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Le 21 avril, intérêt et effets des pratiques de pleine attention – méditation – à l’école (dans le cadre des 2èmes rencontres du Printemps de l’éducation)

Le samedi 21 avril sera l’occasion pour moi de témoigner de mon expérience de quarante années en matière de pratique de pleine attention -méditation- à l’école en France.

L’image contient peut-être : texteQuarante années qui se résument ainsi :

1. D’abord une bonne quinzaine d’années où en tant qu’enseignant d’EPS en collège j’ai proposé très régulièrement aux élèves des classes dont j’avais la responsabilité en EPS des temps de pleine attention que je n’osais appeler à l’époque « méditation » et qui se résumaient systématiquement dans le cadre des cours par des temps de calme guidés, des temps de visualisation mentale, des temps de relaxation, des temps de prise de conscience de la respiration et du corps.

2. Ensuite pendant une autre quinzaine d’années en tant que formateur et responsable de formation dans des centres de formation de l’enseignement privé sous contrat où dans le cadre des différentes responsabilités que j’ai eues (formation en EPS initiale et continue 1er et 2nd degré, puis  les aspects transversaux de la formation continue et plus particulièrement les dimensions liées aux dynamiques relationnelles), j’ai pu amener des réflexions et des pratiques visant au développement de l’intériorité, à la question de la prise en compte du stress professionnel et aux pratiques de pleine attention, comme piste pédagogique à envisager.

3. Enfin depuis huit ans, une activité de formateur-consultant indépendant collaborant avec des acteurs novateurs en ce domaine de l’enseignement public et de l’enseignement privé sous contrat pour développer et proposer dans le cadre de l’éducation nationale les pratiques de pleine attention (méditation) et former des enseignants à développer ces pratiques dans le cadre de l’école.

Quarante années où j’ai pu observer à la fois, les avancées, les peurs et in fine la reconnaissance de ces pratiques longtemps non acceptées, voir interdites, puis tolérées dans la cadre de l’école en France, et ce malgré les arguments et preuves apportées quant à leur bien fondé pédagogique.

C’est aussi l’occasion pour moi de mettre en valeur celles et ceux qui ont été des « guides » pour moi en ce domaine. Ils étaient et sont des précurseurs dans leurs différents domaines (pédagogie, sciences, santé, sciences de l’esprit, sport). Certains et certaines ont cheminé avec moi pendant plusieurs années, pour d’autres la rencontre a été courte mais combien déterminante et leurs écrits et travaux restent des supports incontournables. Certains sont illustres, connus, d’autres ne le sont pas médiatiquement parlant, mais ils n’en sont pas moins de grande valeur et des maîtres au sens de celles et ceux qui nous montrent des chemins et nous incitent à oser : Patrick Chauvel, Michel Vom Hoffe, Michel Boularand, Jacques André, Christophe André, Basarad Nicolescu, Sylvette Ego, Fabrice Midal, Francesco Varella, Tich Nhat Hanh, André Blandin, Daniel Favre, Christiane Durand, Monique Lafond, Raymond Murcia, Albert Jacquard, Jean Boulangé, Jacques Florence, Philippe Bolet, Paul Koechli, Antoine De La Garanderie, Luc De Backer, Antonella Verdiani, Michel Desmedt, Abdennour Bidar, Philippe Gallois….

Raymond Barbry le 02 avril 2018

 

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Développer le « bien être » dans les établissements scolaires, c’est possible ! (regard sur sept années d’intervention)

Présentation, analyse des actions menées depuis sept ans autour d’une thématique globale du bien être à l’école

« Agir et apporter des réponses préventives au mal être qui se développe »

 » Soigner notre mal-être permet de nous montrer meilleurs pour autrui »

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L’objet de cet article consiste à expliciter en quoi cette question du bien être à l’école des adultes comme des élèves devient prioritaire et pourquoi la prévention s’impose.  Je m’appuie sur les actions que je mène depuis sept ans :

  • Actions d’information, de formation que je mène auprès d’établissements scolaires (public et privé sous contrat) du 1er degré, de collèges et lycées et principalement pour les régions : Hauts de France, Midi (Montpellier, Narbonne, Perpignan) Alsace, Lyonnais, Centre…

  • Actions en formation initiale et continue de chef d’établissements (privé sous contrat) pour les régions suivantes : Lyon et Montpellier.

  • Actions auprès de deux syndicats, CFTC pour le privé sous contrat et Unsa infirmières pour le public.

  • Action d’information lors d’un colloque réalisé à la Sup de Co de Paris (2013) / la confiance et la liberté au travail.

  • Colloque annuel du printemps de l’éducation (2014, 2015, 2016, 2017) du secteur Lillois.

  • Actions d’accompagnement individuel et d’équipe (coaching) de responsables institutionnels, Chef d’établissement (privé et public), Directeur diocésain, Animateur institutionnelle, Conseiller pédagogique,  Inspecteur de l’Éducation Nationale.

  • État des recherches sur ce sujet du « bien être au travail » et des effets des approches dites humanistes (les personnes sont la ressource première d’une organisation).

Introduction :

Je ne vais pas vous faire une liste exhaustive des arguments qui montrent en quoi cette question du bien être au travail est devenue une priorité dans toutes les organisations. La littérature et les recherches en ce domaine sont suffisamment alimentées. Il suffit simplement de prendre en compte la dernière enquête de la CNAM (janv 2018) qui montre combien la santé psychique au travail se détériore et qu’il devient prioritaire de prendre en compte cet aspect. Mais aussi, une recherche menée pendant quatre ans vient de mettre en exergue cet état de fait dans le contexte général du travail en France avec notamment 50% des salariés tout poste confondu identifiés en état d’anxiété latent et constant au travail, 25% en état de sur-stress, l’étape suivante étant l’épuisement professionnel pour plus de 10% de la population salariée.

Le milieu éducatif est un des plus touchés, puisque des enquêtes spécifiques (MGEN, Rectorat, Inserm) montrent que 35% du personnel de l’éducation est en état de sur-stress et que de 13 à 16% sont en état d’épuisement professionnel.

Aussi, c’est avant tout sur mon expérience de plus de quinze ans autour de cette question que je vais m’appuyer et surtout mettre en exergue ce que certaines organisations (privé comme public) dans le cadre de l’éducation ont mise en œuvre pour rendre le contexte de travail plus positif, plus efficient et in fine répondre à leur mission, favoriser les conditions d’apprentissage les plus pertinentes.

Point 1 : Le niveau de stress professionnel

Des niveaux de stress très élevés dans tous les métiers de l’éducation, Chef d’établissement, enseignants, Conseiller Principal d’Éducation, personnel de santé, administratif et de maintenance…

Depuis plus de quinze ans j’exploite le test de Légeron, que j’ai adapté au contexte éducatif. Ce test donne une mesure assez précise du niveau de stress professionnel global et des facteurs les plus déterminants (six facteurs : pression, changement, frustration, relation, violence, environnement). A partir du niveau 3 sur une échelle de 5, nous considérons que nous sommes dans des métiers à haut niveau de stress.

Sur ces sept dernières années et plusieurs milliers de passation de tests, je peux remonter les points suivants :

  • Moins de 2% des personnes à un niveau 1 ou 2.

  • Une répartition globale : 50% à 3 – 25% à 4 – entre 20 et 25% à 5.

  • Les chefs d’établissements du 1er degré obtiennent les plus hauts niveaux de stress ainsi que les conseillers principaux d’éducation (4 et >)

  • Les enseignants ont une augmentation constante d’année en année. Le contexte de l’établissement a un impact conséquent (mode de management, type de population, dynamique d’équipe….).

  • Les chefs d’établissement du second degré (privé comme public) ont comparativement aux autres statuts une moyenne plus basse, et donc un stress professionnel globalement moins élevé.

  • Les facteurs les plus déterminants sur le niveau de stress professionnel sont globalement : la pression, la frustration…Les autres facteurs ne peuvent être généralisés, ils dépendent du contexte de l’établissement.

Point 2 : Les remontées des entretiens individuels hors discours officiels (la voix off).

Les accompagnements individuels (coaching) sont un espace où les personnes se livrent sans la retenue officielle et institutionnelle de mise et où l’authenticité et la réalité du vécu des personnes émergent, sans bien entendu faire de ces remontées une généralité et surtout une vérité absolue. Cependant ils sont révélateurs d’une face cachée bien réelle et vécue comme telle par les personnes.

Il en ressort cependant les grandes tendances suivantes, quel que soit le niveau hiérarchique, enseignant, conseiller principal d’éducation, chef d’établissement, adjoint, directeur diocésain, inspecteur éducation nationale :

  • Un écart entre le terrain et des décisions prises à un niveau hiérarchique sans prise en compte de la réalité du terrain (la classe, l’établissement, l’académie…).
  • Des injonctions impossibles à tenir.

  • Une surcharge administrative à tous les niveaux du système qui est dépourvu de sens (logique de contrôle !), qui éloigne du cœur des différents métiers, qui est mangeuse de temps (temps perdu pour le prioritaire).
  • Une non-prise en compte des réalités professionnelles et des contraintes.

  • Une non-reconnaissance des compétences des acteurs de terrain qui réalisent des prodiges quotidiennement.

  • Une méconnaissance au niveau de la formation de certaines réalités de terrain.

  • Un manque en formation tant initiale que continue concernant le travail sur soi.

  • Une dérive techniciste de la formation (didactisme).

Je terminerai par ces remarques phrase qui m’ont été répétées presque à l’identique et par plusieurs responsables institutionnelles chef d’établissement et adjoint, directeur diocésain et inspecteur éducation nationale….  « Ce qui est questionnant, c’est que nous exigeons des enseignants, des choses que nous serions bien incapables de faire nous mêmes !  Bref nous leur demandons l’impossible, et nous ne sommes même pas capable de les valoriser comme il le faudrait ». Mais aussi, cette principale adjointe « Je suis admirative de ce que réalisent chaque jour les enseignants et l’ensemble du personnel éducatif ».

Mais passés ces constats, que faire ! La suite vise à vous présenter divers , dispositifs qui tous à leur manière ont comme intention première de créer les conditions pour un mieux être dans les établissements scolaires.

Point 3 : Des dispositifs pour témoigner de ce qu’il est possible de faire.

  • Premier exemple : Bassin de Narbonne, Perpignan / partenariat Direction Diocésaine, Ageps-Raymond Barbry / IFP Montpellier

Année 1 / rencontre sous la forme d’une formation pour des enseignants et des chefs d’établissement volontaires avec constitution d’un groupe de travail à la Direction Diocésaine sur cette question. Le pilotage en local est pris en charge par un CE du 1er degré.

Année 2 et 3 /des formations intra et inter sur la question (formations dans les établissements au plus prés des personnes).

Année 4 / deux Journées de travail pour tous les enseignants 1er degré du bassin (Narbonne- Perpignan) avec réalisation d’une vidéo.

Année 5 / association du second degré au dispositif pour le bassin de Narbonne, une journée de travail avec tous les enseignants et le personnel des établissements 1er et 2nd degrés.

Année 6 / 2018-2019…Suivi par des intra-inter (formations en établissement).

  • Deuxième exemple : Un projet d’école sur trois ans, développer le bien être et le bien vivre ensemble en partenariat avec les parents.

Départ de l’action, une école en perte d’effectifs et susceptible de fermer (effectif et travaux). Un changement de chef d’établissment et la mise en place d’un projet sur attention-concentration et bien être à l’école sur trois ans.

Année 1 / Formation des enseignants et du personnel éducatif à la question liée à l’attention-concentration et à la stabilité émotionnelle.

Année 2 / Suivi de l’équipe pédagogique et création d’une école des parents où sont abordées les questions de l’attention-concentration, de la fatigue, des outils numériques…

Mais aussi sur cette thématique, plusieurs établissements (près d’une trentaine depuis sept ans – essentiellement 1er degré) des Hauts de France et du Sud (Montpellier) ont engagé des projets sur cette thématique. L’association d’un travail avec les parents permet une meilleure efficience (il s’agit parfois d’une rencontre du type conférence-débat) pour faire prendre conscience aux parents des postures à adopter.

Les projets reposent sur les axes suivants : éduquer à la conscience de soi (base du développement et de l’attention-concentration), puis éduquer à la conscience des autres (vivre ensemble), puis éduquer à la conscience de l’environnement (approche écologique).

  • Troisième exemple : Les formations à destination des chefs d’établissement (FI ou FC). Un levier conséquent d’évolution de mon point de vue. En effet, quels que soient les types d’organisation (privé ou public), la direction donne des orientations à la fois dans l’explicite (le dire) et surtout dans l’implicite (le faire, la posture).

En Formation initiale des CE du 1er degré, dans le cadre du titre de dirigeant (niveau master 2), j’aborde les questions suivantes depuis six ans (Lyon, Montpellier) :

Le management bienveillant.

La liberté au travail, utopie ou nécessité.

La confiance en soi et en l’autre, élément déterminant de la réussite et du développement.

Piloter en situation d’incertitude.

L’intelligence collectif.

La régulation des conflits.

La régulation du stress et du sur-stress.

L’humain, ressource première d’une organisation.

Les nouvelles temporalités.

En FC, des modules de formation sur le management

Le management bienveillant ou mindfull management,

Le pouvoir, l’ego, le sens…Comment apprendre à réguler l’ego et garder le sens.

  • Quatrième exemple : Des actions de formation pour outiller les personnes en situation de tension forte. L’exemple de la formation des référents décrocheurs du bassin Arras-St Pol (public).

La lutte contre le décrochage scolaire est une priorité nationale et rectorale. Mais au delà des dispositifs et des moyens qu’en est-il des personnes qui quotidiennement sont amenées à accompagner les jeunes dans cette situation ?

Le bassin artésien, via le réseau Perseval a mis en place un dispositif de formation pour les référents « décrocheurs » (essentiellement des cpe et des enseignants). Les outils de formation portent sur trois types de contenus, l’écoute active, la confiance en soi et la posture du « coaching ».

  • Cinquième exemple : des temps d’ateliers pour les adultes (enseignants, direction, assistante sociale, infirmière, cpe, personnel éducatif, administratif et d’entretien), apprendre à réguler son stress, favoriser l’attention-concentration, la sienne et celle des élèves.

Cela fait quatre ans que j’interviens auprès de personnes volontaires dans le cadre d’un atelier ouvert dans les établissements publics (collège et lycées). Ce qui caractérise cet atelier : des rencontres de deux heures (8 rencontres) sur une période de six mois au maximum, une participation sur la base du volontariat, un mixage professionnel des participants, le groupe est constitué de personnes d’un même établissement, formation sur temps de travail et dans l’établissement.

Le contenu : des outils pour apprendre à réguler son stress professionnel, des outils pour favoriser le développement de l’attention-concentration, celle de l’adulte d’abord et celle du jeune ensuite.

Les infirmières scolaires et les cpe ont été des initiatrices de ces projets dans les établissements concernés.

Conclusion :

Les exemples proposés sont là pour montrer qu’il est possible de mettre en place des initiatives qui permettent de favoriser le mieux être dans les établissements et par conséquent, le développement des compétences individuelles et collectives des adultes avec pour effet direct sur les élèves, une amélioration des comportements et des apprentissages.

L’aspect technique des dispositifs proposés est simple et ne nécessite pas de transformation didactique. Il s’agit d’outiller les personnes à un changement de regard et de posture. L’aspect financier est aussi réduit (mis à l’échelle d’un établissement), que le coût du temps de la formation.

Pour qu’il y ait apprentissage, nous savons qu’il importe d’être en stabilité émotionnelle et attention-concentration (présence mentale). L’école se doit d’être un lieu qui pose cette stabilité émotionnelle. Les adultes se doivent d’en être des témoins.

Document Raymond Barbry le 27 janvier 2018

Evolutions des comportement affectifs et sociaux des adolescents américains depuis l’utilisation massive des smartphones.

La psychologue américaine Jean M. Twenge étudie depuis vingt-cinq ans le comportement social et affectif des jeunes. Elle a observé ces dernières années un séisme.

Dans un article intitulé « Les smartphones ont-ils détruit une génération ? », elle explique que tout a changé à partir de 2012.

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Cette année-là, plus d’un ado sur deux était équipé d’un smartphone. Aujourd’hui, c’est quatre sur cinq.

Durant cette période, les évolutions suivantes se sont produites. Elles concernent toutes les classes de la population américaines, riches ou pauvres :

  • les symptômes dépressifs se sont accrus de 50 % chez les filles et de 21 % chez les garçons, de 2012 à 2015 ;
  • le nombre de filles qui se sont suicidées a triplé entre 2007 à 2015, et celui des garçons doublé ;
  • le nombre de jeunes qui voient des amis tous les jours a baissé de 40 % entre 2000 et 2015 ;
  • actuellement, les jeunes de 16 ans sortent moins que ne le faisaient ceux de 12 ans en 2009. Ils sont en train de cesser progressivement de sortir et de se socialiser dans les parcs, squares, etc., et restent seuls chez eux avec leur smartphone ;
  • en 2015, seuls 56 % des élèves de terminale sont « sortis » avec quelqu’un, contre 85 % des jeunes dix ans plus tôt, un chiffre qui était stable depuis les années 1960 ;
  • le nombre d’enfants qui manquent de sommeil a augmenté de 57 % entre 1991 et 2015 ;
  • aux États-Unis, où l’obtention du permis de conduire était le rêve de tous les jeunes autrefois, le passeport pour la liberté, on observe un désintérêt massif des adolescents, qui préfèrent rester dans leur chambre sur leur smartphone et se faire conduire par leurs parents ;
  • concernant la consommation d’alcool, les rencontres amoureuses, les adolescents se comportent comme nous le faisions à 15 ans, et ceux de 15 ans comme nous le faisions à 13 ;

Nous glissons vers une société où le lien direct entre les personnes s’amenuise. Certes, il n’est plus possible de vivre sans ces nouveaux outils. Mais la problématique éducative est bien comment apprendre à ne pas en être dépendant ? Comment maintenir les fondamentaux d’un vivre bien avec soi et les autres (question de santé globale et communautaire) ?

Raymond Barbry le 28 /12 / 2017.

Témoigner de l’espérance, une nécessité !

Je reprends mot pour mot ce que Stéphane Allix nous dit de l’espérance dans son dernier livre qui vient de paraître « Lorsque j’étais quelqu’un d’autre », et où il nous conte comment en partant d’une méditation lors d’une retraite en forêt il en arrive à enquêter pendant des mois en Allemagne et en Russie à la découverte de lui même. Tout comme, Laurent Gounelle, Boris Cyrulnik, Fabrice Midal, Amélie Nothomb et bien d’autres, ce témoignage de Stéphane Allix nous interroge, nous émeut, nous étonne, nous surprend, nous passionne et nous entraîne aussi à la découverte de notre soi.

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« L’espérance, c’est la confiance dans le fait que l’adversité ne nous atteindra pas dans nos valeurs et notre éthique, quoi qu’elle impose au quotidien. L’espérance, c’est la certitude que les difficultés de la vie peuvent nous rendre meilleurs, et que c’est en parvenant à être meilleur dans ces circonstances pénibles que nous améliorerons le monde. L’espérance, c’est la confiance. La confiance dans la vie, dans les forces invisibles qui agissent sur le destin de l’homme et de la terre. La certitude que notre avenir sera construit par nos actions du présent.

L’ombre, c’est la peur de perdre nos richesses, notre confort. C’est la facilité avec laquelle on s’accommode des souffrances de ceux qui sont loin, en fermant les yeux. L’ombre, ce sont les discours de haine et de repli, la croyance que si on s’enferme on se protège, et ça ira mieux. Qu’être réaliste, c’est ne penser qu’à soi, être égoïste en ayant bonne conscience.

Pourtant, l’espérance aussi est réaliste car elle se base sur le constat lucide des mutations de notre monde et du pouvoir de l’action de chaque individu. Elle ne se voile pas les yeux face aux difficultés qui nous attendent. Oui, il est réaliste d’être optimiste dans un monde confronté à tant de défis et de menaces. Car être habité par l’espérance, c’est accepter de se remettre en question ; c’est être volontaire, lucide et généreux.

L’ombre et l’enfer sont constamment autour de nous. En nous ; comme des graines qui attendent de germer. En chaque femme, en chaque homme, en chaque enfant, la peur, l’égoïsme, la bêtise ou la paresse peuvent à caque instant éclore et grandir. La force, la confiance, la détermination, la bienveillance et l’amour – surtout l’amour – sont nécessaires pour que l’homme ne glisse naturellement vers ses penchants les plus opaques. parce que renoncer est facile. Très facile même, c’est un mouvement naturel, reposant pour l’esprit. L’être humain penche spontanément vers l’ombre quand il décide que sa vie doit être commode et confortable, avant tout. Or, ce sont les efforts constants et quotidiens qui nous rapprochent de la lumière. »

in Stéphane Allix, « lorsque j’étais quelqu’un d’autre » p 93-94 – Mama Editons.

Raymond Barbry le 26 octobre 2017.

La méditation acceptée, réclamée à l’école et dans les autres champs de la société française.

Une bascule et un changement de paradigme s’instaurent dans la société française en ce qui concerne les pratiques méditatives et leur vulgarisation dans différents champs de la société.

Illustration de la vidéo

Les interventions, rencontres, échanges et débats que j’ai eus ces deux derniers mois dans trois régions différentes confirment cette impression que j’ai depuis un ou deux ans. Je constate et observe dans les contacts directs l’engouement, la curiosité, le questionnement sur les pratiques méditatives et plus particulièrement la méditation dite de pleine conscience. Ce que j’avais pressenti, et bien d’autres avec moi, depuis maintenant près de dix ans arrive. Il y a une accélération du phénomène « méditation » et pour toutes les pratiques dites contemplatives et d’intériorité, comme si au delà d’un effet de mode un besoin impérieux s’imposait aux femmes et hommes de notre époque. Sont aussi concernés par cet engouement, la sophrologie, la méthode Vittoz, la marche contemplative, les temps de silence et autres approches visant au développement de la conscience de soi.

Le mot « méditation » lui même n’est plus du tout tabou et peut être employé maintenant depuis quelques mois sans retenue même dans des contextes institutionnels et officiels initialement plutôt en retrait  quant aux pratiques méditatives tels que les établissements scolaires, les inspections académiques, les directions diocésaines, les associations de parents d’élèves publiques comme privées, les syndicats, et même le ministère de l’EN – sur ce dernier aspect, voir le travail réalisé par le philosophe et Inspecteur Générale de l’EN, Abdenour Bidar (voir son livre, « Les Tisserands »). Certes il existe encore ici et là des réticences, voire de la suspicion et des peurs, mais elles ne sont plus majoritaires. Les personnes et les responsables institutionnels sont en demande d’explications, de présentations d’expérimentations et de découvertes par des mises en pratique.

En deux mois (mi août à mi octobre) , ce sont plus de 600 personnes de rencontrées sur cette question des pratiques méditatives et de pleine conscience à l’école : parents, enseignants, éducateurs, responsables institutionnels (Inspecteurs, Animateur Pédagogique, Directeurs Diocésain et Adjoints, Responsables de syndicat ou d’association, Chefs d’établissement ) soit en réunions d’information, en conférences ou en actions de formation. Mais aussi des rencontres dans d’autres sphères que l’Éducation Nationale avec des entraîneurs, des sportifs, des journalistes.

Les raisons de cette évolution, telle que je la perçois de là où je suis, de ce que j’entends, de ce qui m’est dit et écrit, de ce que j’observe, de ce que je lis.

  • D’abord une question de besoins.

Le besoin d’intériorité que perçoivent les enfants, les jeunes comme les adultes, indispensable à leur santé, à leur mieux être et au vivre ensemble !

Le besoin de trouver ou retrouver du calme et du non connecté.

Le besoin d’être soi, autrement dit, le besoin d’Être plutôt que de paraître.

Le besoin de relations humaines plutôt authentiques et vraies.

Le besoin de spiritualité au delà de l’aspect strictement religieux. Je fais un lien à ce sujet avec un des courants de recherche de pointe actuellement en neurosciences qui travaille sur la question de la conscience et de ses différents niveaux. Là aussi, un changement de paradigme se met en place (cf les travaux de l’épigénétique, de la physique quantique, de la biologie quantique…. – En France : Inserm, CNRS, INREES, le diplôme universitaire de Strasbourg dans le domaine de la santé.

  • Ensuite, une appropriation par les médias de cette question de la méditation.

Les émissions de télévision ou grands médias (télé, radio..) avec des interlocuteurs tels que Christophe André, Matthieu Ricard, Fabrice Midal, A.Lutz et bien d’autres. Cf sur Arte « les étonnantes vertus de la méditation ».

Les reportages tel que celui réalisé récemment par l’INREES et mis en ligne en accès libre sur youtube. Cf « En lotus à l’école », https://www.inrees.com/Video/meditation-lotus-ecole-education/

La publication exponentielle de livres, cd, articles de presse et autres outils mis à disposition sur le net. Il n’y a pas une semaine, sans un article, un ouvrage, un cd qui ne paraissent sur cette question.

  • Les justifications scientifiques et d’expériences.

Certainement l’argument « massue » comme je le constate à chaque fois que des remises en question sur le bien fondé de ces pratiques et des effets sont posés. Les éléments et preuves avancés en matière d’effets positifs sont aujourd’hui  indiscutables tant au plan scientifique que de l’expérience.  D’autant que les personnes qui réagissent tout d’abord en opposition aux pratiques méditatives le font au regard d’une conception qu’ils veulent scientifique et matérialiste ou par dogmatisme soit scientiste, soit religieux. Or dans les deux approches, la science comme le religieux, rien ne va à l’encontre des pratiques méditatives et contemplatives, bien au contraire !

La méditation, d’abord et avant tout une pratique systématique !  J’observe aujourd’hui des experts en connaissance sur la « méditation » des érudits qui ne pratiquent pas ou trop peu pour en parler d’expérience authentique. Nul besoin de lire une multitude de livres à ce sujet, tous ou presque disent la même chose avec des entrées particulières. Mais le message et les fondamentaux sont les mêmes à peu de choses prêt !

Raymond Barbry le 19 octobre 2017

Les tisserands éducatifs et Abdenour Bidar au Printemps de l’éducation

Ayant pu participer et témoigner lors de la table ronde du printemps de l’éducation à Roubaix le samedi 20 mai, je tenais à partager ce qui a été pour moi les idées « force » que j’ai dégagées à l’issue de cette soirée qui a été riche tant au niveau mise en perspective que témoignages concrets de mises en œuvre qui ne sont plus des utopies, mais des réalités développées et partagées. Ce qui suit est une interprétation de ce que j’ai perçu et de ce qui a fait échos en moi. D’autant qu’à cette période j’étais plongé dans la lecture de deux ouvrages qui ont influencé ma perception : N »ayons plus peur de Thupten Jinpa et Pratique de la méditation laïque de Jacques Vigne. Ce n’est en rien le résumé de cette table ronde dont vous pourrez bientôt trouver la totalité du contenu sous la forme d’une vidéo réalisée par le « Printemps de l’Éducation ». Elle sera mis en ligne prochainement.

L’image contient peut-être : intérieur

Un constat de départ, même sorties des totalitarismes fascistes et communistes du XXe siècle, nos sociétés modernes ne sont pas idéales pour autant. L’être humain reste conditionné, voire manipulé. Il ne s’agit pas d’une conspiration (cf les théories du complot), mais plutôt d’un système non régulé qui  emporté par son élan s’affole et a perdu le sens de l’humain. En effet comment s’y retrouver dans  ce fatras d’informations contradictoires et emmêlées ? Ce que nous observons dans l’extériorité n’est-il pas l’image de ce qui se passe dans notre intériorité ? Comme l’explique si bien le Dr Jacques Vigne (Pratique de la méditation laïque), l’embrouillamini des pensées et des émotions mène à l’effondrement intérieur.

Éduquer à l’intériorité, la priorité des priorités. Elle est à la base et au fondement de notre développement d’humain. L’homme moderne souffre de déficit d’intériorité ! Or cette éducation est fondamentale. Elle passe par l’apprentissage de la lecture de nos émotions en revenant à notre corps, à identifier les tensions où elles se situent et à analyser les réactions psychologiques en chaîne qui mènent par exemple à l’explosion émotionnelle. Il est indispensable d’apprendre et de comprendre que ce qui déclenche une émotion perturbatrice n’est en fait que le miroir extérieur qui nous renvoie à nous mêmes.

Pour une vraie laïcité. Mais qu’est-ce qu’une vraie laïcité ? Le problème de fond se trouve du côté du totalitarisme, qu’il soit laïc ou religieux. La vraie laïcité ne s’oppose pas à la religion, elle les met toutes sur un pied d’égalité, et permet d’inclure celles et ceux qui n’en ont pas. Elle s’appuie sur deux principes fondamentaux : notre humanité commune et notre interdépendance. Il s’agit de bien séparer les croyances religieuses indémontrables des valeurs de la vie intérieure qui sont importantes pour tout être humain. Nous pouvons vivre sans croyances religieuses, mais nous ne pouvons pas  vivre sans le sens de l’altruisme, par exemple.

Nous sommes tous reliés et interdépendants. Ce sentiment et cette conscience de l’interdépendance gagnent. La mondialisation et la globalisation n’ont pas que des effets négatifs, en effet nous sommes de plus en plus en contact avec des personnes de religion et de culture différents. Des personnalités tels que Gandhi, Luther King, Mandella servent de modèle d’inspiration. Ils sont des tisserands d’humanité. Les témoignages tant des participants à la table ronde que les prises de paroles des personnes dans la salle ont été des exemples concrets de ce qui existent déjà et se multiplient en ce domaine de la mise en lien, du partage, de la coopération.

Éveiller notre instinct à la compassion.  Notre culture a véhiculé un récit en vogue nous expliquant notre comportement au travers du prisme de la compétition et de l’intérêt personnel. C’est une histoire que nous nous sommes en quelque sorte racontée, à laquelle nous avons cru ! Le problème est qu’une telle histoire a eu tendance à se réaliser d’elle même. Quand on nous dit que nous ne sommes que des créatures égoïstes et agressives, nous finissons par le croire et nous supposons que tout être humain n’agit que pour lui même. Et même nous élaborons des systèmes d’éducation et de formation qui promeuvent ce principe de compétitivité excessive ! Si nous pensons et croyons qu’en ce monde existe la loi de la jungle, il est logique de percevoir les autres comme sources de rivalité et d’antagonisme. En conséquence nous entrons en relation avec les autres pilotées par la peur, la suspicion, l’appréhension au lieu d’entrer par l’affinité et le lien. Or nous avons maintenant que fondamentalement à la base, dans les premiers mois de sa vie, l’être humain est altruiste et compatissant (quels que soit sa culture, son pays, sa religion, son origine social etc..). Les découvertes de ces dernières décennies (étude des primates, psychologie du développement de l’enfant, les neurosciences, la nouvelle économie) montrent avec force que nous ne sommes pas justes des êtres égoïstes et compétitifs, mais aussi attentionnés et coopératifs.   Cette connaissance qui nous définit alors comme des créatures sociales dotées d’instinct de compassion et de bonté, interdépendants au bien-être, va changer notre façon de voir le monde et de nous comporter. Le temps de la compassion est venue et pour reprendre l’idée de Paul Ekman (spécialiste des émotions), la compassion mondiale est le défi le plus important de notre époque.

Être tisserand éducatif, c’est s’inscrire tant dans son engagement individuel que collectif comme membre d’une société mondiale qui vise à rendre le monde plus humain.

Raymond Barbry, le 8 juin 2017

Les effets de l’hyper-connexion au travail : burn-out, déficit d’attention…

Cyril Couffe est docteur en psychologie cognitive, spécialiste de l’attention. En novembre 2016, il a soutenu sa thèse: « l’impact des conditions de travail sur les capacités attentionnelles des salariés ». Chercheur associé à la Chaire « Talents de la transformation digitale » à Grenoble École de management, il est également membre du comité scientifique de My Mental Training Pro, qui propose un éventail de solutions innovantes afin d’éviter la surchauffe mentale et gagner en bien-être et créativité au travail.

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« Notre cognition n’a pas évolué depuis plusieurs milliers d’années et le travail dans sa forme actuelle ne répond plus au fonctionnement inné de notre cerveau. Notre cerveau traite une information à la fois, à la façon d’un goulet d’étranglement. Donc si je lui en présente trois à la fois, il va les traiter une par une, nécessitant un délai dans le traitement de chacune des informations. Or, en cette ère du digital, ce ne sont plus trois infos que l’on présente à notre cerveau, mais quinze potentielles, ce qui pose le problème de leurs traitements: est-ce que je les traite une par une? Quelle priorité je donne à celle que je traite en ce moment?

Les sources d’informations erratiques au travail ce sont les mails, le téléphone portable, Internet, les collègues… On a même depuis quelques temps les messageries instantanées professionnelles, des Skype d’entreprise. Ce sont tous ces médias qui peuvent nous apporter de l’information, pertinente ou non, et qui nous forcent à prendre des décisions au fur et à mesure de leur arrivée. Le digital et l’ouverture des espaces de travail ont multiplié les informations disponibles. On baigne dans l’information tout le temps et notre cerveau n’est plus capable de traiter et de décider de ce qu’il doit faire, ni de garder un fil conducteur dans ces tâches.

Le temps passé à résoudre les interruptions fait perdre 28% de productivité. Je suis sur une tâche, quelqu’un vient me solliciter pour faire autre chose, va me demander de switcher d’un état mental à un autre, et une fois cette tâche terminée il va bien falloir que je retourne à ce que je faisais avant. Mais quand je décide d’y retourner il faut que je réactive mon état mental et c’est cette phase de réactivation qui prend du temps. D’ailleurs, 41% des tâches interrompues ne sont même pas reprises tout de suite, et certaines ne le sont pas le jour même. On voit bien comment ces événements externes peuvent décider de votre emploi du temps à votre place.

« Ça devient impossible de gérer l’importance des informations »

Le monde du travail évolue et on travaille de plus en plus en mode projet: un salarié n’est plus responsable d’une seule tâche, mais est associé à un ou plusieurs projets sur lesquels il va devoir composer en terme d’urgence et de production. En entreprise, jusqu’à 5 projets peuvent se télescoper les uns les autres tout en étant complètement concurrents en terme d’importance et d’urgence. Pour certains postes clés – chef de projet ou de manager de proximité par exemple – ça devient impossible de gérer l’importance des informations.

Mes études montrent que les managers  ont de plus en plus de mal à gérer la pression des informations au travail. Le manager est perçu comme le chef, celui qui surveille et met la pression, mais dans mon échantillon de 200 personnes, c’était souvent ceux qui avaient le plus de mal, parce que ce sont eux qui sont sollicités avec des informations ou des demandes souvent urgentes avec un potentiel stratégique.

La conséquence, c’est qu’ils perdent leur capacité de concentration naturelle et vont perdre leur potentiel maximum. Ils vont devenir de moins en moins capables de gérer les mêmes situations.

Plus longtemps ils restent sur poste, dans un espace toxique en terme d’informations, plus leurs capacités se nécrosent et diminuent. D’où la nécessité de faire des séminaires en extérieur, de prendre des vacances, de faire de vrais coupures – ce que l’on appelle le droit à la déconnexion. L’infobésité a créé des troubles marqués chez certaines personnes.

Pour la totalité de l’article :

http://rmc.bfmtv.com/emission/comment-l-hyperconnexion-au-travail-nous-rend-finalement-beaucoup-moins-productif-1169379.html

Raymond Barbry le 6/06/2017