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Les tisserands éducatifs et Abdenour Bidar au Printemps de l’éducation

Ayant pu participer et témoigner lors de la table ronde du printemps de l’éducation à Roubaix le samedi 20 mai, je tenais à partager ce qui a été pour moi les idées « force » que j’ai dégagées à l’issue de cette soirée qui a été riche tant au niveau mise en perspective que témoignages concrets de mises en œuvre qui ne sont plus des utopies, mais des réalités développées et partagées. Ce qui suit est une interprétation de ce que j’ai perçu et de ce qui a fait échos en moi. D’autant qu’à cette période j’étais plongé dans la lecture de deux ouvrages qui ont influencé ma perception : N »ayons plus peur de Thupten Jinpa et Pratique de la méditation laïque de Jacques Vigne. Ce n’est en rien le résumé de cette table ronde dont vous pourrez bientôt trouver la totalité du contenu sous la forme d’une vidéo réalisée par le « Printemps de l’Éducation ». Elle sera mis en ligne prochainement.

L’image contient peut-être : intérieur

Un constat de départ, même sorties des totalitarismes fascistes et communistes du XXe siècle, nos sociétés modernes ne sont pas idéales pour autant. L’être humain reste conditionné, voire manipulé. Il ne s’agit pas d’une conspiration (cf les théories du complot), mais plutôt d’un système non régulé qui  emporté par son élan s’affole et a perdu le sens de l’humain. En effet comment s’y retrouver dans  ce fatras d’informations contradictoires et emmêlées ? Ce que nous observons dans l’extériorité n’est-il pas l’image de ce qui se passe dans notre intériorité ? Comme l’explique si bien le Dr Jacques Vigne (Pratique de la méditation laïque), l’embrouillamini des pensées et des émotions mène à l’effondrement intérieur.

Éduquer à l’intériorité, la priorité des priorités. Elle est à la base et au fondement de notre développement d’humain. L’homme moderne souffre de déficit d’intériorité ! Or cette éducation est fondamentale. Elle passe par l’apprentissage de la lecture de nos émotions en revenant à notre corps, à identifier les tensions où elles se situent et à analyser les réactions psychologiques en chaîne qui mènent par exemple à l’explosion émotionnelle. Il est indispensable d’apprendre et de comprendre que ce qui déclenche une émotion perturbatrice n’est en fait que le miroir extérieur qui nous renvoie à nous mêmes.

Pour une vraie laïcité. Mais qu’est-ce qu’une vraie laïcité ? Le problème de fond se trouve du côté du totalitarisme, qu’il soit laïc ou religieux. La vraie laïcité ne s’oppose pas à la religion, elle les met toutes sur un pied d’égalité, et permet d’inclure celles et ceux qui n’en ont pas. Elle s’appuie sur deux principes fondamentaux : notre humanité commune et notre interdépendance. Il s’agit de bien séparer les croyances religieuses indémontrables des valeurs de la vie intérieure qui sont importantes pour tout être humain. Nous pouvons vivre sans croyances religieuses, mais nous ne pouvons pas  vivre sans le sens de l’altruisme, par exemple.

Nous sommes tous reliés et interdépendants. Ce sentiment et cette conscience de l’interdépendance gagnent. La mondialisation et la globalisation n’ont pas que des effets négatifs, en effet nous sommes de plus en plus en contact avec des personnes de religion et de culture différents. Des personnalités tels que Gandhi, Luther King, Mandella servent de modèle d’inspiration. Ils sont des tisserands d’humanité. Les témoignages tant des participants à la table ronde que les prises de paroles des personnes dans la salle ont été des exemples concrets de ce qui existent déjà et se multiplient en ce domaine de la mise en lien, du partage, de la coopération.

Éveiller notre instinct à la compassion.  Notre culture a véhiculé un récit en vogue nous expliquant notre comportement au travers du prisme de la compétition et de l’intérêt personnel. C’est une histoire que nous nous sommes en quelque sorte racontée, à laquelle nous avons cru ! Le problème est qu’une telle histoire a eu tendance à se réaliser d’elle même. Quand on nous dit que nous ne sommes que des créatures égoïstes et agressives, nous finissons par le croire et nous supposons que tout être humain n’agit que pour lui même. Et même nous élaborons des systèmes d’éducation et de formation qui promeuvent ce principe de compétitivité excessive ! Si nous pensons et croyons qu’en ce monde existe la loi de la jungle, il est logique de percevoir les autres comme sources de rivalité et d’antagonisme. En conséquence nous entrons en relation avec les autres pilotées par la peur, la suspicion, l’appréhension au lieu d’entrer par l’affinité et le lien. Or nous avons maintenant que fondamentalement à la base, dans les premiers mois de sa vie, l’être humain est altruiste et compatissant (quels que soit sa culture, son pays, sa religion, son origine social etc..). Les découvertes de ces dernières décennies (étude des primates, psychologie du développement de l’enfant, les neurosciences, la nouvelle économie) montrent avec force que nous ne sommes pas justes des êtres égoïstes et compétitifs, mais aussi attentionnés et coopératifs.   Cette connaissance qui nous définit alors comme des créatures sociales dotées d’instinct de compassion et de bonté, interdépendants au bien-être, va changer notre façon de voir le monde et de nous comporter. Le temps de la compassion est venue et pour reprendre l’idée de Paul Ekman (spécialiste des émotions), la compassion mondiale est le défi le plus important de notre époque.

Être tisserand éducatif, c’est s’inscrire tant dans son engagement individuel que collectif comme membre d’une société mondiale qui vise à rendre le monde plus humain.

Raymond Barbry, le 8 juin 2017

Prévenir le harcèlement scolaire par l’éducation à l’empathie, la compassion et l’altruisme.

C’est à l’initiative des associations de parents d’élèves de Baudimont-Saint Charles et de Saint Joseph à Arras et devant plus d’une centaine de personnes que j’ai débattu de cette question du harcèlement scolaire.

Voici en résumé les points qui j’ai abordés avec les participants : des parents, des enseignants, des conseillers pédagogiques d’éducation, des chefs d’établissements.

Harcèlement scolaire et contexte sociétal.

  • Le harcèlement scolaire est un révélateur de notre contexte sociétal. Les comportements des enfants, des adolescents et des jeunes sont une caisse de résonance du contexte de notre  époque (valeurs, orientations, modes de vie, mode de relations etc…).
  • Le harcèlement scolaire était en augmentation exponentielle entre 2010 et 2014. Il se serait stabilisé depuis 2015. Il touche actuellement 10% de la population scolaire (fin primaire, collège principalement et début du lycée) dont 5% sont à considérer comme en situation très « grave » (violence avec mise en danger de la vie de la personne, tentative de suicide, dépression profonde, déscolarisation etc….). La prise de conscience de cette réalité depuis deux ans à tous les niveaux du système éducatif semble avoir endigué son extension (numéro vert, actions engagées auprès des élèves, information dans les médias…). Cependant les chiffres n’en restent pas moins élevés et nous ne pouvons nous satisfaire de cette stagnation. C’est la réduction de ce phénomène qui est à imposer.
  • Un contexte sociétal, psycho-dépressive voire cynique qui ne manque pas d’infléchir les comportements des enfants et des jeunes.  L’Organisation Mondiale pour la Santé prévoit que si rien ne change au niveau de notre modèle de société dans les années à venir, c’est la dépression sévère qui sera la première maladie dans nos pays occidentaux (prévision 20é5).
  • On devient « harceleur » par conditionnement éducatif. Personne ne naît « harceleur ». Les gênes de la perversité-narcissique n’existent pas ! Les propos et les comportements des adultes ne sont pas neutres en la matière. C’est ainsi que faire preuve d’égocentrisme (être dans une obsession du paraître, de l’avoir et du superficiel) va induire des comportements peu enclins à la tolérance et à la bienveillance.
  • Une éducation sans cadre produit des enfants »roi’ voire « tyran ». Il n’y a pas d’éducation sans confrontation à l’interdit et à la frustration. Un enfant qui ne les rencontre pas, peut basculer dans la toute puissance et être potentiellement un profil de « harceleur ».
  • Un « harcelé » peut se transformer en « harceleur ». C’est ce qui ressort de plusieurs entretiens que j’ai pu mener avec des jeunes qui ont subi du harcèlement à un moment de leur scolarité et qui pour ne pas reproduire cette situation, ont pris le parti de se transformer en « harceleur ». Notamment lorsque cet enfant ou pré-ado n’a pas été suivi ou accompagné alors qu’il subissait lui même du harcèlement.
  • La dérive de l’hyperconnectivité. C’est une évidence et toutes les enquêtes et recherches faites en ce domaine mettent en exergue ce phénomène. La sur-exploitation des réseaux sociaux a fait exploser le phénomène du « harcèlement ». Nous avons à apprendre à s’en protéger et à se déconnecter (le droit à la déconnexion).
  • La dérive violente des médias. Toutes les recherches montrent que plus je vois de violence et plus celle ci devient « normale ». Il y a comme une insensibilisation liée à une perte d’empathie et de compassion.
  • Parallèlement à l’augmentation du harcèlement scolaire nous observons actuellement hors de l’école : une augmentation des « burn-out » professionnels, des enfants de cinq ans en état de « burn-out », une diminution des capacités attentionnelles de l’être humain et une augmentation des dépendances aux outils numériques.

Qu’est ce que le harcèlement ? A partir de quand peut-on dire que la situation est caractéristique de « harcèlement » et non d’un conflit, comme il peut en exister dans tout groupe humain ?

  • Trois éléments : la violence (physique comme symbolique), la répétitivité de cette dernière, l’isolement de la personne.
  • Rejet des différences et la stigmatisation. Cela porte sur, l’apparence physique, le sexe, l’orientation sexuelle, le handicap physique, les troubles de la communication, l’appartenance à un groupe social ou culturel, des centres d’intérêt différents.
  • Le harcèlement physique : Il se traduit par des coups, des bousculades, des bagarres provoquées, du vol et du racket, l’obligation à des jeux dangereux, des violences à caractère sexuel.
  • Le harcèlement moral : Il est plus discret, plus difficile à identifier et est aussi destructeur psychiquement pour la personne que le harcèlement physique. Il se traduit par des insultes, des gestes déplacés, des remarques à caractère sexuel, des remarques dévalorisantes. Il peut être le fait du ou  de la meilleure ami(e) ! Ce dernier point est toujours déroutant.
  • Le cyber-harcèlement : Messages sur les réseaux sociaux (insultes, menaces, rumeurs, images, création de compte au nom de….). Il est en augmentation exponentielle. Il est un des accélérateurs des situations de harcèlement.

Les effets du harcèlement sur le harcelé et le harceleur.

  • Sur le harcelé les effets les plus observés : les troubles psychiques (anxiété, dépression…),  chute des performances scolaires, perte de l’attention-concentration, troubles alimentaires, trouble du sommeil, changement d’humeur, repli sur soi, augmentation des comportements impulsifs ou violents, désengagement associatif, tendances suicidaires jusqu’au passage à l’acte.
  • Sur le harceleur les effets les plus observés : perte de l’empathie, construction d’un rapport hypertrophié à la violence, répétition de conduite de harcèlement, dérive psychotique vers la perversité narcissique, sentiment d’impunité, marginalisation, échec scolaire, voire délinquance.

Ce qui peut augmenter les situations de harcèlement scolaire dans un établissement.

Au delà du contexte sociétal général et des caractéristiques de la population scolaire de l’établissement, nous pouvons observer que la dynamique spécifique de l’établissement n’est pas neutre quant à l’émergence de situations de harcèlement scolaire. c’est ainsi que les éléments suivants vont participer à en favoriser son développement :

  • Un climat scolaire qui se dégrade entre jeunes d’une part et entre jeunes et adultes d’autre part.
  • Un mal être généralisé, de l’épuisement chez les adultes avec une perte de confiance au sein des équipes.
  • État de crise latent, larvé au sein de l’équipe de direction ou entre l’équipe de direction et  les enseignants, éducateurs et le personnel.
  • Des projets éducatif et d’établissement non explicites.
  • Des écarts entre le dire et le faire dans les pratiques pédagogiques, plus précisément des intentions éducatives déclaratives à caractère hautement humaniste et des pratiques pédagogiques à l’exact opposé.
  • Le déni et le laisser faire de la part des adultes face aux situations de conflit puis de harcèlement rencontrées dans l’établissement.
  • Les postures et les discours laxistes des adultes face à l’intolérance, la xénophobie etc…
  • Les dérives compétitives exacerbant le rejet de ceux et celles qui ne répondent pas aux exigences.

Quelles réponses éducatives à apporter pour endiguer ce phénomène du harcèlement scolaire ?

Un postulat de départ validé par les travaux, observations, enquêtes et recherches contemporaines : Fondamentalement, l’être humain est bienveillant, compatissant et porté à l’entraide et à la collaboration. Spontanément le jeune enfant de 8-10 mois (encore bébé) est porté à la coopération quels que soient sa culture, son pays d’origine, le niveau socio-culturel des parents….

  • Une priorité éducative : l’éducation à l’empathie, à la compassion, à l’altruisme, au bien être et au vivre ensemble à l’école pour les enfants, les adolescents et les jeunes. Mais bien plus que cela, étendre cette priorité aux adultes qui travaillent dans les établissements scolaires auprès des élèves (enseignants, éducateurs, personnel..). Plus les adultes témoigneront d’une posture de bienveillance entre eux et avec les élèves et plus ces derniers intégreront cette bienveillance.
  • Les trois axes d’un projet d’école ou d’établissement pour l’éducation au bien être à l’école : la relation à soi, la relation aux autres et la relation à l’environnement. La relation à soi est première. Elle est à la base des deux autres. je ne peux entrer en relation à l’autre que si je suis déjà capable d’être en relation avec moi même.
  • Poser des cadres explicites dont les adultes sont les garants. Il s’agit des règlements, des codes de vie, des chartes ou tout autre outil qui vont définir le cadre du vivre ensemble.
  • Des connaissances scientifiques et des pratiques validées qui montrent que la bienveillance s’apprend, se renforcent et se partagent : la plasticité cérébrale (mon cerveau peut se transformer) qui permet d’apprendre à identifier ses pensées, ses émotions, ses peurs etc…Les pratiques de pleine conscience qui favorisent l’attention-concentration et l’intériorité …L’interdépendance entre tous les éléments d’un environnement (système)….Les effets d’une posture de bienveillance sur un groupe etc…Les effets positifs sur le développement d’une personne quant elle vit dans un cadre tolérant, bienveillant et équitable…..
  • Développer l’intelligence émotionnelle et l’intelligence intuitive au même titre que l’intelligence rationnelle. L’école est passé maître dans l’éducation de cette dernière (la rationnelle). Or nous savons aujourd’hui que les deux premières ont autant si ce n’est plus d’importance. C’est par l’intelligence intuitive que je vais décoder instantanément un comportement pervers.
  • L’instauration du débat philosophique dés la grande section maternelle (5 ans). C’est dés cet âge que se mettent en place les conditionnements éducatifs. Plutôt je vais apprendre à penser, à dire mon avis, mes ressentis et moins je serai sera un adulte manipulable.
  • La systématisation à l’école dés la grande section maternelle des pratiques de pleine conscience. ll en existe de multiples qui visent la même finalité, développer la conscience de soi. Pour citer les plus connus : le yoga, la méditation de pleine conscience, la méthode Vittoz, la relaxation,  la sophrologie. Elles font toute leur entrée dans l’école, alors qu’elles étaient encore indésirables pour la plupart il y a de cela cinq ans !
  • Les semaines à thème : ce peut être une valeur par semaine qui est mise en exergue (respect, solidarité, courage etc…), la semaine sans télé, la semaine sans écran, la semaine zen, la semaine jeux collaboratifs….
  • Des formations élèves médiateurs à partir du cycle 3. Ce sont les élèves les premiers confrontés au harcèlement. ils sont les premiers à en être témoin. Ils peuvent être les premiers à intervenir. J’ai personnellement constaté, dans plusieurs internats que j’ai accompagnés sur cette question, les effets positifs sur les relations entre les jeunes de telles actions de formations envers les élèves (régulation de conflit, à la communication non violente).
  • Le tutorat pédagogique – le suivi par les adultes d’un nombre d’élèves réduit. Un professeur principal suit une classe entière. dans le tutorat pédagogique nous ne dépassons pas un adulte pour dix élèves. cela favorise les relations entre jeunes et entre jeunes et adultes.
  • Le monitorat ou coaching entre élèves. Une des bases de l’apprentissage coopératif, apprendre avec, par et pour les autres. Quant il est pratiqué régulièrement il facilite le vivre ensemble et réduit de fait les situations de harcèlement.
  • Les rencontres, les débats avec des acteurs de la vie sociale, civile, politique qui portent par leurs actions les valeurs de bienveillance, d’entraide, de coopération.
  • Les projets « nature » dés la maternelle. Les enfants ont perdu pour la plupart le contact avec la nature. Or le contact avec la nature a un effet positif sur le développement cognitif et affectif de l’enfant.
  • Travailler la confiance en soi. Plus spécifiquement quant un enfant ou un adolescent ou un jeune a été harcelé, proposé un accompagnement par un professionnel (extérieur à l’école) qui va lui permettre de travailler la confiance en soi qui a été le plus souvent détruite suite au harcèlement. Il ou elle n’a pas été harcelé par hasard.  Il s’agit concrètement de lui apprendre à adopter une posture qui traduit la confiance en soi (travail sur le corps, la voix, le regard), mais aussi apprendre à se positionner, à savoir répondre, à aller à la rencontre d’un adulte pour expliquer la situation. à fuir le harceleur. C’est souvent dans les prémices d’une situation de harcèlement qu’il est possible de l’arrêter.

Les réponses pédagogiques pour endiguer le harcèlement scolaire existent. Elles sont multiples et variées. Nous en avons énuméré plus d’une dizaine, quatorze exactement. L’expérience d’accompagnement d’établissement sur cette question m’a montré qu’elles sont suivies d’effet à la condition que les adultes en charge d’éducation tendent à maintenir une posture qui est marquée par une intention d’authenticité et de cohérence.

Raymond Barbry le 17 octobre 2016

Mis en valeur dans l’ouvrage de Abdennour Bidar « Les Tisserands… Réparer ensemble le tissu déchiré du monde »

Abdenhnour Bidar, Docteur en Philosophie, auteur de nombreux ouvrages, Inspecteur Général de l’Education Nationale en philosophie et en vie scolaire, vient de publier un ouvrage mettant en valeur  les « Tisserands », ceux qui œuvrent dans la discrétion à réparer ce qu’il nomme le grand tissu déchiré du monde (fractures sociales, conflits religieux, guerres économiques, divorce entre l’homme et la nature etc…).

L’intention de cet ouvrage au delà de la mise en valeur de personnes et d’organisations (le plus souvent  méconnues des médias traditionnels, des politiques, du grand public) et de « relier tous ces relieurs » qui réparent et construisent le monde de demain.

J’ai l’honneur d’être nommé dans cet ouvrage dans la partie consacrée aux tisserands du lien intérieur.  » Je commence par les Tisserands du lien intérieur parce que la vocation ultime et convergente de tous les liens – à soi, à autrui, à la nature et à la vie – est de nous faire grandir en humanité. ces Tisserants-là ont pris conscience que nous n’avions plus guère de nouvelles de nos « âmes », c’est à dire plus assez de relations avec notre intériorité……..Des précurseurs comme Raymond Barbry se font entendre d’un public plus large et plus réceptif qu’auparavant. Ces Tisserands ont commencé à ouvrir dans la cité humaine des lieux consacrés aux pratiques du retour à soi, notamment des centres consacrés à la découverte de la méditation. Celle ci fait un spectaculaire retour en force dans nos sociétés, y compris sous les formes et les lieux les plus inattendus. A l’école…… » voir P 69 à 75.

Cette reconnaissance je la partage avec tous les enseignants, les chefs d’établissement de l’enseignement public et de l’enseignement privé, les conseillers pédagogiques d’éducation, les infirmières scolaires, les parents d’élèves, qui depuis cinq ans ont osé s’engager avec moi dans cette voie, parfois malgré l’avis contraire de leur institution. A ce jour ce sont plus de 700 personnes qui dans leur quotidien professionnel proposent des temps d’intériorité aux enfants, aux pré-ados, aux ados et aux jeunes dont ils ont la charge éducative. Ce sont  eux les « Tisserands » qui construisent notre humanité. Qu’ils en soient ici remerciés et encouragés à poursuivre leurs actions.

Cette reconnaissance va aussi directement à des associations qui œuvrent dans le même sens et qui m’ont permis la divulgation, lors de congrès ou de conférences, de mon expérience des pratiques de pleine attention ou pleine conscience ou pleine présence en contexte éducatif : Le  printemps de l’éducation (Amiens et Lille), Colibris section d’Arras.

Je pense aussi à d’autres associations et personnes qui développent les mêmes valeurs et proposent des outils similaires et avec lesquelles j’ai déjà à maintes reprises échangé, au delà parfois de quelques  différences techniques, le fond est le même et là est l’essentiel : L’association RYE citée aussi dans le livre (développement du Yoga à l’école), l’association Happy Attention (Marine Locatelli, Brigitte Gamby-Cerf…), Mind with Heart, L’association pour la méthode Vittoz, le réseau Gestion Mentale, Max Delor en Belgique et bien d’autres…

Encore récemment je disais que dans quelques années (cinq ans au maximum), les pratiques dites de pleine conscience seront acceptées et reconnues dans tous les établissements scolaires français (public comme privé). Pourquoi cinq ans ? Par expérience, j’ai constaté qu’il fallait cette temporalité pour que les changements de type 2 (c’est à dire le vrai changement selon l’école de Palo Alto et notamment G.Bateson) se mettent en place. La preuve concernant l’action que je mène depuis cinq ans en matière de développement de ces pratiques en contexte éducatif. Nous avons maintenant atteint la reconnaissance, continuons à tisser et à former des « Tisserands ».

Raymond Barbry le 17 août 2016.

 

 

(R)évolutionnons l’éducation : Les enfants actuels – Conférence du réseau Colibris 62 Arras

Vous trouverez ci joint le contenu de l’intervention que l’AGEPS-Raymond Barbry a réalisé lors de la rencontre organisée par le réseau Colibris d’Arras le Jeudi 2 juin.

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  1. Qui sont les enfants actuels ?

Il n’existe pas une typologie mais plusieurs au regard du contexte de vie des uns et des autres. Vivre à Paris n’a rien à voir avec une vie d’enfant et de jeune dans un village de montagne éloigné de tout gros centre urbain. Cependant tout en nous méfiant d’une généralisation abusive nous pouvons dégager de grandes tendances qui sont des marqueurs de notre monde occidental et plus particulièrement notre pays, la France, confronté actuellement à une crise majeure de sens.

Les enfants et les jeunes sont une caisse de résonance de notre époque aussi bien dans les avancées humanistes que dans les dérives matérialistes. Nous vivons en temps réel une rupture sociétale, voire civilisationnelle. Les enfants et les jeunes sont nés dans le monde du numérique, de l’interconnecté, du matérialisme, du néolibéralisme comme modèle économique dominant.  Ils sont le produit de ce que nous proposons, soit parce qu’ils y adhérent, soit parce qu’ils s’y posent en rupture.

Identifier à la fois les comportements problématiques et les capacités émergentes chez les enfants et les jeunes, c’est poser la base d’un projet d’éducation. Nous mettrons en exergue pour notre part, les dérives. Nous pointerons les capacités émergentes qui sont développées par l’autre intervenante, Marie-Line Echterbille :

  • Le burn-out des enfants devient une inacceptable réalité. A l’image de ce que nous observons chez les adultes, des enfants sont maintenant sujet à l’état de « burn-out », et ce dés l’âge de cinq ans. Le contexte anxiogène de notre époque n’arrange rien en ce domaine. les enfants sont des éponges émotionnelles de par la constitution de leur cerveau qui n’est pas achevé.
  • Une perte conséquente des capacités attentionnelles. Quelques données concrètes. Il y a trente ans on estimait qu’un enfant pouvait être attentif 20mn sur 1h00.  Il y a une quinzaine d’années les capacités d’attention soutenue étaient tombées à 10mn. A l’heure actuelle, ce n’est guère plus de 3mn d’attention soutenue ! Ce qui ne manque pas d’inquiéter les éducateurs et les responsables de la santé globale. Ce phénomène se retrouve chez les adultes.
  • Une perte du temps de sommeil inquiétante. Il est estimé à deux heures de moins en moyenne par nuit. ce qui n’est pas sans conséquence sur la santé, le comportement, l’équilibre psychique et les capacités d’apprentissage !
  • Une augmentation du temps passé devant la télévision stupéfiante. En moyenne en France, un enfant (de 4 à 14 ans) passe 4h00 par jour devant la télévision. Or quand nous connaissons les effets négatifs de ce média sur la structuration du cerveau du jeune enfant, cela ne manque pas de questionner. Voir à ce sujet la recherche faite par l’inserm-Lyon et publiée via l’ouvrage « La TV lobotomise les cerveaux ».
  • Un temps de plus en plus macrophage sur les téléphones portables. Il est estimé à 4h00 par jour en moyenne d’utilisation chez les jeunes de 14 à 24 ans.
  • Une diminution, voire une absence, du temps d’activités physiques. C’est une observation et une prise de conscience récente, mais non surprenante. Nos modes de vie  ont pour effet de réduire drastiquement les activités physiques de base, marcher, courir, monter des escaliers, grimper, ramper etc…Or quand nous connaissons les effets bénéfiques de l’activité physique sur notre développement et notre bien être, nous ne pouvons que nous interroger sur la place à leur accorder. Une recherche du CHU de Lille vient de montrer que les enfants qui bénéficiaient de 30mn d’activités physiques par jour étaient moins sujet aux troubles de l’attention.
  • Le harcèlement scolaire, une triste réalité. Ce sont 15% des élèves de la fin de primaire et du collège qui y sont confrontés, avec pour 5% d’entre eux des conséquences à vie (perte de confiance en soi, tendance suicidaire, troubles de la dépendance et autres troubles psychiques menant à la psychose).
  • On peut rajouter :  1 enfant sur 60 est autiste et les prévisions de l’OMS sont des plus alarmistes. Les enfants qui sont sujets aux troubles de l’attention et du comportement  sont estimés par le ministère de l’EN en moyenne à deux élèves par classe dans l’enseignement du 1er degré en France !

L’ensemble de ces données alarmantes doivent être mises en miroir avec d’autres aspects plus positifs qu’il nous importe de valoriser, notamment dans la catégorie dite des « jeunes » :

  • La capacité à créer du lien.
  • La capacité à se mobiliser rapidement.
  • La rupture avec le modèle consumériste dominant et sa forme économique non régulée le néolibéralisme.

  2. Comment fonctionne l’école aujourd’hui ? avec quels résultats ?

Sans refaire une analyse socio-historique de notre système éducatif, nous pouvons en pointer les paradoxes suivants :

  • Des textes officiels emprunts d’humanisme et visant la réussite de tous mais ne donnant pas les moyens suffisant pour innover, sortir des cadres. Par exemple, les pédagogies dites nouvelles – qui ont plus d’un siècle pour certaines –  (Freinet, Pestalozi, Neil, Montessori, Oury etc…) restent à la marge et n’ont pas réellement pénétré le système officiel tant public que privé sous contrat.
  • Un système conçu au départ (Condorcet) pour dégager une élite militaire, puis républicaine. Le système éducatif français rencontre des difficultés majeures pour s’ouvrir à tous. Nous avons réussi la massification mais pas la prise en compte de tous dans les différences.
  • Un système qui promeut la prise en compte de l’élève dans sa globalité mais qui survalorise une rationalité « fermée ». Nous sommes les héritiers culturels du cartésianisme. Les émotions et le corps ont une place réduite dans le parcours de formation de l’enfant. Passer l’école maternelle, nous constatons une survalorisation de l’intellect et du cognitif.
  • Une culture française qui survalorise l’acquisition de savoirs académiques et donne une importance encore déterminante aux diplômes dans le devenir social d’un sujet.
  • Une école qui peut envenimer et polluer la vie à la maison, par la poursuite des « devoirs ». L’école trouve un prolongement conséquent dans le temps familial via les devoirs qui dans certains cas prennent une ampleur démesurée. C’est un peu comme si on donnait en classe les règles d’un sport (par exemple, le basket) et que nous demanderions aux élèves de jouer à la maison !
  • Des résultats trop moyens au regard du contexte international. Nous sommes en moyenne régulièrement au 25ème rang pour les pays de l’OCDE. Nous sommes aussi un des pays où nous rencontrons un décrochage scolaire conséquent.
  • Des enseignants qui sont dans une intention de bien faire et qui  font des prouesses, mais qui ne sont pas suffisamment mis en valeur, reconnus, accompagnés dans leur mission.
  • Une formation des enseignants quasi inexistante quant aux dimensions humaines du métier. Les temps de formation portant sur la connaissance de soi et la conscience de soi ont quasiment disparu des maquettes de formation (analyse de pratique, théâtre d’improvisation, jeux de rôles, atelier de régulation du stress, accompagnement individuel…). Il y aurait comme un postulat de base qui veut que parce maîtrisant les savoirs, l’enseignant est passé maître dans la maîtrise de soi, quelle illusion ! C’est comme si la place du corps et des émotions de l’enseignant étaient des sujets tabous dans notre culture.

Passer ce constat qui paraît pessimiste et à charge contre le système EN, il est bon de constater que de la base (dans les classes, dans des établissements publics comme privés) des initiatives se multiplient. Le changement de pratique est réel. Des enseignants tout en respectant le cadre défini par notre constitution osent des avancées pour un mieux être à l’école.

3. Les solutions existent.

Nous faisons part d’observations faites sur le terrain par nous mêmes dans le cadre des actions de formation et d’accompagnement d’équipes ou de personnes (enseignants, directeurs, chefs d’établissement, proviseurs, inspecteurs, parents, jeunes…) que nous menons sur tout le territoire français tant dans l’enseignement public que privé depuis cinq ans. Le questionnement pédagogique, l’envie d’innover, l’envie d’être bien dans son métier n’a pas de frontière en ce domaine et dépasse les clivages. Certaines expériences sont relatées en détail dans ce blog, vous y trouverez les liens directs en dessous de chaque solution proposée.

  • Une priorité, le développement de cette méta-compétence qu’est l’attention-concentration. Elle est devenue prioritaire de par le contexte de vie moderne (cf le premier point de cette conférence). C’est elle qui nous permet d’accomplir toutes les autres opérations mentales : comprendre, mémoriser, apprendre, être en relation à soi, aux autres et à l’environnement. A ce jour l’AGEPS-Raymond Barbry a formé plus de 600 enseignants à l’exploitation en classe d’un outil de  « pleine attention » (pleine conscience). Cet outil en huit étapes  propose une démarche pédagogique cohérente pour développer cette attention-concentration dans le temps scolaire. Des équipes complètes se forment et en font l’axe prioritaire de leur projet d’école ou d’établissement.  Il est à noter que de plus en plus d’enseignants exploitent des outils de pleine conscience, de sophrologie, de relaxation et qu’il y a de moins en moins d’interdits institutionnels sur ces questions.

Pour aller plus loin sur ce point, voir les articles suivants qui relatent des expériences concrètes menées depuis cinq ans :

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2015/10/26/effets-observes-de-pratiques-regulieres-de-pleine-conscience-a-lecole-sur-lattention-concentration-le-point-de-vue-denseignants/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2016/04/30/la-pleine-attention-en-college-temoignage-dune-experimentation/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2016/03/02/une-experience-de-pratique-de-pleine-attention-ou-pleine-conscience-en-college/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2015/12/23/une-etude-de-plus-qui-valide-les-effets-des-pratiques-de-pleine-conscience-chez-les-adolescents/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2015/03/30/les-pratiques-de-meditation-de-pleine-conscience-dans-la-classe-pour-quelles-raisons-pour-quels-effets-a-quelles-conditions-et-surtout-comment/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2014/09/29/atelier-de-pleine-conscience-en-college-pour-aider-a-lattention-concentration/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2014/05/03/questions-et-place-des-pratiques-de-meditation-de-pleine-conscience-dans-le-contexte-scolaire-francais/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2014/04/24/premier-bilan-de-la-formation-denseignants-a-lattention-concentration-par-les-pratiques-de-meditation-de-la-pleine-conscience/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2014/02/14/la-pleine-conscience-dans-les-classes-ca-marche/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2014/02/02/formation-denseignants-a-lattention-concentration-par-la-pleine-conscience/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2013/10/23/lattention-et-la-concentration-des-enfants-a-lecole/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2013/09/13/pratique-de-la-pleine-conscience-en-cours-deps/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2013/05/30/presentation-de-la-pleine-conscience-a-des-enseignants-specialises/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2012/10/26/la-meditation-a-lecole-on-en-parle-dans-les-medias/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2012/10/07/la-meditation-a-lecole/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2012/09/13/les-neurosciences-la-pleine-conscience-et-la-pedagogie/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2012/09/04/la-pleine-conscience-a-lecole/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2012/05/10/etre-attentif-concentre-cest-etre-dans-la-presence-et-dans-lintention/

 

  • Repenser le temps scolaire au regard des capacités de vigilance des enfants. Ce sont ces établissements scolaires qui repensent la journée, la semaine, voire l’année en fonction de l’état de vigilance ou de fatigue des enfants ; par l’ instauration de temps de sieste pour tous, de temps calme plusieurs fois dans la journée, un accueil échelonné le matin, des activités adaptées au seuil de vigilance (cf la chronobiologie).

Pour aller plus loin sur ce point, voir les articles suivants qui relatent des expériences concrètes :

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2014/09/25/les-rythmes-scolaires-la-capacite-dattention-concentration-et-les-pratiques-de-pleine-conscience/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2013/11/25/576/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2012/09/27/le-serpent-de-mer-des-rythmes-scolaires/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2012/02/21/les-effets-des-rythmes-scolaire-sur-lattention-et-la-concentration/

 

  • Penser le bien être à l’école des élèves et des enseignants, et d’abord celui des enseignants et du personnel éducatif ! A l’instar de ce qui se passe dans certaines organisations publics ou privés innovantes cette idée fait son chemin dans quelques établissements scolaires. Ce qui en fait leur valeur c’est d’abord et avant tout le capital humain.  Ces organisations (entreprises, organismes d’état, associations…) mettent en avant le bien être du personnel. C’est ainsi que l’AGEPS-Raymond Barbry accompagne des équipes de volontaires dans le cadre d’ateliers de régulation du stress, des groupes de paroles. Il est reconnu et validé que si l’enseignant est bien en lui, bien dans son métier, alors les effets se font ressentir sur sa posture et sur la dynamique du groupe classe. D’où l’idée de penser au bien être des adultes pour arriver au bien être des élèves.

Pour aller plus loin sur ce point, voir les articles suivants qui relatent des expériences concrètes :

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2016/04/26/le-bien-etre-a-lecole-pourquoi-comment-a-quelles-conditions/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2015/09/17/lattention-concentration-et-le-bien-etre-a-lecole-comme-axe-du-projet-detablissement/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2015/06/30/regulation-du-stress-et-bien-etre-professionnel-des-enseignants/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2015/04/29/le-bien-etre-des-salaries-au-travail-devient-une-priorite-de-management/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2015/03/12/le-bonheur-au-travail-utopie-ou-priorite/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2014/12/29/developper-le-bien-etre-dans-les-ecoles-les-entreprises-devient-une-priorite/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2014/03/22/le-burn-out-dans-les-metiers-de-leducation-comment-le-prevenir-et-sen-proteger/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2016/01/12/effets-de-la-regulation-du-stress-des-adultes-sur-la-relation-avec-les-adolescents-en-college/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2013/04/30/chef-detablissement-du-1er-degre-un-metier-a-tres-haut-niveau-de-stress/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2013/04/19/pour-en-finir-avec-la-fatigue-et-lepuisement-professionnels-dans-les-metiers-de-leducation/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2013/03/08/confiance-en-soi-et-pleine-conscience/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2012/12/27/enseigner-en-pleine-conscience/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2012/08/30/la-posture-de-lenseignant/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2012/06/15/fatigue-des-eleves-et-des-enseignants-francais/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2012/04/19/comment-aider-mon-enfant-a-etre-heureux-a-lecole/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2012/03/20/comment-et-a-quelles-conditions-faire-dun-etablissement-scolaire-une-organisation-apprenante/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2012/02/29/journee-de-travail-avec-des-chefs-detablissement-sur-le-sens-du-travail-scolaire-pour-leleve-pour-lenseignant/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2012/02/10/aider-mon-enfant-a-se-sentir-bien-a-lecole-rencontre-debat-avec-des-parents-deleves-dune-ecole-primaire/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2011/11/02/des-elements-explicatifs-au-haut-niveau-de-stress-des-enseignants/

  • Des formations conjointes enseignants / parents. C’est à l’initiative de plusieurs chefs d’établissements et enseignants du 1er degré d’Eure et Loir que nous avons initié cette formation pour développer la coopération et œuvrer  vers une cohérence éducative, dans le respect des missions de chacun.

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2015/09/10/formation-conjointe-denseignants-et-de-parents-deleves-une-demarche-innovante-de-lageps/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2011/11/15/rencontre-parents-enseignants-autour-de-la-question-de-la-motivation-scolaire/

  • Des ateliers à destination des parents sur des questions éducatives concernant les jeunes. C’est dans le cadre d’une école de parents (atelier échelonné sur toute une année scolaire) d’un lycée polyvalent que sept soirées-débat ont été réalisées.

Pour aller plus loin sur ce point, voir les articles suivants qui relatent des expériences concrètes :

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2015/11/05/reussir-au-lycee-oui-mais-comment/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2015/02/19/la-confiance-en-soi-lestime-de-soi-cest-quoi-comment-les-developper-et-les-entretenir/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2014/11/29/atelier-sur-lattention-concentration-avec-des-parents-deleves/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2014/11/17/atelier-de-meditation-de-pleine-conscience-au-printemps-de-leducation-damiens/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2013/09/23/comment-creer-les-conditions-de-la-motivation-chez-lenfant-et-chez-le-jeune/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2012/04/17/la-peur-de-lechec-scolaire-et-langoisse-des-parents/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2012/04/12/la-question-du-lacher-prise-en-education-et-de-lauthenticite-dans-la-relation-avec-les-jeunes/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2012/04/05/autour-de-la-motivation-scolaire-la-confiance-en-soi-le-developpement-de-la-conscience-les-peurs-face-a-lechec-scolaire/

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2012/01/26/etre-heureux-au-lycee-rencontre-avec-des-parents-deleves/

  • Des ateliers à destination d’élèves volontaires pour agir contre le harcèlement scolaire. Ce sont plusieurs rencontres dans l’année pour accompagner des élèves volontaires à agir sur les situations de harcèlement naissantes dans un internat.

Pour aller plus loin sur ce point, voir les articles suivants qui relatent des expériences concrètes :

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2015/10/08/le-harcelement-scolaire-quelles-reponses-educatives/

  • Des enseignants qui intègrent les outils de la psychologie humaniste aussi appelée psychologie positive dans leur pratique quotidienne. C’est finir la journée par une visualisation mentale et se remémorer trois petits moments de « bonheur ». Ce simple outil pratiqué systématiquement a des effets surprenants sur l’engagement à l’école et sur les relations entre les enfants (dixit les enseignants). Il apprend à prendre conscience des bons moments. Il fait prendre conscience que dans une journée, il y a toujours des bons et moins bons moments. Que la vie est une alternance et que prendre conscience des bons moments quand ils se produisent, c’est apprendre à être dans le présent.

Pour aller plus loin sur ce point, voir les articles suivants qui relatent des expériences concrètes :

https://agepsraymondbarbry.wordpress.com/2013/03/28/il-suffit-de-petits-riens-pour-modifier-une-atmosphere-ce-classe-un-peu-de-pleine-conscience-et-un-peu-de-psychologie-positive/

               4. Comment les parents, enseignants,  différents accompagnants peuvent améliorer l’éducation des enfants aujourd’hui ? Le bien être des enfants passent-ils par le bien être des adultes  ?

Et si nous en revenions au bon sens, dans une époque qui en a perdu !

Et si nous adultes, nous étions les témoins de ce que nous prônons et souhaitons! La liste des principes qui suivent sont d’abord à appliquer à soi (adulte).

  • Développer l’intériorité, la conscience de soi. C’est incontournable et prioritaire dans une société qui a mis en avant le paraître et l’extériorité.
  • Du temps de sommeil suffisant. Dans une enquête menée dans le monde auprès des spécialistes du cerveau, il leur a été demandé de donner les lois prioritaires pour un bon développement de cet organe. La première des douze lois est un sommeil de qualité !
  • Laisser des temps d’ennui indispensables au développement  de l’imagination et de la créativité. L’inactivité, le silence, la calme sont indispensables au bon développement et au bien être, même si l’enfant ne le perçoit pas !
  • Appliquer la règle du 3 – 6 – 9 – 12 en matière d’utilisation des médias et outils numériques : Pas de télévision avant trois ans – Pas d’ordinateur ou tablette avant 6 ans – Pas de téléphone portable avant 9 ans – Pas de réseaux sociaux internet avant 12 ans. Certes cette règle qui peut sembler « drastique » compte tenu de notre époque n’en est pas moins pertinente. Les promoteurs principaux de ces outils numériques l’appliquent à leurs propres enfants !
  • Pratiquer une activité physique régulière, voire quotidienne. C’est une priorité de bien être et de santé publique. N’oublions pas que la motricité est à la base de notre développement.
  • Intégrer l’idée qu’il n’y a pas d’apprentissage, d’évolution, de transformation sans difficulté, voire sans échec. La notion d’effort s’apprend très tôt. Naturellement un enfant va s’engager et faire les efforts nécessaires pour obtenir ce vers quoi il tend. C’est la force de l’intentionnalité. Il en est de même pour les moments de souffrance. Ils font partie de la vie. La question pour nous éducateurs, comment en faire des leviers d’évolution ? Ce sont souvent ces moments là qui nous transforment et nous font aller vers le Soi profond (processus d’individuation).
  • Identifier le domaine d’excellence de nos enfants. Nous avons tous un domaine où nous excellons, où nous réalisons avec aisance, où nous maintenons nos efforts et où nous éprouvons cet état de »flux » (le flow). Cela peut se repérer très tôt. Soyons en observation de ces moments qui émergent dans la vie des enfants.
  • Avoir ancré en soi, l’idée que nous avons tous en nous un potentiel extraordinaire, mais par peur, par conditionnement, nous n’osons et ne l’exploitons pas (nous n’utilisons que 20% de celui ci). Et si la finalité de l’éducation n’était pas de permettre aux enfants de se réaliser au delà de ces 20% !
  • Amour et confiance en soi, les deux piles atomiques de l’être humain. Un enfant qui rencontre dans sa vie des adultes (parents, éducateurs, enseignants…)  qui témoignent de ces deux piles et qu’il s’en imprègne. Il est outillé pour devenir un adulte qui en témoignera. L’Amour inconditionnelle, la confiance sont les marques de l’humanité. Ils participent à construire sans naïveté, un monde plus tolérant, plus ouvert à la compassion et à l’altruisme.

Le mot de la fin : Tout comme le colibri, œuvrons là où nous sommes dans notre environnement proche. C’est de cette manière que le changement,  que nous aspirons pour un monde où nous partagerons les richesses et où nous nous accepterons dans le respect des différences, se concrétisera. C’est ce que j’observe dans mon quotidien professionnel où je rencontre des enseignants, des chefs d’établissement, des infirmières scolaires, des conseillers principaux d’éducation, des inspecteurs qui vont dans ce sens, sans faire de bruit, sans se mettre en avant. Ils appliquent les valeurs fondamentales d’une action éclairée : l’intentionnalité, l’humilité, l’engagement, la simplicité.

Raymond Barbry le 5 juin 2016

 

 

Edgar Morin, Nicolas Hulot, Patrick Viveret dialoguent sur ce que nous vivons en ce moment.

Au lendemain des attentats et à l’heure de la COP21, ces trois personnalités engagées dialoguent et apportent leur éclairage sur les bouleversements que nous vivons. Ils partagent des clés de compréhension et des pistes d’actions pour prendre en main notre avenir commun.

Développer le bien être dans les écoles, les entreprises devient une priorité !

Alors que nous sommes en période de crise, que les tensions montent dans notre société, ici et là des initiatives sont prises pour créer les conditions d’un mieux vivre ensemble et l’élaboration d’un sens partagé dans les contextes professionnels qu’ils soient , éducatif (les établissements scolaires),  entreprenarial (entreprises), territorial (collectivités)  ou sportif (clubs ou associations sportives).

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L’AGEPS-Raymond Barbry accompagne plusieurs organisations qui ont posé comme priorité de leur projet d’établissement ou d’entreprise, le bien être et le bien vivre ensemble au travail. Nous n’observons pas de différence notoire entre ces domaines professionnels pourtant bien différents en apparence.

Les caractéristiques d’une organisation (école ou entreprise) qui s’engage dans cette démarche :

Le point clef repose sur la posture du manager ou chef d’établissement ou président. Quel que soit le contexte professionnel les responsables se caractérisent par leur visée humaniste. Ils incarnent et tendent intentionnellement vers des valeurs telles que : la simplicité, l’authenticité, la cohérence, la conscience de leur qualité et de leur fragilité. Ils développent leur intériorité. Ils s’appuient sur les compétences et les ressources des collaborateurs. Ils savent donner de la valeur en conscientisant les réussites. La mise en valeur des collaborateurs et de l’ensemble du personnel est une priorité managériale.

Ils acceptent les personnes telles qu’elles sont. Ils sont conscients des  points de vulnérabilité, les leurs et celles des autres.  Rendre visible cette vulnérabilité sans culpabilité, c’est paradoxalement gagner en compétence. C’est transformer les fragilités en forces.

Développer la confiance en soi, dans l’autre et dans le collectif de l’organisation est l’axe prioritaire. Le contrôle s’en trouve de ce fait réduit, voire disparait. Plus la confiance est présente et plus les effets se font sentir aux différents niveaux de l’organisation. Un des effets observé de cette dynamique s’observe par le développement de la conscience de soi et du collectif ainsi que dans celui de l’intelligence collective.

Les clarifications apportées lors des différentes rencontres portent sur les points suivants :

C’est quoi le bien être ? Comment prendre conscience des moments agréables qui se produisent dans nos vies ? Comment accepter les moments difficiles faits de tensions, de conflits, de douleurs, voire de souffrance ?

Les apports actuels issus des neurosciences, de la psychologie positive, de la psycho-sociologie du travail, et de l’ergonomie sur le bien être au travail et de ses effets sur l’efficience, sur le développement des compétences, sur la qualité des relations, sur les aspects économiques.

La coopération, L’altruisme des valeurs à développer dans  le monde du travail en contexte de crise.

Les rythmes de vie et les rythmes au travail, les effets sur les personnes : fatigabilité, stabilité émotionnelle, sur-stress. Comment se protéger du sur-stress qui mène à l’épuisement professionnel (burn-out). Comment prendre des temps de calme, de tranquillité dans le temps de travail ? Il suffit de quelques minutes par jour pour se protéger du sur-sress !

Présentation et découvertes des pratiques de pleine conscience formelles (temps spécifiques à la pratique) et informelles (dans nos actes quotidiens).

Nous avons bien conscience que cette approche n’est pas majoritaire pour le moment. Elle le deviendra par l’observation des résultats observés dés à présent. Les organisations qui traversent le mieux notre époque, qui se développent, qui améliorent leur efficience, leurs performances ont effectué ce changement de paradigme managérial.

Article réalisé le 29 décembre 2015.

 

Les accords Toltèques, principes de formation des politiques et des dirigeants !

Quel projet de formation pour les politiques, les dirigeants, les managers ?

Au regard de ce que nous vivons actuellement dans notre société française et du contexte de crise qui est avant tout une crise de sens, les grandes écoles, les écoles supérieures et les universités qui forment nos futures femmes et hommes politiques, dirigeants, managers, devraient peut être s’inspirer des accords Toltèques comme principe de base de leur projet de formation, les voici :

–  Que votre parole soit impeccable.

– Ne faites jamais de suppositions.

– N’en faites jamais une affaire personnelle.

– Faites toujours de votre mieux.

– Soyez sceptique, mais apprenez à écouter.

Ces cinq accords sont bien en phase avec les principes de notre République et les valeurs de l’humanisme qui se trouvent dans les droits de l’homme.

La sélection et le recrutement  de ce que nous appelons « les élites » s’en trouveraient peut être quelque peu modifiés. Les compétences techniques et les savoirs ne deviendraient que les supports d’une formation éthique et humaniste qui est première et centrale. Tout jeune devrait pouvoir en  bénéficier dans le cadre de n’importe quelle formation. Alors nous traverserions plus aisément les moments de turbulence que toute société est amené à vivre !

Article réalisé par Raymond Barbry / septembre 2014.