bâti en huit étapes qui s’inscrivent dans une complexité croissante. en voici la présentation :

  • Étape 1 : Attention à la respiration.
  • Étape 2 : Attention aux sons, aux silences et au goût.
  • Étape 3 : Attention aux sensations du corps.
  • Étape 4 : Attention à la respiration tout en marchant, tout en courant…
  • Étape 5 : Attention aux émotions.
  • Étape 6 : Attention aux pensées.
  • Étape 7 : Faire le calme en soi et se mettre en projet.
  • Étape 8 : Remplacer une pensée obsédante (par exemple, peur d’échouer) par une pensée positive.

Cette approche prend son sens à compter de l’âge de 6-7 ans. Pour les âges précédents (de 3 à 5/6 ans), l’éveil des sens, l’activité motrice, les activités artistiques, suffisent amplement à développer l’attention-concentration.

Raymond Barbry le 2/11/2016

 

 

Et si on pensait au bien être des enseignants..pour améliorer le bien être des élèves !

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Le bien-être au travail est une intention de plus en plus prise en compte dans les organisations publiques ou privées qui posent l’humain comme la ressource prioritaire. Toutes les enquêtes et recherches menées en ce domaine, montrent que la prise en compte de l’humain conduit à une amélioration de l’efficience à tous les niveaux de l’organisation. C’est ainsi que nous constatons :

  • Développement des compétences individuelles,
  • Développement de l’intelligence collective,
  • Amélioration des relations et de la coopération au sein des organisations,
  • Diminution des situations de crise,
  • Diminution des arrêts de maladie,
  • Réduction conséquente, voire suppression des états d’épuisement professionnel et des burn-out,
  • Augmentation de la performance de l’organisation,

Accompagnant depuis trois ans des établissements des Pyrénées Orientales, de l’Aude et des hauts de France nous avons engagé comme priorité de cette année la question du bien-être des adultes en charge de l’éducation et de l’enseignement dans les écoles primaires. Après avoir travaillé la question des rythmes scolaires, puis celui de l’attention-concentration par les pratiques de la pleine conscience,  le « bien être »des adultes s’est imposé. En effet, à quoi bon « mettre l’élève au centre »..si les adultes en charge de l’éduquer ne sont pas à même de répondre à cette mission….Or si nous souhaitons avoir des élèves qui s’investissent et se sentent bien dans leur école, encore faut-il que les enseignants, les chefs d’établissements et responsables institutionnels témoignent dans leur posture de cette intention.

Les grands points abordés lors de nos rencontres :

  • Les questions directrices : C’est quoi le bien être ? Pourquoi est-il si important de le développer ? Comment et à quelles conditions en contexte éducatif ?
  • Le bien être s’apprend, ce n’est pas inné.
  • Les trois axes du bien être : la relation à soi par l’intériorité, la relation aux autres et la relation à l’environnement.
  • Bien être et souffrance, un incontournable.
  • Une société psycho-dépressive, une société en crise de sens marqueur d’un « entre deux » civilisationnels.
  • Quelques indicateurs de santé globale, tels que l’épuisement professionnel, le burn-out, le harcèlement.
  • Effets sur la santé et le bien être d’une exploitation non régulée des outils numériques.
  • Le bien être comme le mal être sont contagieux et se transfèrent.
  • Le management humaniste, l’humain d’abord.
  • L’articulation vie personnelle et vie professionnelle.
  • Apprendre à réguler son niveau de stress et éviter le passage au sur-stress.
  • Une priorité professionnelle, la confiance en soi.
  • La fatigue et plus particulièrement la fatigue psychique un empêcheur au bien être.
  • L’être humain est fondamentalement altruiste.
  • Se protéger des médias.
  • Des propositions concrètes pour les adultes et les enfants : instituer des temps de calme ;  se ménager du temps pour soi ; développer la conscience de soi par des pratiques de pleine attention ou pleine présence ou pleine conscience ; apprécier les petits moments de joie par une présence dans l’instant ; être dans la présence pleine et entière à l’autre pleine.
  • Au plan professionnel : avoir conscience de ses compétences, accepter ses imperfections et ses limites ;  partager des moments simples ; pratiquer l’humour.
  • Être des « Tisserands » : Œuvrer à la réparation des liens dans notre proximité. Face à la morosité ambiante, les « Tisserands » répondent à l’urgence en récréant les trois liens nourriciers de la vie humaine, le lien à soi et à son moi profond (le soi de Jung), le lien de fraternité et de coopération avec les autres,  le lien d’émerveillement et de méditation à la nature et à l’environnement.

Raymond Barbry le 19 octobre 2016

Prévenir le harcèlement scolaire par l’éducation à l’empathie, la compassion et l’altruisme.

C’est à l’initiative des associations de parents d’élèves de Baudimont-Saint Charles et de Saint Joseph à Arras et devant plus d’une centaine de personnes que j’ai débattu de cette question du harcèlement scolaire.

Voici en résumé les points qui j’ai abordés avec les participants : des parents, des enseignants, des conseillers pédagogiques d’éducation, des chefs d’établissements.

Harcèlement scolaire et contexte sociétal.

  • Le harcèlement scolaire est un révélateur de notre contexte sociétal. Les comportements des enfants, des adolescents et des jeunes sont une caisse de résonance du contexte de notre  époque (valeurs, orientations, modes de vie, mode de relations etc…).
  • Le harcèlement scolaire était en augmentation exponentielle entre 2010 et 2014. Il se serait stabilisé depuis 2015. Il touche actuellement 10% de la population scolaire (fin primaire, collège principalement et début du lycée) dont 5% sont à considérer comme en situation très « grave » (violence avec mise en danger de la vie de la personne, tentative de suicide, dépression profonde, déscolarisation etc….). La prise de conscience de cette réalité depuis deux ans à tous les niveaux du système éducatif semble avoir endigué son extension (numéro vert, actions engagées auprès des élèves, information dans les médias…). Cependant les chiffres n’en restent pas moins élevés et nous ne pouvons nous satisfaire de cette stagnation. C’est la réduction de ce phénomène qui est à imposer.
  • Un contexte sociétal, psycho-dépressive voire cynique qui ne manque pas d’infléchir les comportements des enfants et des jeunes.  L’Organisation Mondiale pour la Santé prévoit que si rien ne change au niveau de notre modèle de société dans les années à venir, c’est la dépression sévère qui sera la première maladie dans nos pays occidentaux (prévision 20é5).
  • On devient « harceleur » par conditionnement éducatif. Personne ne naît « harceleur ». Les gênes de la perversité-narcissique n’existent pas ! Les propos et les comportements des adultes ne sont pas neutres en la matière. C’est ainsi que faire preuve d’égocentrisme (être dans une obsession du paraître, de l’avoir et du superficiel) va induire des comportements peu enclins à la tolérance et à la bienveillance.
  • Une éducation sans cadre produit des enfants »roi’ voire « tyran ». Il n’y a pas d’éducation sans confrontation à l’interdit et à la frustration. Un enfant qui ne les rencontre pas, peut basculer dans la toute puissance et être potentiellement un profil de « harceleur ».
  • Un « harcelé » peut se transformer en « harceleur ». C’est ce qui ressort de plusieurs entretiens que j’ai pu mener avec des jeunes qui ont subi du harcèlement à un moment de leur scolarité et qui pour ne pas reproduire cette situation, ont pris le parti de se transformer en « harceleur ». Notamment lorsque cet enfant ou pré-ado n’a pas été suivi ou accompagné alors qu’il subissait lui même du harcèlement.
  • La dérive de l’hyperconnectivité. C’est une évidence et toutes les enquêtes et recherches faites en ce domaine mettent en exergue ce phénomène. La sur-exploitation des réseaux sociaux a fait exploser le phénomène du « harcèlement ». Nous avons à apprendre à s’en protéger et à se déconnecter (le droit à la déconnexion).
  • La dérive violente des médias. Toutes les recherches montrent que plus je vois de violence et plus celle ci devient « normale ». Il y a comme une insensibilisation liée à une perte d’empathie et de compassion.
  • Parallèlement à l’augmentation du harcèlement scolaire nous observons actuellement hors de l’école : une augmentation des « burn-out » professionnels, des enfants de cinq ans en état de « burn-out », une diminution des capacités attentionnelles de l’être humain et une augmentation des dépendances aux outils numériques.

Qu’est ce que le harcèlement ? A partir de quand peut-on dire que la situation est caractéristique de « harcèlement » et non d’un conflit, comme il peut en exister dans tout groupe humain ?

  • Trois éléments : la violence (physique comme symbolique), la répétitivité de cette dernière, l’isolement de la personne.
  • Rejet des différences et la stigmatisation. Cela porte sur, l’apparence physique, le sexe, l’orientation sexuelle, le handicap physique, les troubles de la communication, l’appartenance à un groupe social ou culturel, des centres d’intérêt différents.
  • Le harcèlement physique : Il se traduit par des coups, des bousculades, des bagarres provoquées, du vol et du racket, l’obligation à des jeux dangereux, des violences à caractère sexuel.
  • Le harcèlement moral : Il est plus discret, plus difficile à identifier et est aussi destructeur psychiquement pour la personne que le harcèlement physique. Il se traduit par des insultes, des gestes déplacés, des remarques à caractère sexuel, des remarques dévalorisantes. Il peut être le fait du ou  de la meilleure ami(e) ! Ce dernier point est toujours déroutant.
  • Le cyber-harcèlement : Messages sur les réseaux sociaux (insultes, menaces, rumeurs, images, création de compte au nom de….). Il est en augmentation exponentielle. Il est un des accélérateurs des situations de harcèlement.

Les effets du harcèlement sur le harcelé et le harceleur.

  • Sur le harcelé les effets les plus observés : les troubles psychiques (anxiété, dépression…),  chute des performances scolaires, perte de l’attention-concentration, troubles alimentaires, trouble du sommeil, changement d’humeur, repli sur soi, augmentation des comportements impulsifs ou violents, désengagement associatif, tendances suicidaires jusqu’au passage à l’acte.
  • Sur le harceleur les effets les plus observés : perte de l’empathie, construction d’un rapport hypertrophié à la violence, répétition de conduite de harcèlement, dérive psychotique vers la perversité narcissique, sentiment d’impunité, marginalisation, échec scolaire, voire délinquance.

Ce qui peut augmenter les situations de harcèlement scolaire dans un établissement.

Au delà du contexte sociétal général et des caractéristiques de la population scolaire de l’établissement, nous pouvons observer que la dynamique spécifique de l’établissement n’est pas neutre quant à l’émergence de situations de harcèlement scolaire. c’est ainsi que les éléments suivants vont participer à en favoriser son développement :

  • Un climat scolaire qui se dégrade entre jeunes d’une part et entre jeunes et adultes d’autre part.
  • Un mal être généralisé, de l’épuisement chez les adultes avec une perte de confiance au sein des équipes.
  • État de crise latent, larvé au sein de l’équipe de direction ou entre l’équipe de direction et  les enseignants, éducateurs et le personnel.
  • Des projets éducatif et d’établissement non explicites.
  • Des écarts entre le dire et le faire dans les pratiques pédagogiques, plus précisément des intentions éducatives déclaratives à caractère hautement humaniste et des pratiques pédagogiques à l’exact opposé.
  • Le déni et le laisser faire de la part des adultes face aux situations de conflit puis de harcèlement rencontrées dans l’établissement.
  • Les postures et les discours laxistes des adultes face à l’intolérance, la xénophobie etc…
  • Les dérives compétitives exacerbant le rejet de ceux et celles qui ne répondent pas aux exigences.

Quelles réponses éducatives à apporter pour endiguer ce phénomène du harcèlement scolaire ?

Un postulat de départ validé par les travaux, observations, enquêtes et recherches contemporaines : Fondamentalement, l’être humain est bienveillant, compatissant et porté à l’entraide et à la collaboration. Spontanément le jeune enfant de 8-10 mois (encore bébé) est porté à la coopération quels que soient sa culture, son pays d’origine, le niveau socio-culturel des parents….

  • Une priorité éducative : l’éducation à l’empathie, à la compassion, à l’altruisme, au bien être et au vivre ensemble à l’école pour les enfants, les adolescents et les jeunes. Mais bien plus que cela, étendre cette priorité aux adultes qui travaillent dans les établissements scolaires auprès des élèves (enseignants, éducateurs, personnel..). Plus les adultes témoigneront d’une posture de bienveillance entre eux et avec les élèves et plus ces derniers intégreront cette bienveillance.
  • Les trois axes d’un projet d’école ou d’établissement pour l’éducation au bien être à l’école : la relation à soi, la relation aux autres et la relation à l’environnement. La relation à soi est première. Elle est à la base des deux autres. je ne peux entrer en relation à l’autre que si je suis déjà capable d’être en relation avec moi même.
  • Poser des cadres explicites dont les adultes sont les garants. Il s’agit des règlements, des codes de vie, des chartes ou tout autre outil qui vont définir le cadre du vivre ensemble.
  • Des connaissances scientifiques et des pratiques validées qui montrent que la bienveillance s’apprend, se renforcent et se partagent : la plasticité cérébrale (mon cerveau peut se transformer) qui permet d’apprendre à identifier ses pensées, ses émotions, ses peurs etc…Les pratiques de pleine conscience qui favorisent l’attention-concentration et l’intériorité …L’interdépendance entre tous les éléments d’un environnement (système)….Les effets d’une posture de bienveillance sur un groupe etc…Les effets positifs sur le développement d’une personne quant elle vit dans un cadre tolérant, bienveillant et équitable…..
  • Développer l’intelligence émotionnelle et l’intelligence intuitive au même titre que l’intelligence rationnelle. L’école est passé maître dans l’éducation de cette dernière (la rationnelle). Or nous savons aujourd’hui que les deux premières ont autant si ce n’est plus d’importance. C’est par l’intelligence intuitive que je vais décoder instantanément un comportement pervers.
  • L’instauration du débat philosophique dés la grande section maternelle (5 ans). C’est dés cet âge que se mettent en place les conditionnements éducatifs. Plutôt je vais apprendre à penser, à dire mon avis, mes ressentis et moins je serai sera un adulte manipulable.
  • La systématisation à l’école dés la grande section maternelle des pratiques de pleine conscience. ll en existe de multiples qui visent la même finalité, développer la conscience de soi. Pour citer les plus connus : le yoga, la méditation de pleine conscience, la méthode Vittoz, la relaxation,  la sophrologie. Elles font toute leur entrée dans l’école, alors qu’elles étaient encore indésirables pour la plupart il y a de cela cinq ans !
  • Les semaines à thème : ce peut être une valeur par semaine qui est mise en exergue (respect, solidarité, courage etc…), la semaine sans télé, la semaine sans écran, la semaine zen, la semaine jeux collaboratifs….
  • Des formations élèves médiateurs à partir du cycle 3. Ce sont les élèves les premiers confrontés au harcèlement. ils sont les premiers à en être témoin. Ils peuvent être les premiers à intervenir. J’ai personnellement constaté, dans plusieurs internats que j’ai accompagnés sur cette question, les effets positifs sur les relations entre les jeunes de telles actions de formations envers les élèves (régulation de conflit, à la communication non violente).
  • Le tutorat pédagogique – le suivi par les adultes d’un nombre d’élèves réduit. Un professeur principal suit une classe entière. dans le tutorat pédagogique nous ne dépassons pas un adulte pour dix élèves. cela favorise les relations entre jeunes et entre jeunes et adultes.
  • Le monitorat ou coaching entre élèves. Une des bases de l’apprentissage coopératif, apprendre avec, par et pour les autres. Quant il est pratiqué régulièrement il facilite le vivre ensemble et réduit de fait les situations de harcèlement.
  • Les rencontres, les débats avec des acteurs de la vie sociale, civile, politique qui portent par leurs actions les valeurs de bienveillance, d’entraide, de coopération.
  • Les projets « nature » dés la maternelle. Les enfants ont perdu pour la plupart le contact avec la nature. Or le contact avec la nature a un effet positif sur le développement cognitif et affectif de l’enfant.
  • Travailler la confiance en soi. Plus spécifiquement quant un enfant ou un adolescent ou un jeune a été harcelé, proposé un accompagnement par un professionnel (extérieur à l’école) qui va lui permettre de travailler la confiance en soi qui a été le plus souvent détruite suite au harcèlement. Il ou elle n’a pas été harcelé par hasard.  Il s’agit concrètement de lui apprendre à adopter une posture qui traduit la confiance en soi (travail sur le corps, la voix, le regard), mais aussi apprendre à se positionner, à savoir répondre, à aller à la rencontre d’un adulte pour expliquer la situation. à fuir le harceleur. C’est souvent dans les prémices d’une situation de harcèlement qu’il est possible de l’arrêter.

Les réponses pédagogiques pour endiguer le harcèlement scolaire existent. Elles sont multiples et variées. Nous en avons énuméré plus d’une dizaine, quatorze exactement. L’expérience d’accompagnement d’établissement sur cette question m’a montré qu’elles sont suivies d’effet à la condition que les adultes en charge d’éducation tendent à maintenir une posture qui est marquée par une intention d’authenticité et de cohérence.

Raymond Barbry le 17 octobre 2016