Déconfinement et réouverture des établissements scolaires, et si on faisait confiance aux enseignants, aux personnels et aux chefs d’établissement !

La date du déconfinement est posée au 11 mai en France. Il se fera nous dit-on de manière progressive. Les établissements scolaires vont ré-ouvrir peu à peu à partir de cette date. Ici et là dans les médias, via les informations qui filtrent du ministère, des rectorats ou de différents experts en santé publique, un cadre semble émergé.

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La question ici n’est pas de savoir s’il est pertinent ou non de ré-ouvrir les établissements scolaires ou d’attendre la rentrée de septembre. Les avis entre les différents pays qui ont confinés divergent à ce sujet. De même que je ne pose pas la question des contenus des quelques jours de classe en réel présentiel qu’auront effectivement les élèves entre mi-mai et fin juin (si peu en fait !).  Ni même, quelles sont les motivations premières à la ré-ouverture :  la reprise économique, la lutte contre le décrochage, le maintien du lien entre l’école comme lieu de construction du lien social et les familles, la poursuite des programmes… ? Peut être un peu de tout cela à la fois !

Qu’est ce que nous devrions attendre des dirigeants, du gouvernement, des experts en santé publique au sujet de cette ré-ouverture ?

Nous attendons qu’ils puissent poser des cadres qui ont été travaillés, discutés, critiqués en amont de leur publication avec les différents partenaires de l’école (représentations professionnelles, syndicales, associatives…). C’est de l’intelligence collective et de la démocratie en acte. Dans un contexte de crise, les solutions les plus pertinentes émergent de l’échange, du débat, de la confrontation des idées, c’est mettre en œuvre concrètement cette intelligence collective qui va faire penser « out of the box ».

Un dirigeant se doit d’être un expert en intelligence collective !

Une posture qui se définit ainsi :

  • Faire prévaloir le fond sur la forme.
  • Se fier au travail et à la probité intellectuelle plutôt qu’aux apparences et à la réputation.
  • Se risquer à la vraie réflexion plutôt que de s’abandonner aux fausses sécurités des procédures.

Le cadre se doit de libérer les initiatives et permettre la réalisation sur le terrain des possibles. Il n’y a que les acteurs du terrain, ici en l’occurrence celles et ceux qui travaillent dans les établissements scolaires qui pourront nous dire ce qu’il est judicieux et possible de faire au regard du contexte (locaux, espace, situation géographique, type d’établissement, personnes disponibles, nombre d’élèves etc….). La réalité d’un établissement n’est pas celle d’un autre. Il suffit d’en visiter plusieurs pour se rendre compte de la diversité.  Ce qui pourra être mis en œuvre dans l’un, sera tout bonnement impossible dans l’autre !

Qu’en est-il de la parole des enseignants, du personnel et des chefs d’établissement dans l’espace institutionnel, politique et médiatique?

Actuellement on pourrait dire pas grand chose ! Ils sont pourtant les mieux placés pour dire ce qu’il est préférable, judicieux, pertinent de faire.  Et ils sont capables, à condition de le permettre, d’inventer, d’imaginer et de donner du sens au comment faire !

Le mal français, la logique descendante des « sachants-décideurs » qui imposent aux « faisants-acteurs ».

C’est le problème majeur ! Et plus particulièrement, chez nous en France, cette incapacité des dirigeants et des cadres intermédiaires de prendre en compte l’avis de celles et ceux qui font !

Nous avons un problème dans la formation de nos dirigeants de tous les niveaux hiérarchiques. Ils sont conditionnés et formatés à être des « sachants » qui décident pour les « faisants ». Logique pyramidale et descendante. C’est très profond et inscrit dans notre culture et notre système d’éducation et de formation. Quand E.Macron a osé parler des premiers de cordée, il a explicitement fait référence à cette vision et conception du management, des décideurs, des « sachants »…et l’incapacité à écouter ce que les « faisants » (les acteurs du quotidien) font et disent de leur pratique, vécu.

Dans cette crise qui impacte tous les niveaux de notre société, nous voyons bien que les « authentiques » premiers de cordée ne sont pas les « sachants » mais les « faisants » du quotidien.  Il en est de même dans l’école. Les mieux placés pour dire ce qu’il est préférable de faire, ce sont celles et ceux qui au quotidien sont dans les établissements, dans les classes, au contact des enfants, des ados, des jeunes, des parents.

Les responsables institutionnels et politiques (du ministre, au conseiller du ministre, au recteur, à l’inspecteur d’académie, au secrétaire général de EC, au directeur diocésain, aux maires, aux conseillers départementaux et régionaux) devraient être là en cette période de crise pour aider, accompagner et donner les moyens de l’action à celles et ceux qui sont sur le terrain.

Et d’abord pouvoir dire et partager explicitement ce qui est prioritaire pour la santé et le maintien du lien social. Il en va de notre devenir.

Raymond Barbry, le 27 avril 2020

 

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