Comment faire avec la douleur ?

Deux événements de la journée d’hier m’ont amené à cette question. L’aide  apportée à une athlète qui venait de se tordre la cheville lors d’un cross et dans la soirée un passage aux urgences (en tant qu’accompagnant !).

Et s’il fallait faire le contraire de ce que nous avons l’habitude de faire. Et que faisons nous classiquement ? Lorsque nous souffrons, le réflexe automatique est de fuir la douleur et la combattre en même temps, résister et éviter seraient les garanties de la rémission….Or en essayant de nous détourner de  la douleur, nous faisons d’elle l’unique objet  de nos préoccupations et lui donnons beaucoup de pouvoir. En revanche, si nous allons vers la douleur, si nous l’acceptons, si nous la laissons être, nous la diluons dans un état de conscience plus large et contribuons ainsi à la dissiper !

En allant voir dans la littérature et en croisant avec l’expérience (la mienne, celle de mes proches, celle des professionnels de santé),  j’en arrive à penser, que s’ouvrir à la douleur, l’accepter, s’en rapprocher dans un champ de conscience élargi, tout cela permet de diminuer l’intensité du vécu douloureux. Le douleur n’est plus qu’une partie d’un état de conscience plus large, elle devient supportable, moins menaçante. Dans le cas de l’entorse de la cheville, cette dernière n’a pas disparu. Mais la sensation de douleur s’est très vite estompée.

Mais alors concrètement que s’est il passé ? Qu’est ce que j’ai fait ou dit ? Je vais prendre l’exemple de l’entorse. J’ai demandé à l’athlète (jeune athlète de 13 ans)  de mettre des mots sur ce qu’elle ressentait à la cheville, mais au delà, la jambe, le genou etc…Je lui ai proposé de respirer amplement et profondément en se centrant sur cette respiration..puis après une minute à une minute trente secondes, de revenir sur les sensations venant de la cheville blessée. Qu’est ce que j’ai observé pendant ce temps où j’accompagnais l’athlète : une détente très rapide de l’ensemble du corps (relâchement), une décrispation du visage (les mâchoires se déserraient), le regard quittait la cheville blessée.

Tentative d’explications : Le fait de se centrer sur le membre blessé, puis d’ouvrir à d’autres sensations de plus en plus large a produit un changement dans l’attention portée. L’athlète  a accepté de lâcher prise. Elle a dilué la douleur dans un espace plus large, comme si la douleur se répandait. La douleur était devenue  une partie d’un état de conscience étendue. Elle est alors perçue comme moins menaçante. Elle devient supportable. L’état de sur-tress dans lequel se trouvait cette athlète a disparu.

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