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Témoigner de l’espérance, une nécessité !

Je reprends mot pour mot ce que Stéphane Allix nous dit de l’espérance dans son dernier livre qui vient de paraître « Lorsque j’étais quelqu’un d’autre », et où il nous conte comment en partant d’une méditation lors d’une retraite en forêt il en arrive à enquêter pendant des mois en Allemagne et en Russie à la découverte de lui même. Tout comme, Laurent Gounelle, Boris Cyrulnik, Fabrice Midal, Amélie Nothomb et bien d’autres, ce témoignage de Stéphane Allix nous interroge, nous émeut, nous étonne, nous surprend, nous passionne et nous entraîne aussi à la découverte de notre soi.

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« L’espérance, c’est la confiance dans le fait que l’adversité ne nous atteindra pas dans nos valeurs et notre éthique, quoi qu’elle impose au quotidien. L’espérance, c’est la certitude que les difficultés de la vie peuvent nous rendre meilleurs, et que c’est en parvenant à être meilleur dans ces circonstances pénibles que nous améliorerons le monde. L’espérance, c’est la confiance. La confiance dans la vie, dans les forces invisibles qui agissent sur le destin de l’homme et de la terre. La certitude que notre avenir sera construit par nos actions du présent.

L’ombre, c’est la peur de perdre nos richesses, notre confort. C’est la facilité avec laquelle on s’accommode des souffrances de ceux qui sont loin, en fermant les yeux. L’ombre, ce sont les discours de haine et de repli, la croyance que si on s’enferme on se protège, et ça ira mieux. Qu’être réaliste, c’est ne penser qu’à soi, être égoïste en ayant bonne conscience.

Pourtant, l’espérance aussi est réaliste car elle se base sur le constat lucide des mutations de notre monde et du pouvoir de l’action de chaque individu. Elle ne se voile pas les yeux face aux difficultés qui nous attendent. Oui, il est réaliste d’être optimiste dans un monde confronté à tant de défis et de menaces. Car être habité par l’espérance, c’est accepter de se remettre en question ; c’est être volontaire, lucide et généreux.

L’ombre et l’enfer sont constamment autour de nous. En nous ; comme des graines qui attendent de germer. En chaque femme, en chaque homme, en chaque enfant, la peur, l’égoïsme, la bêtise ou la paresse peuvent à caque instant éclore et grandir. La force, la confiance, la détermination, la bienveillance et l’amour – surtout l’amour – sont nécessaires pour que l’homme ne glisse naturellement vers ses penchants les plus opaques. parce que renoncer est facile. Très facile même, c’est un mouvement naturel, reposant pour l’esprit. L’être humain penche spontanément vers l’ombre quand il décide que sa vie doit être commode et confortable, avant tout. Or, ce sont les efforts constants et quotidiens qui nous rapprochent de la lumière. »

in Stéphane Allix, « lorsque j’étais quelqu’un d’autre » p 93-94 – Mama Editons.

Raymond Barbry le 26 octobre 2017.

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La méditation acceptée, réclamée à l’école et dans les autres champs de la société française.

Une bascule et un changement de paradigme s’instaurent dans la société française en ce qui concerne les pratiques méditatives et leur vulgarisation dans différents champs de la société.

Illustration de la vidéo

Les interventions, rencontres, échanges et débats que j’ai eus ces deux derniers mois dans trois régions différentes confirment cette impression que j’ai depuis un ou deux ans. Je constate et observe dans les contacts directs l’engouement, la curiosité, le questionnement sur les pratiques méditatives et plus particulièrement la méditation dite de pleine conscience. Ce que j’avais pressenti, et bien d’autres avec moi, depuis maintenant près de dix ans arrive. Il y a une accélération du phénomène « méditation » et pour toutes les pratiques dites contemplatives et d’intériorité, comme si au delà d’un effet de mode un besoin impérieux s’imposait aux femmes et hommes de notre époque. Sont aussi concernés par cet engouement, la sophrologie, la méthode Vittoz, la marche contemplative, les temps de silence et autres approches visant au développement de la conscience de soi.

Le mot « méditation » lui même n’est plus du tout tabou et peut être employé maintenant depuis quelques mois sans retenue même dans des contextes institutionnels et officiels initialement plutôt en retrait  quant aux pratiques méditatives tels que les établissements scolaires, les inspections académiques, les directions diocésaines, les associations de parents d’élèves publiques comme privées, les syndicats, et même le ministère de l’EN – sur ce dernier aspect, voir le travail réalisé par le philosophe et Inspecteur Générale de l’EN, Abdenour Bidar (voir son livre, « Les Tisserands »). Certes il existe encore ici et là des réticences, voire de la suspicion et des peurs, mais elles ne sont plus majoritaires. Les personnes et les responsables institutionnels sont en demande d’explications, de présentations d’expérimentations et de découvertes par des mises en pratique.

En deux mois (mi août à mi octobre) , ce sont plus de 600 personnes de rencontrées sur cette question des pratiques méditatives et de pleine conscience à l’école : parents, enseignants, éducateurs, responsables institutionnels (Inspecteurs, Animateur Pédagogique, Directeurs Diocésain et Adjoints, Responsables de syndicat ou d’association, Chefs d’établissement ) soit en réunions d’information, en conférences ou en actions de formation. Mais aussi des rencontres dans d’autres sphères que l’Éducation Nationale avec des entraîneurs, des sportifs, des journalistes.

Les raisons de cette évolution, telle que je la perçois de là où je suis, de ce que j’entends, de ce qui m’est dit et écrit, de ce que j’observe, de ce que je lis.

  • D’abord une question de besoins.

Le besoin d’intériorité que perçoivent les enfants, les jeunes comme les adultes, indispensable à leur santé, à leur mieux être et au vivre ensemble !

Le besoin de trouver ou retrouver du calme et du non connecté.

Le besoin d’être soi, autrement dit, le besoin d’Être plutôt que de paraître.

Le besoin de relations humaines plutôt authentiques et vraies.

Le besoin de spiritualité au delà de l’aspect strictement religieux. Je fais un lien à ce sujet avec un des courants de recherche de pointe actuellement en neurosciences qui travaille sur la question de la conscience et de ses différents niveaux. Là aussi, un changement de paradigme se met en place (cf les travaux de l’épigénétique, de la physique quantique, de la biologie quantique…. – En France : Inserm, CNRS, INREES, le diplôme universitaire de Strasbourg dans le domaine de la santé.

  • Ensuite, une appropriation par les médias de cette question de la méditation.

Les émissions de télévision ou grands médias (télé, radio..) avec des interlocuteurs tels que Christophe André, Matthieu Ricard, Fabrice Midal, A.Lutz et bien d’autres. Cf sur Arte « les étonnantes vertus de la méditation ».

Les reportages tel que celui réalisé récemment par l’INREES et mis en ligne en accès libre sur youtube. Cf « En lotus à l’école », https://www.inrees.com/Video/meditation-lotus-ecole-education/

La publication exponentielle de livres, cd, articles de presse et autres outils mis à disposition sur le net. Il n’y a pas une semaine, sans un article, un ouvrage, un cd qui ne paraissent sur cette question.

  • Les justifications scientifiques et d’expériences.

Certainement l’argument « massue » comme je le constate à chaque fois que des remises en question sur le bien fondé de ces pratiques et des effets sont posés. Les éléments et preuves avancés en matière d’effets positifs sont aujourd’hui  indiscutables tant au plan scientifique que de l’expérience.  D’autant que les personnes qui réagissent tout d’abord en opposition aux pratiques méditatives le font au regard d’une conception qu’ils veulent scientifique et matérialiste ou par dogmatisme soit scientiste, soit religieux. Or dans les deux approches, la science comme le religieux, rien ne va à l’encontre des pratiques méditatives et contemplatives, bien au contraire !

La méditation, d’abord et avant tout une pratique systématique !  J’observe aujourd’hui des experts en connaissance sur la « méditation » des érudits qui ne pratiquent pas ou trop peu pour en parler d’expérience authentique. Nul besoin de lire une multitude de livres à ce sujet, tous ou presque disent la même chose avec des entrées particulières. Mais le message et les fondamentaux sont les mêmes à peu de choses prêt !

Raymond Barbry le 19 octobre 2017

Les tisserands éducatifs et Abdenour Bidar au Printemps de l’éducation

Ayant pu participer et témoigner lors de la table ronde du printemps de l’éducation à Roubaix le samedi 20 mai, je tenais à partager ce qui a été pour moi les idées « force » que j’ai dégagées à l’issue de cette soirée qui a été riche tant au niveau mise en perspective que témoignages concrets de mises en œuvre qui ne sont plus des utopies, mais des réalités développées et partagées. Ce qui suit est une interprétation de ce que j’ai perçu et de ce qui a fait échos en moi. D’autant qu’à cette période j’étais plongé dans la lecture de deux ouvrages qui ont influencé ma perception : N »ayons plus peur de Thupten Jinpa et Pratique de la méditation laïque de Jacques Vigne. Ce n’est en rien le résumé de cette table ronde dont vous pourrez bientôt trouver la totalité du contenu sous la forme d’une vidéo réalisée par le « Printemps de l’Éducation ». Elle sera mis en ligne prochainement.

L’image contient peut-être : intérieur

Un constat de départ, même sorties des totalitarismes fascistes et communistes du XXe siècle, nos sociétés modernes ne sont pas idéales pour autant. L’être humain reste conditionné, voire manipulé. Il ne s’agit pas d’une conspiration (cf les théories du complot), mais plutôt d’un système non régulé qui  emporté par son élan s’affole et a perdu le sens de l’humain. En effet comment s’y retrouver dans  ce fatras d’informations contradictoires et emmêlées ? Ce que nous observons dans l’extériorité n’est-il pas l’image de ce qui se passe dans notre intériorité ? Comme l’explique si bien le Dr Jacques Vigne (Pratique de la méditation laïque), l’embrouillamini des pensées et des émotions mène à l’effondrement intérieur.

Éduquer à l’intériorité, la priorité des priorités. Elle est à la base et au fondement de notre développement d’humain. L’homme moderne souffre de déficit d’intériorité ! Or cette éducation est fondamentale. Elle passe par l’apprentissage de la lecture de nos émotions en revenant à notre corps, à identifier les tensions où elles se situent et à analyser les réactions psychologiques en chaîne qui mènent par exemple à l’explosion émotionnelle. Il est indispensable d’apprendre et de comprendre que ce qui déclenche une émotion perturbatrice n’est en fait que le miroir extérieur qui nous renvoie à nous mêmes.

Pour une vraie laïcité. Mais qu’est-ce qu’une vraie laïcité ? Le problème de fond se trouve du côté du totalitarisme, qu’il soit laïc ou religieux. La vraie laïcité ne s’oppose pas à la religion, elle les met toutes sur un pied d’égalité, et permet d’inclure celles et ceux qui n’en ont pas. Elle s’appuie sur deux principes fondamentaux : notre humanité commune et notre interdépendance. Il s’agit de bien séparer les croyances religieuses indémontrables des valeurs de la vie intérieure qui sont importantes pour tout être humain. Nous pouvons vivre sans croyances religieuses, mais nous ne pouvons pas  vivre sans le sens de l’altruisme, par exemple.

Nous sommes tous reliés et interdépendants. Ce sentiment et cette conscience de l’interdépendance gagnent. La mondialisation et la globalisation n’ont pas que des effets négatifs, en effet nous sommes de plus en plus en contact avec des personnes de religion et de culture différents. Des personnalités tels que Gandhi, Luther King, Mandella servent de modèle d’inspiration. Ils sont des tisserands d’humanité. Les témoignages tant des participants à la table ronde que les prises de paroles des personnes dans la salle ont été des exemples concrets de ce qui existent déjà et se multiplient en ce domaine de la mise en lien, du partage, de la coopération.

Éveiller notre instinct à la compassion.  Notre culture a véhiculé un récit en vogue nous expliquant notre comportement au travers du prisme de la compétition et de l’intérêt personnel. C’est une histoire que nous nous sommes en quelque sorte racontée, à laquelle nous avons cru ! Le problème est qu’une telle histoire a eu tendance à se réaliser d’elle même. Quand on nous dit que nous ne sommes que des créatures égoïstes et agressives, nous finissons par le croire et nous supposons que tout être humain n’agit que pour lui même. Et même nous élaborons des systèmes d’éducation et de formation qui promeuvent ce principe de compétitivité excessive ! Si nous pensons et croyons qu’en ce monde existe la loi de la jungle, il est logique de percevoir les autres comme sources de rivalité et d’antagonisme. En conséquence nous entrons en relation avec les autres pilotées par la peur, la suspicion, l’appréhension au lieu d’entrer par l’affinité et le lien. Or nous avons maintenant que fondamentalement à la base, dans les premiers mois de sa vie, l’être humain est altruiste et compatissant (quels que soit sa culture, son pays, sa religion, son origine social etc..). Les découvertes de ces dernières décennies (étude des primates, psychologie du développement de l’enfant, les neurosciences, la nouvelle économie) montrent avec force que nous ne sommes pas justes des êtres égoïstes et compétitifs, mais aussi attentionnés et coopératifs.   Cette connaissance qui nous définit alors comme des créatures sociales dotées d’instinct de compassion et de bonté, interdépendants au bien-être, va changer notre façon de voir le monde et de nous comporter. Le temps de la compassion est venue et pour reprendre l’idée de Paul Ekman (spécialiste des émotions), la compassion mondiale est le défi le plus important de notre époque.

Être tisserand éducatif, c’est s’inscrire tant dans son engagement individuel que collectif comme membre d’une société mondiale qui vise à rendre le monde plus humain.

Raymond Barbry, le 8 juin 2017

Les effets de l’hyper-connexion au travail : burn-out, déficit d’attention…

Cyril Couffe est docteur en psychologie cognitive, spécialiste de l’attention. En novembre 2016, il a soutenu sa thèse: « l’impact des conditions de travail sur les capacités attentionnelles des salariés ». Chercheur associé à la Chaire « Talents de la transformation digitale » à Grenoble École de management, il est également membre du comité scientifique de My Mental Training Pro, qui propose un éventail de solutions innovantes afin d’éviter la surchauffe mentale et gagner en bien-être et créativité au travail.

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« Notre cognition n’a pas évolué depuis plusieurs milliers d’années et le travail dans sa forme actuelle ne répond plus au fonctionnement inné de notre cerveau. Notre cerveau traite une information à la fois, à la façon d’un goulet d’étranglement. Donc si je lui en présente trois à la fois, il va les traiter une par une, nécessitant un délai dans le traitement de chacune des informations. Or, en cette ère du digital, ce ne sont plus trois infos que l’on présente à notre cerveau, mais quinze potentielles, ce qui pose le problème de leurs traitements: est-ce que je les traite une par une? Quelle priorité je donne à celle que je traite en ce moment?

Les sources d’informations erratiques au travail ce sont les mails, le téléphone portable, Internet, les collègues… On a même depuis quelques temps les messageries instantanées professionnelles, des Skype d’entreprise. Ce sont tous ces médias qui peuvent nous apporter de l’information, pertinente ou non, et qui nous forcent à prendre des décisions au fur et à mesure de leur arrivée. Le digital et l’ouverture des espaces de travail ont multiplié les informations disponibles. On baigne dans l’information tout le temps et notre cerveau n’est plus capable de traiter et de décider de ce qu’il doit faire, ni de garder un fil conducteur dans ces tâches.

Le temps passé à résoudre les interruptions fait perdre 28% de productivité. Je suis sur une tâche, quelqu’un vient me solliciter pour faire autre chose, va me demander de switcher d’un état mental à un autre, et une fois cette tâche terminée il va bien falloir que je retourne à ce que je faisais avant. Mais quand je décide d’y retourner il faut que je réactive mon état mental et c’est cette phase de réactivation qui prend du temps. D’ailleurs, 41% des tâches interrompues ne sont même pas reprises tout de suite, et certaines ne le sont pas le jour même. On voit bien comment ces événements externes peuvent décider de votre emploi du temps à votre place.

« Ça devient impossible de gérer l’importance des informations »

Le monde du travail évolue et on travaille de plus en plus en mode projet: un salarié n’est plus responsable d’une seule tâche, mais est associé à un ou plusieurs projets sur lesquels il va devoir composer en terme d’urgence et de production. En entreprise, jusqu’à 5 projets peuvent se télescoper les uns les autres tout en étant complètement concurrents en terme d’importance et d’urgence. Pour certains postes clés – chef de projet ou de manager de proximité par exemple – ça devient impossible de gérer l’importance des informations.

Mes études montrent que les managers  ont de plus en plus de mal à gérer la pression des informations au travail. Le manager est perçu comme le chef, celui qui surveille et met la pression, mais dans mon échantillon de 200 personnes, c’était souvent ceux qui avaient le plus de mal, parce que ce sont eux qui sont sollicités avec des informations ou des demandes souvent urgentes avec un potentiel stratégique.

La conséquence, c’est qu’ils perdent leur capacité de concentration naturelle et vont perdre leur potentiel maximum. Ils vont devenir de moins en moins capables de gérer les mêmes situations.

Plus longtemps ils restent sur poste, dans un espace toxique en terme d’informations, plus leurs capacités se nécrosent et diminuent. D’où la nécessité de faire des séminaires en extérieur, de prendre des vacances, de faire de vrais coupures – ce que l’on appelle le droit à la déconnexion. L’infobésité a créé des troubles marqués chez certaines personnes.

Pour la totalité de l’article :

http://rmc.bfmtv.com/emission/comment-l-hyperconnexion-au-travail-nous-rend-finalement-beaucoup-moins-productif-1169379.html

Raymond Barbry le 6/06/2017

Journée de formation SNIES – UNSA avec les infirmières scolaires de l’académie de Lille.

C’est à l’initiative de Nathalie Scol, secrétaire académique du Snies-Unsa, que j’ai échangé avec plus d’une trentaine d’infirmiers et infirmières scolaires de l’académie de Lille sur deux questions :

  • Les pratiques de pleine attention en contexte éducatif et la place de l’infirmière scolaire dans leur présentation et développement.
  • le stress et le sur-stress professionnel au sein des établissements scolaires.

L’image contient peut-être : une personne ou plus

La matinée a été consacrée à la question de la place des pratiques de pleine attention dans le contexte éducatif et plus particulièrement sur la place de l’infirmière scolaire comme pilote d’un projet qui implique tous les niveaux de l’établissement, chef d’établissement et adjoint, conseiller principal d’éducation, enseignants et éducateurs. C’est à deux voix que nous avons présenté l’expérience innovante menée depuis deux ans au collège Saint Exupéry d’Hellemmes. Vous trouvez un compte rendu sur le lien suivant :

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2016/04/30/la-pleine-attention-en-college-temoignage-dune-experimentation/

Nous avons particulièrement insisté sur la question du développement de l’action dans l’année deux du projet. En effet au delà de l’action de formation en direct auprès des adultes, nous avons pensé le dispositif comme une action de formation de formateur, à savoir que l’infirmière scolaire a participé à l’action de formation avec l’objectif de pouvoir accompagner en interne les adultes formés et poursuivre l’année suivante (N+1) la formation de nouveaux enseignants et éducateurs. Cette forme d’intervention démultiplie les effets. L’intervenant expert (ici en l’occurrence moi même) introduisant le dispositif lors de la première rencontre de l’année 2.

En fin de matinée j’ai proposé aux participants, toute une suite de situations de pleine attention qui peuvent être pratiquées sur des temps très courts dans le temps de classe.

L’après midi, nous avons abordé l’épineuse question du sur-stress qui non régulé mène à  l’épuisement professionnel qui mène à l’état de burn-out. Je ne développe pas ici la question des causes , maintenant bien identifiées. Vous trouverez l’essentiel sur le lien suivant :

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2014/03/22/le-burn-out-dans-les-metiers-de-leducation-comment-le-prevenir-et-sen-proteger/

C’est en partant des résultats d’un test qui estime le niveau de stress professionnel ainsi que le ou les facteurs de stress les plus dominants que nous avons échangé sur comment l’infirmière scolaire pouvait faire partager, induire la logique de prévention sur cette question du sur-stress professionnel. Ce qui revient à la question de comment amener une réflexion puis des orientations qui participent à créer les conditions d’un mieux être et un mieux vivre ensemble dans les établissements scolaires.

J’exploite le test de Légeron (le stress au travail) qui identifie cinq niveaux de stress professionnel et six facteurs qui participent à développer ce stress professionnel, pour mémoire ces facteurs sont : la pression, le changement, la violence, la frustration, le relationnel, l’environnement. Comme pour la plupart des personnels de l’éducation, les infirmiers et infirmières scolaires ont comme facteur prédominant la pression. Quant au niveau de stress professionnel, le groupe se répartit sur le cinq niveaux avec une majorité au niveau 3. Ce qui correspond selon Patrick Légeron à un contexte professionnel stressant.

Raymond Barbry le 12 mai 2017

 

 

Pratiques de méditation, relaxation et visualisation mentale chez les sportifs.

Ci joint un lien avec un article que j’ai écrit sur le blog à destination du milieu sportif et qui fait le résumé d’une intervention réalisée auprès d’athlètes de niveaux international et national du RCArras en vue de la préparation de leur saison.

http://sportenpleineconscience.over-blog.com/2017/04/meditation-relaxation-visualisation-integrees-a-un-stage-d-athletes-en-phase-de-preparation.html

Raymond Barbry ke 24/04/2017.

 

Effets d’une formation à l’écoute active pour les référents « décrochage scolaire ».

Lors d’un article précédent nous avions présenté cette formation à destination d’enseignants, de conseillers principaux d’éducation du bassin Arras- Saint Pol : https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2017/01/21/formation-a-lecoute-active-des-referents-decrochage-scolaire-du-secteur-arras-saint-pol/

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Ce dispositif de formation mené par Raymond Barbry-AGEPS sous la responsabilité du réseau Perseval Persévérance scolaire de l’Académie de Lille avec l’aide de fonds européens  s’est étalé sur près de trois mois. Nous avons fait le bilan en fin de formation afin d’identifier ce qu’une telle formation à caractère innovant dans le cadre de l’Éducation Nationale avait eu comme effets chez les participants et dans l’engagement contre le décrochage scolaire. Voici un résumé de ce bilan…

Ce qui a été appris, découvert.

  • La prise de recul professionnelle dans le suivi et l’accompagnement des jeunes « décrocheurs ».
  • Les principes  de base de l’écoute active et les mises en pratique de ces principes lors de situation de simulation. Nous avons fait de l’écoute active à chacune de nos rencontres et lors de nos échanges en grand groupe.
  • Un lien constant entre théorie et pratique et les échanges autour de situations amenées par l’intervenant et par les participants.
  • Comment mettre en confiance l’autre par une posture adaptée (non jugeante).
  • La notion de bienveillance indispensable à la construction du lien avec les jeunes en rupture.
  • La patience et l’acceptation ! nécessaire et indispensable dans le suivi et l’accompagnement des jeunes en rupture avec le système éducatif.
  • Nous avons appris la présence et la vigilance sans tension.
  • La disponibilité à l’autre lors du temps d’entretien. Nous avons appris à  couper le « mental ». A ne plus penser à la place de l’autre.
  • L’acceptation des émotions les nôtres, celles de l’autre..sans jugement. Une émotion ça circule !
  •  Prendre du temps et reconnaître les différentes temporalités, la nôtre, celle du jeune et celle de l’Institution qui ne sont pas sur les mêmes rythmes et contraintes.
  • Un entretien d’écoute active se cadre, ce n’est pas le laisser faire..c’est laisser être et laisser venir, les mots, les gestes, la parole.
  • L’acceptation de l’échec et des limites de notre action. Il n’est pas possible de prendre des décisions à la place de l’autre. Nous pouvons accompagner, nous pouvons guider, mais nous ne pouvons pas décider pour l’autre.
  • La régulation de notre niveau de stress et plus particulièrement comment apprendre à faire le calme en soi pour être présent à l’autre.
  • Pour certains (plus particulièrement les CPE) nous avons mis des mots et conscientisé des pratiques que nous avions déjà.

Ce qui a été mis en œuvre dans les pratiques professionnelles.

  • La prise de recul nécessaire que nous n’avions pas avant cette formation.
  • Être plus à l’écoute et disponible lors du temps d’entretien.
  • Laisser l’autre s’exprimer.
  • Laisser faire le temps.
  • Cette formation a permis d’aborder différemment les situations de conflit par une meilleure régulation et une approche plus positive des situations.
  • Mise en place d’un lieu spécifique calme (sans téléphone, sans ordinateur) pour les entretiens de ce type.
  • Le soin à apporter au cadre, à l’environnement et la disposition spatiale.
  • L’acquisition d’une posture qui dépasse le cadre des entretiens d’écoute active et qui facilite les relations humaines dans nos établissements.
  • Proposer et non imposer un entretien.
  • Laisser le temps de la réflexion chez l’autre en ne répondant pas spontanément à une attente.
  • La reformulation est devenue naturelle et non l’interprétation.
  • L’exploitation dans différents types d’entretien de temps de silence, de temps de rien.
  • Ménager un temps de calme personnel avant de mener un entretien afin d’être présent à ce temps de l’entretien et à l’autre.

Mais aussi…

  • L’intérêt d’une formation à caractère interdisciplinaire regroupant des CPE, des enseignants de matières différentes et intervenant dans des établissements différents  (collège, lycées G et T, Lycée Professionnel).
  • Avoir une formation qui sort des cadres habituels de l’EN.
  • Une formation qui au delà des contenus et des apports a été un temps de « respiration », dans un quotidien professionnel très sollicitant.
  • Une formation centrée sur le professionnel mais qui est aussi très riche au plan personnel.
  • La contrainte paradoxale du système qui attend des résultats sur lesquels nous n’avons aucune prise !
  • Humanité, bienveillance, échange..les trois mots clefs qui résument ce que nous avons vécu.
  • Des effets positifs constatés dans les rencontres avec les élèves, tant les décrocheurs que les autres.
  • La dynamique collective durant les journées de formation. Des temps d’échanges et de partages avec les participants dans l’écoute..Nous avons appliqué dans le temps de formation les principes de l’écoute active naturellement, comme un allant de soi.
  • Les pistes, les pratiques échangées lors des temps d’écoute collective cadrés.
  • Plus nous serons dans les établissements à être dans cette posture de l’écoute et mieux seront les relations entre les personnes dans les établissements.

Au plan quantitatif nous avons estimé qu’en moyenne sur les trois mois les participants avaient mené une petite dizaine d’entretiens formels du type écoute active auprès d’élèves « décrocheurs ». Mais au delà de cet aspect pour un public spécifique, c’est l’intégration d’une posture qui favorise les échanges, la communication avec toutes les personnes d’un établissement scolaire, certainement un des effets les plus conséquents de cette formation.

Des questions à aborder et des suites à donner. Il ressort des échanges avec les participants et de l’analyse de leur engagement, la nécessité de développer pour ce public d’enseignants et de conseillers principaux d’éducation missionnés sur la lutte contre le décrochage, des temps d’échange des pratiques sur la base de l’écoute-active où la parole est libérée des contraintes institutionnelles. C’est un des principes de tous les dispositifs d’accompagnement :  Qui accompagne doit être aussi accompagné. D’autant plus lorsque les dispositifs sont institutionnalisés et formalisés. Il en va de la compétence et de l’efficience, de la pérennité de l’engagement et de la santé des personnes en charge de l’accompagnement. Mais aussi un développement des compétences sur d’autres types d’entretien exploités pour accompagner le jeune dans l’élaboration d’un projet scolaire et d’orientation intégrant son projet de vie, l’un ne va pas sans l’autre. C’est bien l’articulation de cette dynamique qui va recréer une dynamique d’évolution chez le jeune. C’est bien la question de l’éducation au sens qui est ici posée.

Quelle efficacité du dispositif sur le décrochage ? Il n’est pas possible d’isoler cette seule variable écoute active. La lutte contre le décrochage scolaire est au cœur de la complexité éducative et interroge tout le système d’éducation et de formation. C’est par une action conjuguée de plusieurs dispositifs que le décrochage diminuera. Les entretiens de type écoute-active vont y participer à leur juste mesure. Ils participent à re-créer du lien entre un adulte et un jeune, à re-construire une confiance en soi longtemps absente, voire inexistante. Et déjà en soi, cela est d’une importance capitale dans le parcours du jeune.

Raymond Barbry – le 11 avril 2017.